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Article : [399] - Ňíuvres d’acc√®s facile (niveau seconde)


mercredi 26 octobre 2005

Par Elizabeth Dumont

Il s’agissait de trouver des romans simples et facilement accessibles du point de vue de la langue.
Synthèse mise en ligne par Catherine Briat.

Romans

  ADAMEK A-M., La F√™te interdite(Bernard Gilson, micro roman).
R√©sum√© :
Alors que l’hiver approche, tout le village de Marsellane attend l’arriv√©e des forains pour la traditionnelle f√™te de la Saint-Luc. Sadim, le montreur d’ours, a pris de l’avance et arrive dans le village, accompagn√© de la femme serpent, alors que les autres forains donnent encore des repr√©sentations dans un autre village. Mais sa mort pr√©matur√©e va bouleverser les projets des villageois et des forains...
Critique :
Les relations traditionnellement difficiles entre s√©dentaires et gens du voyage sont √©voqu√©es sous la forme d’une fable po√©tique mettant en jeu la vie, la mort, l’amour mais aussi la fid√©lit√© et la trahison. Ce roman permettra d’aborder de nombreux th√®mes.
  AUSTER P., M.Vertigo.
Pas tr√®s facile, il faut accepter d’entrer dans un monde imaginaire et cela ne plait pas toujours a des √©l√®ves « terre-√†-terre ».
  BARJAVEL R., L’Enchanteur.
  BARJAVEL R., Ravage.
  BEGAG A., Quand on est mort, c’est pour toute la vie (Gallimard Fronti√®res) - 136 pages
R√©sum√© :
Apr√®s la mort de son fr√®re et l’acquittement du chauffeur de taxi qui l’a abattu, Amar ne se sent plus √† sa place en France, dans son m√©tier de sociologue, dans son couple mixte, avec ses parents. Il d√©cide de faire un p√®lerinage sur la tombe de Mourad, en Alg√©rie o√Ļ il n’est plus all√© depuis longtemps et o√Ļ le Fis commence √† d√©velopper ses activit√©s...
Critique :
Le cocktail de Begag : sentiments, humour, recherche d’identit√© ne peut laisser indiff√©rent. Il pose « le » probl√®me : o√Ļ un immigr√© est-il chez lui ? dans son pays d’origine ou dans celui o√Ļ il a fait sa vie ? L’ auteur apporte sa r√©ponse qui peut servir de point de d√©part √† un d√©bat ou √† une r√©flexion personnelle, sp√©cialement dans les classes √† forte population immigr√©e.
  BEN JELLOUN T., Les Yeux baiss√©s.
  BLANC J-N., Tir au but (Seuil, 1999 - Points) - 222 pages
R√©sum√© :
Une √©quipe de football du haut du classement d√©pose un plainte √©tonnante pour corruption de son gardien. Malgr√© son √©tonnement (la plupart du temps, ce genre de probl√®me se r√®gle dans la famille du foot), Tavernier, ancien joueur et foot et amateur de v√©lo, prend divers contact et explore les coulisses du football professionnel. Puis, la plainte est retir√©e. Mais bient√īt, le gardien achet√© est retrouv√© mort dans les caves d’une cit√© HLM o√Ļ, √† la demande de Tavernier, il allait rencontrer des jeunes plut√īt d√©sŇďuvr√©s et adeptes de la gu√©rilla urbaine.
Critique :
Premier d’une s√©rie d’in√©dits regroup√©s sous le titre g√©n√©rique de « Sports et micmacs » : tout un programme), le roman de Blanc s√©duit surtout par la personnalit√© de son anti- h√©ros : Tavernier, flic de la vieille √©cole, aime la langue fran√ßaise, rel√®ve les tournures impropres de ses interlocuteurs, lit des dictionnaires... L’exploration du monde du football avec l’argent qu’il v√©hicule appara√ģt plus convaincante que l’intrigue proprement dite qui appara√ģt plut√īt comme un pr√©texte.
  BURGESS M., Junk (Fronti√®res / Gallimard) - 344 pages
R√©sum√© :
David, surnomm√© Nico, battu par son p√®re, fugue ; il n’a que quatorze ans. Bient√īt, c’est sa petite amie, Gemma qui part le retrouver. Elle ne l’aime pas vraiment mais veut jouer √† l ‚Äėadulte : vivre dans un squat, faire l’amour, √©chapper √† la surveillance jug√©e insupportable
des parents... √Ä partir de l√†, c’est l’engrenage de la d√©ch√©ance avec l’ h√©ro√Įne en point de mire.
Critique :
Roman dur par son sujet : la spirale de la drogue dans laquelle sont pris les jeunes h√©ros, puis la tentative, combien difficile et al√©atoire, de s’en sortir une fois pour toutes, avec ses rechutes, Junk sera propos√© de pr√©f√©rence avec un accompagnement du professeur qui veillera, gr√Ęce √† la discussion, √† faire r√©fl√©chir les jeunes de mani√®re √† ce qu’ils ne consid√®re pas le roman comme une publicit√© pour les drogues quelles qu’elles soient, ou une incitation √† la fugue. Par ailleurs, la multiplicit√© des points de vue (la parole est donn√©e aux jeunes h√©ros, √† leurs parents, √† leurs amis....) peut sembler difficile √† des lecteurs faibles.
  CHATEAUREYNAUD O. G., Le Ch√Ęteau de verre.
  CRICHTON M., Un Train d’or pour la Crim√©ee
Facile.
  DAENINCKX D., Cannibale (Folio) - 108 pages
R√©sum√© :
En Nouvelle-Cal√©donie, au moment des r√©voltes, un vieillard, Goc√©n√©, est amen√© √† raconter son exp√©rience de la France : c’√©tait en 1931, la France avait fait venir des jeunes gens de ses colonies pour les « montrer » aux visiteurs de l’Exposition coloniale. Partis plein de joie vers la m√©tropole ces jeunes Kanaks vont se retrouver parqu√©s au zoo de Vincennes sous l’affiche « Cannibales » et contraints √† se montrer √† moiti√© nus dans le froid, √† pousser des cris de b√™te... Jusqu’√† ce que, suite √† la mort des crocodiles, les organisateurs concluent un accord avec le cirque allemand H√∂ffner : des crocodiles contre des Kanaks...
Critique :
Comme souvent, Daeninckx pose un regard sans complaisance sur notre soci√©t√©. La d√©nonciation des pratiques coloniales ne concerne pas uniquement la France : tous les pays colonisateurs ont trait√©s les colonis√©s comme le sont les Kanaks dans ce roman (des b√™tes auxquelles les visiteurs
jettent des cacahou√®tes) ou comme l’ont √©t√© les tirailleurs s√©n√©galais pendant la premi√®re guerre mondiale, ainsi que le raconte un des protagonistes. Par ailleurs, l’intrigue simple, la narration limpide et la minceur du roman en permettent la lecture m√™me √† des √©l√®ves moins bons
lecteurs.
  DAENINCKX D., Play back.
  DAENINCKX Didier, Meurtres pour m√©moire (Gallimard, 1984 - Folio) - 216
pages
R√©sum√© :
Alors que les Alg√©riens manifestent √† Paris, en 1961, Roger Thiraud, prof d’histoire assez falot, est abattu sous les yeux de sa femme enceinte. Vingt ans plus tard, son fils, √©tudiant en histoire, est abattu √† Toulouse. Co√Įncidence malheureuse pour tous, sauf pour l’inspecteur Cadin, √©ternel marginal qui d√©cide de s’int√©resser de pr√®s √† ces meurtres.
Critique :
Comme souvent Daeninckx parvient remarquablement √† combiner une intrigue polici√®re, somme toute traditionnelle, avec l’histoire sociale et politique. Ce roman prend un relief tout particulier, 15 ans apr√®s sa premi√®re parution, √† la lumi√®re du proc√®s Papon et de ses rebondissements. La Biblioth√®que Gallimard propose une version du roman, enrichie de propositions p√©dagogiques.
  DAI SIJIE S., Balzac et la petit tailleuse chinoise (Gallimard, 2000) - 191 pages
R√©sum√© :
Deux jeunes chinois, le narrateur et son ami Luo, arrivent dans un village de montagne o√Ļ ils devront « √™tre » r√©√©duqu√©s ; nous sommes en effet pendant la R√©volution culturelle et ce sont des citadins, fils de m√©decins, donc consid√©r√©s comme bourgeois. Le village vit encore d’une
mani√®re presque moyen√Ęgeuse et tous s’√©tonnent imm√©diatement du violon du narrateur, de son r√©veil sur le cadran duquel une poule picore... Si le narrateur est musicien, Luo est un remarquable conteur et bient√īt, les deux amis vont √™tre envoy√©s √† la ville la plus proche pour y voir les films cor√©ens qu’on y projette et les raconter √† l’assembl√©e villageoise. La vie et le travail sont p√©nibles pour de jeunes citadins, d’autant plus que leur espoir de quitter la montagne est mince. Mais bient√īt, ils vont faire connaissance avec la « petite tailleuse » et entreprendre de la transformer en jeune fille de la ville, notamment en lui lisant des romans europ√©ens.
Critique :
Le premier roman, √©crit en fran√ßais, d’un cin√©aste
d’origine chinoise vivant √† Paris depuis 15 ans est une r√©ussite. Il est empreint de l√©g√®ret√©, d’humour et d’optimisme malgr√© la situation dramatique et
d√©sesp√©rante dans laquelle les protagonistes sont plong√©s : √™tre √©loign√©s des siens sans grand espoir de retour, √™tre contraint √† des travaux p√©nibles et ne pas pouvoir trouver refuge dans la culture consid√©r√©e comme contre-r√©volutionnaire. La culture est au centre du livre mais aussi l’amour de la vie sous toutes ses formes. Par ailleurs, on d√©couvre la Chine de Mao sous un jour peu connu : celui de ceux qui, sans √™tre des opposants
d√©clar√©s, tentent d’une mani√®re ou d’une autre de rompre le carcan. Le roman devrait plaire aux √©l√®ves, notamment du fait de l’√Ęge de ses h√©ros mais aussi par son exotisme. Il conviendra toutefois de les informer sur l’histoire r√©cente de la Chine.
  DERVIN S., La Porte des cieux
Facile, plut√īt pour des √©l√®ves qui aiment les seudo « romans v√©cus ».
  GIESBERT F.O., L’Affreux
Facile.
  GUILLAUMIN E., Le Parfum.
  GUILLAUMIN E., La Vie d’un simple.
Ces romans sont plus difficiles mais donnent lieu à des travaux intéressants.
  JONQUET T., La Vie de ma m√®re.
  KRISTOF A., Hier (Seuil, 1995 - Points) - 148 pages
R√©sum√© :
Tobias, qui s’est attribu√© le nom de Sandor,
s’est enfui de chez lui, il a √©migr√© dans un pays o√Ļ le quotidien est fait de routine et de banalit√©. Seule √©chapp√©e : √©crire dans de petits cahiers et r√™ver de la
femme id√©ale, Line. Mais voil√† qu’un jour, Line monte dans le bus de Tobias-Sandor...
Critique :
De nationalit√© suisse, l’auteur est surtout connue
pour la trilogie du Grand cahier. Plus ramass√© et donc moins riche, ce court roman se caract√©rise par la m√™me confrontation d’un imaginaire riche et une √©criture pr√©cise, voire s√®che. On retrouve √©galement le th√®me du renoncement et la difficult√© qu’√©prouve le personnage (et, avec lui, le lecteur) √† faire la part du r√™ve, du fantasme et du r√©el.
  MAALOUF A., Le Premier si√®cle apr√®s B√©atrice.
  MERLE R., Le Propre de l’homme
Voir La mort est mon métier.
  QUEFFELEC Y., Les Noces barbares.
  PONTI J.C., Les Pieds-bleus (√©d. Points).
  POUY J.B., L’Homme √† l’oreille croqu√©e.
  SEPULVEDA,Le Vieux qui lisait des romans d’amour.
  KRESSMANN-TAYLOR K., Inconnu √† cette adresse (Autrement, 1999) - 64 pages
R√©sum√© :
Martin Schulse, un Allemand, et Max Eisenstein, un Juif
am√©ricain sont associ√©s dans l’exploitation d’une galerie d’art √† San Francisco. Nous sommes en 1932 et Schulse quitte les USA, avec sa nombreuse famille, pour un ch√Ęteau pr√®s de Munich. Commence alors une correspondance
entre les deux amis. Bient√īt, l’arriv√©e au pouvoir d’Hitler va changer compl√®tement la donne, d’autant plus que la sŇďur de Max, qui a eu une liaison avec Martin, se trouve en Allemagne o√Ļ elle m√®ne une carri√®re d’actrice.
Critique :
Cette longue nouvelle épistolaire, écrite en 1938
par une m√®re de famille am√©ricaine, et publi√©e dans un magazine am√©ricain √† cette √©poque, n’a √©t√© √©dit√©e que r√©cemment en fran√ßais. Elle r√©v√®le une profonde
connaissance de la situation en Allemagne dans les ann√©es trente. Elle est brillante par sa construction et devrait int√©resser tout lecteur que ce soit par sa th√©matique, par la construction de l’intrigue ou par sa forme, assez
rare au XXe siècle.
  TOURNIER M., La Goutte d’or.
  VAN CAUWELAERT D., Un Aller simple (Livre de poche) - 120 pages
R√©sum√© :
Des gitans ont trouv√© Aziz, b√©b√©, dans une Ami 6, d’o√Ļ son nom. Plus tard, on lui achet√© un faux passeport, marocain (le moins cher) ; et Aziz s’est mis √† gagner sa vie en volant des autoradios. Le jour de son mariage, la police l’arr√™te : dans le cadre d’une op√©ration tr√®s m√©diatis√©e de retour au pays de jeunes d√©linquants, il a √©t√© choisi comme image de la r√©insertion. Le voil√† confi√© √† un travailleur social qui est charg√© de le « reconduire » au Maroc.
Critique :
Les aventures d’Aziz et de son travailleur social (d√©pressif) ne manqueront pas de plaire : c’est √† une v√©ritable odyss√©e que nous invite Van Cauwelaert (qui a obtenu le prix Goncourt pour ce roman) ; c’est aussi un hymne au pouvoir du r√™ve et de la litt√©rature.
  VISAGE B., L’Education f√©line (Points) - 141 pages
R√©sum√© :
Nelson Ollala est né alors que sa mère était prise dans un
pi√®ge : dans sa panique, elle a d√©vor√© ses fr√®res et Nelson, d’un naturel aventureux, a pr√©f√©r√© partir en promenade que risquer sa vie √† sa tour. Mais voil√†, au retour , plus personne ! alors le chaton a voulu trouver les
humains dont sa m√®re lui parlait. Il constate malheureusement qu’ on ne peut
pas toujours se fier √† eux !
Critique :
Roman d’√©ducation, L’√Čducation f√©line, gai, enlev√©,
picaresque, fait découvrir le monde, la vie avec toutes ses joies et ses cruautés . La langue est belle, spécialement dans les descriptions de la nature corse.
  WERBER B., le cycle des Fourmis.
  WUL S., Niourk (Pr√©sence dufutur, Deno√ęl).
Pour des élèves qui ne lisent jamais et qui doivent apprendre à décoder des fictions, tous ces ouvrages offrent un support attrayant.

Un site

  Le « site livres » de Fran√ßoise Chatelain : √©l√®ves et professeurs y ont mis en ligne des "fiches de lectures" (il y en a environ 300).


Ce document constitue une synth√®se d’√©changes ayant eu lieu sur
Profs-L (liste de discussion des
professeurs de lettres de lycée) ou en privé, suite à une demande initiale
postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la
personne dont le nom figure dans ce document. Fourni √† titre d’information
seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est prot√©g√© par la
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