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Article : [416] - Intérêt des tablettes au collège


samedi 18 juillet 2015

Par Corinne Durand Degranges

Il s’agissait de savoir si les tablettes ont une utilitĂ© dans l’enseignement du français au collège et, Ă©ventuellement, quel pourrait ĂŞtre leur intĂ©rĂŞt (pratiques pĂ©dagogiques, logiciels spĂ©cifiques, comparaison avec l’usage d’un ordinateur « classique » etc.).
Synthèse mise en ligne par Murielle Taïeb.

Contributions des colistiers

Avis négatifs

  N°1  :
« Il est Ă©vident que les Ă©lèves sont extrĂŞmement agiles et motivĂ©s sur les tablettes. Au risque de passer pour une vieille rĂ©ac, c’est justement pour cela que je suis opposĂ©e Ă  leur utilisation dans le cadre de l’enseignement du français. RĂ©diger les mots, les phrases, se confronter Ă  la page blanche, sans avoir le rĂ©flexe Google, je trouve cela sain. Je ne suis pas certaine que l’illusion de la facilitĂ© soit forcĂ©ment une bonne chose Ă  leur inculquer. » (CĂ©line)

  N°2 :
« Je crains que le dĂ©ferlement prĂ©vu de tablettes sans rĂ©el plan de formation pour les professeurs soit une dĂ©pense inutile. Nous en avons 16 dans mon collège, j’en ai empruntĂ© une pendant des vacances scolaires afin d’essayer de tĂ©lĂ©charger des logiciels pĂ©dagogiques... eh bien ça ne s’improvise pas. Beaucoup de logiciels sont payants, et j’aurais besoin d’une formation pour les connaitre et les maitriser. Pour le traitement de textes, c’est l’ordinateur (avec un vrai clavier) qui est le plus « sĂ©rieux ». Pour la tablette, ce qui m’intĂ©resserait serait Ă©ventuellement un logiciel de reconnaissance vocale. Mais il faudrait une longue prise en main et, je le rĂ©pète, des formations. Les tablettes de notre collège restent la plupart du temps dans leur armoire... » (Liza)

  N°3  :
« Au risque de passer pour une prof peu progressiste, je suis déçue par cet outil... Mais j’avoue aussi ne pas passer beaucoup de temps chez moi pour mettre en Ĺ“uvre des activitĂ©s autour/avec cette tablette...car oui, c’est un truc de plus très chronophage !!! J’enseigne dans le Jura oĂą tous les Ă©lèves ont reçu une tablette (IPad, pour ĂŞtre prĂ©cise) du conseil gĂ©nĂ©ral l’annĂ©e dernière. J’Ă©tais en congĂ© maternitĂ© et ai pris le train en marche cette annĂ©e, persuadĂ©e que j’aurais Ă©normĂ©ment de retard sur l’usage des tablettes en cours...Que nenni ! Nous constatons tous que c’est un très beau joujou mais qu’il a fallu crĂ©er une charte des autorisations et interdits car tous les Ă©lèves ne pensent qu’Ă  tĂ©lĂ©charger des applications de jeux et certains ne sont pas « politiquement corrects »... Il faut Ă©galement batailler pour qu’ils ne s’envoient pas des photos ou des messages sans rapport avec le cours lors d’une activitĂ©... De nombreuses tablettes ont Ă©tĂ© cassĂ©es car elles sont dans leur sac. Depuis, on bataille Ă  nouveau pour leur expliquer :
1. de ne pas amener sa tablette tous les jours,
2. de la mettre dans son casier,
De plus, on a installĂ© le Wifi partout, sans nous consulter (personnellement, je l’ai banni de ma maison...). Enfin, quand tous les Ă©lèves se connectent en mĂŞme temps, tout le monde rame Ă  un moment donnĂ© ou un autre...
Donc tout ce que je viens d’Ă©voquer gĂŞne Ă©normĂ©ment les activitĂ©s pĂ©dagogiques. Et quelles sont-elles, d’ailleurs ?
  Pour faire plaisir aux Ă©lèves, j’ai utilisĂ© l’appli IMOVIE afin de faire une bande-annonce de lecture. C’est rigolo mais le rĂ©sultat est pauvre cĂ´tĂ© contenu : peu de textes, des phrases inachevĂ©es, trop d’images Ă  trouver pour un ouvrage...J’admets cependant que j’ai apprĂ©ciĂ© ce travail de story-board.
  Sinon, grâce aux Ă©lèves (car ils maitrisent cette tablette Ă  la perfection et m’aident Ă  me former...), je l’utilise aussi pour qu’ils prennent le tableau en photo : pour des questions sur un texte, par exemple, ça peut Ă©viter bon nombre de photocopies...
  Comme nous n’avons pas de salle, il n’y a pas de dictionnaires donc pratique aussi pour faire des recherches lexicales...quand on peut se connecter !
  Lors de rĂ©dactions, plusieurs Ă©lèves m’ont demandĂ© Ă  utiliser PAGES comme brouillon. J’ai acceptĂ© mais cela ne fonctionne bien qu’avec ceux qui maitrisent la langue française ; les autres, ceux en grande difficultĂ©, ont du mal avec le traitement de texte, se corrigent moins bien que sur leur cahier... Ceci dit, il faut peut-ĂŞtre le faire systĂ©matiquement pour qu’ils progressent ?
  Les Ă©lèves peuvent tĂ©lĂ©charger des textes classiques gratuitement (Les Fables, L’OdyssĂ©e mais version littĂ©raire, Les Contes de Perrault). C’est très apprĂ©ciable, surtout quand la recherche vient d’eux et que c’est gratuit.
Concernant les manuels numĂ©riques, c’est trop lourd en mĂ©moire, nous a-t-on dit, donc les Ă©lèves n’en ont pas sur leur tablette. Dommage, cela aurait allĂ©gĂ© les cartables des 6° !
Est-ce que ça remplace un ordinateur classique ? Plus ou moins car on ne peut pas envoyer ses documents rĂ©alisĂ©s sur son ordi vers la tablette...
Cela reste un outil facile Ă  utiliser, pas besoin d’une salle informatique mais pour ce qui concerne le français, je reste dubitative...Mais je vais persĂ©vĂ©rer !!! Il y a une belle qualitĂ© d’images (photo et vidĂ©o), exploitables en français, je pense. » (Iris)

  N°4  :
« Je vais comme tout le monde en salle informatique de temps en temps : pour faire des recherches, travailler la langue (avec des sites comme gratum studium, notamment en AP), leur faire taper leur nouvelle, etc. Je ne suis pas non plus convaincue que la tablette serait très utile. D’ailleurs mes Ă©lèves de 4e les plus en difficultĂ©s, que je prends en AP, ont demandĂ© Ă  revenir travailler dans ma salle après plusieurs sĂ©ances consĂ©cutives en salle informatique (ce qu’ils aiment pourtant). » (Nathalie)

  N°5  :
« Dans mon collège nous avons une armoire mobile disposant de tablettes pour une classe complète. Il est prĂ©vu d’Ă©quiper toutes les classes de 5e l’an prochain. J’ai suivi une formation de deux après-midis. Nous avons appris Ă  la manipuler, puis Ă  faire des QR code associĂ©s Ă  des exercices ou des cours que nous ferions. Une fois le code existant, nous pouvons le projeter au tableau et chaque Ă©lève se lève, l’enregistre sur sa tablette et peut faire les exercices. Je n’ai vu aucun avantage Ă  cet outil pour le contenu du cours. Je suis inquiète par ce genre de pratique pour plusieurs raisons :
1. Certains Ă©lèves sont dĂ©jĂ  en permanence devant des Ă©crans chez eux, on dirait que c’est le seul intermĂ©diaire valable ces temps-ci.
2. D’autres Ă©lèves au contraire n’ont pas d’ordinateur ni de tĂ©lĂ©phone portable chez eux, ou n’y ont pas accès, ce qui les rend maladroits par rapport aux autres.
3. Les formateurs nous expliquaient qu’on pouvait leur envoyer le fameux code sur leur tĂ©lĂ©phone portable pour qu’ils travaillent chez eux ! Je veux bien ĂŞtre moderne mais je pense que le portable est dĂ©jĂ  bien assez une source d’addiction comme ça (sans compter encore une fois, que des Ă©lèves n’en ont pas).
4. Les Ă©lèves perdent de plus en plus le rapport Ă  la feuille et au stylo, or je pense qu’Ă©crire Ă  la main contribue Ă  la formation d’un Ă©lève.
5. Je n’ai pas compris pourquoi je devais passer par ces intermĂ©diaires pour dĂ©livrer mes cours ou mes exercices.
Bien sûr, je ne néglige pas le côté ludique pour certains élèves et le fait que changer de support peut réveiller un intérêt faiblissant pour le cours.
Je me suis servie des tablettes cette annĂ©e pour deux activitĂ©s :
1. une recherche sur Robinson, assez longue un jour oĂą le CDI Ă©tait occupĂ©. Tous les Ă©lèves ont cherchĂ© en classe sur leur tablette personnelle mais alors il m’a fallu rĂ©gler les problèmes de ceux qui cherchaient autre chose, ceux dont les tablettes n’Ă©taient pas chargĂ©es, ceux pour qui la connexion ne fonctionnait pas et ceux qui prenaient des photos !
2. J’ai filmĂ© mes Ă©lèves en train de rĂ©citer des poèmes qu’ils avaient eux-mĂŞmes Ă©crits, mais je n’ai eu besoin que d’une tablette. Maintenant je dois apprendre Ă  monter ces petites sĂ©quences (ce sont mes enfants qui m’expliquent je n’ai pas de formation dans ce sens).
Je suis aussi d’accord avec le fait que c’est un cout important et Ă  mes yeux « inutile ». Enfin je suis personnellement bien plus Ă  l’aise avec mes propres paroles, des photocopies, des stylos. Et j’aime bien voir mes Ă©lèves fouiller dans des dictionnaires papier ou des livres d’art pour trouver leurs informations. Cela ne m’a pas convaincue et je rĂ©siste, peut-ĂŞtre bĂŞtement, Ă  ce genre de matĂ©riel prĂ©sentĂ© comme une avancĂ©e pĂ©dagogique. » (Anne)

  N°6 :
« Au sujet des tablettes, je vais assumer mon cĂ´tĂ© rabat-joie. Il ne faut pas oublier que, derrière chaque tablette, il y a une planète dont on Ă©puise les ressources, sans cesse et tout en le sachant.
Ne pas polluer du tout ? Impossible bien sĂ»r, mais si nous pouvions le faire Ă  bon escient. La notion d’empreinte Ă©cologique est bien connue maintenant je pense et si chaque Ă©lève doit ĂŞtre Ă©quipĂ© d’une tablette, dont on connait la durĂ©e de vie et l’obsolescence programmĂ©e, je ne pense pas que ce soit la meilleure des solutions Ă©cologiques.
J’ai dans ma classe un Ă©lève qui, pour des raisons de dyspraxie, a droit Ă  une tablette justement, mĂŞme pour le brevet. Au dernier DNB blanc, il a trichĂ© en français et en histoire-gĂ©o alors qu’il Ă©tait censĂ© n’avoir aucune possibilitĂ© de le faire. Trop fortes ces nouvelles gĂ©nĂ©rations ! » (Marc)

  N°7 :
« En ce qui concerne les tablettes, oui, cela semble un compromis tout Ă  fait acceptable de les avoir en accès au collège comme une ressource Ă  rĂ©server. La relation humaine ; je ne crois qu’Ă  ça, vraiment. C’est le cĹ“ur de notre mĂ©tier. Et du temps, du temps, du temps pour faire les choses, pour les Ă©lèves, pour approfondir, Ă©crire, Ă©changer, corriger, recommencer et ainsi de suite. Comme nous le faisons avec nos enfants, Ă  l’oral, depuis qu’ils ont l’âge de parler. » (Idem)

Avis positifs

  N°1 :
« Les tablettes ne sont pas faites pour rĂ©diger des textes. On peut je pense plutĂ´t y faire travailler la grammaire ou utiliser des logiciels dans le cadre de projets. Pour la recherche documentaire, c’est parfait car cela dĂ©sengorge la salle multimĂ©dia chez nous. La tablette peut ĂŞtre utilisĂ©e ponctuellement et non sur une heure complète. Personnellement, je compte m’y mettre très activement dès l’an prochain. L’avenir de notre discipline passe aussi par lĂ . Et je suis aussi très rĂ©ac et exigeante sur l’Ă©criture et l’orthographe ! Je cherche d’ailleurs des applications pour tablette : si vous avez des idĂ©es, je suis preneuse ! » (S.)

  N°2 :
« Je n’ai pas de tablette dans mon collège, je vais donc expliquer ce que j’en pense au conditionnel... VoilĂ  les intĂ©rĂŞts que j’y trouverais :
  Un accès au numĂ©rique de façon ponctuelle et autonome de la part de l’Ă©lève. Je m’explique : comme beaucoup d’entre nous, j’organise frĂ©quemment des sĂ©ances de cours en salle informatique mais cela suppose que l’activitĂ© que je prĂ©vois soit liĂ©e au numĂ©rique (en tout cas c’est ce que je m’impose, sinon je reste dans une salle "classique"). Mes 55 minutes de cours sont donc imaginĂ©es par rapport Ă  ce qui va ĂŞtre fait sur l’ordinateur et je suis Ă  l’initiative de l’utilisation de l’outil informatique. Avoir des tablettes en classe permettrait selon moi aux Ă©lèves de s’en servir de façon ponctuelle et diffĂ©renciĂ©e : vĂ©rifier une information, consulter un dictionnaire ou une ressource web, s’aider d’une application spĂ©cifique... pendant un temps du cours. Contrairement Ă  un ordinateur « classique », elle s’allume et s’Ă©teint rapidement et on peut la placer sur la table.
  L’enregistrement du son et de l’image. Bien sĂ»r, on peut dĂ©jĂ  produire du son et de l’image en salle informatique, mais avec des matĂ©riels diffĂ©rents. Les tablettes permettent, avec un seul outil, de produire du son, de l’image et du texte (un clavier additionnel pouvant s’avĂ©rer pratique pour taper un texte un peu long). Cela me serait très utile lorsque je fais s’enregistrer mes Ă©lèves lors d’activitĂ©s pĂ©dagogiques telles que la lecture Ă  haute voix et les interviews imaginaires par exemple. J’imagine aussi comment on pourrait s’en servir pour s’entrainer Ă  l’oral d’HDA si les Ă©lèves se filmaient, ou rĂ©pĂ©ter des scènes de théâtre.
  Un accès facilitĂ© Ă  des supports audio et/ou vidĂ©o et Ă  des ressources en ligne, dont les manuels s’ils ne sont pas installĂ©s sur les tablettes. (Cela suppose l’utilisation du wifi)
  La valorisation du travail collaboratif entre Ă©lèves en crĂ©ant des documents partagĂ©s en ligne et une complĂ©mentaritĂ© avec un ENT (Environnement NumĂ©rique de Travail) qui permettrait par exemple de rĂ©cupĂ©rer les travaux des Ă©lèves (avec le wifi encore).
  La formation au numĂ©rique responsable et Ă  l’Ă©ducation aux mĂ©dias de façon continue et concrète, lĂ  encore parce que la tablette permettrait un accès plus simple aux mĂ©dias : trier les informations, identifier les sources, respecter les droits et devoirs lorsque l’on publie en ligne.
  La possibilitĂ© d’utiliser les tablettes en dehors de l’Ă©tablissement pendant une sortie pĂ©dagogique ou un projet culturel.
Je n’ai pas testĂ© ces idĂ©es, et suis consciente qu’elles se heurteraient Ă  des problèmes techniques qu’il faudrait surmonter. Mais c’est le cas, dĂ©jĂ , en salle informatique, avec les ordinateurs, les mises Ă  jour de logiciels, les lecteurs mp3, les appareils photo. J’ai voulu, pour rĂ©pondre, m’en tenir Ă  l’aspect pĂ©dagogique. » (Sarah)

  N°3 :
« J’ai pour ma part fait une demande d’Ă©quipement en tablettes pour ma classe. Outre les raisons Ă©numĂ©rĂ©es par Sarah, auxquelles je souscris totalement - Ă  savoir en prioritĂ© Ă  mes yeux : autonomie dans la recherche avec l’accès Ă  des dictionnaires en ligne ou encyclopĂ©dies, accès Ă  l’ENT avec partage de documents et donc limitation des photocopies et favorisation de la diffĂ©renciation, possibilitĂ© de taper le travail (mes yeux commencent Ă  ne plus supporter les pattes de mouche...) ; j’ajouterai que le cĂ´tĂ© « ludique » de la tablette n’est pas Ă  nĂ©gliger ni Ă  rejeter. Bien que je sois plutĂ´t vieille Ă©cole Ă  cet Ă©gard, j’ai constatĂ© l’intĂ©rĂŞt que portent les Ă©lèves au texte dès qu’il est projetĂ©... Ma collègue documentaliste a mis Ă  disposition des liseuses au CDI ; elle rencontre un franc succès. J’ai conscience que tout ceci est très superficiel, mais je suis prĂŞte Ă  tester si cela peut motiver mes Ă©lèves ! » (Jennifer)

  N°4 :
« Pour ma part j’ai suivi une courte formation d’une matinĂ©e qui m’a convaincue.
La tablette prĂ©sente l’avantage - peut-ĂŞtre minime Ă  vos yeux mais qui dans la pratique m’a semblĂ© Ă©norme - d’ĂŞtre posĂ©e sur la table, prĂŞte si besoin mais pas centre de l’attention des Ă©lèves. Contrairement Ă  l’ordinateur, elle ne fait pas « Ă©cran ». Aller en salle informatique monopolise l’heure quand parfois une recherche prend 5 minutes. Les logiciels qui nous ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s (sur l’iPad) Ă©taient intuitifs, simples d’utilisation. On peut visualiser sur le tableau les diaporamas des Ă©lèves. Bref... je suis sĂ©duite ! mais je n’ai pas encore pratiquĂ© en cours ! » (FrĂ©dĂ©rique)

  N°5  :
« Depuis 2 ou 3 ans j’utilise les tablettes de manière ponctuelle pour l’Ă©tude de la langue, le vocabulaire et en AP. Les Ă©lèves se connectent sur Learningapps pour faire des exercices que j’ai prĂ©parĂ©s et en AP les Ă©lèves crĂ©ent leurs propres exercices sur le mĂŞme site (certains ont crĂ©Ă© des Ă©nigmes policières, ils ont ainsi travaillĂ© la rĂ©daction, la logique, l’implicite ...) ça fonctionne très bien (plus attractif que des exercices sous format papier) mais le temps de prĂ©paration et de correction des exercices est important. » (Anne)

  N°6 :
« Je bĂ©nĂ©ficie d’un tableau interactif en classe, d’un IPad personnel, prĂŞtĂ© par le collège, ainsi que d’une salle tablettes disposant de 30 tablettes (plus qu’une par Ă©lève). On peut affirmer que c’est un Ă©quipement rarissime et plĂ©thorique. Lorsque j’ai eu mon TBI, 3 heures de formation m’ont Ă©tĂ© proposĂ©es ! J’ai dĂ» apprendre Ă  m’en servir toute seule et Ă  ne pas m’y noyer. J’ai rapidement choisi de ne pas le transformer en gadget mais en support : j’y projette mes cours, j’y projette des extraits de films, des images, les Ă©lèves y crĂ©ent des cartes mentales qui sont directement envoyĂ©es sur Pronote (immĂ©diat et Ă©conome en photocopie).
Lorsque j’ai eu mon IPad, j’Ă©tais Ă  nouveau comme une poule face Ă  une fourchette. Je n’ai eu aucune formation. Curieuse et très intĂ©ressĂ©e par le numĂ©rique, j’ai tâtonnĂ©, consultĂ© des tas de blogs de profs de français, recherchĂ© des applis intĂ©ressantes, bref, j’ai creusĂ© la question, seule (je crains que tous ceux qui rĂŞvent de formation ne soient déçus, je me suis rĂ©signĂ©e Ă  notre abandon).
J’ai choisi de vraiment savoir me servir de quelques applis dont je voyais l’utilitĂ© en français. J’ai mis un point d’honneur Ă  ne jamais aller en salle tablettes pour aller en salle tablettes. Si vous tentez l’expĂ©rience, il faut vous dire que vous devez ĂŞtre complètement Ă  l’aise avec ce support et prĂŞts Ă  rĂ©pondre Ă  toutes les questions : « pourquoi ça s’Ă©teint ? je ne trouve plus mon image ? je n’arrive pas Ă  ceci », et j’en passe. Vous devez aussi ĂŞtre complètement Ă  l’aise avec les applications que vous proposez aux Ă©lèves d’utiliser, ce n’est pas possible/souhaitable autrement. Ă€ partir de cette maitrise, vous devrez rĂ©flĂ©chir aux sĂ©ances que vous voulez crĂ©er. On ne travaille pas tous les jours sur tablette mais 2 fois dans une sĂ©quence par exemple. On peut choisir aussi de faire une courte sĂ©quence en utilisant Ă  chaque heure les tablettes.
Que peut-on faire avec une tablette en français ?
  Du traitement de texte et de la mise en page pour des projets prĂ©cis (crĂ©ation d’un dĂ©pliant, d’un exposĂ©) avec l’appli gratuite Pages (aucune publicitĂ©).
  De grandes affiches, des montages photos, etc. avec Picollages (aucune publicitĂ©).
  Des bandes annonces (compte-rendu de lecture), des interviews, des tutoriels explicatifs, etc. avec l’appli gratuite et sans pub IMovie.
  Des exposĂ©s imagĂ©s, des rĂ©sumĂ©s, des synthèses, des mises en voix de textes et poèmes, etc. avec l’appli gratuite et Voice(aucune publicitĂ©).
  Des exposĂ©s, des prĂ©sentations, des capsules de cours dans le cadre de la pĂ©dagogie inversĂ©e, avec l’appli gratuite Tellagami (aucune publicitĂ©).
Je m’arrĂŞte lĂ  mais le champ des possibles me dĂ©passe.
Par ailleurs, dans ma classe, j’expose sur une estrade une vingtaine de romans, bd, albums par mois (disponibles et souvent empruntĂ©s par mes Ă©lèves qui guettent les nouveautĂ©s), j’ai une armoire d’Ali Baba remplie de bouquins que je sors allègrement pour Ă©tayer une dĂ©monstration ; le contrĂ´le fini, on peut piller l’armoire et lire ou observer un livre ; M. et Mme Larousse trĂ´nent sur chaque table d’Ă©lèves (plus vieux que les tablettes mais très utiles) ; les murs sont agrĂ©mentĂ©s d’exposĂ©s Ă©crits au stylo par les Ă©lèves ; les auteurs classiques et contemporains sont sans cesse Ă©voquĂ©s, lus et admirĂ©s.
Donc on peut faire du français très bien avec ou sans tablettes. Si on utilise la tablette, on est un pro autodidacte ou semi pro. On ne devrait pas avoir Ă  se positionner en tant que vieille Ă©cole ou nouvelle Ă©cole car la tablette n’est qu’un outil de plus (pas un gadget, ça c’est si on fait n’importe quoi avec). » (Chantal)

Avis mitigés

  N°1  :
« J’avais lu ce reportage dans un collège entièrement Ă©quipĂ© de tablettes. Le point de vue est plutĂ´t mitigĂ©. » (Sandrine) : En Corrèze, iPad pour tous Ă  l’école : « Vous allez voir, ce sont des mages » - Rue89

  N°2 :
« Toutes vos rĂ©flexions sur l’utilisation de tablettes me rassurent, car je me sens un peu dĂ©munie devant ces nouvelles technologies. Je les utilise personnellement, mais j’ai du mal Ă  penser une utilisation didactique de ces nouveaux outils et peine Ă  trouver des dĂ©marches pĂ©dagogiques, des articulations dans mes sĂ©quences. J’enseigne dans l’acadĂ©mie de Lille, et nous avons la chance d’avoir une journĂ©e Lettres et numĂ©rique. Une enseignante expose ses rĂ©flexions, et je vous envoie le lien qui concerne les tablettes. C’est un exemple concret de sĂ©quence, ce que je trouve plutĂ´t intĂ©ressant. » (AngĂ©lique) :

  N°3 :
« Voici la chronique du jour du Petit Journal des Profs, qui, bien qu’elle concerne le primaire, fait Ă©cho de façon intĂ©ressante, me semble-t-il, aux rĂ©flexions suscitĂ©es sur la liste par la requĂŞte :
Personnellement, comme certains colistiers, je me dis que la tablette pourrait effectivement faire gagner du temps en usage ponctuel sur une recherche courte, comme les dictionnaires au fond de la classe : ce type d’usage me sĂ©duirait plutĂ´t, je pense.
Mais outre la remarque très pertinente de Marc sur l’Ă©conomie des ressources de la planète, n’est-ce pas « inviter le loup dans la bergerie » que de « valider » pĂ©dagogiquement auprès des Ă©lèves un outil qu’ils voient plutĂ´t je pense comme faisant partie de la « contreculture scolaire »...? (je me rends tout Ă  fait compte du cĂ´tĂ© excessif de ce raisonnement mais j’imagine que la quantitĂ© de guillemets que j’utilise vous le signifie dĂ©jĂ  !)
J’oscille donc, comme beaucoup d’entre vous, entre la mĂ©fiance vis-Ă -vis du « numĂ©rique Ă  tous crins » et la volontĂ© d’user de tout ce qui peut faciliter les apprentissages pour nos Ă©lèves, entre la crainte de voir disparaitre des attitudes et des outils fondamentaux (lecture, Ă©criture, livres papier, temps donnĂ© Ă  la rĂ©flexion, sens de l’effort, etc.) et l’envie de donner une image moderne et attractive de nos enseignements (je suis par ailleurs prof de LCA...). Et puis au milieu de cette tempĂŞte de pensĂ©es et sentiments contradictoires, il y a l’envie d’avoir un avis « scientifique » sur la question afin d’ĂŞtre guidĂ©e en toute connaissance de cause dans mon choix, alors que cet avis ne peut exister pour le moment en raison du manque de recul temporel sur la question... Et de toute façon, n’est-il pas facile d’orienter idĂ©ologiquement les rĂ©sultats d’une Ă©tude ? » (Emmanuelle)

  N°4 :
« Utiliser de nouveaux outils, ça nous demande du temps, alors quand ça ne « marche » pas, c’est très dĂ©courageant ! Peut-ĂŞtre faudrait-il d’abord aller au bout de l’Ă©quipement en ordinateurs dans les collèges, prĂ©voir du personnel qualifiĂ©, volontaire et correctement rĂ©munĂ©rĂ© pour la maintenance ? Après, on pourra rĂ©flĂ©chir aux avantages des tablettes...
Ceci dit, Ă©tant privilĂ©giĂ©e (ma salle est Ă©quipĂ©e d’un VPI que j’utilise de plus en plus souvent, j’avoue que je partage les arguments de Sarah, et que je suis prĂŞte Ă  tester. » (Evelyne)

  N°5  :
« Tout Ă  fait d’accord avec la remarque sur l’empreinte Ă©cologique, il serait instructif de faire regarder aux Ă©lèves le documentaire sur la pollution de la planète avec ces nouveaux moyens technologiques, pour relativiser… D’autre part , un usage ponctuel des tablettes en classe, est surement nĂ©cessaire parmi tous les supports existants Ă  l’heure actuelle… Mais, au lieu de vouloir Ă©quiper toutes les classes, (bonjour le gaspillage Ă©conomique et financier, depuis plus de 30 ans ! Ă©tant donnĂ© la durĂ©e de vie ultracourte et l’obsolescence programmĂ©e de tout ce matĂ©riel informatique), mieux vaudrait avoir un stock de tablettes pour faire circuler de classe en classe, selon les besoins ; il suffit de proposer un planning oĂą chaque professeur rĂ©serve 1 h de cours, pendant laquelle il/elle envisage de l’utiliser avec ses Ă©lèves. Voici peut-ĂŞtre une solution plus Ă©conomique. »(F.)

  N°6 :
« Je serai assez curieuse de savoir dans quel Ă©tablissement tous les Ă©lèves sont Ă©quipĂ©s de tablettes. Il me semble que l’utilisation prĂ©conisĂ©e par F. est justement celle qui se met en place... Dans mon collège (près de 800 Ă©lèves), nous avons depuis un mois 15 tablettes par bâtiment (soit 45 disponibles) qui seront Ă  rĂ©server heure par heure comme pour une salle multimĂ©dia (15 postes chez nous Ă©galement). Cela ne fait pas 800 tablettes... Le principe d’Ă©conomie me semble bien Ă  l’Ĺ“uvre... » (S.)

  N°7 :
« Cette course-poursuite après les nouveautĂ©s informatiques empĂŞche de « rentabiliser » le matĂ©riel Ă  peine installĂ© ! Il faut tout de mĂŞme :
  en principe (!) , une formation initiale pour les professeurs… avant la prise en main du matĂ©riel en situation rĂ©elle avec une classe ;
  un minimum de temps pour que les professeurs et les Ă©lèves se familiarisent avec la nouvelle façon de travailler, les ordinateurs, T.N.I., etc., en complĂ©ment des livres, cahiers, classeurs ;
  du personnel compĂ©tent, très souvent bĂ©nĂ©vole, mais pas toujours très performant (ce n’est pas une critique nĂ©gative, juste un constat) qui puisse assurer le bon fonctionnement du dit matĂ©riel (mieux vaut avoir en rĂ©serve des exercices ou autre cours, pour Ă©viter 1 h de cours de perdu !) » (F.)

Références proposées

Ouvrages imprimés

  CARR N., Internet rend-il bĂŞte (Ed. Robert Laffont, 2011).
L’ouvrage a Ă©tĂ© Ă©crit par un universitaire amĂ©ricain après qu’il se fut rendu compte que sa capacitĂ© de concentration baissait avec le temps. Il s’est demandĂ© pourquoi et le livre est la rĂ©ponse... Impressionnant ! Et documentĂ©, argumentĂ©...
  DESMURGET M., TV Lobotomie, la vĂ©ritĂ© scientifique sur les effets de la tĂ©lĂ©vision (Ed. Max Milo)

Liens Ă  consulter

  CanopĂ© : 30 activitĂ©s pour enseigner avec les tablettes
  Le Monde  : « Les tablettes au collège, la fausse bonne idĂ©e de François Hollande »
  TĂ©moignage d’un enseignant du sud de la France sur l’arrivĂ©e des tablettes dans sa classe.


Ce document constitue une synthèse d’Ă©changes ayant eu lieu sur Français-collège (liste de discussion des professeurs de français au collège) ou en privĂ©, suite Ă  une demande initiale postĂ©e sur cette mĂŞme liste. Cette compilation a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par la personne dont le nom figure dans ce document. Fourni Ă  titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est protĂ©gĂ© par la lĂ©gislation en vigueur en matière de droits d’auteur. Toute rediffusion Ă  des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.

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