Argumentation notions
SOURCE :
http://lettresouvertes.wifeo.com/genres-et-formes-de-largumentation.php
Séquence : argumentation
I. Argumenter en trois verbes :
Argumenter, c'est vouloir convaincre, persuader, ou délibérer.
Si argumenter consiste à soutenir ou à contester une opinion, cette tentative vise aussi dans le même temps à agir sur le destinataire en cherchant à le convaincre ou à le persuader afin de le faire adhérer à une thèse.
Argumenter, c'est donc justifier une opinion que l'on veut faire adopter, partager en tout ou partie. On cherche alors à convaincre par l'usage de la raison et à persuader en faisant appel aux sentiments et à l'affectivité.
Argumenter, c'est aussi tenir compte de thèses (opinions) différentes des nôtres, avec lesquelles nous allons entrer en discussion dans une délibération, solitaire (monologue délibératif) ou collective (dialogue).
A) Convaincre
Pour convaincre, le locuteur fait appel à la raison, aux facultés d'analyse et de raisonnement, à l'esprit critique du destinataire pour obtenir son accord après mûre réflexion.
II formule une thèse, appuyée par des arguments, c'est-à-dire des éléments de preuve destinés à l'étayer ou à la réfuter.
Ces arguments sont eux-mêmes illustrés par des exemples variés : tirés de l'expérience personnelle, des lectures, des divers domaines de la connaissance : sciences, histoire, philosophie… Ce peut être des références à d'autres penseurs ou écrivains (citation), à des anecdotes amusantes ou frappantes (paraboles), à la sagesse des nations (proverbes) à des valeurs symboliques ou culturelles partagées (zoomorphisme, mythes)...
Ces arguments sont présentés de manière ordonnée dans le cadre d'un raisonnement (inductif, déductif, critique, dialectique, concessif, par analogie, par l'absurde...) sous forme de plan et d'une progression argumentative où ils sont souvent reliés entre eux par des connecteurs logiques. Les connecteurs les plus importants sont ceux qui soulignent la causalité ou la conséquence.
La thèse s'inscrit dans une stratégie argumentative : développer ou réfuter une thèse, concéder, débattre.
B) Persuader
Quand le discours argumentatif fait appel aux sentiments ou aux émotions du destinataire, il cherche à persuader.
Il s'agit pour l'émetteur de jouer sur des valeurs et des repères culturels communs.
En effet une argumentation met en jeu, de manière explicite ou implicite, un système de pensée. Le locuteur, s'il veut toucher son destinataire, doit s'efforcer de comprendre le système de valeurs de ceux auxquels il s'adresse.
Ainsi la défense d'une thèse s'appuiera sur des principes universels ou du moins en principe partagés par la majorité : la Vérité, le droit au bonheur, l'équité, la sincérité..., ou sur les valeurs admises par un groupe social déterminé : l'honneur, le courage, la probité, le travail, le patriotisme…
Cette thèse s'appuie également sur des références culturelles communes qui font naître une complicité propice à l'adhésion : jeux de mots, traits d'esprit, intertextualité, connotations, détournements, allusions…Le discours va se faire à la fois expressif et impressif, il va essayer de transmettre des émotions fortes, d'impressionner le destinataire pour agir sur lui.
Pour cela, il a recours à des procédés stylistiques.
Implication des destinataires : Le locuteur doit impliquer ses destinataires, leur faire considérer que sa thèse est aussi la leur, qu'ils partagent les mêmes combats et les mêmes intérêts adresse au destinataire : utilisation de la 2ème personne (« tu » ou « vous ») ou de la 1ère pers. plur, « nous » qui crée une communauté d'intérêt.
· questions rhétoriques ou fausses questions sont simplement destinées à animer le discours et à varier le mode de l'affirmation.
· modalisation forte pour provoquer un phénomène d'identification à ses vues. L'adhésion recherchée est plus viscérale que réfléchie. Nous assistons alors à une. Le locuteur s'implique fortement dans son énoncé, il amplifie ses jugements par le recours à des termes mélioratifs ou péjoratifs, à des adverbes d'intensité, à des images qui heurtent ou font rêver. Il spécule le plus souvent sur des réactions primaires : joie, peur, tristesse ou colère…Pour persuader son lecteur ou son auditoire, le locuteur va jouer sur les émotions fortes de l'indignation ou de l'enthousiasme. Il peut exciter la pitié pour les victimes, l'indignation devant l'inacceptable, la révolte contre l'injusticeð recours fréquent au registre pathétique.
· Des champs lexicaux : champ lexical de la douleur, de la plainte. Recours à un vocabulaire partagé avec l'auditoire : familiarité, jargon, Les oppositions entre ombre et lumière, civilisation et barbarie, raison et folie…
· Des figures de style :
- d'insistance (répétition, anaphore, gradation, pléonasme),
- d'opposition (antithèse, oxymore).
· Ponctuation expressive : recours aux exclamations et interrogations qui trahissent l'affectivité débordante ou la volonté d'animer le propos.
· Des rythmes :
- souvent binaires (affectifs) ou cumulatifs (extériorisation d'un trop-plein intérieur).
- L'utilisation d'effets syntaxiques : phrases construites selon un rythme fortement marqué, brusques ruptures rythmiques pour surprendre ou choquer le destinataire, (anacoluthe) phrases s'achevant sur une chute, c'est-à-dire une conclusion inattendue. Art de la formule aux endroits stratégiques du propos (parallélisme, antanaclase, chiasme, paronomase…).
- Utilisation de rythmes ternaires pour créer des moments oratoires équilibrés après
l'expression vive des sentiments. Recours à des formes incantatoires (anaphores, allitérations, paronomases).
C) Délibérer
Délibérer, c'est examiner les différents aspects d'une question, en débattre, y réfléchir afin de prendre une décision, de choisir une solution. C'est donc se confronter à ses propres objections ou à celles d'autrui, avant de construire sa propre opinion. Cette nécessaire étape de la réflexion personnelle permet de considérer l'avis d'autrui et de peser la vérité (ou l'accord au réel) de différentes positions avant de décider.
La délibération est également essentielle au débat public dans une démocratie. Au cours d'un procès avant la sentence, les jurés sont amenés à délibérer.
L'essai, le dialogue ou l'apologue sont des genres littéraires particulièrement adaptés à l'expression d'une délibération.
II Les types d'arguments
- l'argument d'autorité : on fait référence à une autorité politique, morale, scientifique reconnue et experte.
Par ex. : Fumer est dangereux pour la santé, c'est ce que nous démontre le rapport sur la santé des Français rédigé par les professeurs ...
- l'analogie qui consiste à comparer deux faits, deux situations pour en déduire une valeur explicative, pour donner en exemple. "L'usage du tabac est voisin de celui des drogues ou de l'alcool : il crée une dépendance physique et psychologique dont le patient aura bien du mal à se débarrasser".
- les rapports de cause à effet. Tel phénomène entraîne tel autre phénomène. "Fumer entraîne des troubles gastriques, donne mauvaise haleine et perturbe l'odorat comme le goût".
- les avantages ou les inconvénients. Recherche des effets sur différents plans. "Arrêter de fumer augmente l'espérance de vie, permet de réduire les dépenses de santé..."
- Utilisation de données scientifiques, historiques, numériques. En principe elles sont irréfutables.
"L'usage du tabac est la première cause des cancers du poumon et de la gorge".
- Par analyse et élimination des autres solutions. Valable pour une argumentation longue ou la réponse à de prévisibles objections. "Recourir à des cigarettes sans tabac n'élimine pas les risques représentés par les goudrons, la toxicité des produits résultant de la combustion..."
- Par généralisation. A partir d'un ou deux exemples, on généralise. "Les programmes de prévention menés en Allemagne et les séances d'éducation scolaire au Luxembourg ont montré tout l'intérêt..."
- Argument des « paliers ». Les efforts, les sacrifices font parvenir à un palier, avec les premiers résultats positifs, et ainsi de suite jusqu'au résultat final. "L'augmentation des taxes sur le tabac, l'interdiction de fumer dans les lieux publics ont fait à nouveau parler du tabagisme et ont permis à un nouveau public de prendre conscience de ses méfaits. Ils ont ainsi conduit à une baisse de la consommation"...
- L'accord paroles/actes : Pour rendre sympathique, marquer la loyauté. "Le ministre de la santé a décidé de s'arrêter de fumer lors du lancement de la campagne de prévention. A ce jour sa détermination n'a pas faibli"...
- L'alternative : blanc ou noir, la bourse ou la vie, la valise ou le cercueil. "Les femmes doivent choisir : soit l'arrêt du tabac, soit des risques accrus de cancer, un vieillissement des tissus accéléré, une peau terne, un affaiblissement marqué de leur pouvoir de séduction"...
- Appel aux valeurs supérieures. Importance du point de vue choisi. "L'usage du tabac n'est pas dangereux seulement pour le consommateur, mais pour tous ceux qui sont intoxiqués passivement dans son entourage. C'est donc non seulement une question de bonnes manières, mais plus encore de civisme et de santé publique que de s'abstenir de fumer dans un lieu public".
- Prise à témoin. Recherche de l'accord du destinataire. "Voyez-vous d'autres moyens que l'interdiction de la publicité pour les marques de cigarettes ?"
- Argument ad hominem : L'argument ad hominem est une stratégie qui consiste à opposer à un adversaire ses propres paroles ou ses propres actes. Il s'agit de discréditer la personne plutôt que la position qu'elle défend. L'idéal est bien de montrer la contradiction entre les propos et les agissements. C'est la mise en évidence du « Fais ce que je dis et non pas ce que je fais ».
- L'ironie est une argumentation par l'absurde, qui tente de séduire le lecteur par un appel à son intelligence. En effet le lecteur doit comprendre qu'il est appelé à prendre ses distances avec la formulation brute et qu'il doit inverser les affirmations de l'auteur. C'est un jeu subtil, fascinant, mais qui peut produire l'effet contraire à celui qui est escompté si le lecteur accepte tout au premier degré.
L'ironie est une arme essentielle de la stratégie argumentative parce qu'elle rend le récepteur complice, qu'elle l'oblige à parcourir la moitié du chemin dans l'adhésion à la thèse. L'opinion se dissimule en effet derrière une formulation strictement inverse ; aussi le lecteur doit-il être attentif et réagir aux indices qui la lui indiquent :
- une logique absurde : elle consiste à relier une cause donnée et une conséquence sans rapport avec elle.
L'absurdité marquée de cette relation doit heurter le lecteur. Par exemple, Montesquieu, dénonçant le racisme primaire s'exprimait ainsi : "[Les nègres] ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre".
- la caricature poussée jusqu'au cynisme : Le lecteur est averti par l'énormité du propos ou son caractère franchement ignoble. Montesquieu : "Le sucre serait trop cher si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves."
- l'antiphrase : c'est le procédé essentiel. Il s'agit ici de juger un phénomène à l'inverse de ce qu'on attendrait. Devant les gribouillis d'un apprenti écrivain, le critique va encenser le « caractère admirable » de la production. Comme le compliment est public, forcé par l'exagération et le ton, il ne laisse aucun doute sur les intentions de celui qui le prononce au point que le récipiendaire en est souvent marqué à vie.
III. Genres et registres de l'argumentation
Genres et registres sollicités
On a l'habitude de distinguer entre argumentation directe (explicite) ou indirecte (implicite) et de rattacher les genres
A) L'argumentation directe ou explicite
1) L'essai ou le traité
Un essai est un ouvrage qui propose une réflexion, qui expose un point de vue personnel sur un thème dans quelque domaine que ce soit
L'essai appartient essentiellement au registre didactique puisqu'il propose un enseignement ou un partage de connaissances en un discours structuré sur un sujet donné.
La forme de l'essai est très libre, c'est pourquoi les auteurs y recourent si souvent.
Exemples : Les Essais de Montaigne, les Pensées de Pascal, Comme un roman de D. Pennac, ou Introduction à la littérature fantastique de Tzvetan Todorov (1970)
L'essai se caractérise surtout par un ton personnel : l'essayiste cherche à marquer son lecteur par un style bien à lui qui rende le propos attrayant et accessible et surtout qui lui permette de se distinguer des prédécesseurs ou des adversaires. « J'ai naturellement un style comique et privé, mais c'est d'une forme mienne » (I, ch. 60) « Le parler que j'aime, c'est un parler simple et naïf, tel sur le papier qu'à la bouche ; un parler succulent et nerveux, court et serré… » (I ch. 26) écrit Montaigne.
2) le dialogue d'idées
Une argumentation peut prendre la forme d'un dialogue entre deux ou plusieurs personnes.
Le dialogue est un moyen essentiel pour confronter des idées.
Le dialogue philosophique est hérité de l'Antiquité. Platon, philosophe grec du V° siècle av. J.-C., présente l'enseignement de son maître Socrate sous forme de dialogues avec ses élèves et ses adversaires, selon la méthode de la « maïeutique » (ou accouchement) qui, par des questions appropriées, faisait naître les vérités qu'ils portaient en eux sans le savoir.
Ce type de dialogue suppose deux interlocuteurs bien disposés, qui font avancer la conversation de manière à exposer dans son entier le domaine examiné. Chez Socrate, il ne s'agit pas de débattre, mais de pratiquer un dialogue dialectique où les interrogations croisées conduisent à faire émerger une réponse. Sa visée est essentiellement didactique car, utilisé par un maître habile, il sert à transmettre un savoir.
Ce dialogue philosophique a été particulièrement utilisé dans le combat philosophique du siècle des Lumières.
En littérature, le dialogue d'idées s'inscrit dans pratiquement tous les genres : le théâtre, le roman ou la nouvelle, l'essai. Par exemple il sert de fil conducteur à plusieurs niveaux dans le Supplément au voyage de Bougainville de Diderot, sorte d'essai polémique sur la civilisation et la morale sexuelle, l'apologue, la fable ou le conte philosophique Candide discute avec le nègre de Surinam chez Voltaire, le loup dispute avec l'agneau ou avec le chien dans les Fables de La Fontaine…
Le dialogue se caractérise par la polyphonie.
3) la lettre
La lettre peut être un genre argumentatif dans la mesure où il s'agit d'un dialogue différé. Elle peut passer du domaine privé au domaine public, devenir lettre ouverte, forme commode pour exposer des idées.
Exemples
· Epîtres de Saint Paul qui exhortent, enseignent, commentent, précisent le dogme,
· Les Provinciales de Pascal, Les Lettres philosophiques de Voltaire : La lettre est un moyen d'exprimer haut et fort des positions politiques.
· le « J'accuse » de Zola reste un modèle de lettre ouverte.
B) L'argumentation indirecte ou implicite
Les fables, les contes (surtout les contes philosophiques), les exempla, présentent tous un mode de fonctionnement allégorique qui autorise une argumentation indirecte.
Ils visent en effet à convaincre et persuader le lecteur indirectement, par un récit fictionnel arrangé, ordonné, destiné à présenter des idées, des valeurs symboliques, à travers
des personnages de fiction (hommes, dieux, animaux, végétaux...), à la fonction référentielle et symbolique s'inscrivant dans une tradition culturelle,
des situations initiatiques qui révèlent cette valeur symbolique,
des dialogues qui créent des pauses dans le récit, permettent souvent de confronter différentes opinions ou de tirer des enseignements.
Dans cette argumentation indirecte, le rôle de l'implicite est souvent essentiel. L'apologue suggère souvent plus qu'il n'affirme une idée. II recourt à la légèreté de l'allusion au détriment de la lourdeur de la démonstration. Il se cache de la censure en attribuant ses critiques à un tiers ou en les dissimulant dans des propos codés ou ironiques comme Voltaire.
Le grand mérite de cette forme d'argumentation est d'aiguiser la curiosité du lecteur, dont la complicité est requise pour deviner les intentions de l'auteur. « Les meilleurs livres sont ceux qui font faire la moitié du chemin au lecteur » ou « Le moyen d'ennuyer est de vouloir tout dire » a prévenu Voltaire.
1) L'apologue ou la fable
L'apologue (du grec apologos, récit) est un court récit en prose ou en vers, dont on tire une instruction morale, c'est donc au sens strict un synonyme de « fable ». Plus généralement, il désigne un récit pédagogique à des fins morales, mais parfois aussi politiques ou religieuses. La fable a aussi le sens de fiction mensongère. Le récit d'une anecdote mettant en scène des animaux, ou parfois des végétaux, personnifiés, a toujours servi à illustrer des leçons de sagesse pratique. Le genre provient de deux grandes traditions : l'occidentale représentée par les fables grecques attribuées à Ésope, et par Phèdre à Rome ; l'orientale qui prend racine dans le Pañchatantra sanskrit et qui nous est parvenue par Bidpaï en Inde et le livre de Kalila et Dimna en Perse et dans les pays arabes.
Dans l'apologue traditionnel, la moralité est explicitement formulée. II n'en va pas toujours de même dans les genres narratifs proches de l'apologue : la fable, l'exemplum, le conte (en particulier philosophique).
Chez La Fontaine, comme chez ses prédécesseurs, la fable est un récit fictionnel court qui use parfois du merveilleux (d'où l'adjectif « fabuleux). Le récit, sorte de mini conte, suit souvent le schéma narratif du genre : situation initiale perturbée par un événement déclenchant une mise en route, péripéties formatrices, situation finale dont la mise en perspective avec le début permet de tirer une sagesse.
La fable, au XVIIe siècle, est un genre pédagogique : l'élève doit mémoriser la morale, apprendre la rhétorique en composant à son tour des récits illustratifs accompagnés de leur moralité conséquente.
C'est La Fontaine qui porte le genre à son apogée.
2) L'exemplum (exempla au pluriel) désigne d'abord un exemple à suivre, tirés de la Bible (Ancien Testament), des auteurs de l'Antiquité classique, et des cultures orales : folklore, récits hindous et arabes, mais aussi une ressource de la rhétorique pour persuader.
3) Le conte, et particulièrement le conte merveilleux, est d'abord un genre oral, un récit hérité de la tradition, dont le schéma narratif reste immuable mais non la mise en forme. Il appartient au monde de la fiction avec sa formule magique « Il était une fois » ; il a souvent un aspect didactique ou moralisante qui répond à sa fonction initiatique. Le petit Chaperon rouge La Belle au bois dormant (cf La psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim)
Dans les sociétés traditionnelles, les contes étaient destinés aux adultes. C'est seulement à partir du XVIIe siècle en France que les contes ont rejoint la littérature de jeunesse.
4) Le conte philosophique abondamment illustré par Voltaire
C'est à la fois un conte, un récit souvent proche, dans sa structure, du conte traditionnel : un héros, une quête, des obstacles, des éléments merveilleux