Dissertation technique méthode
Fiche méthode : comment réussir ma dissertation littéraire ?
1er temps : Comprendre les objectifs de l'épreuve.
La dissertation doit être une démonstration : il est donc nécessaire de partir d'un questionnement (problématique) avant d'apporter une réponse organisée et convaincante (plan). L'ensemble forme un parcours argumentatif d'une problématique à sa résolution.
C'est une argumentation qui tient compte des critiques et des objections éventuelles. Aussi la démarche adoptée est très souvent concessive d'où la formule : « certes, cependant, c'est pourquoi ».
Elle s'appuie sur des exemples littéraires (nombreux, précis, variés) lus et analysés durant toute votre scolarité (culture générale). Les analyses doivent faire preuve de la cohérence d'une réflexion personnelle.
Le correcteur se place dans une situation d'ignorance, il faut donc expliquer avec précision les idées retenues et les relier avec logique et sans lourdeur (transitions).
2ème temps : Prendre en compte les contraintes de l'épreuve.
La dissertation s'organise selon une démarche précise, logique et dynamique. C'est une pensée en marche. Votre plan doit comporter obligatoirement les éléments suivants :
> une introduction
- présente, explicite et situe le sujet à partir d'une accroche (anecdote, définition, citation, étymologie, réflexion générale…)
- énonce la problématique c'est-à-dire l'enjeu du sujet, ses présupposés, sa portée polémique.
- annonce le plan (deux ou trois lignes directrices) et l'organisation de cette réponse selon le schéma :
« s'il est vrai que… on remarquera cependant… tout en examinant si…»
ou « certes / cependant / c'est pourquoi ».
> un développement
- organisé et progressif, il ordonne les éléments de réponse trouvés (du plus évident au plus pertinent).
- chaque grande partie (= axe) propose une thèse, un thème ou une hypothèse. Elle contient plusieurs arguments et un fil directeur lié à la problématique initiale.
- elle débute souvent par une petite introduction qui annonce les sous-parties.
- chaque grand axe se subdivise en plusieurs sous-parties (= arguments, paragraphes)
- un paragraphe constitue l'unité de base du plan, il contient une seule idée explicitée.
- les idées s'enchaînent avec des mots de liaison (par conséquent, en outre, au contraire, de surcroît...)
- chaque partie (= grand axe de réponse) s'achève sur une petite conclusion qui se recentre sur le sujet
- des transitions logiques relient les différentes parties : «mais l'approche resterait incomplète, si on négligeait d'examiner… »
- le raisonnement doit être progressif : les idées les plus complexes prendront place à la fin de chaque partie
- le type de raisonnement choisi peut être dialectique, analytique, inductif, analogique, etc. L'essentiel est de choisir un parcours de réponse dynamique.
- les exemples, précis, nombreux et diversifiés, viennent asseoir une argumentation réelle (il ne s'agit jamais d'un simple catalogue d'oeuvres).
> une conclusion
- achève mon essai de réponse à la problématique initiale
- re-situe le sujet rapidement et en retrace le parcours argumentatif suivi pour y répondre.
- ouvre ma réponse sur un problème plus vaste (élargissement) ou en établissant un parallèle avec une autre forme d'expression artistique (musique, cinéma, danse, peinture, etc.)
3 ème temps : Eviter les erreurs les plus fréquentes
(quelques conseils)
- pour ne pas effectuer un hors-sujet, je relis plusieurs fois l'énoncé. Une longue réflexion au brouillon est indispensable.
- je formule correctement et clairement mes idées, afin de ne pas être confus.
- je reste convaincant en justifiant tous mes arguments à l'aide de références, d'exemples, de citations.
- j'introduis les exemples, les citations à l'aide de verbes de parole variés (j'évite "il dit")
- je rédige sans utiliser la moindre abréviation (les titres et les sous-titres du plan détaillé n'apparaissent pas).
- je sépare l'introduction, la conclusion et les axes de réponse en passant une ou deux lignes ( mise en page claire et aérée).
- je marque par un alinéa chaque début de paragraphe
- j'utilise le « nous » de modestie ou des tournures impersonnelles (j'évite le « je »)
- je souligne proprement les titres des œuvres (6 titres au minimum).
- je surveille l'orthographe, la ponctuation et la construction logique des phrases
- j'utilise un niveau de langue soutenu et un style imagé
- je me sers de l'ensemble de mes connaissances: apports érudits (citations, auteurs, mvts culturels…) et théoriques (étymologie, définition d'un genre ou d'un registre…).
- comme dans un commentaire, les termes techniques d'analyse littéraire (style indirect libre, points de vue, litote, versification, quatrième mur…) ne font pas défaut.
- le travail préliminaire au brouillon est primordial pour rechercher (par la technique du remue-méninges, de l'arborescence ou des exemples), des réponses pertinentes.
- la rédaction doit proscrire : l'excès de lyrisme, d'ornementation pompeuse, de lieux communs ou d'abstraction conceptuelle.
- tout au long de l'année, j'établis des listes d'arguments (fiches) autour des genres abordés (théâtre, poésie, roman, littérature d'idées).
- afin de me familiariser avec l'épreuve, je lis des annales corrigées au CDI, j'emprunte les copies de mes camarades, je consulte mon manuel et le blog de l'enseignant (« élèv/ation » sur web lettres).
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4 ème temps : Expressions utiles pour composer
Introduire une première idée : pour commencer, en premier lieu, tout d'abord, d'une part.
Introduire une seconde idée : passons à présent, ensuite, deuxièmement, de plus, de surcroît, d'autre part.
Introduire une dernière idée, éventuellement conclusive : pour finir, en somme, enfin, par conséquent
Argumentation en crescendo : non seulement - mais également - il faut dire que - il convient d'ajouter que – en effet - en outre – enfin.
Restrictions : il va de soi – toutefois - nonobstant - certes – mais - bien sûr - néanmoins - généralement, on affirme que - mais on peut se demander si.
Conclusions partielles : donc, ainsi, par conséquent, il en résulte que, il s'ensuit que.
Exemples : prenons l'exemple de, prenons par exemple le cas de, comme l'a démontré dernièrement.