L'humanisme contemporain est-il vert et dans le documentaire ?
"Mais il faut cultiver notre jardin" (dernières paroles de Candide)...
A l'heure où cultiver son potager fait figure d'acte de résistance face aux ravages environnementaux planifiés par l'industrie chimique et agricole, un nouveau film met à nouveau en garde les peuples.
Il est vrai que personne ne se baigne plus dans le Loing, ne pêche de poissons dans le Rhône (à cause des PCB)... Nos familles sont touchées par de multiples cancers et les cultivateurs de coton indiens se suicident en masse (surendettés par les OGM)... Ici et là, le développement économique honteusement dérégulé coûte désormais plus qu'il ne rapporte.
Au-delà du "journal" télévisé, les documentaires...
Synopsis :
Comme son titre ne l'indique peut-être pas, Solutions locales pour un désordre global est un film sur l'agriculture. Le documentaire de Coline Serreau est à la fois l'anti-thèse et le complément de long-métrages comme We Feed the world d'Erwin Wagenhofer ou Food, Inc de Robert Kenner, qui détaillaient (respectivement en Europe et aux Etats-Unis) les dérives de l'agro-industrie : expliquant en quoi et pourquoi le modèle hérité de la Révolution verte n'est pas durablement soutenable (d'un point de vue économique, sanitaire, écologique), il met l'accent sur des solutions alternatives, et va à la rencontre des francs-tireurs qui résistent au modèle dominant. D'un côté le complexe agro-industriel, les organismes génétiquement modifiés, le développement annoncé des bio-carburants, de l'autre le bio, la polyculture, la relocalisation de la production et les circuits courts…
Solutions locales… vaut d'abord par le charisme de ses intervenants, qui chacun dans son domaine ou sa région fait figure d'irréductible gaulois face au rouleau-compresseur des multinationales : penseurs et scientifiques (Serge Latouche, économiste, Lydia et Claude Bourguignon, derniers specialistes de la micro-biologie des sols), militants associatifs (Kokopelli qui sauvegarde la bio-diversité des semences), paysans comme Pierre Rabhi… Cette diversité d'approches permet au film d'alterner considérations historiques générales (sur le recyclage agricole, après-guerre, des produits de l'industrie chimique militaire, sur la dépossession absolue subie par les agriculteurs, sur l'échec de la Révolution verte à remplir sa principale promesse, éradiquer la faim) et, c'est ce qui fait sa spécificité, démonstrations très concrètes (sur les méthodes de culture sans labour, les fertilisants naturels, etc). Solutions globales… n'hésite pas à mettre les pieds — et les mains — dans la glaise : à plusieurs reprises, la caméra s'approche pour détailler l'apparence d'un légume ou d'une motte de terre, comme si le spectateur pouvait, de son fauteuil de cinéma, goûter ou humer la terre.
Commentaire d'une spectatrice :
Très étonnant cette multiplications de films alarmistes ces derniers temps qui ne trouvent aucun écho, contre l'exploitation cupide de la Terre. La démocratie est-elle un simple leurre, la liberté d'expression le meilleur rempart des multinationales contre la révolution du peuple?
Ou alors l'homme occidental est-il un simple égoïste coupable qui se moque du reste tant qu'il aura un bifteck dans son assiette et de l'électricité pour jouer à sa xbox sur son écran large H-D.
L'agriculture intensive est le reflet de notre société, du gâchis et du superflu. Malheureusement, tout le monde est responsable, ceux qui y contribuent (moi y compris bien sûr, en ayant cet ordinateur et en tapotant sur internet, dépensier en électricité) encore plus que ceux qui construisent. Nous voilà complices d'une destruction à grande échelle "et pourtant nous savions" (comme des nazis), nous savons que quelque part 30000 enfants meurent de faim chaque jour... que beaucoup n'ont plus accès à l'eau potable...
Retirer le droit de jouer à la xbox ou de regarder la télé et l'homme deviendra un révolutionnaire. Renvoyer la télé pourrie pleine de produits néfastes en Afrique ou en Asie et l'homme en aura une nouvelle et sera très heureux de voir Avatar célébrer la nature en 3-D.
Cela n'est plus tenable car personne ne veut faire d'efforts, sans vouloir jouer les fatalistes, la planète semble foutue à cause de nous, pauvres citoyens occidentaux horrifiés par la barbarie, mais principaux responsables. Manger des légumes de saison à toute période, manger de la perche du Nil alors que l'on connait les désastres que cela cause, voter pour des députés indifférents aux ravages des pesticides, des OGM...
Le vrai débat est de changer nos modes de communication, et dans la mesure où personne n'est capable de l'accepter ou de l'imposer (cela arrivera mais trop tard), on peut d'ores et déjà s'habituer aux repas de" soleil vert".
