Le rêve de Sam ; nous recevrons bientôt l'auteur au cdi

Un échange aura lieu le mardi 2 février au CDI à 13 heures 30, avec la collaboration de M. Roche et de Mme Bouchet.
Préparez d'ors et déjà des questions pour enrichir le débat!
Rappel : une question pour être pertinente doit contenir une information, puis "rebondir".
Exemples de questions possibles :
- Le titre de votre œuvre suggère l'idée positive d'un rêve (remarque) mais le premier chapitre commence par un cauchemar, comment expliquez-vous ce paradoxe (rebond) ?
- C'est un récit à caractère autobiographique ne perd-il cependant pas de sa crédibilité lorsque le héros croise comme par hasard de nombreux personnages historiques?
- Vous avez sans doute des enfants, seriez-vous fière d'avoir Sam comme fils?
- L'élection d'Obama vient-il donner un écho nouveau à votre oeuvre ?

Le Rêve de Sam est un roman historique qui retrace les évènements survenus entre 1952 et 1964 dans le sud des États-Unis, années charnières qui débouchèrent sur la fin de la ségrégation raciale officielle. L'auteur place Sam, personnage imaginaire, aux côtés de Rosa Parks et Martin Luther King, et dresse au fil du texte un portrait humain de ces figures emblématiques, traversées de périodes de doutes mais convaincues de l'importance de leur engagement.
Au fil de drames et de victoires symboliques, le lecteur suit le parcours de ces milliers de militants pacifistes anonymes qui, par leur engagement courageux et au prix de lourds sacrifices personnels, ont réveillé la conscience de toute une nation.
Un roman initiatique où le héros apprend à s'affranchir de ses modèles, embrasse son destin et s'éveille à l'amour.
Allez vite au CDI pour demander à l'emprunter auprès des documentalistes !

Une belle rencontre, quelques photos pour l'illustrer :

Voici en complément un extrait d'un compte-rendu d'une classe de seconde :
Pourquoi êtes-vous devenue écrivain ?
Je suis devenue écrivain car lorsque j'avais 10-11 ans, je me suis dit « un jour, je serais écrivain » et j'avais des parents qui aimaient beaucoup lire.
Quelles sont les conditions pour devenir écrivain ?
Il n'y a pas vraiment de conditions pour devenir écrivain. Il faut beaucoup lire, principalement des romans mais aussi les autres genres pour améliorer son orthographe et enrichir son vocabulaire. Je n'étais pas une très bonne élève à l'école. J'ai passé un Bac L mais je faisais des fautes d'orthographe, de grammaire et j'étais dyslexique .
Elle nous a confié travailler seule devant son ordinateur mais elle envisage d'acquérir un dictaphone car la nuit précédent notre rencontre, elle avait mal dormi, trop de nouvelles idées se bousculant dans sa tête.
Être écrivain, est-ce un métier rentable ?
Oui, c'est un métier rentable lorsque l'auteur est bon car les livres vont se lire vite et la vente va augmenter. Mais pour certains, cela reste un hobbie et si ce ne sont pas des bons livres, il faut avoir un métier à côté. Cependant il faut savoir qu'un écrivain ne gagne que 5% sur les ventes de son livre soit 0,75€ sur un livre d'une valeur HT de 15€.
L'éditeur est-il important ?
L'éditeur est très important dans la confection d'un livre. Il est surtout important car c'est lui qui fait vivre le livre et qui lui permet d'accéder à la vente, il peut également refuser la diffusion du livre. L'éditeur a le sort du livre entre ses mains.
Dans le cas de Florence Cadier, l'éditeur l'aide pour le choix des titres, l'inspire un peu et la soutient.
Comment s'est passé l'écriture de le rêve de Sam ?
J'ai fait un gros travail d'investigation et j'ai mis un an et demi pour écrire ce roman.
Pour terminer, elle nous a fait part de ses projets. Dans les années à venir, elle voudrait écrire un scénario de BD et de film, puis une pièce de théâtre pour enfants. Et en ce moment elle écrit un livre sur la pauvreté.
Compte-rendu collectif de la classe de 2de 5, sous la direction de Madame MANCEC.
Un lien pour compléter vos infos :
http://lewebpedagogique.com/desamismots/page/2/

N'oubliez pas de découvrir les autres oeuvres du concours au cdi :

Enfin un article de presse :
Avant Obama
L'histoire de Sam, jeune Américain de couleur, qui naît dans un milieu hostile. Son combat auprès des plus grands, dont Martin Luther King, au nom du respect de l'autre et de l'intégrité. Florence Cadier mêle avec brio réalité et fiction, jusqu'à les confondre.
Florence Cadier est la romancière du groupe d'auteurs qui ont participé aux résidences d'écriture organisées par l'Institut français de coopération. Rappelons que, pour cette troisième session, c'est la littérature jeunesse qui est à l'honneur, et le fantastique plus précisément. Avec son imagination débordante, et l'intelligence avec laquelle elle fait confondre réalité et inventions dans ses écrits, Cadier promet d'écrire un roman fantastique bien pointu, à l'image des livres de jeunesse qu'elle a déjà publiés jusqu'ici. Après "Qui est Laurette ?" (Nathan) et "Les miens aussi, ils divorcent" (La Martinière), entre autres, elle passe chez Gallimard Jeunesse pour publier ce roman écrit à l'attention des adolescents, mais que les plus grands peuvent lire aussi avec autant de plaisir...
Le titre, déjà, nous rappelle quelque chose, et puis la couverture ne trompe pas. C'est bien du rêve de Martin Luther King qu'il s'agit, un rêve partagé par des millions d'Américains pendant les années cinquante, soixante. Ce rêve est aussi celui de Sam, le personnage inventé par Florence Cadier et qu'elle plonge dans le mouvement et l'effervescence qui bouleversa l'Amérique, surtout celle du sud, de fond en comble. Elle avertit le lecteur dans son prologue que Sam n'est qu'un personnage de fiction, à l'antipode de Martin Luther King, qui est "une légende, une figure exemplaire de la lutte contre le racisme, pour l'intégration de l'Autre dans la société". Pourtant, elle n'hésite pas à faire croiser Sam et Luther King, à les faire parler l'un avec l'autre, allant même jusqu'à les doter d'une relation père-fils. Le combat de Luther King devient celui de Sam, ils se ressemblent tant, et le lecteur, en s'identifiant au "je" du narrateur qu'est Sam, peut côtoyer Luther King et avoir l'impression de vivre au jour le jour un combat universel au nom de la paix, aux côtés d'un homme qui passait pour être une légende vivante. De ces choses que seule la littérature peut rendre possibles !
*Combat des Noirs d'Amérique
La progression du combat des Noirs d'Amérique, à partir de Montgomery, galvanisés par le pasteur Martin Luther King, est parallèle à l'histoire de Sam qui évolue par paliers d'années notées dans un journal intime. Le roman est donc le journal intime de Sam, qui prend fin en 2005, et est écrit comme une sorte de confession, tout en donnant l'impression d'être un reportage réalisé au vif de l'action. Un journal intime à lire, comme l'écrit Sam à la fin, par tous les enfants du monde, afin de les sensibiliser et de leur donner l'exemple. Car Sam a beaucoup de courage et d'audace, d'espoir également. Bien jeune, il a vu, avec son petit frère, ses parents se faire assassiner devant ses yeux car ils avaient persisté à demander leur droite de vote. Ils avaient fait cela tellement ils étaient en colère que leurs enfants n'aient pas la possibilité de s'asseoir, dans un parc, sur le même banc que les Blancs. Les "Négros" avaient des bancs destinés à eux.
Désormais orphelins, Sam et son frère Josh sont recueillis par la tante Rosa et l'oncle Albert. À leurs côtés commence le combat, quand tout commence lorsqu'une Américaine de couleur refuse de céder sa place dans le bus à un Blanc. C'était le 1er décembre 1955. Oui, il s'agit bien de Rosa Parks, et dans le roman c'est la tante de Sam. Florence Cadier, sans limites, fait croiser événements historiques et anecdotes inventées, et c'est ainsi qu'elle continue à raconter son histoire en mettant ses personnages dans des situations que, peut-être, de vraies gens avaient vécus. Mais tout cela est sans importance, quand on voit l'efficacité de l'histoire, son écriture incisive, le côté très bien documenté : on passe du refus de Rosa Parks à céder son siège à un Blanc, à l'apparition de Martin Luther King, au boycott des autobus à Montgomery, à la croisade pour la citoyenneté, à l'élection de Kennedy, à la marche sur Washington, au célèbre "I have a dream" de Martin Luther King, à la signature par Johnson du Voiting Rights Act, en passant par le prix Nobel de la paix attribué à Martin Luther King. On voit aussi l'ombre menaçante du Ku Klux Klan, la formation d'associations comme la NAACP, la tenue de la conférence de la SCLC, etc.
Dans un roman pour adultes, ce mélange entre réalité et fiction, poussé ici à l'extrême par Cadier en faisant de Rosa Parks la tante de son narrateur, aurait certainement gêné et n'aurait pas été accepté. Mais ce genre de "tours" est toléré en littérature jeunesse, et c'est probablement le meilleur moyen pour rendre les choses plus proches du jeune lecteur, le sensibiliser et le mettre dans le feu de l'action. Il est vrai que ce roman, sorti en mars 2008, ne pouvait mieux tomber...
Tous les jeunes du monde savent qui est Obama, et la moindre des choses serait qu'ils sachent comment la route lui fut pavée.