Elèv/ation

Koltès, le 15 avril : une date anniversaire

Par Laucun - publié le 2011-avril-15 à 09:08 dans Théâtre

 

 

 

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2009/bernard-marie-koltes/report_fiche.php?report_id=280010129&pg=2

 

 

 Affiche de spectacle

 

 

 Prochain texte étudié : une oeuvre théâtrale de Koltès Roberto Zucco (éditions de minuit).

 

 

 

L'auteur

 

«Le théâtre, c'est le contraire de la vie, mais j'y reviens toujours et je l'aime, car c'est le seul endroit où l'on dit que ce n'est pas la vraie vie.» (Koltès)

 

 



 



 

          Succo, le tueur italien, filmé en direct à la télévision lors d'une tentative d'évasion.

 

 

 


 

 

 Exemple de mise en scène contemporaine.

 


 

 

- "En février de cette année, j'ai vu, placardé dans le métro, l'avis de recherche de l'assassin d'un policier. J'étais fasciné par la photo du visage. Quelques temps après, je vois à la télévision le même garçon qui, à peine emprisonné, s'échappait des mains des policiers, montait sur le toit de la prison et défiait le monde. (...) Son nom était Roberto Succo : il avait tué ses parents, à l'âge de quinze ans, puis redevenu "raisonnable" jusqu'à vingt-cinq ans, brusquement il déraille une nouvelle fois (...) C'est la première fois que je m'inspire d'un fait divers, mais celui là n'est pas un fait divers. Succo a une trajectoire d'une pureté incroyable."

 

(Bernard-Marie Koltès, Entretiens)

 

 


 

 

Alain Auffray (Libération, avril 1990)

« Pour créer son Roberto Zucco, Koltès s'est contenté de quelques photos de presse et des articles parus dans Libération en février 1988. Il ne voulait pas en savoir plus : pour lui, Zucco est une figure mythique dont la trajectoire rejoint celle d'un héros antique. En écrivant l'odyssée de Zucco qui sera comme Samson, trahi par une femme, le poète avoue avoir, pour la première fois reconnu “ que la littérature peut avoir un sens ”. Il s'agit de pointer ce qui distingue Samson du commun des mortels, de montrer cette force extraordinaire, cette “ soif du bonheur du couteau ” dont a parlé Nietzsche. Il s'agît surtout, par contraste, de dire encore la médiocrité, la désespérante tristesse du cheminement de ceux qui ne dérailleront pas. “ Bien des choses me dégoûtent chez vous, gens de bien ”, ainsi parlait Zarathoustra, et ainsi parle Zucco : “ Regardez tous ces fous, regardez comme ils ont l'air méchant. ” Koltès préfère Zucco aux automobilistes qui se massacrent sur les autoroutes. Il préfère le forcené qui dit “ je n'ai rien à foutre de ma vie ” et se met un canon de revolver dans la bouche, à l' “écœurant ” journaliste qui demande : “ Comment vous sentez-vous ? ” à la jeune otage, le canon sous la gorge (une scène que Koltès a empruntée à la fameuse prise d'otages de Glatbeck, en août 1988).
Le héros n'est pas très bavard. Dans de superbes monologues, comme des poèmes dictés par l'âme, Koltès a bien plus fait parler la tristesse sans fond de la famille de la gamine violée, engluée dans le malheur, l'angoisse du vieil homme égaré ou encore le mal à vivre de l'inspecteur mélancolique. La pièce est rythmée par les interventions comiques de couples de matons, d'inspecteurs et de policiers qui, comme des jardiniers ou des fossoyeurs de Shakespeare philosophent sur le crime et la folie et s'interrogent sur la nécessité “ d'avoir les yeux ouverts ”. »

 

À propos de la création de Roberto Zucco à la Schaubühne de Berlin


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