Dissertation : éléments de correction seconde 5
Après avoir complété au brouillon le schéma du plan ci-dessous, et recopié l'introduction proposée, vous rédigerez cette dissertation.
A l'époque de la Grèce antique, le théâtre désigne l'hémicycle destiné aux spectateurs : « theatron » correspond au lieu où l'on regarde ; puis la signification s'est élargie au théâtre lui-même. Ce terme aujourd'hui désigne à la fois le lieu où se déroulent les spectacles mais aussi l'art de la représentation d'une pièce. Le théâtre apparaît comme un genre littéraire particulier puisque son essence réside dans sa représentation. Pourtant le texte reste essentiel au spectacle. Quelle est la meilleure façon de découvrir le théâtre ? Est-il préférable de découvrir une pièce de théâtre en la lisant, avant de la voir représentée, ou d'en prendre connaissance directement dans une salle de spectacle ? Afin de comparer les intérêts respectifs de ces deux pratiques, nous expliquerons pourquoi une lecture préalable peut être judicieux, puis nous démontrerons que la découverte d'une ½uvre dramatique dans un théâtre peut rester une expérience inégalable.
😊Acquis : la mise en paragraphes (sauf 3 élèves)
😕Difficultés: développer les exemples, insérer des références érudites (sauf élèves > 12)
Certes nous
pouvons préférer lire une pièce avant de la voir représentée :
le rythme n'est pas contraint, l'imagination est sollicitée, la
poésie de l'½uvre dramatique reste au premier plan.
En premier lieu, lire une oeuvre théâtrale permet de choisir un tempo personnel, alors qu'il est imposé lors d'une représentation. Ce rythme permet de mieux comprendre une oeuvre. En effet le lexique d'une pièce classique paraît parfois éloigné du nôtre : le mot "coeur" désigne le "courage" au XVII siècle et non le siège des émotions, la générosité ou l'affection comme aujourd'hui. Il est dès lors possible de consulter une note ou un dictionnaire pour éviter le contresens. Il en est de même des références mythologiques. Dans Phèdre de Racine, il semble indispensable de connaître la généalogie de "la fille de Minos et de Pasiphaé" pour en comprendre la dimension tragique. De même, des connaissances biographiques permettent de mieux saisir le sens profond d'une pièce. Ainsi le choix de Musset d'un "théâtre dans un fauteuil", décision prise suite à l'échec de la Nuit vénitienne, nous fait lire autrement chacune de ses pièces : pour le dramaturge le lecteur est le seul "metteur en scène" légitime.
En second lieu, à partir des indications scéniques, le lecteur imagine librement le décor, les costumes, le jeu des acteurs. Il est vrai que l'importance des didascalies varie selon les époques. Dans certaines pièces contemporaines comme Acte sans paroles de Beckett, elles occupent la totalité du texte. Au XIX e siècle, la scène d'exposition d'un proverbe romantique tel On ne badine pas avec l'amour, multiplient déjà les didascalies internes et externes. Les informations sur les lieux, les personnages, l'action apparaissent dès l'ouverture. Nous apprenons ainsi que nous trouvons en Province, à la campagne face à un château. Le Choeur, lui-même, nous indique les attitudes, les caractéristiques physiques et morales de Maître Blazius et de Dame Pluche. L'opposition entre les personnages renforce leur dimension grotesque. Elle suffit au lecteur pour sourire. Le texte reste au premier plan, le talent seul de l'auteur, peintre des caractères, est mis en valeur.
En troisième lieu, la lecture permet de mieux apprécier et de mieux saisir la beauté d'une oeuvre. Les pièces versifiées le confirment facilement. Une tirade se récite comme un poème. Beaucoup relisent avec plaisir les vers de Corneille, de Molière ou de Racine. Chaque alexandrin de Phèdre est un joyau de poésie pure. Ainsi Phèdre conte à sa confidente et nourrice Oenone la première rencontre avec son beau-fils Hippolyte dont elle est éprise :" Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue/ Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue". Les assonances en "i", le rythme ternaire, le choix des figures ne peuvent laisser insensible. De même certaines répliques cinglantes résonnent comme des « punchlines » dans une chanson de rap. Il en est ainsi de la répartie de Figaro face à son maître dans la pièce de Beaumarchais : " Votre excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets ?" D'autres préféreront s'arrêter sur la célèbre tirade des nez de Cyrano de Bergerac dans la pièce éponyme d'Edmond Rostand. Dans tous ces exemples, le lecteur reste le seul interprète du texte considéré comme un chef d'oeuvre indépassable.
La lecture permet donc de nombreuses libertés : le lecteur choisit son rythme, imagine davantage et goûte le texte dramatique. Mais si le lecteur reste actif, faut-il pour autant admettre la passivité du spectateur et par là le rôle secondaire d'une représentation ?
S'il l'on accorde de nombreux avantages à la primauté du texte, il reste cependant plaisant de découvrir un spectacle directement. Se rendre au théâtre sans avoir lu une pièce peut suffire tant une représentation, source de distraction, soulève les émotions, guide le sens profond d'un texte devenu un chef d'oeuvre vivant.
Premièrement, le théâtre est le lieu d'une distraction unique, collective et renouvelée. Les anciens grecs fêtaient Dionysos avec les représentations des protagonistes et du ch½ur chantant et dansant dans l'orchestre autour du thymélée. L'hémicycle à flanc de colline rassemblait des dizaines de milliers de spectateurs pour une célébration à la fois religieuse et civique. Aujourd'hui le plaisir d'êtr
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