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Article : [215] - Points de vue sur le journalisme


jeudi 30 septembre 2004

Par Jean-Paul Quinaou

Il s’agissait de trouver des textes et des documents, en particulier iconographiques, sur le journalisme, l’information, la manipulation, le rôle des médias dans la société... afin de constituer un corpus pour un devoir d’argumentation en 2de.

Suggestions des colistiers

Textes littéraires français

  BALZAC (de) H., Illusions perdues (voir ci-dessous l’extrait finalement choisi).
  CAMUS A., L’Etranger (le rôle de la presse dans le procès de Meursault est dénoncé).
  MAUPASSANT (de) G., Bel Ami (on trouve notamment un extrait dans le manuel de méthodes Nathan p. 309 ; voir également ci-dessous un autre extrait finalement choisi).

Œuvres étrangères

  BOLL H., L’Honneur perdu de Katarina Blum.
  HILLERMAN T., La Mouche sur le mur (roman policier dont le héros et enquêteur est un journaliste, et dont l’intrigue se déroule dans les milieux politiques de Washington DC ; l’auteur a lui-même été journaliste et tout ce qu’il décrit dans ce roman est très précis et exact : on y retrouve un exposé des règles et des difficultés de la profession).
  WALRAFF G., Tête de Turc, ed. Livre de Poche.
  WESTLAKE D., Faites-moi confiance (satire hilarante et vigoureuse de la presse à sensation par un grand auteur de polar américain).

Articles et dossiers dans la presse

  Le Monde - un extrait dans le manuel de méthodes Nathan p. 307.
  Le Monde de la Télévision - série d’articles sur les média en Irak : « La Guerre des média a commencé » (22-28 février 2003), « Bagdad envoyés spéciaux » (24-30 mars 2003), « Images et confusion (31 mars - 6 avril 2003).
  Le Nouvel observateur du 3.07.2003 - un travail sur les rumeurs et la manipulation.
  Télérama du 22.10.2003 - le fracassant silence du langage.

Divers

  Le document du professeur de la 12è Semaine de la presse à l’école, « Presse et justice », du 12 au 17 mars 2001 (disponible dans les CDI).
  SABBAH H., Culture et méthode, ed. Hatier (ouvrage destiné aux BTS qui présente un dossier sur le sujet).
  Du Roman-feuilleton au roman de cape et d’épée (texte de la conférence de Gérard GENGEMBRE, Professeur de Littérature Française du XIXè siècle à l’Université de Caen).
  Une proposition, peut-être un peu loufoque, mais qui semble exploitable : les textes et documents iconographiques, fort travaillés du point de vue argumentatif, que l’on trouve dans nos boîtes aux lettres - appels de fonds pour des causes diverses et variées, toutes plus valables les unes que les autres...
  Sur le site de Françoise Châtelain, en choisissant « suggestions pédagogiques et références », on trouve de nombreuses adresses où sont disponibles des photos et dessins de presse.

Le devoir finalement retenu

Corpus de textes

  A. Honoré de BALZAC, Illusions perdues, 1843.
Au cours d’un repas, un groupe d’amis journalistes s’interroge sur « l’influence et le pouvoir du journal ».
L’influence et le pouvoir du journal n’est qu’à son aurore, dit Finot, le journalisme est dans l’enfance, il grandira. Tout, dans dix ans d’ici, sera soumis à la publicité. La pensée éclairera tout, elle... - Elle flétrira tout, dit Blondet en Interrompant Finot - C’est un mot, dit Claude Vignon. - Elle fera des rois, dit Lousteau. - Et défera des monarchies, dit le diplomate. - Aussi, dit Blondet, si la Presse n’existait point, faudrait-il ne pas l’inventer ; mais la voilà, nous en vivons. - Blondet a raison, dit Claude Vignon. Le journal au lieu d’être un sacerdoce est devenu un moyen pour les partis ; de moyen, il s’est fait commerce ; et comme tous les commerces, il est sans foi ni loi. Tout journal est, comme le dit Blondet, une boutique où l’on vend au public des paroles de la couleur dont il les veut. S’il existait un journal des bossus, il prouverait soir et matin la beauté, la bonté, la nécessité des bossus. Un journal n’est plus fait pour éclairer, mais pour flatter les opinions. Ainsi, tous les journaux seront dans un temps donné, lâches, hypocrites, infâmes, menteurs, assassins ; ils tueront les idées, les systèmes, les hommes ; et fleuriront par cela même. Ils auront le bénéfice de tous les êtres de raison : le mal sera fait sans que personne en soit coupable. Je serai moi Vignon, vous serez toi Lousteau, toi Blondet, toi Finot, des Aristide, des Platon, des Caton, des hommes de Plutarque nous serons tous innocents, nous pourrons nous laver les mains de toute infamie. Napoléon a donné la raison de ce phénomène moral ou immoral, comme il vous plaira, dans un mot sublime que lui ont dicté ses études sur la Convention : Les crimes collectifs n’engagent personne. Le journal peut se permettre la conduite la plus atroce, personne ne s’en croit sali personnellement.

  B. Guy de MAUPASSANT, Bel Ami, 1885.
Le roman de Maupassant, Bel-Ami, raconte l’ascension sociale de Georges Duroy, grâce aux femmes d’une part, au journalisme de l’autre. C’est l’occasion pour le romancier de montrer le fonctionnement d’une presse d’argent peu soucieuse de déontologie.
Walter, qui l’appréciait cependant, avait souvent désiré un autre homme pour lui confier les Échos, qui sont, disait-il, la moelle du journal. C’est par eux qu’on lance les nouvelles, qu’on fait courir les bruits, qu’on agit sur le public et sur la rente. Entre deux soirées mondaines, il faut savoir glisser, s ans avoir l’air de rien, la chose importante, plutôt insinuée que dite. Il faut, par des sous-entendus, laisser deviner ce qu’on veut, démentir de telle sorte que la rumeur s’affirme, ou affirmer de telle manière que personne ne croie au fait annoncé. Il faut que, dans les Échos, chacun trouve chaque jour une ligne au moins qui l’intéresse, afin que tout le monde les lise. Il faut penser à tout et à tous, à tous les mondes, à toutes les professions, à Paris et à la Province, à l’Armée et aux Peintres, au Clergé et à l’Université, aux Magistrats et aux Courtisanes.
L’homme qui les dirige et qui commande au bataillon des reporters doit être toujours en éveil, et toujours en garde, méfiant, prévoyant, rusé, alerte et souple, armé de toutes les astuces et doué d’un flair infaillible pour découvrir la nouvelle fausse du premier coup d’Å“il, pour juger ce qui est bon à dire et bon à celer, pour deviner ce qui portera sur le public ; et il doit savoir le présenter de telle façon que l’effet en soit multiplié.
M. Boisrenard qui avait pour lui une longue pratique, manquait de maîtrise et de chic ; il manquait surtout de la rouerie native qu’iI fallait pour pressentir chaque jour les idées secrètes du patron.

  C. Alexandre VIALATTE, Dernières nouvelles de l’homme, ed. Julliard, 1978 (trouvé dans des annales de bac).
Alexandre Vialatte, écrivain, traducteur (entre autres de F. Kafka), a créé un genre littéraire qu’il a poussé à la perfection : la chronique. Il en a, jusqu’à sa mort en 1971, composé par centaines pour diverses revues et, pendant les dix-neuf dernières années de sa vie, pour le grand quotidien auvergnat, La Montagne.
La presse, qui a besoin d’être vendue, fournit à l’homme des admirations à sa portée
[...]
L’homme a besoin de sa soupe merveilleuse : il lui faut une mythologie.

  D. Philippe LABRO, « La presse seule peut donner du recul », dans La fureur de lire la presse (publication exceptionnelle de la Fédération Nationale de la presse française), 17/18 octobre 1992 (trouvé dans des annales de bac).
J’aurais beau écouter toutes les radios [...] et regarder toutes les télés, je ne pourrais pas me passer de lire la presse.
[...]

Sujet

Vous traiterez l’ensemble des travaux suivants.
1. Question (4 points) : Dégagez les deux points de vue qui sont exprimés sur le thème traité dans le corpus. Justifiez votre réponse en vous appuyant sur des exemples précis tirés des différents textes.
2. Ecrit d’invention (8 points) : Imaginez la lettre qu’un lecteur enthousiaste de la presse écrite adresse à Philippe Labro dans laquelle il soutient et enrichit le point de vue de l’auteur. Votre argumentation sera organisée et variée. Tout devoir trop court sera sanctionné.
3. Commentaire (8 points) : Vous montrerez en quoi le texte C est une satire de la presse.
N.B. On appelle satire un écrit ou plus généralement un discours qui « dénonce les vices et les défauts d’une personne ou qui blâme les mÅ“urs ou les institutions d’une époque. [La satire] recherche le rire ou le sourire du lecteur à travers les procédés de la caricature mais elle l’invite également à réfléchir sur lui-même et sur ses contemporains. » (Manuel Français Littérature, Classes des lycées, ed. Nathan.

  Voir aussi la synthèse 217 sur le journalisme au cinéma de Ghislaine Zaneboni.


Ce document correspond à la synthèse de contributions de collègues professeurs de lettres échangées sur la liste de discussion Profs-L ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Ce texte est protégé par la législation en vigueur. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, il est protégé par les droits d’auteur en vigueur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.

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