WebLettres

Le portail de l'enseignement des lettres

WebLettres : Dossiers et synthèses

Localisation dans les rubriques :
Les synthèses des listes collège et lycée Les synthèses de la liste Profs-L


Article : [109] - Quelles questions pour l’oral du bac ?


mercredi 31 décembre 2003

Par Valentine Dussert

Il s’agissait de s’interroger sur nos pratiques concernant la pr√©paration √† l’oral. Comment trouver de nouvelles questions sur les textes que l’on a fait √©tudier en classe ? Comment parvenir √† poser des questions « autres » que les siennes propres ? Comment √©viter que les √©l√®ves ne « ressortent » le plan du professeur ?

Remarques de départ

  Le jour de l’√©preuve, les probl√©matiques √©tant inscrites sur le descriptif, on peut supposer que les examinateurs poseront des questions en rapport avec celles-ci. Cependant, si ce ne devait pas √™tre le cas, je souhaite pr√©parer mes √©l√®ves √† changer compl√®tement leur approche du texte afin de s’adapter √† la question. C’est sur ce point que l’aide de la liste me serait utile.

  Les questions concernant les textes que j’ai soumis √† la liste ne sont pas report√©es dans cette synth√®se. On peut les trouver (avec d’autres) sur des pages WIKI. Les liens concernant ces pages ne sont plus diffus√©s publiquement (suite √† de nombreux piratages).

Réponses et réactions diverses

  L’√©tude d’un texte ne pouvant √™tre exhaustive, nous devons √©laborer nos questions √† partir des objets d’√©tude (dominants et compl√©mentaires) et de la probl√©matique indiqu√©s sur la liste du coll√®gue. Cependant, il est vrai que nous n’abordons pas tous les textes avec le B.O. √† c√īt√© et que certaines questions peuvent d√©router les candidats. Lors d’une r√©union d’entente en vue de l’oral d’E.A.F., on a bien vu que nous ne sommes pas tous d’accord sur ce sujet ! Une petite anecdote √† ce propos : la question de lire ou non les didascalies d’un texte th√©√Ętral a failli faire ressurgir les discussions que nous avons pu lire √† ce sujet sur la liste Profs-L avec d’ailleurs la m√™me position divergente entre le professeur de th√©√Ętre qui a argument√© √† partir d’Anne Ubersfeld (selon laquelle tout doit √™tre lu) et les professeurs de Fran√ßais qui donnent tr√®s souvent √† leurs √©l√®ves la consigne de ne pas lire les didascalies de distribution de la parole aux personnages mais de lire les autres puisqu’elles donnent lieu √† une interpr√©tation...

  J’ai entendu des coll√®gues se plaindre de la formulation d’une question de l’E.A.F. des STT qui demandait « d’identifier le ton d’un po√®me ». Certains √©l√®ves n’ont pu r√©pondre √† la question car les professeurs n’utilisent plus que le terme registre.

  Je vous remercie pour avoir pos√© cette question car en m’interrogeant sur les textes que vous soumettez, j’ai encore mieux per√ßu la difficult√© que les √©l√®ves peuvent rencontrer face √† nos questions (et la n√ītre aussi quand nous essayons de faire en sorte que notre √©tude des textes soit la plus compl√®te possible...)

  Trouver soi-m√™me plusieurs plans n’est pas toujours ais√©. Non seulement, nous avons furieusement tendance √† √™tre d’accord avec nous-m√™mes, mais en plus, c’est un exercice qui demande du temps (je veux dire qui demande de laisser du temps entre deux r√©alisations pour pouvoir regarder le texte d’un Ňďil « diff√©rent »).
  Ce que je fais en classe me permet en g√©n√©ral d’aboutir √† trois ou quatre plans distincts (m√™me s’ils se recoupent par endroits).
  J’√©cris la question qui pr√©side √† notre lecture en haut du tableau et je demande aux √©l√®ves de proposer un plan qu’ils ont, bien entendu, pr√©par√© ant√©rieurement.
  J’interroge trois √©l√®ves (quatre, grand maximum), je note leurs plans les uns en face des autres, et nous passons l’heure √† commenter, comparer, critiquer chacun des plans propos√©s. Nous rep√©rons ce qui de l’ordre de la synonymie, les manques, les changements d’organisation internes. Chaque √©l√®ve (ou groupe d’√©l√®ves) doit justifier ses choix ou proposer une am√©lioration sur son propre travail. (Et je note cet oral pour tous ceux qui interviennent)
  Quand il faut d√©cider de l’ordre des sous parties, je rappelle les principes (du plus simple au plus complexe etc.) et parfois m√™me, nous votons !
  Il arrive que je trouve chez mes √©l√®ves des id√©es tellement int√©ressantes que je les inclus dans mon propre plan. A la fin, je propose mon plan (√©ventuellement enrichi de leurs propositions) et j’insiste sur le fait que ce n’est pas LA solution mais UNE solution.
  Les √©l√®ves ont donc pour r√©viser, outre l’√©tude pr√©alable du texte, quatre plans (voire cinq avec le leur s’il n’a pas √©t√© comment√©). Et moi, je n’en ai fait qu’un ce qui est bien suffisant.
  Autre piste : utiliser les corrig√©s sur Internet. Il n’est pas rare de trouver un texte √©tudi√© trois ou quatre fois. Regardez la page po√©sie sur WebLettres, c’est √©difiant !
  « Ma Boh√™me » 4 √©tudes, « Chansons d’automne » 4 √©tudes etc.
  Et si tous les plans ne sont pas heureux, tant mieux ! √áa donne l’occasion de mener une critique constructive en classe. Comprendre pourquoi une chose est mauvaise est au moins aussi formateur que d’apprendre ce qui est bon (enfin, c’est ce que je crois).

  A vrai dire moi je commence l’oral par des questions aussi pr√©cises que les v√ītres, puis comme les √©l√®ves ont du mal √† r√©pondre j’en arrive √† poser des questions de plus en plus ouvertes. Sans cela, les √©l√®ves ne savent pas r√©pondre et je finis par leur dire « bon, eh bien dites-moi ce que vous pouvez sur ce texte, en oubliant la question pos√©e », pour essayer de militer les d√©g√Ęts !

  J’ai √©t√© fort surprise et un peu inqui√®te √† la lecture de votre question puisqu’il me semblait en effet que la « r√©forme » nous obligeait tous √† √™tre respectueux du projet d’un autre coll√®gue par rapport √† une s√©quence et nettement plus modestes dans nos attentes sur les textes √©tudi√©s ; d’o√Ļ l’importance de la r√©daction des descriptifs !
  Personnellement, j’essaie assez vite de faire fabriquer aux √©l√®ves des questions de type E.A.F. Ensuite, on envisage leur « faisabilit√© » ; c’est un moyen de d√©dramatiser cette question, de leur faire voir qu’elle ne peut pas venir de n’importe o√Ļ (la probl√©matique de la s√©quence, l’objet d’√©tude, la singularit√© du texte dans ce cadre-l√†). Ils apprennent aussi √† penser la question en fonction de la r√©ponse et du temps qu’elle devra durer. Par exemple, au d√©but, certains posent des questions de d√©tail et s’aper√ßoivent qu’ainsi pos√©e, la question les am√®nerait √† parler une minute. A ce stade de l’ann√©e, j’en suis √† leur faire voir que tous les mots ne sont pas synonymes et qu’en particulier dans une question, il importe de ne pas "changer " les mots (Ex. passer de « projet » √† « plan »)

Mise au point au milieu du débat

  Je vois que ma na√Įve demande d’aide pour des questions d’oral a suscit√© bien des d√©bats que je n’avais point soup√ßonn√©s !
  Quelques pr√©cisions, li√©es aux angoisses de certains (j’ai peur de ne pas les rassurer) : je sais bien que les examinateurs sont cens√©s cr√©er les questions en fonction de la probl√©matique de la s√©quence, qui est indiqu√©e sur le descriptif. C’est ce que j’ai dit √† mes √©l√®ves. Toutefois... est-ce vraiment toujours le cas ?
  D’une part, je connais des enseignants (s√Ľrement pas ceux de la liste, mais il y en a !!!) qui « ne se prennent pas la t√™te » comme diraient nos √©l√®ves, c’est-√†-dire qui -lorsqu’ils connaissent bien un texte d’une liste- posent la premi√®re question qui leur vient √† l’esprit, sans trop s’embarrasser de la probl√©matique indiqu√©e.
  D’autre part, parfois la probl√©matique propos√©e par l’enseignant n’est pas tr√®s claire (et ce sera peut-√™tre le cas des miennes), ou bien l’examinateur y voit autre chose que ce que nous avons « voulu y mettre » (pardonnez l’affreuse expression). Cela peut arriver, et dans ce cas, la question peut toujours d√©sorienter les √©l√®ves. C’est pourquoi je pr√©f√®re pr√©parer les miens √† toute √©ventualit√© : une question bizarre, peut-√™tre m√™me une question vache, ou du moins une question dont la formulation diff√®rerait de celle dont ils ont l’habitude avec moi, qui ne puis me d√©doubler en un examinateur qui verrait les choses de l’ext√©rieur... Voil√† donc pour les raisons de ma demande.

Prolongement du débat sur les attentes méthodologiques

  N.B. : Une partie de la discussion ayant d√©vi√© sur l’√©crit n’a pas √©t√© reprise ici. (Elle pourra √©ventuellement faire l’objet d’une autre synth√®se)

  Attendez-vous de la part des lyc√©ens et des candidats au bac, un devoir structur√© en x parties, y sous-parties et z paragraphes, lorsqu’ils choisissent la dissertation ou le commentaire ? Attendez-vous une telle structure le jour de l’oral ?

  Concernant l’oral :
  Situation de classe :
  Je choisis un texte selon ma s√©quence, mes objets d’√©tude etc., disons Rousseau, « le vol des pommes » dans le cadre du biographique (et de l’argumentation)
  Je donne une question qui me permet ensuite de mettre les √©l√®ves au travail par exemple « Quel sens Rousseau donne-t-il au r√©cit de sa m√©saventure ? »
  Nous observons le texte ensemble, plus ou moins en vrac. Nous notons ce qui nous para√ģt utile en sachant que parfois, nous laisserons de c√īt√© certains √©l√©ments.
  Fin de la s√©ance
  Travail pour la fois suivante : proposer un plan en vue d’une √©tude qui r√©ponde √† la question pos√©e. Les r√®gles pour √©laborer ce plan sont assez l√Ęches. Je conseille de choisir deux ou trois « axes de lecture » ou « id√©es directrices ».
  Exemple : 1) Rousseau compose son texte de fa√ßon √† amuser son lecteur
  2) Le regard r√©trospectif de l’autobiographe
  Ensuite je demande que ces axes se subdivisent en deux ou trois « sous axes » ou « sous parties ».
  1) Rousseau compose son texte de fa√ßon √† amuser son lecteur
  Un r√©cit complet
  Une parodie d’√©pop√©e etc.
  En revanche, l√† o√Ļ ils ont du mal, c’est √† trouver des parties et sous parties qui soient pertinentes.
  2e s√©ance en classe : je mets en vis-√†-vis diff√©rents plans d’√©l√®ves et nous comparons les avantages et les inconv√©nients de chaque.
  Reste √† reparler de l’introduction et de la conclusion. Je m’efforce de ne jamais oublier que je les pr√©pare √† une intervention de 10 minutes (donc on doit faire bref) mais en m√™me temps, je suis tent√©e parfois d’approfondir plus que n√©cessaire car je sais que cet exercice les pr√©pare aussi au commentaire √©crit voire √† la dissertation.

  Voici les informations que je donne √† mes √©l√®ves...

- Apr√®s avoir lu ces diff√©rents messages, je constate une nouvelle fois que nous n’accordons pas nos violons d’une acad√©mie √† l’autre. Lors de la r√©union de pr√©paration des questions, destin√©e aux examinateurs, en juin 2002, l’animatrice (coll√®gue d√©sign√©e et form√©e par les IPR) nous a affirm√© que la question de L.A. ne prenait pas forc√©ment en compte les orientations du descriptif. Nous lui avions pr√©cis√©ment pos√© la question, et elle nous a bien dit que toute question permettant d’analyser le texte √©tait recevable ; seul l’entretien, du coup, porte vraiment sur l’objet d’√©tude et la probl√©matique retenue.

  Deux modalit√©s pour construire son « descriptif » :
  soit par Ňďuvres √©tudi√©es : on y voit les « objets d’√©tude » √©clat√©s par croisements, un texte, une Ňďuvre, montrant qu’il peut √™tre interrog√© par plusieurs « objets d’√©tude » (les personnages que sont Valmont, Candide ou Don Juan pouvant interroger le mouvement litt√©raire, le th√©√Ętre ou la fiction biographique)
  soit par « objet d’√©tude » : mode que je pr√©f√®re (et que je choisis donc) car il me semble plus facile √† d√©crypter (moins « confusant » dit-on au Qu√©bec non ?) par les √©l√®ves et par le coll√®gue qui les interrogera le jour de l’oral. Je crois que nous savons mieux probl√©matiser √† partir d’un r√©f√©rent d√©clar√© (l’objet d’√©tude) qu’√† partir d’une oeuvre ou d’un texte que nous « recevons » d’embl√©e √† travers toute sa complexit√©... Ce me semble.

  L√†, par exemple, il y a une page de mon descriptif pour le th√©√Ętre
  Et l√†, des questions attendues autour du mouvement litt√©raire

  Je crois que nous devons apprendre √† nos √©l√®ves √† « probl√©matiser » √† partir d’une question pos√©e par un coll√®gue... et √† r√©pondre √† une probl√©matique m√™me si celle-ci est plus ou moins bien construite : √† l’oral l’examinateur (que je peux √™tre) improvise parfois un « truc » qui n’est pas toujours une question dans les r√®gles de l’art !
Vous avez dit probl√©matique ? Voici une d√©finition


Ce document correspond √† la synth√®se de contributions de coll√®gues professeurs de lettres √©chang√©es sur la liste de discussion Profs-L ou en priv√©, suite √† une demande initiale post√©e sur cette m√™me liste. Cette compilation a √©t√© r√©alis√©e par la personne dont le nom figure dans ce document. Ce texte est prot√©g√© par la l√©gislation en vigueur. Fourni √† titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, il est prot√©g√© par les droits d’auteur en vigueur. Toute rediffusion √† des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.

- Dernières publications de Valentine Dussert :

[1 112] - D’o√Ļ vient le surnom « Gala » ?

[1080] - S’entrainer √† l’analyse √† partir de citations c√©l√®bres

[1078] - Dict√©es pour travailler l’orthographe en AP 2de

[1075] - La critique des jésuites au XVIIIe siècle

[1073] - Textes pour le commentaire comparé



- Les derniers articles dans la même rubrique :

[1 127] - HDA en accompagnement de Candide

[1 126] - Quels discours √©tudier en premi√®re ?

[1 125] - Enquêteurs et justiciers


Ajouter un commentaire

Forum relatif à cet article

  • Le forum est ouvert - 01-11-2004 - par Administrateur

    Vous pouvez √† votre tour apporter une contribution √† cet √©change en proposant des titres, adresses de sites, r√©f√©rences bibliographiques voire t√©moignages qu’il vous semblerait utile de publier en compl√©ment de cette synth√®se.

    MENTIONS L√ČGALES
    Cet espace est destin√© √† vous permettre d’apporter votre contribution aux th√®mes de discussion que nous vous proposons. Les donn√©es qui y figurent ne peuvent √™tre collect√©es ou utilis√©es √† d¬Ļautres fins. Ce forum est mod√©r√© a priori : votre contribution n’appara√ģtra qu’apr√®s avoir √©t√© valid√©e par un administrateur du site. Seront en particulier supprim√©es, toutes les contributions qui ne seraient pas en relation avec le th√®me de discussion abord√©, la ligne √©ditoriale du site, ou qui seraient contraires √† la loi. Vous disposez d’un droit d’acc√®s, de modification, de rectification et de suppression des donn√©es qui vous concernent. Vous pouvez, √† tout moment, demander que vos contributions √† cet espace de discussion soient supprim√©es. Pour exercer ce droit, http://www.weblettres.net/index3.php?page=contact.



Si vous souhaitez publier une synthèse,
merci de contacter directement Corinne Durand Degranges.
Si vous souhaitez proposer un article, utilisez cette page : http://www.weblettres.net/index3.php?page=contact.


Contact - Qui sommes-nous ? - Album de presse - Adhérer ŗ l'association - S'abonner au bulletin - Faire un lien

© WebLettres 2002-2017