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Les notes de lecture

 

fleche Au pays de Beatrix Potter

Marie-Aude Murail, Miss Charity
Ecole des loisirs, 2008

missch.jpg Miss Charity est tout d’abord un livre qui attire le regard sur les rayons d’une librairie : une couverture d’un rose passé, une petite fille modèle tenant dans les bras un lapin en guise d’illustration et surtout, 600 pages. On se demande alors qui ose proposer un tel pavé à de jeunes lecteurs… Il s’agit d’un nom bien connu de la littérature jeunesse : Marie-Aude Murail, auteur de La fille du docteur Baudoin, Oh boy !, L’Assassin est au collège
Si le nombre de pages surprend, la présentation elle aussi sort de l’ordinaire : de nombreuses illustrations de Philippe Dumas jalonnent le texte et le dialogue est présenté comme dans un texte théâtral :

Une autre fois, Mary partit avec moi acheter un lapin au marché.

Mary
Votre père les aime beaucoup.

Mais c’était en pâté. Sur un geste de la cuisinière, le marchand attrapa un lapin par la peau du cou. Il était bien dodu, bien joufflu, et avait l’oeil brillant. Il aurait fait un bon petit compagnon autant qu’un bon pâté. Je joignis les mains.

Moi
Oh, Mary, ne le tuez pas tout de suite.

Le lapin eut droit à un sursis et, dès qu’il fut en sûreté dans la nursery, je lui cherchai un nom.

Tabitha
Appelez-le Pâté. Ça l’habituera.


Miss Charity est une petite fille de cinq ans, élevée dans la bonne société anglaise en 1880. Elle ne s’intéresse pas aux mêmes jeux que ses cousins et passe pour une originale. Passionnée par les animaux, elle s’instruit seule, se cultive, dessine, installe une véritable ménagerie au troisième étage de sa maison. Si cette occupation peut paraître passionnante, il n’en est rien de la vie de la petite fille, que ses parents délaissent. Seul comptera pour la mère de Cherry que sa fille lui tienne compagnie et qu’elle parvienne à trouver un mari.
Alors, Cherry s’élève seule, se cultive seule ; dans la mesure où elle reste « respectable », ses parents la laissant se passionner pour ces « broutilles ». Alors, elle peint ses animaux, habillés de petits tabliers, de petits bonnets.
Mais la jeune fille restera-t-elle respectable lorsque ses aquarelles intéresseront les éditeurs et que peu à peu, elle sera amenée à publier les aventures de Master Peter, son lapin humanisé ?
C’est tout le parcours de la création, de l’édition, de ses embûches que retrace Marie-Aude Murail ; le monde du théâtre est également évoqué puisqu’au détour de ses sorties, Charity croise Georges Bernard Shaw et Oscar Wilde.
Une jeune femme peignant des animaux qu’elle humanise, des petits lapins portant de petits vêtements, des souris avec un tablier : cela ne vous rappelle rien ? Effectivement… Beatrix Potter. Le roman, écrit à la première personne, est très librement inspiré de la biographie de l’auteure anglaise.
On se laisse facilement entraîner dans cette histoire qui évoque l’Angleterre victorienne, l’éducation superficielle des jeunes filles de l’époque, leur unique condition de femme à marier ; le lecteur se prend d’amitié pour cette petite fille qu’il regarde grandir jusqu’à l’âge adulte.
Il se dégage de ce roman une atmosphère particulière, différente des romans à la mode pour adolescents : les lecteurs nostalgiques de Dickens et de la Comtesse de Ségur y retrouveront l’ambiance des contes pour enfants bien écrits.


Catherine Briat - 11 décembre 2008


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