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Les notes de lecture

 

fleche Des amours contrariées

Élisabeth M. Rees, Le Choix de Giovanna
Nathan

giovann.jpg C’est une nouvelle collection que lance Nathan intitulée « À la rencontre de… » : une bien belle idée que d’écrire des romans autour d’une célèbre œuvre d’art.
Le premier d’entre eux dévoile l’histoire de cette jeune femme à la robe verte du tableau de Jan Van Eyck, Les époux Arnolfini. Savez-vous quelle est son identité et ce que traduit son regard : la peur, la soumission, la tristesse, l’amour ? Est-elle amoureuse de celui dont elle tient la main ?
Nous sommes à Bruges, en 1432 et Giovanna Cénami a 14 ans. Ce que la jeune fille ne sait pas encore, c’est que sa vie va basculer ce soir où elle sera invitée à la fête donnée en l’honneur du duc Philippe Le Bon. Le jeune troubadour dont elle tombe amoureuse va changer l’avenir que son père a déjà fixé pour elle. Car le jeune homme se nomme Grimaldi, patronyme haï de la famille des Cénami. L’histoire de Roméo et Juliette va-t-elle se reproduire ? Pourra-t-elle l’épouser malgré la volonté de son père qui, lui, a prévu de marier sa fille à son riche associé, marchand de tissu, afin d’éponger ses dettes ?
Giovanna est une jeune fille rebelle, bien décidée à ne pas céder à son père mais déterminée à suivre son cœur et son troubadour. Mais c’est là que le parallèle avec Roméo et Juliette s’arrête car le bel Angelo Grimaldi fomente en réalité une odieuse machination qui vise à déshonorer la famille de Giovanna.
Le célèbre tableau de Van Eyck, aujourd’hui exposé à Londres, trouve ici son histoire dans une libre interprétation ; l’auteur l’a imaginée dans un roman au style simple et fluide. Le rythme est soutenu, les aventures s’enchaînent sans temps mort et les dialogues ne sont pas sans consistance.
Élisabeth M. Rees a su réutiliser chaque élément du tableau, y compris les plus infimes détails, pour construire son intrigue et le lecteur s’attache rapidement aux personnages, qui appartiennent à des types précis : la jeune fille innocente et romantique, le père sévère et obtus, la servante complice, le jeune troubadour beau et passionné ; toutefois, on se tient loin de la caricature.
Ce roman d’aventures, qui nous entraîne de Bruges à Lyon et à Lucques, pourra être étudié ou donné en lecture cursive afin de familiariser les élèves avec le XVe siècle, surtout lors d’un travail mêlant littérature et peinture, à la manière de La Jeune fille à la perle, de Tracy Chevalier ou de L’Arrière-saison de Philippe Besson. On pourra également aborder d’autres thèmes tels que la condition féminine au XVe siècle, le mariage forcé, le monde de la peinture ou la société des marchands.


Catherine Briat - 23 mai 2008


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