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Les notes de lecture

 

fleche Une histoire de mots, de gourmandise, d'amour

Michel Volkovitch, Coups de langue
Maurice Nadeau, 2007

volkovitch.jpgIl y a toutes sortes de chroniqueurs de la langue, les vétilleux, les chasseurs d’impropriétés (« Parmi les fautes qui tendent à altérer l'intégrité du français, il faut signaler certaines infractions, vénielles en apparence, mais dangereuses par leur fréquence même et par leur aptitude à proliférer. », Robert Le Bidois cité récemment dans Le Monde), les regretteux du temps passés, les flamboyants aussi comme Vialatte dont plus d’une page serait à citer intégralement.
Et il y a Michel Volkovitch. Les lecteurs de La Quinzaine littéraire le connaissent bien qui ont suivi pendant des années sa chronique justement intitulée « Coup de langue ». Il en offre chez Maurice Nadeau un recueil plein de bonheurs. Si Volkovitch est singulier c’est qu’il est d’abord « une oreille », il aime le son des mots, il aime le rythme des phrases aussi, et il commente ses trouvailles avec une précision jubilatoire. « Qui sait jouer avec l’ordre des sons maîtrise aussi l’ordre des mots. », dit-il. Il n’a pas son pareil pour vous prouver que telle virgule ne convient pas ou qu’une phrase respire. Il aime les écrivains au point de leur chercher gentiment des poux mais surtout au point de nous les faire redécouvrir pour une diérèse exagérée ou une allitération bienvenue. Il découvre Autin-Grenier ou Volodine et nous les fait aimer encore davantage, il écoute Gide, Proust, Flaubert et nous oblige à les relire à voix haute.
Et quand il chipote sur un mot c’est du plaisir :
« Professeur ? Ce maudit mot-là, zéro à qui l'a inventé. L'enseignant, professionnel de la fessée ? Heureusement que les élèves, par gentillesse, ont inventé Prof - à moins que ce ne soient les profs eux-mêmes. »
Comment ne pas avoir envie de partager tout cela avec nos ouailles ?

Deux textes plus développés sur Michon et Echenoz complètent ce recueil.
On peut aller se balader sur le site de l’auteur :
http://www.volkovitch.com/
et y goûter quelques-uns de ses « coups de langue ». On y trouvera des pages précieuses sur son activité de traducteur, des souvenirs de son activité d’enseignant et des textes de ses « invités ».
On peut aussi et surtout (parce que le plaisir du présent recueil n’aura pas suffi) lire ou relire son Verbier, herbier verbal à l’usage des écrivants et des lisants , livre tout vert paru aussi chez Maurice Nadeau, en 2000 déjà, et que tout amoureux de la langue devrait connaître.

Roger Berthet - 16 février 2007



Commentaire

  • Par Ginette Dugand - 11/03/2007
    Tu n'as rien lu depuis ? Le 17 février tu me demandais impromptu si tes critiques donnaient envie de lire. Ce que j'en pensais. Je suis restée courte (ou "court" ?). J'aurais pu te dire que je vais parfois au cddp, que j'y lis les revues. Qu'un jour - il y a plusieurs années de ça - j'ai eu envie d'acheter le livre dont il était question dans la note de lecture (dans "lire au collège", si je me souviens bien, le numéro consacré à l'humour). J'ai parcouru l'ensemble des notes, en fermant j'ai vu ton nom. Depuis, je l'ai toujours cherché dans cette publication, et pas du tout parce que c'était toi. Le livre de la surprise, ce jour-là, est dans ma biblithèque, je l'ai prêté plusieurs fois. Il s'agit des "sagesses et malices de Nasreddine, le fou qui était sage". A cette époque je travaillais. J'en ai distillé la substance au début de mes cours de latin, dans une classe de troisième futée, et aux heures où je la prenais, un brin électrique. Evidemment, je mettais de la couleur locale.
    Nasreddine s'appelait Gaius Numerosus, et tout à l'avenant.On a vécu heureux un trimestre. Jusqu'au jour où Julie, la plus brillante, a souhaité faire un exposé sur Numerosus.

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