Décrire une scène gargantuesque
La lecture de Gargantua (1534) était couplée avec un travail sur la description. En devoir maison, les élèves avaient à s'appuyer sur la célèbre gravure de Gustave Doré pour décrire le repas de Gargantua.
Leur description devait être menée du point de vue d'un voyageur qui rencontre pour la première fois le géant. Ils devaient varier les expansions du nom et employer des hyperboles pour insister sur la démesure du repas.

Le repas de Gargantua par Gustave Doré (1873)
Un jour de l'été 1535, je parcourais la vallée de Vienne. Arrivé près de Chinon, mon attention fut attirée par un grand bruit. Poussé par la curiosité, je me dirigeai vers un spectacle que je trouvai extraordinaire.
A quelques mètres devant moi se tenait une créature gigantesque assise devant une table qui me dominait de plusieurs mètres. Le colosse était occupé à manger, aidé par une demi-douzaine de personnes de ma taille qui se tenaient près de lui. Le géant, habillé richement, présentait sa figure joufflue et souriante en direction de deux énormes cuillères tenues par deux serviteurs. Dans sa main gauche potelée, il tenait un verre à la taille prodigieuse. Sa main droite était armée d'une fourchette démesurée. Il avala un mouton entier en une seule bouchée, dans un bruit de mâchoires impressionnant. A chaque fois qu'il engloutissait un morceau ou ingurgitait une grande rasade de vin rouge de Chinon, il passait sa langue sur ses lèvres luisantes de graisse en poussant des grognements de satisfaction. Tous ses serviteurs partageaient sa joie et applaudissaient.
A un moment, il m'aperçut et arrêta de manger. Je reculai de peur: allait-il vouloir me dévorer?
Mais non! Il me sourit et me dit: « N'ayez pas peur, damoiseau, je m'appelle Gargantua et vous êtes mon hôte. Attablez-vous! Qu'aimeriez-vous manger? ».
Sa bonne figure rouge et sa voix d'une douceur inattendue me rassurèrent et je répondis:
« Une miette de cette cuisse de poulet s'il vous plaît ».
C'est ainsi que je partageai le repas d'un géant.
Tom B.S, 5ème Eluard

Quel ne fut mon étonnement en découvrant la scène qui s'offrait à ma vue! Assis en face de moi se trouvait un géant gros et gras. Tout autour de Gargantua, car c'était bien lui, s'agitait une dizaine de serviteurs pour satisfaire son appétit redoutable.
La masse du géant était tellement importante qu'il n'arrivait pas à se bouger: tout juste tournait-il sa tête de droite et de gauche. Pour cette raison, des estrades étaient installées de chaque côté de sa géante personne afin de permettre à ses serviteurs de le nourrir.
Cela devient un drôle de ballet: on lui présenta des pâtés énormissimes qu'il engloutit en une bouchée, tournant la tête de l'autre côté il s'enfila une brochette de moutons rôtis.
L'appétit était grand: pour désentraver son gosier, il sirota un tonnelet de vin. Enfin pour apporter une petite note sucrée, il avala une pièce montée de religieuses au chocolat.
Après cela, son visage exprima la plus vive satisfaction et il éructa de plaisir. Le vent de cet énorme rot empli des odeurs de la bouffetance me gifla violemment la figure. Je compris qu'il était temps pour moi de rentrer.
Camille M., 5ème Balzac

Extraits choisis:
Lorsque j'arrivai dans la salle, je fus extrêmement surpris de voir devant mes yeux un géant immense qui mangeait son repas. Une dizaine de personnes autour de lui transportait d'énormes cuillères argentées vers sa gigantesque bouche. Je constatai avec curiosité que le verre qu'il portait avec aisance dans sa main démesurée avec une taille extraordinairement colossale! Quant à sa fourchette, elle était éléphantesque.
Margot S., 5ème Eluard
En découvrant pour la première fois Gargantua, je restai sidéré au vu de cette scène éléphantesque. Je ne pouvais détacher mes yeux tant elle me parut démesurée. Un nombre faramineux d'humains servaient le géant et la quantité astronomique de nourriture qu'il engloutissait ne suffisait pas à le rassasier. Son gosier semblait sans fin et correspondit bien au prénom que son père lui avait choisi.
Billal M., 5ème Balzac