Elèves créateurs

Développer une scène dans une nouvelle

Par Mme Otsmane - publié le vendredi 9 mars 2012 à 17:33 dans 4ème
L'une des nouvelles étudiées cette année par les élèves de quatrième est "Un mariage d'amour" d'Émile Zola. L'écrivain reprendra la trame de cette nouvelle pour la développer ensuite dans son premier roman Thérèse Raquin.
L'intrigue, très sombre, est la suivante: Jacques et Suzanne s'aiment mais sont trop lâches pour s'exposer à l'opprobre en avouant leur amour. La solution qu'ils trouvent est de supprimer Michel, le mari gênant, en camouflant le meurtre en accident de noyade. Jacques, mordu à la joue par Michel au cours de l'homicide, gardera une cicatrice effroyable. Toutes les précautions sont prises pour ne pas éveiller les soupçons et au bout de dix-huit mois les amants annoncent un mariage approuvé par leur entourage. Lors de la nuit de noces, au lieu de goûter les joies de leur union enfin officialisée, Jacques et Suzanne sont incapables de manifester le moindre geste d'amour. Nerveusement torturés par leurs remords, ils commencent à réaliser que leur amour est devenu impossible. La tension est à son comble lorsque Suzanne refuse catégoriquement d'embrasser Jacques car sa cicatrice l'horrifie. Débute alors une irréversible descente aux enfers au cours de laquelle les époux passent de la peur à la haine pour finalement retrouver l'amour dans un suicide commun.



Simone Signoret et Raf Vallone
dans l'adaptation filmique de Thérèse Raquin par Marcel Carné (1953)

Les élèves avaient pour consigne de développer le dialogue entre les époux torturés en s'appuyant sur la formulation elliptique du narrateur: "leurs longs silences étaient coupés par des paroles amères, par des reproches et des plaintes".
Les élèves étaient évalués sur plusieurs compétences:
-insérer correctement un dialogue au style direct
-exprimer avec vraisemblance les émotions des personnages (syntaxe et ponctuation affectives, verbes de parole variés, courts passages narratifs permettant d'indiquer les gestes des personnages)
-respecter la cohérence de l'histoire (les propos échangés par les personnages concordent avec la nouvelle).

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Jacques s'avança vers Suzanne, les bras ouverts:

« Embrasse-moi, dit-il en tendant la joue où se montraient des marques blanches.

- Oh ! non, jamais..., pas là ! s'écria Suzanne qui recula en frémissant, je ne peux pas ! Cette marque sur ta joue, je n'arrive pas à la supporter".

Jacques baissa douloureusement la tête. Après un long moment de silence, il reprit:

"Je sais Suzanne que nous avons commis un acte horrible mais rappelez-vous que vous n'avez rien fait pour l'empêcher".

Suzanne cacha son visage dans ses mains et murmura:

"Taisez-vous, je vous supplie... Taisez-vous...".

Le silence qui s'ensuivit sembla amplifier le crépitement du feu de la cheminée. Suzanne finalement demanda:

"Croyez-vous que nous parviendrons à oublier cette horreur?

- Je ne sais pas Suzanne, je ne sais pas...", souffla Jacques tout aussi désemparé.

Ils s'assirent de nouveau devant le feu, effrayés et irrités.

Zoé T., 4ème Escher


Jacques s'avança vers Suzanne, les bras ouverts:

« Embrasse-moi, dit-il en tendant la joue où se montraient des marques blanches.

- Oh ! non, jamais..., pas là !, s'écria Suzanne qui recula en frémissant. Je ne pourrai supporter de poser mes lèvres sur cette marque indélébile de ton crime envers Michel ».

Jacques blessé regarda Suzanne avec courroux:

« De mon crime? Mais c'était notre idée pour être libres ensemble, balbutia Jacques. Comment oses-tu m'accuser seul de notre acte? »

Suzanne désemparée supplia:

« Oh, pardonne-moi! Je suis si épouvantée que je ne dors plus.

-Moi aussi Suzanne. Plus que Michel vivant, c'est son cadavre qui nous sépare désormais... »

Suzanne le regard plongé dans les flammes répétait sans cesse les mots de son époux: « Son cadavre nous sépare ». Elle se tourna soudain vers lui anxieuse:

« Que faire alors? ».

Jacques s'avança vers sa femme apeurée et la prit par la taille. Il lui murmura:

« Mon amour, je t'aime et je ne veux pas te perdre à cause de cet acte monstrueux. Et toi, pourras-tu oublier? »

Suzanne se dégagea des bras de Jacques qui l'emprisonnaient et s'assit sur le lit, la tête dans les mains. Elle pleura:

« Non, mon amour, jamais je ne pourrai oublier ».

Ariane B., 4ème Escher


« Embrasse-moi, dit-il en tendant la joue où se montraient des marques blanches.

- Oh ! non, jamais..., pas là !, s'écria Suzanne qui recula en frémissant.
- Pourquoi ma Suzanne, pourquoi? Il faut arrêter d'y penser, lui murmura Jacques en s'avançant, la joue couturée toujours tournée vers Suzanne.
- Je ne peux pas Jacques... C'est trop horrible!, balbutia-t-elle.
- Embrasse-moi donc et passons à autre chose.
- Non... T'embrasser serait comme pardonner notre crime et je n'arrive pas à l'oublier".
Les époux retournèrent s'asseoir devant le feu. Mais quelques minutes plus tard, Suzanne se releva brusquement et reprocha à Jacques:
"Nous n'aurions jamais dû commettre cet acte! Regarde à présent combien nous souffrons davantage que lorsque nous vivions cachés... C'est de ta faute, tu n'aurais pas dû pousser Michel!
- Mais c'est pour toi que je l'ai fait, protesta Jacques, pour nous deux, pour vivre enfin ensemble, librement.
- Tout est de ta faute, lui asséna-t-elle durement, c'est toi qui craignait le scandale si nous dévoilions notre amour".
Jacques restait muet et la regardait d'un air désemparé. Elle reprit:
"Tu étais tellement craintif de la réaction de notre entourage, des regards dans la rue posés sur toi... Et tu as préféré le meurtre!
- Tu es tout aussi coupable que moi", bredouilla-t-il avant de se servir un verre d'alcool fort pour se calmer.
Suzanne partit alors marmonner des mots incompréhensibles mais hostiles dans un coin de la pièce. Et plusieurs fois, ils recommencèrent à s'accuser mutuellement du crime qu'ils avaient commis.
Juliette M., 4ème Braque


«Embrasse-moi, dit-il en tendant la joue où se montraient des marques blanches.

- Oh ! non, jamais..., pas là !, s'écria Suzanne qui recula en frémissant.
-Mais pourquoi donc ?, déplora Jacques.
-Cela me rappelle atrocement Michel, ce jour-là, sur cette barque..., répondit Suzanne en éclatant en sanglots.
Au bout d'un long moment, elle reprit d'une voix dure:
" Je pense que je n'aurais jamais dû te suivre.
- Quoi? Que dis-tu?..., s'alarma Jacques.
- Je n'aurais pas dû t'écouter! Tu n'es qu'un assassin..., lui asséna-t-elle en s'emportant.
- C'est toi la criminelle! s'étrangla Jacques, furieux.
Sa colère était si forte que Suzanne apeurée murmura:
"Nous devrions arrêter de parler de Michel".
De longues minutes s'écoulèrent sans qu'aucun mot ne fut prononcé. Jacques essaya de parler d'amour à Suzanne:
"C'est moi maintenant ton mari, aime-moi ma Suzanne!".
Elle le fixa avec un désespoir intense:
"Je ne peux plus être ta femme!"
Et elle courut se réfugier dans une autre pièce.
Shankar M., 4ème Escher

Jacques s'avança vers Suzanne, les bras ouverts:
"Embrasse-moi, dit-il en
tendant la joue où se montraient des marques blanches. - Oh ! non, jamais..., pas là !, s'écria Suzanne qui recula en frémissant.
Il se rapprocha mais elle recula davantage.
"Embrasse-moi, répéta-t-il d'une voix suppliante.
- Non, je ne peux pas... te regarder est déjà un supplice! Je t'en prie ne me fait pas souffrir davantage", implora-t-elle.
Jacques se sentant injustement rejeté, explosa:
"C'est de ta faute si je l'ai tué, lui lança-t-il les dents serrées. Il ne serait pas mort si tu n'existais pas!
- De ma faute! hoqueta Suzanne, offusquée. N'est-ce pas toi l'ami qui venait troubler notre ménage? N'est-ce pas toi le monstre qui l'a noyé?"
Soudain elle se repentit de ses mots cruels:
" Je suis désolée Jacques mais dès que je te regarde je le revois se débattre puis se noyer sans que personne n'intervienne. Je n'arrête pas de repenser à notre infamie".
Elle éclata en sanglots et Jacques, paralysé par la souffrance, n'arrivait même pas à la prendre dans ses bras pour la consoler.
Marie B., 4ème Braque

Jacques s'avança vers Suzanne, les bras ouverts:
"Embrasse-moi, dit-il en
tendant la joue où se montraient des marques blanches. - Oh ! non, jamais..., pas là !, s'écria Suzanne qui recula en frémissant.
- Oh, Suzanne! s'exclama-t-il, faites abstraction du passé. Pensez à nous, à notre union tant désirée. Fermez les yeux et embrassez-moi!
- Non, Jacques! J'aurais l'impression d'embrasser la hideuse mort... Cette marque est si... si..., suffoqua-t-elle, désespérée.
- Mais voyons mon amour, n'est-ce pas ce que nous désirions? Voyez cela comme la trace de notre amour", suppliait Jacques d'une voix tremblante.
Suzanne exaspérée s'écria:
"Cette affreuse cicatrice devrait représenter notre amour? Oh non, jamais!".
Elle ricana amèrement: "Cette marque nous rappelle à chaque instant que nous sommes des misérables assassins Jacques!
- Il est vrai Suzanne... Alors, ajouta-t-il terriblement abattu, qu'il en soit ainsi...".
Ils s'assirent de nouveau devant le feu, effrayés et irrités.

Maël S-L, 4ème Escher

Développer une scène dans une nouvelle

Publié le vendredi 5 octobre 2012 à 08:57 par elevederonis
Ce travail est vraiment très bien écrit,j'aime la façon dont les élèves ont réécrits l'histoire.

David V.M.

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Publié le dimanche 7 octobre 2012 à 12:28 par Visiteur non enregistré
Texte romantique, bien écrie et très beau.
Zohra5f

LE FILM

Publié le jeudi 11 octobre 2012 à 14:17 par Visiteur non enregistré
JE PENSE QUE LES QUATRIÈMES , ON FAIT FAIT UN BON TRAVAIL !!!. REDA B

Commentaire sans titre

Publié le jeudi 11 octobre 2012 à 14:25 par Visiteur non enregistré
Cela a l'air d’être une histoire très émouvante qui donne envie de lire.
JessicaA

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Publié le jeudi 11 octobre 2012 à 18:19 par Visiteur non enregistré
Je parie qu'un jour ces textes seront dans des films car j'ai adorés!!
Il y a de l'imagination dans l'air!
Jeanne B.

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Publié le vendredi 23 novembre 2012 à 19:05 par Visiteur non enregistré
Texte très émouvent et très romantique à lire.

Ayaa H.

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Publié le mercredi 28 novembre 2012 à 19:09 par Visiteur non enregistré
J'ai lu les paragraphes et je n'ai rien à dire à par bravo.

Le texte est bien fait et les couleurs aussi rien à dire.

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Publié le jeudi 6 juin 2013 à 17:52 par Visiteur non enregistré
Très beau travail.
Bravo!!!
Assif B.

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Que le plaisir d'écrire perdure.
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