Rive de la littérature

Rencontre avec un éditeur

Par Romanebo - 08:33, mardi 17 mai 2011 .. commentaires : 0 .. Lien
Lors de notre projet sur les aventures du livre, nous avons rencontré l'éditeur Maxence Fabiani des éditions Loubatières ce 15 avril 2011. Il nous a parlé de son métier d'éditeur et de ce en quoi cela consiste.

Maxence Fabiani est éditeur depuis 20 ans et a eu trois maisons d'édition. Son métier consiste à transformer une idée artistique, littéraire, en livre. Il intervient entre l'idée et le lecteur. Il choisit ce qui va devenir un livre ou non.
L'éditeur reçoit des manuscrits en grande quantité et l'éditeur doit les lire. Mais il ne peut pas tout lire car il manque de temps. Il sélectionne alors les livres. Il sélectionne en fonction du sujet traité car si un manuscrit ne rentre pas dans la ligne éditoriale, il ne regarde même pas. De plus, il sélectionne en fonction de la qualité du livre. " Un mauvais livre ça se voit " nous dit-il. En effet, il affirme que s'il s'ennuie dès les premières lignes, il ne continuera pas sa lecture. En revanche, s'il lit un paragraphe sans s'ennuyer et s'il trouve cela intéressant, il va le garder de côté et le lire chez lui. C'est donc pour cela que les auteurs soignent énormément leur premier chapitre, pour avoir des chances de réponses lors d'une demande de publication à un éditeur.
Les éditions Loubatières n'éditent pas beaucoup de livres. En 2010, ils ont publié entre 25 et 30 livres, alors qu'Hachette en publie 3 000 par ans. Il y a donc plus de refus que d'acceptations.
L'éditeur a une relation particulière avec l'auteur qu'il publie. Il doit lui dire ce qui ne va pas, le conseille et négocie des changements. L'éditeur a un regard de lecteur avec le pouvoir de changer certaines choses.
Maxence Fabiani travail avec 2 salariés et 1 autre à mi-temps, ils sont 3,5, font le travail de 5 personnes et travaillent 60 ou 70 heures par semaine. Leur ligne éditoriale est difficile à tenir. Ils publient essentiellement des livres sur l'histoire et le patrimoine mais aussi quelques romans. Ils ne sont pas identifiés comme étant des éditeurs de littérature. De plus, les promotions des livres se passent souvent mal, il faut faire parler du livre aux lecteurs et faire de la com' auprès des libraires car ces derniers ont de moins en moins de temps à consacrer aux éditeurs et ont besoin d'un repère culturel.

Monsieur Fabiani nous a raconté son quotidien au sein de son entreprise. Il s'est livré avec gentillesse. Au début sur la réserve, puis nous avons senti qu'il était peu à peu plus à l'aise. Nous aussi d'ailleurs. Je ne sais pas quelles ont été les ressentis du groupe, mais personnellement je l'ai perçu assez distant au départ. Mais son témoignage était juste et sans prétention et a démenti mes premières impressions. C'est finalement un homme agréable, souriant et je pense, surpris de l'intérêt que nous lui avons porté, qui nous a quitté à 15h.

Pauline

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