Rive de la littérature

¡Ay caramba!

Par Thaisth - 22:31, mardi 11 janvier 2011 .. Rubrique : Polars .. commentaires : 1 .. Lien

Quand quatre Mexicains se prennent pour Pancho Villa cela ne peut qu'être explosif. Couvrez-vous il va pleuvoir des balles ! Ou alors prenez une mitraillette et embarquez avec moi dans une Packard blindé ! Notre polar mexicain s'appelle « Ombre de l'ombre » et est écrit par Paco Ignacio Taibo II.

    Paco Ignacio Taibo II

Un roman mexicain ne peut être écrit que par un Mexicain. Paco est né 1948 à Gijón dans les Asturies en Espagne. Et là je suis sûre que vous vous dites : « Mais qu'est ce qu'elle raconte ! S'il est né en Espagne il n'est pas mexicain ! » Attendez un peu, n'allons pas si vite, nous avons tout notre temps. Je disais donc Paco Ignacio Taibo II est né en Espagne mais, et j'insiste sur le mais, en 1958 il émigre au Mexique pour fuir le franquisme avec sa famille de haute bourgeoisie de tradition socialiste. Sa passion pour la littérature née grâce à son oncle le pousse à écrire son premier livre en 1967 mais ce n'est qu'en 1976 qu'il publie son premier polar Dias de combate où il met en scène pour la première fois son héros, le détective Hector Belascoaran Shayne. Il ne se considère pas comme politique mais je dois dire qu'il prend part à la vie politique de son pays. Non pas de manière traditionnelle mais en en faisant part dans ses livres. Il a aussi écrit une biographie de Che Guevara. En outre, il est président de l'« Association internationale du roman noir » et participe activement à l'organisation de la Semana Negra : festival de littérature et de cinéma à Gijón.

    L'Ombre de l'ombre

L'Ombre de l'ombre est un polar dont le titre original est Sombra de la sombra. Vous ne trouvez cela pas joli comme titre ? Moi personnellement si. Il est édité aux éditions Rivages pour la première fois en 1986 et pour la seconde fois en 1992. Il est traduit de l'espagnol par Mara Hernandez et par René Solis.

    Resumen 

En l'an 1922, quatre amis se retrouvent tous les soirs à l'Hôtel Majestic situé 16 rue Madero en plein centre de Mexico pour jouer aux dominos. Jusque-là vous pensez que tout est normal et bien détrompez-vous ! Justement rien n'est plus anormal que cette bande d'amis. Les différences et l'union font la force dit un célèbre proverbe, et ce n'est pas cette pandilla qui dira le contraire ! Elle se compose de Fermin Valencia, le plus jeune de tous, surnommé le poète ; vient ensuite Thomas Wong ,35 ans, il est chinois et cette différence fait parfois de lui un bouc émissaire ; mais je vous rassure, il sait très bien se servir de son long couteau ; puis il y a Alberto Executor y Saez de Miera (c'est son nom au complet !) mais tout le monde l'appelle Executor en raison de ses nombreux procès gagnés en tant qu'avocat ; et pour finir en beauté, nous avons Pioquinto Manterola, le plus vieux de tous (40 ans) ; mais surtout, c'est lui que tout le monde veut tuer  car il est journaliste et qu'il a vu une certaine veuve Roldán près d'une scène de crime.

Les présentations faites, je rentre dans le vif du sujet ! C'est à dire le complot… Tout commence lorsque les amis découvrent des similitudes entre certains meurtres dont ils ont été témoins. Ils décident alors d'essayer de résoudre l'enquête, mais voilà tout n'est pas si simple et bien entendu, les commanditaires des meurtres ne les laissent pas traiter cette affaire tranquillement. Ils essayent de les tuer et à partir de ce moment-là, la rage de découvrir les magouilles de ces imposteurs monte en flèche. Peut-être que la peur de mourir accentue cette rage et augmente l'adrénaline. Pourtant derrière cette peur se cache de l'amour. Eh oui, de l'amour. Thomas et le journaliste tombent amoureux mais pour l'un d'eux, cet amour est plus fou et se termine par une fin tragique. Je ne vous en dis pas plus car je veux absolument que vous lisiez le livre !

    Je crois que cela me plaît...

Je conseille ce roman à tous les adeptes de la violence et des dominos. Pour ma part, je ne suis pas fana de sang et de violence gratuite mais je dois dire que j'ai aimé ce polar. Les personnages principaux nous en font voir de toutes les couleurs. Tantôt ils sont adorables et tantôt je ne comprends pas pourquoi ils sont si violents et sanglants. On ne sait pas sur quel pied danser : sont-ils les méchants ou les gentils ? Après avoir lu le livre, je le dis clair et net : ils sont gentils. Mais les gentils du Mexique d'avant ne sont pas ceux d'aujourd'hui. Ceux d'avant combattent la misère et la tyrannie par les balles et le sang. Et grâce à Paco Ignacio Taibo II, j'ai pu découvrir un Mexique où l'insécurité et le meurtre vous attendent à chaque coin de rue ; un Mexique dont la plupart d'entre nous, Européens, ne connaissons même pas l'existence. Pour nous, le Mexique est synonyme de sombrero et de tequila mais derrière ces clichés se cache une histoire. Une histoire terrible mêlant la gendarmerie corrompue et le pétrole. Et je vous en conjure, foi de Pancho Villa, ce polar mérite d'être lu et pas seulement pour son sang.

    Un petit peu d'analyse

Comment répondre à la question : qu'est ce qu'un polar? Je ne peux pas vous répondre précisément en raison de mon jeune âge et de ma découverte il n'y a encore que quelques mois de ce genre, mais je vais du moins essayer à travers « L'Ombre de l'ombre » .Ce roman est considéré comme un polar parce qu'il y a des meurtres. Il aurait pu être un polar traditionnel comme ceux de Raymond Chandler avec un détective privé, mais justement ce n'est pas le cas. Ce roman de Paco Ignacio Taibo II est, on peut le dire, un polar original. Les personnages qui sont d'ailleurs complètement atypiques, sont tour à tour les gentils et les méchants. Les protagonistes ne sont pas des personnes de la haute bourgeoisie et peignent un décor inconnu jusqu'alors : le Mexique des bas-fonds. Mais comme tout polar qui se respecte, la fin est toujours synonyme de résolution avec une note de drame. Paco manie exceptionnellement bien le suspense et arrive à nous tenir en haleine jusqu'à la fin du dernier chapitre. D'ailleurs si j'ai bien compris il s'est inspiré d'histoires réelles afin d'écrire ce roman. Il y a encore un détail surprenant que je suis obligée de dire à propos de ce roman. Les chapitres sont courts et il arrive que le titre d'un chapitre se répète plusieurs fois. C'est surprenant et déstabilisant.

Que peut-on dire du regard de l'auteur à travers ce roman? Eh bien, je peux dire que l'auteur est très critique envers cette société et en particulier envers la politique. Il prend facilement le parti de la classe ouvrière et n'hésite pas à faire un portrait très négatif du gouvernement d'alors. Je ne peux pas émettre un jugement, je ne vivais pas à cette époque. Mais je conçois que c'était une époque difficile et que les opinions étaient pour la plupart réprimées. J'aurais plutôt tendance à me ranger du côté de l'auteur parce que je n'aime pas la corruption et les injustices.

    Pour finir

Cet auteur était peut-être quelqu'un d'inconnu pour vous jusqu'à présent mais je suis sûre que maintenant il est devenu votre meilleur ami. Et comme on doit toujours suivre les conseils de son meilleur ami, il vous ordonne de lire son livre! Alors ne restez pas planté là à lire mon article ! Allez ! Vite ! Courez-le lire ce livre ! Et ne venez pas me dire que vous n'avez pas aimé ou alors dites le tout bas, histoire que personne ne vous entende.


Thaïs


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Commentaire sans titre

14:29, vendredi 7 janvier 2011 .. Envoyé par Ryanfi -
Bon bon bon ... J'adore toujours autant ton article dis donc !
Tout est recoupé, il n'y a rien qui manque ... Bref, il est top moumoute ! ;)


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