"Le Pot de confitures", fin de la scène 3
Par Mme Otsmane - publié le jeudi 18 février 2010 à 16:39 dans 6ème
(Canal Rss de podcast)
Octave: Abel O.
Guignol: Thomas P.
OCTAVE : N'accuse pas le confiseur… Le coupable s'était trahi ; on voyait la trace de ses doigts.
GUIGNOL : Par exemple !… je les avais touchés qu'avec la langue.
OCTAVE : Tu l'avoues donc, malheureux !
GUIGNOL , à part : Gredine de langue, scélérate, va ! je te loge, je te nourris et tu parles contre moi ! sois tranquille !
OCTAVE : Drôle ! je te ferai périr sous le bâton.
GUIGNOL : Petit maître, j'y retournerai plus… j'en ai mangé un petit peu, si petit… si petit… Puis, que je mange des confitures ou du fromage, c'est bien toujours la même chose.
OCTAVE : Je ne sais qui me retient…
GUIGNOL : Tapez maître, tapez j'ai bon dos ; mais ne me renvoyez pas, Mam'selle Emilie vous priera pour moi.
OCTAVE : Mon père veut que je te chasse.
GUIGNOL : Oui, mais Mam'selle Emilie veut que vous me gardiez.
OCTAVE : Si au moins j'avais l'espoir de te voir corrigé !…
GUIGNOL : Oh, Monsieur ! A présent, c'est sacré ! Je veux être battu comme plâtre si jamais…
OCTAVE : Allons, rentrez… Allez brosser mon habit, j'ai à sortir…
GUIGNOL : Y a t-il quéque commission à faire, quéque chose à porter ?
OCTAVE : Impertinent, portez donc cela! (Il lui donne un soufflet)
GUIGNOL : Merci, petit maître. La lettre est affranchie: faudra-t-il vous rapporter la monnaie?
"Le Pot de Confitures" (Théâtre de Guignol, 1848)
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