Lorsqu'il s'était levé le matin le ciel était gris, il avait attendu longtemps ce jour et aujourd'hui il était heureux. C'était une joie insouciante car il savait que le gris serait la dernière couleur qu'il verrait. Ce gris qu'il aimait tant… il trouvait cette couleur impassible, peu de personnes la voyaient comme lui, pourtant il était sûr que c'était la couleur du paradis.
La triste couleur des morts.
Attendre c'est tout ce qu'il pouvait faire. Il avait déjà tout planifié : il mettrait son plus beau costume qu'ELLE lui avait offert pour ses 21 ans puis, il irait voir une dernière fois les roses et en cueillerait une, une jaune qui représente le soleil car il aurait besoin de chaleur là où il irait. Et enfin il effectuerait sa dernière action sur le rocher où ils s'étaient aperçus pour la première fois ELLE et lui…
Loin du monde, il pensait, rêvait, s'épanouissait. Mais enfin cette horloge tournait vite ! Il était déjà six heures, il fit un dernier tour dans sa maison et remit pour la dernière fois ses affaires en place. Puis il exécuta son plan.
Une fois dans le parc plein de roses, pour la première fois depuis cinq mois vingt jours et exactement deux heures, il la sentait près de lui, il pouvait presque la voir. Il voulait la voir et perdait peu à peu l'impatience qu'il avait entretenue pendant tant de temps. Il pensa à tout arrêter tout de suite, à l'instant même. Puis pensa qu'il devrait voir pour la dernière fois ce monde qu'il détestait tant et qu'il supportait malgré lui. Il voulait l'imprimer dans sa mémoire pour avoir le souvenir de tant de laideur à laquelle il était contraint par une force invisible. Mais enfin il pensait avoir trouvé le bon jour… Il en oublia presque sa rose jusqu'au dernier moment où il tomba sur la plus magnifique rose qu'il n'ait jamais vu. Elle était d'un jaune pâle comme ses cheveux d'or. Il s'attarda mais, enfin, il repartit vers le rocher où une tempête se préparait.
Le rocher était haut, en dessous la mer semblait déchaînée. Il regarda le ciel et se laissa emporter par les forces naturelles, sa rose en main.
Ma vie à Paris devient de plus en plus compliquée. Le fait que je ne te voie plus me brise le cœur. De plus l'air se réchauffe, dans le métro je respire un air acre et chaud.
Les portes ouvertes commencent aujourd'hui, j'aurais aimé que tu viennes me voir, mais cela n'a pas été possible.
Ce week-end j'espère te revoir même une heure ça me fera le plus grand bien.
En regardant le grand et sombre tableau, je vis une créature étrange, presque parfaite mais en même temps terrifiante. Ses cheveux noirs comme les plumes d'un corbeau descendaient jusqu'à la cambrure de son dos. Sa peau était blanche comme un linceul, au point que je voyais ses veines bleues. Sa robe s'étalait, longue et rouge comme le sang que je sentais monter à mes joues quand je regardais cette créature stupéfiante. J'admirais son cou long et fin comme celui d'un cygne, ses yeux couverts d'un loup, noir comme des cendres au fond d'une vaste cheminée. Ce masque laissait apparaître ses yeux qui me perçaient l'esprit, qui me donnaient à la fois envie de tomber à ses pieds et de fuir dans la terreur.