Rive de la littérature

Âmes sensibles, s'abstenir

Par Ryanfi - 22:54, mardi 11 janvier 2011 .. Déposé dans Polars .. commentaires : 0 .. Lien

         Noir, noir, noir. «  Tout est vérité, tout est mensonge ». Un monde sombre et répugnant offert sur un plateau rouge sang –  Coïncidence ? Je ne pense pas – Auteure : une professeure d'histoire économique du nom de Dominique Manotti . Accrochez-vous, comme le vous pouvez, dans cet univers glauque à en être malade qui nous est décrit dans Lorraine Connection (Edition Rivages Thriller, 2006 ) … Ou fuyez !

 

Le suspect

Dominique Manotti (en réalité, Marie-Noëlle Thibault), est née le 24 décembre 1942 à Paris « et j'y suis restée pendant tout ce temps. » . Elle est d'abord une historienne, spécialisée dans l'histoire économique, de formation et de métier. Puis, c'est une militante marxiste et syndicaliste révolutionnaire qui a manifesté à la fin de la guerre d'Algérie pour l'indépendance, puis dans les années 60-70 à l'occasion de différents mouvements et dans plusieurs syndicats. Pour finir, c'est une romancière qui se met à l'écriture plutôt par désespoir du monde qui l'entoure que par engouement … En effet, lorsque François Mitterrand, accède à la présidence, le requiem d'un changement radical et profond de la société se présente devant elle . C'est pour cela qu'elle choisit le roman noir, qu'elle personnalise grâce à sa connaissance d'économiste, pour décrire  l'expérience de sa génération .

                              

Casier judiciaire

Elle a aussi écrit :

·             De nombreuses nouvelles, dans différents ouvrages (36 nouvelles noires. Tanger. Les sept familles du polar. Ellery Queen mystery magazine).

·             Sombre Sentier, Seuil, 1995.

·             À nos chevaux, Rivages, 1997.

·             KOP, Rivages, 1998.

·             Nos fantastiques années fric, Rivages, 2001. Rééd. 2009 ( qui a été adapté au cinéma par Eric Valette : Une affaire d'état, sorti en 2009 )

·             Le corps noir, Seuil, 2004.

·             Bien connu des services de police, Gallimard, « Série noire », 2010.

·             L'Honorable Société, co-écrit avec DOA, Gallimard, « Série noire » (Thrillers), à paraître en mars 2011

 

Faits

L'usine Daewoo à Pondange est la seule source d'emploi dans cette partie de la Lorraine autrefois prospère. Malgré des conditions de travail difficiles, chacun s'accroche à son poste. Jusqu'au jour où un accident provoque la révolte des salariés qui se mettent en grève. Au-delà de ce conflit, de sombres enjeux politico-économiques régionaux et nationaux sont mis à jour.

 

Plaidoirie

On nous décrit un milieu social pauvre, où les employés sont traités comme des animaux pour un salaire plutôt maigre ...

Le regard négatif que porte l'auteure sur sa société est reflété dans le roman par des descriptions péjoratives de personnages et de lieux, ainsi que par de l'argot omniprésent.

Ce polar est particulier : il mêle politique et économie dans un roman noir, ce qui est rare et inattendu. Cependant, cela reste un polar, malgré le fait qu'il n'y ait " [ ... ] pas que des flics et de la viande au plafond " (Jean Bernard Pouy) .

 

Avis des jurés

Lorsque j'ai fini ce roman, l'expression qui m'est tout de suite venue à l'esprit est : " Attraction malsaine ".

En effet, malgré la grande noirceur que recèle l'intrigue, je ne pouvais m'arrêter de lire qu'au prix d'un suprême effort, tant l'histoire me captivait. La mise en scène morbide, les personnages au charme si particulier, le style d'écriture, ... Tout cela ne m'a pas laissé indifférent.

Ce roman a affuté mon regard sur le monde et sur les sociétés d'aujourd'hui : il m'a fait voir la vie ouvrière sous un angle que je me refusais de reconnaître, il m'a ouvert les yeux sur les ambitions peu scrupuleuses des patrons et sur le caractère humain en général ...

 

La sentence est prononcée ... " Âmes sensibles, s'abstenir " ...




Ryan




Certains cachent leur jeu

Par Thaisth - 22:45, mardi 11 janvier 2011 .. Déposé dans Polars .. commentaires : 0 .. Lien
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Je vais vous présenter un  livre agréable à lire. J'espère que cela suscitera en vous un peu de curiosité et vous donnera l'envie de le découvrir. C'est un livre de Fred Vargas qui se nomme L'homme aux cercles bleus. Il a été édité pour la première fois par l'éditeur Viviane Hamy en 1996 puis par l'édition Magnard en 2006. Nous commencerons dans cet article par une petite biographie de l'auteur, quelques éléments sur le livre, mes impressions, enfin je ne vous en dis pas plus…

Passage aux meurtres

 De mystérieux cercles bleus apparaissent la nuit sur les interminables trottoirs de Paris, ils entourent des objets étranges comme des pinces à épiler, débris, déchets et pattes de pigeons... Cela fascine les journalistes mais tout à la fois les psychiatres qui ne peuvent s'empêcher de jouir de la folie probable, de l'auteur des faits. Ce qui n'est vraiment pas du goût du commissaire Adamsberg, un inspecteur spécial doux et attentif mais dont la différence physique ou intellectuelle suscite la méfiance de ses  collègues  de travail. Mais comme dans tous les polars,  de l'anodin saugrenu, on passera rapidement au tragique. La découverte du cadavre d'une pauvre femme innocente égorgée en plein milieu d'un des  nombreux cercles bleus fera le commencement d'une magnifique histoire

Vie de curieuse

Fred Vargas de son vrai nom Frédérique est née à Paris en 1957 d'une mère scientifique et d'un père intellectuel. Donc effectivement elle descend d'une famille cultivée. Vargas est son nom de plume pour l'écriture de ses romans. Elle est passionnée depuis toute petite par des fouilles, elle suit des études d'histoire après avoir passé son bac pour devenir par la suite archéologue. La personnalité et l'enseignement de son père y sont je pense pour quelque chose. Sa curiosité pour les phénomènes particuliers, sa passion pour les choses anciennes se montrent dans ses livres, on y retrouve de l'exagération, du vécu…

Un style particulier                                            

Son texte est écrit d'une façon courante mais tout à la fois charmante, une très belle écriture je dois dire. La présence de dialogue y est fréquente. On y trouve un champ  lexical sombre,  des endroits noirs  y sont souvent évoqués, il faut bien évidemment aimer le polar pour lire Fred Vargas.  Son texte nous met directement dans le contexte de l'histoire, on s'y attache, on découvre petit à petit, on s'intéresse, on a envie de le dévorer,  de connaitre la suite. L'intrigue est surprenante et tout à la fois intéressante. Un vrai roman à intrigue…  Je dois dire que le début est un peu  lent à démarrer, c'est une analyse constante. Tout au long du livre on a tendance à se dire que les faits sont irréels, que cela est bien trop mis en scène mais en y réfléchissant avec attention, on se dit que c'est le propre de l'imagination, de la réflexion de l'Homme.. En conclusion il faut avoir un imaginaire très particulier pour pouvoir rentrer profondément dans l'histoire mais je dois avouer que cela est très loin de mes propres schémas d'analyse  et de pensée.

Un polar différent

Des endroits sombres où des meurtres surviennent, des enquêtes à répétitions des personnages atteints psychologiquement ou pas, les mains moites, la frayeur, la tension qui monte, voilà ce que l'on ressent quand on lit un livre de Fred Vargas, c'est ce qui en fait un magnifique polar. Mais la tendresse, la gentillesse de certains personnages peuvent facilement émouvoir le lecteur, c'est ce qui à mon gout provoque la petite casse du polar. Il y a également le fait que le lecteur ne peut pas résoudre lui même l'enquête petit à petit en parallèle faute d'indices mais je pense que cela est volontaire de la part de l'auteur pour mieux nous surprendre à la fin. Et je dirais même qu'il y a une sorte de chute à la fin du roman quand l'on découvre l'identité du meurtrier.

Petite conclusion

Pour terminer sur quelques phrases je vais vous confier que c'est un livre qui m'a plu énormément, c'est une vision de la vie totalement différente de celle que l'on a habituellement. Bien loin de la belle vie que l'on peut avoir aujourd'hui, bien loin des beaux enquêteurs musclés et parfaits que nous renvoient les images de télévision, voici une réalité que l'on connaît tous mais que l'on a tendance à repousser.

                   Hadjer

 



¡Ay caramba!

Par Thaisth - 22:31, mardi 11 janvier 2011 .. Déposé dans Polars .. commentaires : 1 .. Lien

Quand quatre Mexicains se prennent pour Pancho Villa cela ne peut qu'être explosif. Couvrez-vous il va pleuvoir des balles ! Ou alors prenez une mitraillette et embarquez avec moi dans une Packard blindé ! Notre polar mexicain s'appelle « Ombre de l'ombre » et est écrit par Paco Ignacio Taibo II.

    Paco Ignacio Taibo II

Un roman mexicain ne peut être écrit que par un Mexicain. Paco est né 1948 à Gijón dans les Asturies en Espagne. Et là je suis sûre que vous vous dites : « Mais qu'est ce qu'elle raconte ! S'il est né en Espagne il n'est pas mexicain ! » Attendez un peu, n'allons pas si vite, nous avons tout notre temps. Je disais donc Paco Ignacio Taibo II est né en Espagne mais, et j'insiste sur le mais, en 1958 il émigre au Mexique pour fuir le franquisme avec sa famille de haute bourgeoisie de tradition socialiste. Sa passion pour la littérature née grâce à son oncle le pousse à écrire son premier livre en 1967 mais ce n'est qu'en 1976 qu'il publie son premier polar Dias de combate où il met en scène pour la première fois son héros, le détective Hector Belascoaran Shayne. Il ne se considère pas comme politique mais je dois dire qu'il prend part à la vie politique de son pays. Non pas de manière traditionnelle mais en en faisant part dans ses livres. Il a aussi écrit une biographie de Che Guevara. En outre, il est président de l'« Association internationale du roman noir » et participe activement à l'organisation de la Semana Negra : festival de littérature et de cinéma à Gijón.

    L'Ombre de l'ombre

L'Ombre de l'ombre est un polar dont le titre original est Sombra de la sombra. Vous ne trouvez cela pas joli comme titre ? Moi personnellement si. Il est édité aux éditions Rivages pour la première fois en 1986 et pour la seconde fois en 1992. Il est traduit de l'espagnol par Mara Hernandez et par René Solis.

    Resumen 

En l'an 1922, quatre amis se retrouvent tous les soirs à l'Hôtel Majestic situé 16 rue Madero en plein centre de Mexico pour jouer aux dominos. Jusque-là vous pensez que tout est normal et bien détrompez-vous ! Justement rien n'est plus anormal que cette bande d'amis. Les différences et l'union font la force dit un célèbre proverbe, et ce n'est pas cette pandilla qui dira le contraire ! Elle se compose de Fermin Valencia, le plus jeune de tous, surnommé le poète ; vient ensuite Thomas Wong ,35 ans, il est chinois et cette différence fait parfois de lui un bouc émissaire ; mais je vous rassure, il sait très bien se servir de son long couteau ; puis il y a Alberto Executor y Saez de Miera (c'est son nom au complet !) mais tout le monde l'appelle Executor en raison de ses nombreux procès gagnés en tant qu'avocat ; et pour finir en beauté, nous avons Pioquinto Manterola, le plus vieux de tous (40 ans) ; mais surtout, c'est lui que tout le monde veut tuer  car il est journaliste et qu'il a vu une certaine veuve Roldán près d'une scène de crime.

Les présentations faites, je rentre dans le vif du sujet ! C'est à dire le complot… Tout commence lorsque les amis découvrent des similitudes entre certains meurtres dont ils ont été témoins. Ils décident alors d'essayer de résoudre l'enquête, mais voilà tout n'est pas si simple et bien entendu, les commanditaires des meurtres ne les laissent pas traiter cette affaire tranquillement. Ils essayent de les tuer et à partir de ce moment-là, la rage de découvrir les magouilles de ces imposteurs monte en flèche. Peut-être que la peur de mourir accentue cette rage et augmente l'adrénaline. Pourtant derrière cette peur se cache de l'amour. Eh oui, de l'amour. Thomas et le journaliste tombent amoureux mais pour l'un d'eux, cet amour est plus fou et se termine par une fin tragique. Je ne vous en dis pas plus car je veux absolument que vous lisiez le livre !

    Je crois que cela me plaît...

Je conseille ce roman à tous les adeptes de la violence et des dominos. Pour ma part, je ne suis pas fana de sang et de violence gratuite mais je dois dire que j'ai aimé ce polar. Les personnages principaux nous en font voir de toutes les couleurs. Tantôt ils sont adorables et tantôt je ne comprends pas pourquoi ils sont si violents et sanglants. On ne sait pas sur quel pied danser : sont-ils les méchants ou les gentils ? Après avoir lu le livre, je le dis clair et net : ils sont gentils. Mais les gentils du Mexique d'avant ne sont pas ceux d'aujourd'hui. Ceux d'avant combattent la misère et la tyrannie par les balles et le sang. Et grâce à Paco Ignacio Taibo II, j'ai pu découvrir un Mexique où l'insécurité et le meurtre vous attendent à chaque coin de rue ; un Mexique dont la plupart d'entre nous, Européens, ne connaissons même pas l'existence. Pour nous, le Mexique est synonyme de sombrero et de tequila mais derrière ces clichés se cache une histoire. Une histoire terrible mêlant la gendarmerie corrompue et le pétrole. Et je vous en conjure, foi de Pancho Villa, ce polar mérite d'être lu et pas seulement pour son sang.

    Un petit peu d'analyse

Comment répondre à la question : qu'est ce qu'un polar? Je ne peux pas vous répondre précisément en raison de mon jeune âge et de ma découverte il n'y a encore que quelques mois de ce genre, mais je vais du moins essayer à travers « L'Ombre de l'ombre » .Ce roman est considéré comme un polar parce qu'il y a des meurtres. Il aurait pu être un polar traditionnel comme ceux de Raymond Chandler avec un détective privé, mais justement ce n'est pas le cas. Ce roman de Paco Ignacio Taibo II est, on peut le dire, un polar original. Les personnages qui sont d'ailleurs complètement atypiques, sont tour à tour les gentils et les méchants. Les protagonistes ne sont pas des personnes de la haute bourgeoisie et peignent un décor inconnu jusqu'alors : le Mexique des bas-fonds. Mais comme tout polar qui se respecte, la fin est toujours synonyme de résolution avec une note de drame. Paco manie exceptionnellement bien le suspense et arrive à nous tenir en haleine jusqu'à la fin du dernier chapitre. D'ailleurs si j'ai bien compris il s'est inspiré d'histoires réelles afin d'écrire ce roman. Il y a encore un détail surprenant que je suis obligée de dire à propos de ce roman. Les chapitres sont courts et il arrive que le titre d'un chapitre se répète plusieurs fois. C'est surprenant et déstabilisant.

Que peut-on dire du regard de l'auteur à travers ce roman? Eh bien, je peux dire que l'auteur est très critique envers cette société et en particulier envers la politique. Il prend facilement le parti de la classe ouvrière et n'hésite pas à faire un portrait très négatif du gouvernement d'alors. Je ne peux pas émettre un jugement, je ne vivais pas à cette époque. Mais je conçois que c'était une époque difficile et que les opinions étaient pour la plupart réprimées. J'aurais plutôt tendance à me ranger du côté de l'auteur parce que je n'aime pas la corruption et les injustices.

    Pour finir

Cet auteur était peut-être quelqu'un d'inconnu pour vous jusqu'à présent mais je suis sûre que maintenant il est devenu votre meilleur ami. Et comme on doit toujours suivre les conseils de son meilleur ami, il vous ordonne de lire son livre! Alors ne restez pas planté là à lire mon article ! Allez ! Vite ! Courez-le lire ce livre ! Et ne venez pas me dire que vous n'avez pas aimé ou alors dites le tout bas, histoire que personne ne vous entende.


Thaïs



Histoire d'un Gaijin*

Par Agathaco - 22:22, mardi 11 janvier 2011 .. Déposé dans Polars .. commentaires : 0 .. Lien
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Viviane Moore, romancière connue pour sa série de romans policiers historiques, a écrit une trilogie de livres sur le Japon dont le livre que j'ai lu, qui se nomme Tokyo Intramuros, paru pour la première fois en 2000 aux éditions du Masque puis réédité en 2009 aux éditions Elytis.


Un auteur à l'histoire passionnante

Viviane Moore est née à Hongkong en 1960 d'un père architecte et d'une mère maître verrier. Elle devient photographe alors qu'elle n'a que 19 ans. Puis, comme journaliste, elle voyage partout dans le monde et ainsi rencontre diverses personnes, cultures et endroits. A cette époque, elle écrit, en dehors de ses reportages, beaucoup de poèmes et de courts récits. Au milieu des années 1990, l'image ne lui suffit plus, elle décide alors de se consacrer à plein temps à l'écriture. Elle publie ses premiers romans en 1997, et se lance dans la rédaction d'une série de romans historiques à énigmes mettant en scène le chevalier Galeran de Lesneven. Traduite en langue anglaise et en italien, cette série lui permet de poursuivre dans cette voie avec la saga de Tancrède le Normand, mais aussi de se tourner vers la modernité avec le Japon contemporain et la science-fiction auxquels elle consacre plusieurs ouvrages.


Des histoires de partout

Elle a écrit beaucoup de séries comme sa première Galeran de Lesneven (édition du Masque), une histoire qui se passe au Moyen-âge et qu'elle a commencée en 1997 et fini en 2003. Elle a aussi écrit une autre série, il s'agit de « Tancrède le Normand » (édité par 10/18) dont le premier tome est paru en 2006 et le dernier en 2009. Cette série raconte l'histoire de Tancrède qui est un jeune garçon plein de mystères et dont les origines sont floues même s'il ressemble aux Normands. Viviane Moore a aussi écrit deux trilogies, une qui se nomme La trilogie celte (édition du Masque, 2004-2005) qui est un étonnant voyage de l'Irlande à l'Ecosse, au Pays de Galles, à l'Armorique et jusqu'aux îles au Nord du Monde et dont les personnages principaux sont deux druides nommés Eogan et Fergus. L'autre se nomme La trilogie japonaise (édition du Masque et Flammarion, 2000-2003) : les histoires se passent au Japon mais ne sont pas du tout liées entre elles. Ensuite ses autres livres sont soit des romans de jeunesse, comme Le seigneur sans visage (Flammarion, 2005), Haro ! (édition Thierry Magnier, 2007), Made in Japan (Rageot éditeur, 2008) ou encore Le chevalier au loup (édition Thierry Magnier, 2009), soit d'autres romans policiers sans aucun rapport entre eux, par exemple Le passager silencieux (Flammarion,2005), 79° Nord (éditions Elytis, 2009) et Ilianday (édition du Masque, 2001).


Tokyo, an 2000…

Jeune architecte français de talent, Maxence Théoran rêve de tour de métal, de téléports enjambant l'océan, s'ouvrant sur l'espace et explosant toutes les frontières. Et pourtant, les maisons de cartons, ultime refuge des exclus de la société japonaise, le fascinent… Poursuivi pour meurtre, il s'y terre, cherchant sa vérité. Il se croit coupable, mais l'est-il vraiment ?

Dès le début, on sait qu'il se cache dans une maison de carton et pourquoi. Puis, pour se convaincre de son innocence, il nous raconte son histoire. On devine dès le début du livre qu'il a une histoire surprenante et agitée, et qu'il est atteint de claustrophobie.


Un kaléidoscope japonais

Dans ce livre, Viviane Moore fait tour à tour parler personnellement ses personnages, pour enfin revenir à une narration plus classique, construisant ainsi avec maestria une succession rapide des émotions. Le lecteur ne sait plus bien qui est qui, où sont les faux semblants, et du coup se laisse embarquer. Cinématographie de l'histoire, magie du suspense et finesse psychologique. On est pris. Et un Tokyo envoûtant, dans ses murs intrigants nous engloutit... Elle utilise aussi le flashback, ce qui est assez déconcertant pour le lecteur mais qui met beaucoup de suspense car on veut savoir ce qui s'est passé.


Intrigue au Japon

Ce récit est un roman policier même si aucun enquêteur ni détective ni même quoi que ce soit ayant un rapport avec la police ou une enquête n'intervient dans cette histoire. Il s'avère quand même être un polar, puisque le personnage principal est poursuivi pour meurtre et veut donc prouver son innocence en nous racontant dans un flashback tout ce qui c'est passé. On peut aussi dire que c'est un roman noir car le héros est un homme anormal et qui ne nous fait pas du tout pitié, au contraire, il est tellement bizarre qu'on n'est même pas touché quand il lui arrive des choses horribles. Mais malgré cela, ce livre n'est pas exactement un roman noir car ce livre n'a pas pour but de critiquer une réalité sociale, même si Viviane Moore critique indirectement, dans son livre, l'aide fournie aux pauvres, et ici, à ceux de Tokyo.


Une ville trop bien décrite

L'intrigue policière promettait d'être intéressante. La description de Tokyo est précise et réaliste. Viviane Moore connaît très bien Tokyo et en parle merveilleusement bien. Malgré tout, les sujets de culture et civilisation japonaises abordés (les yakusa, les otaku, le tremblement de terre de Kobe, l'honneur, l'esthétisme, l'architecture avant-gardiste et respectueuse de l'environnement, les "disparitions" volontaires) sont nombreux, trop nombreux pour un roman aussi court, ce qui me laisse sur un sentiment d'insatisfaction.


Quels lecteurs ?

Je conseille ce livre à ceux qui ont du mal à lire ou qui n'en ont pas forcément le temps car il est très court et très simple, Viviane Moore ayant aussi écrit des romans de jeunesse.





Couverture de Tokyo Intramuros édité par Elytis


* « étranger » en japonais


Agatha






« Et si c'était la faute à Voltaire…? »

Par Romanebo - 22:17, mardi 11 janvier 2011 .. Déposé dans Polars .. commentaires : 0 .. Lien
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Petits arrangements avec l'infâme est un polar de Patricia Parry. L'édition originale et lue est Edition du Seuil. J'ai lu ce roman récemment et je vais en faire la présentation.

Patricia Parry est médecin psychiatre à Toulouse. Elle a écrit un premier roman L'Ombre de Montfort publié aux éditions Empreintes en 2005, et Cinq leçon sur le crime et l'hystérie aux éditions Seuil en 2008 qui ont pour personnage principal le docteur Le Tellier. Ses livres s'inspirent de fait réels. La fiction se mêle donc à la réalité. Patricia Parry dénonce au travers de ses livres les dérives des pouvoirs médiatiques et politiques.

 


 


 

L'histoire noire qui se déroule à la ville rose

 

L'histoire se déroule au XXIème siècle à Toulouse. Dans un hôpital psychiatrique et en banlieue. Un jeune beur, Khaled Abbad, est accusé d'avoir égorgé sa sœur. Il est diagnostiqué comme amnésique et a des hallucinations. Le docteur Antoine Le Tellier demande alors son internement et s'occupe de son cas. La presse accuse aussitôt un Islam fanatisé d'autant plus qu'un autre jeune homme, Ali Chadid, de religion musulmane, a été retrouvé mort quelques mois avant. Le Tellier cherche alors un lien entre ces deux affaires et avec l'aide de son ex compagne Anne Faure, qui est chargée de l'expertise du cas du patient Abbad, ils découvrent l'affaire Calas qui date d'octobre 1761. Beaucoup de détails laissent à penser qu'il y a un lien avec ces crimes. Le fils Calas est retrouvé mort, pendu chez lui et on accuse son père de l'avoir tué. Etrangement, Ali Chadid est lui aussi retrouvé mort étranglé et habite dans la même rue que celle où habitaient les Calas. L'affaire Calas a soulevé l'indignation de Voltaire. Tout au long de l'histoire, des indices s'accumulent et Le Tellier est obligé de se replonger au XVIIIème siècle pour essayer de comprendre le mal dont souffre Khaled. Les indices se multiplient, tout laisse à croire que les évènements du XVIIIème siècle recommencent au XXIème. Tout coïncide. Les meurtres, les noms qui se ressemblent. Une intellectuelle, très appréciée des média, vole au secours de Le Tellier et prend même le rôle de Voltaire …

 

Ce roman a une écriture simple, le langage est courant ce qui permet une lecture agréable et un accès à tous.

 

Analyse de ce polar médical toulousain :

 

Dans ce roman, il y a un enquêteur. Un enquêteur malgré lui. Car Antoine Le Tellier n'est pas policier. C'est un médecin psychiatre qui veut connaître la vérité et surtout comprendre le mal de ses patients et le lien qu'il y a entre les meurtres du XVIIIème siècle et ceux d'aujourd'hui. Durant l'histoire, les policiers n'ont pas de rôle, on ne les voit jamais, on en entend peu parler et ils ne sont pas très bien vus. L'histoire ne baigne pas dans une atmosphère lugubre, les personnages ne sont pas aigris. L'intrigue se déroule dans le Sud de la France à Toulouse et celle-ci se résout à la fin du livre. Ce roman n'est donc pas un roman policier classique et ce n'est pas un roman noir non plus. Il se rapproche néanmoins plus du genre polar que des autres genres.

 

Le milieu social décrit est donc surtout le milieu médical. Mais il y a la banlieue et l'époque du XVIIIème siècle qui sont décrits aussi. Le docteur Le Tellier, les personnages qui l'aident et ses patients sont présentés de manière plutôt positive. Ils font ce qu'ils ont à faire voire plus par moment. Les personnages présentés négativement, sont ceux qui sont tapis dans l'ombre et qui ont un rôle que l'on découvre à la lecture du livre.

 

L'expertise médicale de l'auteur sur son dossier

 

Patricia Parry dénonce dans ce livre les attitudes subjectives des média et du public et les dégâts que cela peut engendrer. Notamment vis à vis des jeunes de banlieue, de la pression qu'il y a sur les médecins lors d'une affaire compliquée, de l'impatience et l'inhumanité des média. Antoine Le Tellier n'a pas eu recours à la force. Il résout l'affaire en essayant de faire le moins de vagues possible et en faisant le moins parler de lui. L'auteur crée donc une morale, la réussite est attribuée à ceux qui font parler d'eux le moins possible,  avec humanité et réflexion. Je suis assez d'accord avec ce regard de la société. Je n'apprécie pas la manière dont les médias s'emparent des affaires criminelles comme des vautours.

 

Mon rapport médical et ma prescription

 

J'ai aimé ce livre, je l'ai trouvé très agréable à lire ; on rentre très facilement dans l'histoire. Les personnages sont assez attachants et on peut imaginer être l'un d'entre eux. Il n'y a pas vraiment de scène de violence, ce qui est agréable pour ceux qui n'aiment pas spécialement cela. A aucun moment je n'ai décroché et je trouve que l'intrigue sort un peu des sentiers battus. L'histoire se passe dans le Sud de la France, donc dans un endroit ensoleillé et il y a peu de présence de policiers voire pas du tout.

 

Ce roman est vraiment accessible à tous. Même ceux qui ne sont pas forcément fans de roman policier y trouveront leur compte.

 

Romane




Pour les mordu-e-s de livres

Par Carolineri - 22:16, mardi 11 janvier 2011 .. Déposé dans Polars .. commentaires : 0 .. Lien
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La nouvelle s'intitule Un mordu de Raymond Chandler, de l'édition Folio, écrite en 1936 et le titre original était « The Man Who Liked Dogs » et il a été traduit de l'anglais par Henri Robillot.

 

Biographie de l'auteur

Raymond Chandler est né à Chicago le 23 juillet 1888 et il est allé vivre avec sa mère après le divorce de ses parents. Il a écrit plusieurs scénarios à partir de ses romans qui ont été adaptés en films et plusieurs avec le même héros. Il a épousé une femme plus âgée que lui en 1942. Mais après sa mort, il tente de se suicider et il retombe définitivement dans l'alcool. En 1956, il meurt d'une pneumonie.

 

Romans traduits en français

En 1939 il a écrit Le grand sommeil. Puis en 1940 Adieu ma jolie, en 1942 La Grande fenêtre  et en 1943 La Dame du Lac. En 1949 Fais pas ta rosière.

Il a écrit Sur un air de navaja en 1954. Charade pour écroulés en 1958. Et en 1959 Marlowe emménage.

Tous ces romans sont des enquêtes d'un détective privé de Los Angeles nommé Philip Marlowe.

 

Dans Un mordu

Une fille dénommée Isobal Snare disparaît avec son chien Voss. Le détective Carmady est alors engagé pour la retrouver. Son enquête va le mener chez un vétérinaire chez qui l'animal aurait été aperçu. Les explications du Dr Sharpe n'étant pas très satisfaisantes, il décide de le suivre…Complication, corruption et complot se suivent contre Carmady mais  saura-t-il  les détourner ?

 

Uniquement pour  les grands ?

Le langage est familier, ce qui donne du rythme aux dialogues. Les phrases sont courtes et les moments de description le sont également. « Une jolie fille soit disant en détresse, des méchants qui bastonnent et canardent à tout va, des flics qui puent la corruption à plein nez et enfin un détective privé grand consommateur de whisky et de cigarettes. Pour les amateurs du genre donc et aussi les nostalgiques des films en noir et blanc » comme le dit le blog Dérangé de livres.

Le livre est facile à comprendre et à  suivre, l'histoire débute « in médias res »  c'est-à-dire qu'elle débute au moment de l'enquête, ce qui donne directement envie de savoir comment celle-ci va se terminer. On ne peut plus lâcher le livre après avoir lu la première page.

Alors oui, je pense qu'on peut lire ce livre à tout type d'âge, d'autant plus qu'il est court.  Quant aux parents qui sont contre le langage familier, dommage pour vous !

 

Polar ou non ?

C'est un polar car le personnage est un détective privé  (personnage connu dans les histoires de Chandler) qui tente de découvrir la disparition d'une jeune fille, la police apparaît et des voleurs également. Il y a des meurtres lors de l'enquête. Le personnage principal est mené en bateau par la police qui tente de l'écarter de l'affaire pour avoir le meilleur butin à la fin. Mais le privé déjoue ces pièges. Un voleur qui commet des crimes est recherché. Une somme sera remise à celui qui réussit à l‘arrêter et c'est cela que la police tente d'avoir avant Carmady. Mais ce dernier ne s'intéresse pas à cela, il veut juste toucher ses intérêts à la fin de l'enquête et ramener la fille chez elle.

La police est montrée négativement car elle complote contre le personnage principal pour avoir le plus d'argent à la fin. Le héros sait tout cela sans jamais laisser la police s'en douter et il réussit son objectif.

 

Mon avis

Personnellement, je trouve la nouvelle très bien. Car ce n'est pas comme dans des histoires classiques où c'est la police qui est gentille et qui dénoue les énigmes. Dans cette histoire, tout est inversé car cette fois c'est la police qui est contre le héros. Et c'est pour moi ce qui donne envie de lire pour savoir comment va se terminer la nouvelle.

Caroline

 

 

 



La première guerre mondiale, Une grande zigouille humaine...

Par Paulineme - 22:00, mardi 11 janvier 2011 .. Déposé dans Polars .. commentaires : 0 .. Lien


La Grande Zigouille Quatre soldats français de Jean Vautrin (Edition originale Robert Laffont 2009)

 

La Grande Zigouille est le troisième roman de la série Quatre soldats français de Jean Vautrin. Une écriture atypique et drôle qui nous ramène au début du XXème siècle lors de la première guerre mondiale. L'auteur nous raconte comment quatre français qui n'ont rien en commun et qui n'auraient jamais dû se rencontrer, vont devenir amis et se lier de manière indestructible, d'une grande amitié sincère et profonde. Des personnages vrais et attachants vous feront tantôt rire aux éclats tantôt pleurer.

 

Illustration de la première de couverture par Jacques TARDI le célèbre dessinateur de BD noir qui a adapté en bande dessinée, avec succès, son roman communard Le Cri du peuple

 

Série : Quatre soldats français

Tome 1   Adieu la vie, adieu l'amour  

Tome 2   La femme au gant rouge  

Tome 3  La grande zigouille 

Tome 4   Les années faribole  

 

L'auteur

Jean Vautrin, de son vrai nom Jean Herman, est aujourd'hui un géant de la littérature française. Vautrin ? Pourquoi ce pseudo, prénom d'un personnage phare de la littérature classique créé par Balzac. Prénom d'un ancien bagnard… personnage complexe qui change au combien de fois d'identité.

 Venu à l'écriture par le biais du roman noir, il a aussi accordé son talent à d'autres arts, comme le cinéma ou la photographie.

 

Un  grand romancier populaire, un artiste aux multiples facettes

 Il est né en 1933 en Lorraine. Venu à Paris pour commencer une licence de lettres, il est finalement entré sur concours à l'IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques) ; successivement lecteur de littérature française à l'université de Bombay, reporter-photographe et dessinateur humoristique pour l'Illustrated Weekly, il devient l'assistant de Roberto Rossellini en Inde. Pendant la guerre d'Algérie, il est affecté au service cinéma des armées et tourne des films en Allemagne, en Algérie, au Sahara et au Congo.

Après avoir réalisé une trentaine de courts-métrages, de films de feuilletons pour la télévision, il met en scène son premier long-métrage.

À partir de 1971, Herman et Vautrin coexistent.

Herman sera scénariste-dialoguiste, Vautrin sera romancier et nouvelliste et poursuivra sa seconde vie.

Peu à peu, Vautrin réalise le crime parfait. Herman meurt sans un cri. L'écrivain a pris définitivement le pas sur le cinéaste.

Il a obtenu prix Goncourt 1989 pour un Grand pas vers le Bon dieu. Il a obtenu pour le même roman le Goncourt des Lycéens. Auparavant, en 1986, il avait eu le Goncourt de la Nouvelle pour Baby Boom. Aussi de nombreux prix de cinéma : Prix Marylin, Monroe, César du scénario pour Garde à Vue.

 

Première Guerre Mondiale : Quatre Français

Ils sont quatre camarades de combat, que rien, ni la géographie, ni l'origine sociale, ni l'ambition, ni les projets, n'aurait dû réunir. Rescapés d'une sanglante offensive, ils étaient les acteurs des mutineries de 1917. Poilus exemplaires et survivants de « tant de turpitudes ! » « Ensemble, ils ont conjugué bravoure, amitié et rébellion pour se sortir vaille que vaille du bourbier dans lequel les a jetés l'abominable massacre d'une guerre qui n'en finit pas. » comme le dit si bien l'auteur.

Guy Maupetit, dit Ramier, est ouvrier rêveur libertaire. Raoul Montech est viticulteur du Sauternais, propriétaire terrien. Boris Malinovitch Korodine est un émigré russe, bohème, peintre de Montmartre, chantre du cubisme et Arnaud de Tincry est un séduisant aristo lorrain, gentleman cambrioleur.

On suit les quatre gaillards chacun de leur côté : Ramier, gazé lors d'une attaque et rescapé de l'hôpital rentre chez lui en permission…va-t-il retrouver sa tendre épouse avec qui il a cessé de correspondre depuis quatre mois déjà pour une affaire de maîtresse ?

De Tincry, lui, avec son ami pilote d'élite Félicien Pazayac, est plongé dans une sombre affaire d'espionnage qui a capoté et dont il faut sauver ce qui peut encore l'être : de précieux documents détenus par une certaine Rosa Litch, personnage mystérieux (voir La femme au gant rouge). Une terrible course poursuite infernale s'engage…

Raoul est retourné au front pour oublier que sa femme attend l'enfant d'un autre, et essayer de s'y retrouver dans ses sentiments car Émilie, sa belle-sœur vient de lui avouer son amour pour lui. Classé dans les « Esprit libertaire et révolté…Élément subversif… A NE PAS MÉNAGER ! », il va poser quelques soucis à sa hiérarchie…

D'importants personnages comme le colonel Hubert Rémuzat de Vaubrémont, la veuve Léonie Glotin, le gardien de cimetière et ancien soldat Lucien Picavert, Pauline Montech l'épouse infidèle, Vladimir le chauffeur de taxi, Peeka von Rasfeld alias agent secret H-23 alias Friedrich Waldteufel alias Rosa Lumière transformiste de génie font de ce récit une complexe intrigue à tiroirs. Certaines idées restent même assez floue étant donné que je n'ai lu que ce 3ème tome, ne sachant pas avant de rechercher la bibliographie de Jean Vautrin que ce roman appartenait à une série car rien n'est spécifié sur la 1ère ou 4ème de couverture, ni même à l'intérieur.

 

Un style particulier

 Une écriture originale et propre à Vautrin avec un argot très présent rend les dialogues bigrement réalistes. Les personnages criants de vérité, humains avec leurs défauts et leur personnalité, tous plus vrais que nature, feraient crier d'indignation un macchabée de la haute ! Le talent de Vautrin est de vous ramener à cette époque avec une facilité déconcertante, à vous faire ressentir cette ambiance de guerre et de mal-être national qui régnaient durant ce début de siècle.  Les profils psychologiques des uns et des autres sont admirablement tordus et touchants. Humains. Les aventures rocambolesques dans lesquelles nous amène l'auteur sont pétillantes et pleines d'actions formidables, de retournements de situation.

 

 

Une société à la dérive

A travers ce roman, l'auteur nous offre une critique réaliste de la société de l'époque, sombre mais avec de l'amour et de l'espoir. Les barrières sociales s'effacent devant l'horreur de la guerre ; certains se perdent dans les méandres de l'honneur et du devoir, d'autres apprennent à accepter la mort ou l'infidélité, d'autres encore acceptent des amours impossibles. La guerre va créer deux catégories de personnes : les profiteurs, ceux qui ont su saisir une chance et qui en tirent le maximum, jusqu'à la moelle ; et ceux qui suivent leurs idéaux, fidèles à leurs opinions qu'ils vont défendre jusqu'à la mort s'il le faut.

 

Polar historique ou roman policier ?

Polar historique, c'est certain. Période importante du XXème siècle décrite du côté noir ou plutôt du côté réaliste, rien n'est caché, on ne nous fait pas miroiter des rêves de gloires et de victoires. Un penchant noir donc qui le mettrait dans les romans noirs mais pas policiers. Il n'y a ni policier, ni détective privé, pas de victimes non plus, l'intrigue très complexe ne permet pas d'expliquer les choses si simplement. Pour ne prendre qu'un exemple, le colonel Rémuzat de Vaubrémont est victime de lui-même, de son sens profondément débile de la patrie et de l'honneur, lui dictant d'envoyer des centaines de soldats à la boucherie.

 

Un roman passionnant, volubile et amusant.

Une fresque poignante qui retrace les soubresauts de l'Histoire et qui dit l'indestructible volonté de vivre et d'aimer des êtres quand partout règne la mort.

Un roman noir et drôle à lire absolument !

Pauline



Sur cette île mystérieuse…

Par Clementca - 23:36, lundi 10 janvier 2011 .. Déposé dans Polars .. commentaires : 0 .. Lien

 

            Dennis Lehane, célèbre écrivain policier, est l'auteur de Shutter Island. Petite analyse/critique de ce roman aux allures si mystérieuses.

 

           


Shutter Island a été écrit en 2003 par Lehane aux éditions Rivages d'abord puis Rivages noir, en 2006,  en édition de poche, et traduit de l'américain par Isabelle Maillet. C'est un roman à l'intrigue poignante à travers la psychologie omniprésente. En effet, l'auteur met en valeur la lourdeur du système psychiatrique de cette époque car, tout d'abord, l'intrigue a lieu dans un hôpital psychiatrique. L'auteur décrit ensuite les personnages d'un point de vue plus psychologique qu'esthétique mais donne autant sa place au suspense qu'à l'enquête.

 

Biographie

Dennis Lehane est un écrivain américain d'origine irlandaise, né le 4 août 1965 à Dorchester dans le Massachusetts. Après des études en Floride, Dennis Lehane se destine à une carrière d'enseignant, mais de retour à Boston, c'est une tout autre vie professionnelle qui l'attend.  C'est pendant la rédaction de Prayers for Rain que lui vient l'idée de Mystic River, son oeuvre majeure , adaptée au cinéma par Clint Eastwood. Toujours baigné dans un univers sombre mais cette fois-ci teinté d'une dimension politique, son livre Un pays à l'aube paraît en 2009 en France. La qualité de son écriture, son sens du rebondissement et la psychologie de ses personnages valent à Denis Lehane le surnom de « master of the new noir ».

Car Lehane est surtout l'auteur d'une ville, Boston, à laquelle il est resté à peu près fidèle, de la série Kenzie & Gennaro entamée dans les années 90, jusqu'à son chef d'œuvre, Un pays à l'aube, publié en 2009.

Dennis Lehane a écrit Demain ce seront de hommes, Coronado, Prières pour la pluie, Gone, baby gone et plein d'autres romans. 

           

L'histoire

Nous sommes dans les années 1950. Au large de Boston, sur un îlot nommé "Shutter Island" se trouve un groupe de bâtiments à l'allure sinistre. C'est un hôpital psychiatrique dont les patients, tous gravement atteints, ont commis des meurtres. Lorsque le ferry assurant la liaison avec le continent y accoste ce jour-là, deux hommes en descendent : le Marshall Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule. Ils sont venus à la demande des autorités de la prison-hôpital car l'une des patientes, Rachel Solando, semble manquer à l'appel. Comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle se trouve une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre incohérente d'une malade ou cryptogramme ? Au fur et à mesure que le temps passe, les deux policiers s'enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu'au choc final de la vérité.

            Ce monde d'hommes de violence nous entraine dans un univers de schizophrènes meurtriers vivant dans un état de peur permanente- ce qui amplifie la notion de stress et d'angoisse- sur cette île déserte autant pour les cacher de la face du monde que pour éviter leur évasion.

 

 

Polar, thriller, roman noir

            Shutter Island est un polar par l'angoisse continuelle provoquée et puis par le contexte. L'intrigue a lieu sur une île isolée en pleine mer souvent déchaînée, et il y a seulement sur l'île un hôpital carcéral psychiatrique, accompagné d'un phare aux allures inquiétantes, et un cimetière. Shutter Island est le polar par excellence : en effet, il regroupe les genres polar, roman noir et roman policier pour donner une œuvre pleine de suspense et d'angoisse pour le plus grand plaisir des lecteurs amis de la peur. Les Marshalls, figures de la justice, et Rachel Solando, point de départ de l'intrigue, forment à eux seuls les traits caractéristiques du polar. Puis les multiples interrogatoires et autres éléments de ce genre constituent la partie roman policier.

Ensuite, l'orage menaçant lors de l'arrivée sur l'ile, les roches noires et escarpées, la lumière blafarde, les bâtiments en brique couleur sang, le dispositif de haute sécurité : l'atmosphère est oppressante et sinistre. Staff infirmier sinistre, psychiatre en chef strict qui met inexplicablement des bâtons dans les roues à Teddy, secondé dans la tâche par l'ironique docteur Naehring. Le Marshall Daniels est aussi proie à ses propres démons : la mort de sa femme dans un incendie causé par un pyromane dont il espère secrètement retrouver la trace à Shutter Island. Tout cela pour une atmosphère des plus angoissantes et intrigantes, caractéristique du roman noir.

            Le docteur Cawley est d'abord présenté négativement puis déplorablement, comme un tyran menaçant et retors puis à la fin de l'ouvrage, l'auteur nous le présente comme responsable et digne de confiance lors de la révélation du livre.

            Teddy est quant à lui présenté comme figure admirable de la justice puis son aspect devient de plus en plus flou jusqu'à l'éclaircissement à son sujet.

 

            La lecture de ce roman fort en émotions m'a happé. Je l'ai trouvé haletant et absorbant, pris au milieu de cette notion de surprise et d'anxiété. J'ai eu du mal à arrêter cette passionnante lecture, impatient que j'étais de connaître le dénouement. Ce roman est très bien écrit et utilise de nombreux procédés littéraires qui montrent la maîtrise de Dennis Lehane à être auteur.

 

Clément



Tout fout le camp

Par Lauriean - 21:21, lundi 10 janvier 2011 .. Déposé dans Polars .. commentaires : 0 .. Lien

 

La Bête et la Belle, un roman surprenant de Thierry Jonquet. Des meurtres, des cassettes, un coupable… Oui, mais pourquoi ?

 

Un talent pour le roman au réalisme dur

Le roman dont je vais vous parler s'intitule La bête et la BelleParu en édition originale en 1985 aux éditions Gallimard, c'est un polar écrit par Thierry Jonquet, écrivain français né à Paris le 15 Janvier 1954 et mort le 9 août 2009, après avoir lutté deux semaines contre la maladie. Il a  publié d'autres livres sous divers pseudonymes comme Martin Eden et Ramon Mercader. Le livre dont je vais vous parler a été édité le 28 février 1994 par Folio.

Thierry Jonquet a eu une enfance marquée par le cinéma. Il étudie au lycée Charlemagne à Paris, où il entreprend des études de philosophie à l'université de Créteil, mais aussi l'ergothérapie bien plus tard. Il travaille en gériatrie. Il commence à écrire pour raconter l'horreur de l'environnement hospitalier mais aussi pour rendre hommage à un pensionnaire avec qui il s'était lié d'amitié. En 1982, il publie son premier roman, Mémoire en cage.

 

Un polar surprenant



Le roman La bête et la belle est tout d'abord présenté comme un conte de fée, mais au fil des pages, le lecteur s'aperçoit du pot au roses et le contraste vient s'affirmer au fur et  mesure de la lecture. On comprend donc bien le tire du roman, La Bête et la Belle qui fait référence à un célèbre conte La Belle et la Bête, mais ici le titre s'inverse. C'est le cas également pour ce surprenant polar. Il n'est plus question de princes, de princesses et de palais mais c'est au contraire une histoire sordide peuplée de mensonges et de meurtre. L'énigme est déjà résolue car l'on a déjà un coupable, les preuves et le mobile. On peut remarquer que Thierry utilise le langage familier ce qui donne une certaine intimité entre les personnages et le lecteur et nous pouvons remarquer les personnages sont décrits très négativement.

 

Il était une fois

L'intrigue se passe dans la ville d'Altay. Les meurtres ont déjà été commis, le coupable arrêté et les preuves déjà entre les mains de la police. Léon, complice et ami intime de l'assassin, se retrouve embarqué au commissariat où l'inspecteur le prend sous son aile. Toutefois, le commissaire Gabelou, chargé de l'affaire ne veut pas en rester là. Il trouve cette histoire invraisemblable et veut chercher plus loin. Trouver les causes exactes de ces atroces assassinats. Comment un honorable professeur, apparemment bien sous tout rapport peut-il du jour au lendemain en arriver là ? On se rend compte avec stupéfaction que « cela n'arrive pas qu'aux autres ». C'est ce que l'on va découvrir, page après page.

 

Mot après mot

J'ai été agréablement surprise par ce roman.  En effet, l'auteur nous réserve un bouquet final tellement grandiose que l'on en reste bouche bée.  Puis pour ce qui est de la quatrième de couverture, je la trouve très intrigante, elle nous donne envie d'aller plus loin, d'en savoir un peu plus sur ces étranges personnages. Je dois avouer quand même que le début de la lecture a été un peu difficile pour moi dans le sens où je ne comprenais pas vraiment où l'auteur voulait en venir. Puis, j'ai aussi trouvé la lecture un peu plate, pas facile de rentrer dans l'histoire. Le début était un peu confus. Je conseille tout de même aux personnes qui le lisent actuellement ou qui vont se lancer dans la lecture de ce magnifique ouvrage de ne surtout pas lâcher, de continuer car ce livre en vaut la peine, et je promets que vous ne serez pas déçu. Je pense sincèrement que ce roman est exceptionnel, et que l'auteur est fort. Très très fort ! Bonne lecture à tous.

 

Laurie




Un week-end comme un fugitif

Par Kevinra - 15:43, lundi 10 janvier 2011 .. Déposé dans Polars .. commentaires : 2 .. Lien


Sur un air de Navarro, un roman de Tito Topin

 

Résumé et cadre spatio-temporel

Parce qu'il n'a pas de préservatif, le commissaire Bentch laisse la belle Clara et part en chercher. Quand il revient, elle est morte, tuée avec son arme de service. Accusé du meurtre, poursuivi par ses propres équipiers comme par le tueur, il mène son enquête à un rythme d'enfer jusqu'à le déclencher : l'enfer. Lectrices, lecteurs, ne manquez jamais de préservatifs...

Cela se déroule durant l'été le 14 juillet exactement et on ne connaît pas l'année mais on peut remarquer que c'est assez contemporain.

Écrit par Tito Topin, ce polar a été édité en 2006 par l'édition Gallimard.

 

L'auteur par lui-même

Tito Topin est né le 23 février 1932 à Casablanca, il a été graphiste scénariste et écrivain. Il s'est installé en Provence où il a écrit une vingtaine de romans inspirés de ses dessins. Il crée le personnage du commissaire Navarro à la télévision dont il a écrit et co-écrit 104 épisodes.

 

Le personnage principal de Sur un air de Navarro

Jacques Benchimoun dit Bentch est un flic qui aime et fait bien son travail. Mais il aime aussi profiter de la vie : en effet, il amène chaque semaine une fille différente au même hôtel sans se préoccuper de savoir si elle est mariée ou pas. Il ne mâche pas ses mots, a un franc parler et surtout il a plusieurs ennemis qui veulent se venger. Ce personnage est plutôt décrit du côté négatif car l'auteur montre qu'il n'est pas très fidèle.

 

Édition « Suite noire »

Cette édition est spécialisée dans les reprises de polar pour en faire une réécriture en quelque sorte. Et Sur un air de Navarro est une reprise du polar de Raymond Chandler Sur un air de navaja.

 

Avis personnel :

Je trouve que l'histoire en elle-même est bien réfléchie et travaillée mais l'intrigue et le suspense, à mon avis, ne durent pas assez longtemps. Cela ne nous fait pas assez réfléchir car il n'y a pas assez d'indices et cela manque surtout de rythme.

 

Anecdote

Tito Topin est le créateur et le scénariste de la célèbre série Navarro.

 

Kévin


 

 

 



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Le blog du groupe Littérature et société au lycée Rive Gauche à Toulouse ; des écrits, des images, des productions de toutes sortes pour répondre à la question : comment la littérature nous parle-t-elle de la société?

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