Elèves créateurs

Acte I, scène 1 par Alicia A et Solène C

Par elevesdewatteau - publié le mardi 1 juillet 2008 à 16:01 dans 07w5ème
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Jouer des scènes du "Médecin malgré lui"

Par Mme Otsmane - publié le mardi 1 juillet 2008 à 16:00 dans 07w5ème


Voici quelques vidéos prises lors des répétitions des élèves. Aucun enjeu, si ce n'est que de se prendre au jeu et d'essayer de faire vivre par corps et voix l'extrait qui leur plaisait le plus.

Les élèves ont travaillé chez eux, de manière autonome, avec les partenaires de leur choix. Ils n'avaient nullement à apprendre leur texte (même si certains, à force de le répéter, avaient fini par le connaître par coeur). D'ailleurs à cette époque, ils menaient de front les répétitions d'une pièce de théâtre qu'ils avaient écrite en anglais, avec Mme Petter ("Princess Alex", jouée à la salle des fêtes Emile Zola le 19 juin)

Je les remercie de s'être prêtés au jeu durant deux séances. Leur travail personnel m'avait agréablement surprise. Vu la verve de la plupart, je regrette atrocement d'avoir réduit ces expressions orales à des séances occasionnelles!
Je tiens également à remercier Mme Perrin qui a souvent fait répéter les élèves du groupe de soutien.

 

NB pour les élèves de 5ème E: Les autres vidéos viendront progresssivement, lorsque j'aurai résolu des problèmes d'importation de fichiers sur le site!!

Acte I, scène 5 par Madolia D, Caroline P et Inès K

Par elevesdewatteau - publié le mardi 1 juillet 2008 à 15:32 dans 07w5ème
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Acte I, scène 5 par Madolia D, Caroline P et Inès K (suite)

Par elevesdewatteau - publié le mardi 1 juillet 2008 à 15:31 dans 07w5ème
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Je n'ai pas eu le trac, mais une fois sur scène j'ai eu du mal à lire mon texte avec le livre. Je ne trouvais plus les lignes. Le mieux, c'est de l'apprendre par  pour être plus à l'aise avec le ton et les gestes sur scène. J'ai choisi cette scène car le jeu de scène était amusant et jouer un personnage saoûl c'était rigolo!!
Madolia

Au début j'avais le trac, je ne pouvais plus bouger mais il y avait mes amies donc c'était plus simple pour moi. En fin de compte, c'était plutôt sympathique.Par contre je ne savais plus trop où j'en étais avec les lignes du livre. J'ai choisi  cette scène parce que j'ai bienle jeu de scène.
Caroline


Dernière scène par Camille A, Amine O et Reyda K

Par elevesdewatteau - publié le mardi 1 juillet 2008 à 15:00 dans 07w5ème
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J' ai trouvé cette scène très bien même si je n'avais pas beaucoup de répliques. Sinon, Amine et Camille ont bien joué. Nous avions quelques fous- rires mais nous nous sommes repris.
Reyda

Au début je me sentais un peu stressée, j'avais la sensation que mon visage était chaud, je l'imaginais bien tout rouge. Mais après une fois que je commençais à jouer mon texte, je me suis sentie mieux. J'ai réellement eu un énorme fou-rire à cause de la voix d'Amine à un certain moment de la pièce, c'était vraiment très drôle. Au départ j'avais pensé que cette scène serait un peu ennuyeuse, mais elle s'est révélée beaucoup plus intéressante que je ne le pensais.

Camille

J'étais vraiment à l'aise et sûr de moi. J'ai pris une bonne voix et mes partenaires ont vraiment bien joué malgré nos fous-rires... Mais après deux essais, cela allait bien mieux donc je suis content de mon travail =).

Amine

Ecrire un fabliau

Par Mme Otsmane - publié le mardi 17 juin 2008 à 08:30 dans 07w5ème

Voici peut-être le travail d'écriture que les élèves de la 5ème E ont le plus apprécié.

Nous avions étudié une demi-douzaine de fabliaux (dont La Vieille qui graissa la paume du chevalier, Le Vilain qui voulait donner ses bœufs au loup, Brunain et Blérain, Les Perdrix) pour déterminer la structure du fabliau ainsi que ses visées comiques et satiriques. La Vieille qui graissa la paume du chevalier avait donné l'occasion de travailler sur les expressions à double-sens du Moyen Age jusqu'à nos jours.

Le travail d'écriture consistait à produire un fabliau en faisant reposer le ressort comique sur un quiproquo issu d'une expression à double sens.

 Ce travail d'écriture a été filé sur plusieurs séances :

(1)  choisir une expression à double-sens et réaliser le schéma actantiel du fabliau 

(2)  rédiger une introduction destinée à capter l'attention des auditeurs/lecteurs

(3)  rédiger le corps du fabliau en faisant alterner discours direct et discours indirect

(4)  opter pour une morale vraisemblable ou une morale postiche et la rédiger

(5)  à la maison (durant les vacances de février): présenter son fabliau à la manière d'un manuscrit ancien (enluminures, lettrines gothiques)

A l'issue de chaque étape, les productions étaient corrigées et donnaient lieu en début de séance suivante à une remédiation. Elles ont de plus été séparées par des séances de lecture et de langue.

            Les élèves ont choisi l'expression à double-sens qui les inspirait le plus : nombreuses sont celles qui proviennent du langage familier et qui peut-être détonnent avec le contexte du Moyen Age. De même certains aspects sociaux évoqués ne respectent pas la réalité de l'époque. L'essentiel était que les élèves trouvent leur plaisir à rédiger leur fabliau.

            J'ai été très amusée de constater que certains élèves avaient instinctivement perçu le caractère plutôt leste des fabliaux alors que les traductions proposées étaient adaptées à leur niveau. « Le Prévôt qui cherchait la petite bête », « La Vieille qui ramenait sa fraise » et « Le Seigneur qui aimait se rincer l'œil » sont des exemples malicieux de cette appropriation instinctive de la veine grivoise.


Vouloir décrocher la lune par Sarah R.

Ecrire un fabliau (février 2008)

Par elevesdewatteau - publié le mardi 17 juin 2008 à 08:28 dans 07w5ème

Reyda K

 Le prévôt qui cherchait la petite bête

             Damoiselles, damoiseaux je vais vous conter l'histoire d'une vilaine pour vous amuser.

Cette vilaine n'avait que des problèmes car elle cherchait querelle à tout le monde. La seule personne qui savait comment éviter les problèmes avec elle était sa voisine Germaine.

Un jour, le prévôt demanda conseil à Germaine car il voulait savoir comment se faire respecter de la vilaine. Germaine répondit :

« Seigneur prévôt, si vous ne voulez plus avoir de problèmes avec ma voisine, cherchez-lui constamment la petite bête. Ainsi, elle comprendra à qui elle a affaire et vous laissera tranquille pour de bon ».

Alors, le prévôt rentra chez lui et la voisine retourna à ses tâches ménagères.

Le surlendemain, le prévôt décida d'entrer chez la vilaine par effraction afin de lui chercher la petite bête : il entra, l'empoigna par surprise et la dévêtit. Il ne trouva aucune bête, même petite. La vilaine hurla et ameuta toute la bourgade. Ce fut un scandale général. Le prévôt eut des problèmes toute sa vie.

            La morale est qu'il faut toujours réfléchir avant d'agir.

 

 

Caroline P.

             Oyez, oyez ! Je vais vous raconter l ‘histoire d'une vilaine qui voulait aider son amie.

L'amie de la vilaine, nommée Jeannette, avait perdu sa chaumière lors d'un incendie. La vilaine alla conter  au boucher la mésaventure de son amie. Il lui répondit :

« Si Jeannette est ton amie, tu ne peux pas la laisser ainsi. Rends-toi utile, va lui donner un coup de pouce ! »

Alors, la vilaine se rendit auprès de Jeannette. Dès qu'elle la vit, elle lui donna un coup de pouce sur la tête. L'époux de Jeannette très en colère secoua la vilaine : « Tu es folle ! Que fais-tu ? ».

La vilaine rentra chez elle en pleurant quand elle croisa le boulanger.

« Que t'arrive-t-il ?, demanda cet ami.

-Je me suis fait brusquer par Jean, l'époux de Jeannette, répondit-elle en reniflant.

-Pourquoi a-t-il fait cela ?

-J'ai donné un coup de pouce sur la tête de Jeannette et il m'a sauté dessus ! »

A ces mots, le boulanger éclata de rire :

« Mais donner un coup de pouce, c'est aider quelqu'un et non le frapper !

-Ah, d'accord ! Je vais de ce pas m'excuser ! », s'écria la vilaine qui comprenait à présent son tort.

A son arrivée sur les lieux de l'incendie, elle se mit à travailler d'arrache-pied pour aider le couple à reconstruire  la chaumière.

            Il faut toujours pardonner les bêtises de nos amis quand ils cherchent à nous faire du bien.

 

 Avoir la tête dans les nuages par Madolia D.

Paul B

             Je vais vous raconter l'histoire de John Smith, patriarche d'un village qui s'était fait voler un troupeau de vaches.

            Ce jour-là, les vachers avaient été retrouvés assommés. Les hommes du village partirent immédiatement à la poursuite des brigands qui furent rapidement localisés. Mais ils étaient trop nombreux pour les villageois peu armés. Le patriarche du village partit à la ville demander assistance au prévôt. Mais celui-ci refusa :

« Vieillard, si vous aviez ne serait-ce que surveillé vos vaches, rien de tout cela ne serait arrivé ».

Il lui fit comprendre là-dessus que l'entretien était terminé. De retour au village, John Smith, triste et abattu, raconta ce que le prévôt peu scrupuleux lui avait répondu. Après un conseil du village, on décida d'aller quérir Sire Toyons.

Le chevalier reçut le vieil homme avec on ne peut plus de courtoisie. Après l'avoir écouté, Sire Toyons lui répondit :

« Il faut prendre le taureau par les cornes : je vous envoie des hommes d'armes pour vous aider ! »

Le vieillard repartit à la tête d'une petite troupe de dix hommes. Arrivé à l'endroit où les brigands gardaient le troupeau, le vieillard se dirigea tout droit vers l'enclos provisoire et saisit le taureau par les cornes. L'animal s'énerva et envoya le vieillard contre un arbre. Les brigands restèrent sidérés par ce spectacle. C'est alors que les hommes d'armes de Sire Toyons attaquèrent. Ils firent merveille : les brigands s'enfuirent en un rien de temps à travers les bois.

            En retournant au village, John Smith, bien que meurtri, fut fêté en héros.

            « Les gens seuls ne font que rarement de grandes choses. Nombreux, renverser des tyrans devient chose facile. »

 

 

Tomber dans les pommes par Madolia D.

Solène C

Je vais vous raconter l'histoire d'un seigneur nommé Lavoilière. Ce Seigneur n'avit aucune autorité sur ses serviteurs et vassaux. Même son chien ne lui obéissait pas, seule, sa Dame l'écoutait.

Le seigneur Lavoilière avait peur qu'un jour ses chevaliers se retournent contre lui ; alors il demanda conseil à sa Dame. Elle lui répondit qu'il n'avait qu'à ramener sa fraise plus souvent. Le seigneur se dit que c'était une manière bien étrange pour se faire obéir mais décida de garder cette méthode en cas de grand besoin.

Le soir même, à la fin du repas, il eut envie d'une coupe de cidre. Il héla un serviteur :

« Jeune homme, que l'on m'apporte de quoi m'abreuver !

-Vous n'avez qu'à aller chercher de quoi vous abreuver par vous-même, rétorqua le serviteur.

-Mais enfin, je ne vous permets pas de me répondre !

-Fi donc ! », coupa l'insolent serviteur.

Alors notre pauvre seigneur se tut. Il alla voir la cuisinière et lui demanda une fraise. Cette dernière lui en donna une, très étonnée. Le seigneur se rendit dans la cour où il rassembla tous ses serviteurs et vassaux. Il tendit alors sa fraise. Tout le monde se demandait ce qu'il faisait et le dévisageait d'un air moqueur. Mais lui défia tous les regards en criant :

« Je ramène ma fraise ! Obéissez-moi tous ! »

Tout le monde se mit à rire en se moquant du pauvre Lavoilière qui ne comprenait rien à ce qui se passait. Il rentra dans son château pour réprimander sa Dame :

« Tu m'as menti ! »

Elle lui répondit :

« Mais non, enfin ! Tu ne comprends rien ! Quand je t'ai conseillé de ramener ta fraise, cela voulait dire qu'il fallait que tu parles sans attendre ton tour, que tu t'imposes ! »

Alors Lavoilière tout honteux s'excusa.

Désormais, à chaque occasion, il ramenait sa fraise et obtenait toujours le dernier mot. Depuis tous ses serviteurs et même son chien lui obéissaient.

            Avant de reprendre une personne sur ce qu'elle dit, demandez vous toujours si vous avez bien compris ce qu'elle voulait dire.

 

           

Amaury F

            Je vais vous raconter l'histoire du seigneur Jumaury Faumias qui allait se marier.

Il avait trouvé pour la noble pucelle qu'il aimait la plus belle bague de fiançailles de son comté. Mais son rival, le seigneur voisin, réussit à lui voler la bague car il avait été depuis toujours amoureux de la promise du seigneur Jumaury. Ce dernier discuta avec son conseiller qui lui conseilla d'aller trouver Perlin, le mage fou.

Jumaury alla donc le voir et lui demanda conseil. Perlin lui répondit :

« Dévorez tous les livres de ma bibliothèque et vous apprendrez comment récupérer la bague ! »

Jumaury se mit alors à manger les livres un par un. Perlin était trop occupé par ses potions pour voir ce que faisait Jumaury. Lorsque celui-ci lui fit remarquer qu'il avait terminé ce repas spécial, Perlin se retourna et s'écria :

« Malheureux, qu'as-tu fait ?! » Puis, il se calma et ajouta : « Je vais te donner la bague mais ne remets plus jamais les pieds ici, tu es un bien trop piètre disciple ! » Le mage formula une incantation et un aigle apparut tenant la bague dans ses serres. Jumaury put se marier le lendemain.

            Si vous avez un problème, dévorez un livre et il sera résolu.



 Dévorer un livre par Sarah R.

 

Claire G

            Oyez, oyez ! Je vais vous conter, pour vous amuser, l'histoire d'un beau damoiseau pourtant bien sot qui cherchait à obtenir la main de sa belle.

Roland du Payotin, car tel était son nom, soupirait pour Jeanne de Lavoilière. Mais le père de cette dernière était fort cupide. Aussi, quand le jeune homme lui demanda la main de sa belle, De Lavoilière lui réclama la somme mirobolante de dix mille écus. Le jeune homme abattu sortit du château la mine bien basse. Un serviteur lui demanda la raison de sa tristesse. Roland lui raconta ses malheurs. Le serviteur lui dit :

« Ecoutez-moi bien : j'ai entendu dire qu'à Paris, il y avait un puissant seigneur qui avait le cœur sur la main : il vous aidera sûrement ! ».

Après l'avoir remercié avec de bons deniers, Roland sella son cheval puis partit vers Paris. Il fit le tour de la capitale, s'arrêtant chez tous les seigneurs puis repartant sans même leur adresser la parole. A chaque fois, il réclamait une audience : quand il était reçu dans la grande salle, il s'avançait vers le seigneur et lui prenait la main. A chaque fois, il soupirait puis s'en allait. Jusqu'au jour où l'un des seigneurs, étonné, l'interpella :

« Ne partez point jeune homme ! que cherchiez vous dans ma main ?

-Je cherchais votre cœur, répondit Roland.

-Mon cœur ?, s'écria le seigneur de plus en plus étonné.

-Oui, pour épouser celle que j'aime, je dois rapporter une somme importante. On m'a conseillé d'aller trouver un seigneur à Paris qui avait le cœur sur la main ».

Le seigneur éclata de rire.

« Celui qui t'as conseillé cela entendait tout autre chose, mais comme tu m'as bien amusé, je te la donne cette somme ! »

Et le seigneur lui donna dix mille écus. Roland rentra chez lui et épousa son aimée.

 

 

Alicia A

 Je vais vous conter l'histoire d'une noble pucelle qui avait été invitée au bal par un damoiseau de la région.

Cette noble ne tenait pas à se rendre à cette invitation. Elle décide de demander conseil à sa sœur aînée : Juliette. Elle frappa deux fois à la porte et entra dans sa chambre. Sa sœur se tenait assise devant sa console.

« Cher sœur, dit-elle d'une petite voix, j'ai besoin de votre aide car me voilà dans l'embarras. Le damoiseau le plus riche de la région me convie au bal ce soir et je n'ai point envie de m'y rendre».

Sa sœur la prit par la main et lui dit :

« Lauraine, tu n'es pas obligée de t'y rendre. Tu n'as qu'à lui poser un lapin ».

La pucelle remercia chaleureusement sa sœur et se décida à appliquer son conseil. Elle envoya un page dans une ferme voisine. Quand il revint avec un lapin, elle ordonna à son courrier d'apporter ce lapin au sieur de Fiehlong.

Le lendemain, elle reçut une lettre accompagnée de deux lapins ! Voici ce que contenait cette lettre :

« Chère Lauraine, je suppose que m'offrir cet animal est signe que je vous plais. Vous ne pouviez point vous rendre au bal et c'est ainsi que vous vouliez vous excuser. Je vous envoie à mon tour deux lapins pour vous montrer combien je vous suis attaché. Mes plus plates excuses, le sieur Fiehlong ».

La pucelle satisfaite envoya une lettre à sa sœur pour la remercier de son aide. Elle se rappela toute sa vie que pour ne pas se rendre à un rendez-vous le lapin porte bonheur.

            Les conseils des plus grands que soit s'avèrent toujours utiles même si parfois on peut mal les appliquer, telle est la morale que ce fabliau voulait vous présenter.

 

Inès K

     Je vais vous raconter l'histoire de deux amis rongeurs qui s'est passée il y a bien longtemps. Leur nom étant peu commun, je vais vous les citer : Boule de Poil et Boule de Graisse.

Boule de Poil et son ami désiraient se rendre à la grande fête traditionnelle organisée par la reine des rongeurs. Seulement, pour pouvoir participer à cette fête, il fallait être tiré à quatre épingles. Boule de Graisse informa son ami de cette condition mais Boule de Poil préféra l'ignorer : ils se rendirent donc tous deux à la fête, revêtus de leur tenue de travail qui, à leurs yeux, était gracieuse et scintillante.

Quand ils arrivèrent devant la porte du palais, ils remarquèrent qu'un garde en surveillait l'entrée. Boule de Graisse murmura :

« Je t'avais prévenu ! Nous ne sommes pas tirés à quatre épingles : on ne nous laissera pas entrer. » Ils s'approchèrent du garde, un dénommé Boule de Muscles, qui était paré de toute son armure : l'heaume, le haubert, l'écu, l'épée et même les éperons ! Les deux amis lui demandèrent :

« Noble Boule de Muscles, nous sommes venus assister à la soirée donnée par la reine, laissez-nous entrer ». Mais le garde leur fit remarquer qu'ils n'étaient pas tirés à quatre épingles ; il les renvoya donc.

Boule de Poil revint plus tard, tiré à quatre épingles : deux en haut, deux en bas. Boule de Graisse avait fait de même. Le garde les vit arriver et éclata de rire :

« Ha, ha, sacrés farceurs ! Apprenez donc à ne pas prendre les expressions au pied de la lettre. Rentrez chez vous et oubliez cette soirée ! »

Hommes ou animaux, ce fabliau vous apprendra qu'il ne sert à rien de vouloir fréquenter des gens trop différents : même si vous vous conformez à leur sept volontés, ils ne vont accepteront pas !

Etre tiré à quatre épingles par Inès K

 

Joséphine A

             Je vais vous raconter l'histoire de Gérald le vilain et de sa femme Yvette qui devaient partir en terre anglaise pour leur voyage de noces. Mais la mère d'Yvette, Gertrude, s'opposait à ce voyage car elle craignait que sa fille trompe son époux avec les hommes du navire. Gérald en revanche ne comprit pas la bonne intention de sa belle-mère. Comme il ne voulait pas renoncer à ce voyage, il lui proposa hypocritement de l'emmener.

Une fois à bord, la mère d'Yvette voulut mettre en garde son gendre :

« Merci de m'avoir emmenée petit paysan ! Mais prenez garde, votre femme vous pouvez la perdre car… ». Gérald ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase : il jeta Gertrude à la mer pour se débarrasser d'elle.

Yvette applaudit son mari :

« Merci mon chéri ! Enfin débarrassés de la vieille ! »

Ils arrivèrent en terre anglaise. Gérald était heureux d'être arrivé à destination et Yvette s'en était donné à cœur joie durant la croisière. Tout le monde était content.

            La morale est qu'il faut éviter de ramener sa fraise, surtout quand on est vieille.

 

Amine O

 Je vais vous conter l'histoire d'une pucelle et d'un seigneur pervers.

La jeune damoiselle vivait dans un petit lotis. Elle avait perdu son travail de serveuse dans une taverne. Elle finit par s'endetter par la suite. Un jour, le prévôt vint pour prélever l'impôt, or la damoiselle n'avait pas un sou. Le prévôt fut impassible :

« Puisque tu ne peux pas payer, je vais te prendre tes objets de valeur. Je te laisse encore un délai de sept jours. Si tu ne paies pas ce que tu dois, je te jetterai au cachot ».

Quand le prévôt fut parti, la jeune fille sombra dans le désespoir. Elle se demandait si elle n'allait pas quitter ce monde quand quelqu'un frappa à la porte : c'était Ginzo, le maître ruiné de l'ancienne taverne. Elle lui fit part de la menace du prévôt. Ginzo l'écouta puis lui tint à peu près ce langage :

« Va voir le seigneur Zadamine Abedee, il est très riche. J'ai entendu dire que si une jeune damoiselle lui permettait de se rincer l'œil, il lui donnait une très grande somme d'argent ».

La jeune damoiselle prit son courage à deux mains et se rendit sur les terres de ce seigneur. Elle avait pris un pot dans sa besace. Sur le chemin, elle aperçut une rivière, alors elle prit son pot et le remplit d'eau. Arrivée au château, elle se fit conduire dans la chambre du seigneur. Il dormait. Elle s'approcha de lui et lui versa le contenu du pot sur la figure. Le seigneur se réveilla en sursaut.

« Pourquoi fais-tu cela ?, s'exclama-t-il.

-On m'a dit de vous rincer l'œil !

-Mais celui qui t'a rapporté ce conseil entendait tout autre chose. Commence par te dévêtir !

-Mais vous êtes un pervers ! »

Comme le seigneur s'apprêtait à lui forcer la main, elle saisit une dague qui était posée sur la table du chevet et le frappa. Les serviteurs du château furent heureux d'être débarrassés d'un tel maître. Ils protégèrent la damoiselle des mains de la justice et lui permirent de s'emparer de toutes les richesses qu'elle désirait.

 Se rincer l'œil pour satisfaire des désirs peu honnêtes n'est pas la meilleure des choses : mieux vaut aller se le rincer dans une rivière.

La Farandole des fabliaux

Par elevesdewatteau - publié le mardi 17 juin 2008 à 08:21 dans 07w5ème

Voici en images les fabliaux ornementés par les élèves.

Ils avaient pour consignes de respecter la disposition en colonnes des manuscrits médiévaux, de produire une enluminure et d'utiliser des lettrines gothiques en début de paragraphe.




 
Séverine A




 

Madolia D



 

Yannis A






Caroline P







Solène C






Paul B






Reyda K




Nathan H




Claire G






Naouelle H



Camille A






Inès K.






Sarah R






Thierry de R

Transposer "Le Vilain mire" en pièce de théâtre

Par Mme Otsmane - publié le mardi 10 juin 2008 à 16:39 dans 07w5ème

Deux séquences ont précédé l'étude du Médecin malgré lui de Molière : une sur les fabliaux et l'autre sur les textes parodiques du Moyen Age à la Renaissance. Les élèves ont ainsi pu se familiariser avec le personnel des fabliaux, les ressorts du comique et le vocabulaire du Moyen Age.

Il est courant d'étudier conjointement le Médecin malgré lui et le fabliau anonyme ayant inspiré Molière : le Vilain Mire (« le paysan devenu médecin »). La transposition en pièce de théâtre s'est effectuée en fin de séquence : les élèves ont lu le Vilain Mire puis la pièce de Molière, qu'ils ont également visionnée dans la mise en scène de Jean Meyer et Georges Folgoas (elle date de 1966... je n'ai pas réussi à trouver de mises en scènes plus récentes éditées en DVD...)

             Certains passages du Médecin malgré lui ont également été lus à haute voix (voir dans la rubrique « Mises en voix »)

 

Le travail de réécriture aura demandé trois séances :

-une où les élèves ont découpé collectivement le fabliau en actes et en scènes

-une seconde où chaque élève s'est vu attribué au hasard une scène à rédiger

-une troisième pour améliorer le premier jet.

 

Le découpage en actes du fabliau ne répond pas aux critères classiques : dans cette pièce composée par les élèves, les actes changent dès qu'il y a un bond dans le temps. Les scènes changent à chaque entrée ou sortie d'un personnage.

Le texte sur lequel se sont appuyés les élèves est visible sur: multamedia.free.fr/IMG/Les_Fabliaux_du_Moyen-Age.pdf



Le Vilain Mire par Madolia D.

 

"Le Vilain mire" transposé en pièce de théâtre

Par elevesdewatteau - publié le mardi 10 juin 2008 à 16:28 dans 07w5ème

 

Le Vilain mire

 

transposé en pièce de théâtre

 

Par les élèves de 5ème E

Comédie achevée en mai 2008

En attente de représentation

 

PERSONNAGES

LE VILAIN

LA JEUNE FEMME

LE CHEVALIER VEUF

LE ROI

LA PRINCESSE

LE SERGENT

LES MESSAGERS DU ROI

LES PAGES

LES AMIS DU VILAIN

LES MALADES DU ROYAUME

 

 

   

ACTE PREMIER

 

Scène première
 (LE VILAIN, LES AMIS DU VILAIN)

 Au logis du vilain

 

LES AMIS : Holà !Bonjour cher compère !

LE VILAIN, tristement : Bonjour…

LES AMIS : Que nous vaut un accueil si peu joyeux ?

LE VILAIN : Je me sens trop seul, je n'ai pas de petite femme pour me tenir compagnie…

LES AMIS : Eh bien, ne vous tracassez plus ! Nous allons vous arranger cela. Quel genre de femme vous conviendrait ?

LE VILAIN, balayant la question d'un geste: Je ne sais point ! Je m'y connais en bovins et pourceaux, mais je ne m'y connais pas en femmes. Vous vous êtes proposés de m'aider, non ?

LES AMIS: Oui, mais...

LE VILAIN, coupant court et en détachant chaque syllabe : Alors, trouvez-la moi !

 

 

Scène 2

(LES AMIS DU VILAIN, LE CHEVALIER VEUF)

Dans le manoir en ruine du chevalier veuf

 

LES AMIS : Ayant ouï dire que vous cherchiez un bon parti pour votre fille, nous sommes venus vous proposer un bel homme, besogneux, très riche en or, en argent et en beau linge.

LE CHEVALIER VEUF, regardant en l'air : Mmm… très bien. Prenez un siège je vous prie et traitons de cette affaire.

UN AMI, chuchotant dans l'oreille de l'autre : Enfin ! J'avais mal au pied… (Haut, au chevalier) Votre courtoisie nous honore, Seigneur !

LE CHEVALIER VEUF : Bien ! Vous disiez donc que votre ami était riche ?

LES AMIS : Certes mon seigneur ! Riche en or, en argent et en beau linge.

LE CHEVALIER VEUF, à part: Etant donné mon peu de fortune, ma fille aura toujours une meilleure vie en convolant avec ce paysan fortuné que celle que je lui donne.

LES AMIS : Et bien, sire ?

LE CHEVALIER VEUF : Soit ! J'accepte votre offre. L'union se célèbrera dans les prochains jours.

UN AMI, chuchotant dans l'oreille de l'autre: Je t'avais bien dit que le vieux pingre accepterait ! (Haut, au chevalier) Nous sommes charmés d'ouïr une si bonne nouvelle ! Nous courons l'annoncer de ce pas à l'heureux élu.

  

Scène 3

(LA JEUNE FEMME) 

Dans sa chambre

 

LA JEUNE FEMME, se lamentant: Quelle idée saugrenue est venue se loger dans la tête de mon pauvre père ? Me donner à un vilain ! C'est tout de même s'abaisser à un rang qui n'est pas celui d'une noble ! (Poussant un soupir d'impuissance) Oui, mais… Que puis-je faire contre la volonté de mon père ? Ma voix ne vaut rien contre la sienne ! Si ma mère était encore de ce monde, elle n'aurait jamais accepté de souiller notre lignée comme cela ! Elle l'aurait défendu : elle était si forte, si résolue ! (Se mettant à pleurer) Je ne suis pas comme elle, je suis si faible et je n'ai pas le choix… (Séchant ses larmes mais toujours abattue) Que Dieu me préserve !

 

 

Acte II

 

Deux semaines après

 

Scène 1

(LE VILAIN, seul)

Devant sa ferme

 

LE VILAIN, très contrarié, tournant comme un lion en cage: Ai-je commis une erreur en épousant ainsi une fille de chevalier ? Il faut bien que je continue de travailler aux champs si je veux rester riche… Mais en même temps, je ne veux pas prendre le risque qu'elle ouvre ma porte au premier jouvenceau venu dès que j'aurai le dos tourné ! Quel piège, le mariage ! (Soudain résolu) Je suis marié certes, mais je peux me défendre d'avance contre tout ce qu'elle pourrait faire ! Si je la bats tous les matins, elle pleurera tellement toute la journée pendant que je serai aux champs qu'elle ne pensera même plus à écouter celui qui voudrait lui conter fleurette… Et tous les soirs je la consolerai et lui demanderai pardon !

 

Scène 2

(LE VILAIN, LA JEUNE FEMME)

 Au logis

 

LE VILAIN : Ah, on a bien mangé !

LA JEUNE FEMME : N'avez vous pas trouvé le pain trop cuit mon ami ?

LE VILAIN : Nenni ! Et les œufs étaient divinement bons ! Merci ma mie de ce sublime repas.

LA JEUNE FEMME, se levant: Bien, je débarrasse la table.

LE VILAIN, se levant aussi: Prends ceci avant de débarrasser !

(Il lui allonge de sa grosse main une gifle qui laisse la trace des doigts) 

LA JEUNE FEMME, se tenant la main sur la joue et sanglotant : Mais que vous arrive-t-il ? Vous me faites mal !

LE VILAIN, la saisissant par les cheveux: Ce n'était qu'un amuse-bouche. Tiens à présent le plat de résistance ! (Il la bat de toutes ses forces) Bon, je cours aux champs. Tu peux débarrasser la table à présent.

 

 

Scène 3

(LA JEUNE FEMME, seule)

 

LA JEUNE FEMME, se tenant la tête entre les mains et pleurant: Pourquoi ai-je accepté ce mariage ? Je savais pourtant que les paysans étaient des personnes rustres, sans manières, mais je ne pensais pas qu'ils battaient leurs femmes. Pourquoi ai-je cédé à mon père ? Ma mère m'avait pourtant prévenue! (Se levant et répétant ce que sa mère lui disait) « Ne te laisse jamais faire par ton père, il serait capable de te marier à un lépreux, si celui-ci possédait quelques sous » (Se rasseyant) Comment aurais-je pu me douter qu'elle disait vrai ? Elle n'avait que trop raison : mon père m'a vendue à un bourreau sans cœur ! (Se relevant et commençant à faire les cent pas) Et maintenant que ce vilain m'a battue, que va-t-il me faire ? M'assoiffer ? M'affamer ? (Se rasseyant, effondrée) Oh, quel malheur ! S'il continue à me frapper comme cela il va me tuer ! En disant oui à ce vilain, j'ai dit oui à la mort ! Oh, pourquoi ai-je accepté ce mariage ?…

 

 

Scène 4

(LE VILAIN, LA JEUNE FEMME)

Au logis

 

LE VILAIN, agenouillé aux pieds de sa femme: Ma femme, je m'excuse de tout mon cœur du tort que je vous ai fait. Je sais que mes gestes vous ont gravement peinée et même moi je n'arrive pas à comprendre comment j'ai pu accomplir un acte aussi ignoble. Je ne sais ce que je puis faire pour réparer ma faute, si c'est réparable. (Lui prenant la main) Je vous en prie, dites-moi un mot, accordez-moi un geste ! (Lui serrant la main plus fortement) Maintenant, je comprendrai parfaitement que vous souhaiteriez que je m'en aille… Mais je vous aime, je vous en supplie ma douce femme, pardonnez-moi ! Je vous promets que je ne recommencerai plus cet acte monstrueux !

LA JEUNE FEMME : Je ne sais pas si je pourrais un jour oublier vos actes si injustes et impardonnables… Mais je vous laisse une dernière chance, pas une de plus. (Elle lui tend son autre main) Alors, ne me décevez pas.

LE VILAIN (sautant de joie) : Merci ma douce femme ! Je redeviendrai aussi doux que l'agneau !

 

 

ACTE III

 

Quelques semaines plus tard

 

Scène 1

(LA FEMME, seule)

A la porte du logis

 

LA JEUNE FEMME, accablée: Pas possible ! Il ne sait pas ce que c'est que d'être battue ! S'il savait ce que c'est, il n'agirait pas en pareille brute ! (Crispant les poings) C'est une question de vie ou de mort, je vais me venger ! Me venger de tous ces coups de bâtons non mérités ! Il faut que cette violence cesse ! (Joignant les mains) Que Dieu m'apporte quelque consolation ou alors quelque lumière pour me tirer de cette atroce situation ! Mais j'entends des voix, séchons vite nos larmes !

 

 

Scène 2

(LA JEUNE FEMME, LES MESSAGERS DU ROI)

A la porte du logis

 

1ER MESSAGER : Je suis épuisé mon ami. Voyez cette paysanne, peut-être pourrons-nous lui demander à se restaurer chez elle ?

2ème MESSAGER, s'adressant à la jeune femme: Oyez, paysanne ! Pourriez-vous nous offrir quelque rafraîchissement ? Mon compagnon et moi-même sommes épuisés par notre voyage, et notre route est encore longue !

LA JEUNE FEMME : Volontiers, messires. Voici du pain, du fromage et du vin. D'où êtes-vous donc, si je puis savoir ? Vous cherchez quelque chose ?

2ème MESSAGER, se servant du vin :Le roi nous envoie chercher un médecin, nous devons passer en Angleterre.

LA JEUNE FEMME, l'air surprise: Pourquoi en Angleterre ?

1ER  MESSAGER, la bouche pleine: Il nous faut trouver un très grand médecin car la fille de notre roi est malade. (Avalant tout d'un coup) Une arête de poisson lui barre et lui bouche le gosier. Le roi nous a comm…

LA JEUNE FEMME, l'interrompant et lui posant la main sur l'épaule: Les bons médecins ne sont pas tous au loin ! Mon mari s'y connaît pour les humeurs : je le crois même aussi savant qu' Hippocrate !

2ème MESSAGER, lâchant sa coupe de vin: Vous voulez rire !

LA JEUNE FEMME, prenant un ton grave: Oh ! non, je n'ai guère le cœur à rire…(Se levant de table et arpentant la pièce) Mais je vous préviens : il est fait de telle sorte qu'on obtient rien de lui si on ne le bat pas.

LES MESSAGERS, se levant à leur tour, abasourdis: Vous dites ?

LA JEUNE FEMME, se rapprochant d'eux comme pour confier un secret: Ce que j'ai dit, il faut le battre pour qu'il accepte de vous soigner.

1er MESSAGER : Comme c'est curieux !

LA JEUNE FEMME : C'est curieux mais c'est tout de même commode : il guérit fort bien quand il a été battu.

2ème MESSAGER : Bon…

1er  MESSAGER : Soit…

2ème MESSAGER : On n'oubliera pas ! (Se dirigeant vers la porte) Vous pouvez nous dire où il est à cette heure-ci ?

LA JEUNE FEMME, en tendant le bras vers un chemin: C'est par ce sentier… Et surtout, n'oubliez pas de le battre !

 

 

Scène 3

(LE VILAIN , LES MESSAGERS)

Aux champs

 

1er  MESSAGER : Bonjour monsieur ! Seriez-vous ce fameux maître dont on vante les mérites dans toute la région ?

LE VILAIN : Il est vrai que je bats le blé mieux que personne.

2ème MESSAGER, bas, à l'autre: C'est un original, elle nous avait prévenus. (Haut) Veuillez nous suivre s'il vous plaît.

LE VILAIN : Pour quoi faire ?

1er  MESSAGER : Pour faire le médecin.

LE VILAIN : Pour quoi faire ?

2ème MESSAGER : Le roi a besoin de vos talents et nous sommes venus vous chercher.

LE VILAIN, s'impatientant: Vous êtes fous, je ne suis pas médecin ! Laissez-moi travailler en paix !

1er  MESSAGER : Arrêtez de nier et veuillez-nous suivre s'il vous plaît.

LE VILAIN, croisant les bras: Et s'il ne me plaît pas ? Je me refuse à vous suivre.

LES MESSAGERS, entre eux, à voix basse: Il nous faut hélas nous résoudre à le battre. Allons-y !

(Ils prennent chacun un bâton et ils le battent de haut en bas, de bas en haut, jusque par-dessus les oreilles et par dessous le bas du dos)

LE VILAIN : Ah ! Ah ! Soit ! Je vous suis où vous voulez ! Je suis médecin si vous le souhaitez et ne le suis pas si vous ne le souhaitez pas. (A part) Quand je pense à ce que j'ai pu faire subir à ma petite femme… Quelle honte !

 

(Ils sortent, le vilain entre les deux messagers et la tête basse)

 

 

ACTE IV

 

Scène 1

(LE VILAIN, LES MESSAGERS, LE ROI, LE SERGENT)

 

Dans la grande salle du palais

 

LES MESSAGERS : Sire, nous vous avons trouvé le médecin que vous cherchiez. Le plus fameux de tous !

LE ROI : Qu'il approche !

PREMIER MESSAGER, bas, au roi: Mais il est affligé d'un très grand défaut, c'est le plus paresseux de tous les hommes.

SECOND MESSAGER, bas, au roi: Mais à chaque problème, il y a une solution : si l'on bat notre homme de haut en bas et de gauche à droite, il révèle des dons admirables !

LE ROI : Jamais entendu parler d'un tel médecin, mais essayons. Qu'on me le batte !

LE SERGENT, s'avançant avec un bâton: A vos ordres !

LE ROI, arrêtant le sergent: Attendez ! Vous avez tout de même trop de hâte… Je vais d'abord lui offrir de le payer. (Se tournant vers le vilain, en lui tendant une bourse) Voici Maître : si vous le voulez, j'envoie chercher ma fille. Guérissez-la et vous en recevrez le double !

LE VILAIN : Sire, je vous jure et assure que je ne suis point médecin ! Il m'est impossible de guérir qui que ce soit !

LE ROI : Battez-le moi !

(Le sergent reprend son bâton et bat le vilain)

LE VILAIN : Ha, ha ! De grâce Sire, je suis médecin !  Le plus grand que vous voulez !

LE ROI, souriant et caressant sa barbe: A la bonne heure !

 

 

Scène 2

(LE VILAIN, LA PRINCESSE)

 

Dans la chambre de la fille du roi où brûle un grand feu commandé par le vilain

 

LE VILAIN, à part: Il faut que je la guérisse ou que je meurs ! Mieux vaut tout de même la guérir, essayer au moins. L'arête n'est pas dans le corps, elle est dans le gosier. Si donc j'arrive à faire rire la fille, l'arête remontera peut-être. (Se tournant vers la princesse) Regardez-moi princesse, regardez-moi bien ! C'est par ma vue que vous guérirez !

LA PRINCESSE, blême: J'espère bien grand Maître. Cela fait plus de huit jours que je ne puis ni boire ni manger.

LE VILAIN, faisant le fou autour du feu: Regardez-moi bien princesse ! Je suis le médecin bouffon !

LA PRINCESSE, s'esclaffant: Ha, ha ! Vous êtes hilarant !

LE VILAIN :Oui, c'est ainsi que vous guérirez, alors continuez à rire ! (Refaisant le fou autour du feu) Je suis le médecin bouffon !

LA PRINCESSE, riant à gorge déployée: Ha, ha, ha , ha ! (L'arête lui jaillit du gosier) Oh ! Elle est sortie ! Merci, vous m'avez guérie ! Vous êtes vraiment un grand médecin ! Mon père vous récompensera !

LE VILAIN, saisissant l'arête, fou de joie: Je cours annoncer la guérison à votre père le roi !

 

Scène 3

(LE VILAIN, LE ROI)

Dans la grande salle du Palais

 

LE VILAIN, tenant l'arête dans sa main: Sire, Sire ! Voici l'arête de votre fille… Je suis sauvé !

LE ROI, soulagé: Elle est guérie… Vous êtes un grand médecin : je vous garde en mon palais ! Vous aurez tout ce qu'il vous faut, je vous garan…

LE VILAIN, l'interrompant et se jetant à ses genoux: Non, Sire, je vous prie ! Je désire retourner chez moi !

LE ROI, catégorique: Non, Maître, je vous prie ! Je désire vous garder chez moi !

LE VILAIN : Mon travail m'attend, Sire ! Quand je suis parti, il n'y avait plus une once de farine chez nous ! Je devais porter le blé au moulin pour qu'il soit battu.

LE ROI : Pour être battu ? (Faisant signe au sergent tout en soupirant) Qu'on me le batte !

(Le sergent s'avance vers le vilain)

LE VILAIN : Grâce Sire ! Je reste !

LE ROI : A la bonne heure ! (Appelant ses valets) Qu'on me le rase, qu'on me le tonde et qu'on lui passe la robe rouge !

 

 

ACTE V

 

Trois jours plus tard

 

Scène 1

(LE VILAIN, LE ROI, LE SERGENT, LES MALADES)

Dans la grande salle du Palais

 

1er MALADE, agenouillé devant le trône du roi : Sire, de grâce ! Laissez-moi consulter votre grand médecin !

LE ROI : Vous le verrez, mais je vous prie de patienter avec la vingtaine de malades qui viennent de me réclamer la même faveur.

LES MALADES, en chœur : O grand Roi ! Laissez nous consulter votre illustre médecin !

LE ROI, à part : Comment contenter tout ce monde ? Même Hippocrate ne pourrait les guérir ! (S'adressant au vilain) Vous les entendez, Maître : prenez soin de ces gens là, je vous prie. Guérissez-les.

LE VILAIN, s'agenouillant, en écartant les bras : Grâce Sire ! Ils sont trop, je ne pourrai jamais tous les soigner !

Le ROI, en soupirant : Qu'on me le batte !

Le SERGENT, s'avançant vers le vilain : A vos ordres !

LE VILAIN, se relevant d'un bond : Grâce Sire, je vous les guérirai !

LE ROI : A la bonne heure ! Sachez, Maître, que si vous les guérissez tous, vous en serez fortement récompensé.

 

(Le roi et le sergent sortent)

 

Scène 2

(LE VILAIN, LES MALADES)

Un grand feu, commandé par le vilain, brûle

 

LE VILAIN : Par le Dieu qui m'a créé, je ne peux pas tous vous guérir ! La somme des maladies est bien trop grande et malheureusement vous n'êtes pas assez résistants !

LES MALADES, en chœur : Pitié, illustre médecin ! Guérissez-nous, guérissez-nous !

LE VILAIN, baissant la voix de manière à la rendre caverneuse : Voici donc ce que je vais faire : je brûlerai dans un immense feu le plus malade d'entre vous, et quand celui-ci sera brûlé en entier, tous les autres n'auront qu'à absorber un peu de ses cendres pour être purifiés et fortifiés.

(Les malades se regardent bouche bée)


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