Elèves créateurs

Raconter l'histoire de "Azur et Asmar"

Par Mme Otsmane - publié le jeudi 28 janvier 2010 à 16:21 dans 07w5ème
Avant de travailler sur le discours descriptif, il a été nécessaire de revoir le discours narratif. Nous nous sommes appuyés sur un support filmique pour déclencher le travail d'écriture.
L'œuvre a été choisie pour ses qualités narratives comme visuelles. De plus, elle permettait de travailler en lien avec le programme d'Histoire en abordant la culture islamique au Moyen Age.




Les élèves ont regardé le film de Michel Ocelot (2006) avec un questionnaire à l'appui leur permettant de reconstituer la progression narrative.
Ils ont ensuite travaillé par groupe de quatre pour rédiger la séquence narrative qui leur était attribuée.

Dans un deuxième temps, à l'aide du corpus de lectures faites en classe et de la documentation apportée par l'exposition sur les "Arts de l'Islam" de l'IMA, chaque élève a rédigé une description à partir d'un photogramme du film. Les lieux ou les personnages ainsi décrits individuellement ont été insérés dans la rédaction collective.

Raconter l'histoire de "Azur et Asmar"

Par elevesdemusselburgh - publié le jeudi 28 janvier 2010 à 16:01 dans 07w5ème
Il était une fois une nourrice nommée Jénane qui élevait deux enfants. L'un s'appelait Asmar, le fils de la nourrice aux yeux noirs et l'autre était Azur, le fils du châtelain aux yeux bleus. La nourrice les élevait équitablement et aimait Azur comme son fils.

Les années passaient et Azur devenait un jeune enfant resplendissant. Ses cheveux étaient courts et dorés comme les rayons du soleil. Mais l'attention était retenue par ses yeux vifs et étincelants d'un bleu presque insoutenable. Asmar, son frère de lait, était un jeune enfant curieux et fier. Lui était brun, avec des cheveux courts et ondulés, du même noir qui se reflète la nuit sur les ailes du corbeau. Ses yeux étaient d'un sombre profond. La jeune femme comblait les deux garçons d'une égalité parfaite. Pourtant, de temps en temps, survenaient quelques disputes :
-"Nourrice,  Asmar a eu une part plus grosse que la mienne ! gémissait Azur.
-C'est  faux, mère! C'est lui qui a eu la plus grosse part ! le contredisait Asmar.
-Allons, allons mes fils : vos parts sont tout à fait égales," déclarait la nourrice en calmant les deux enfants.
Tous les  jours, elle leur racontait l'histoire de la fée des Djinns qui était de l'autre côté de la mer, enfermée dans une prison en verre. Seul un prince vaillant pouvait la délivrer.


Les deux enfants chantaient souvent en arabe la comptine qu'elle leur avait apprise sur cette légende.

Un jour, le châtelain décida subitement d'enlever Azur à sa nourrice pour qu'il devienne un vrai noble. C'était un homme froid qui ne souriait jamais. Son visage émacié s'accordait avec son regard éteint. Il avait pourtant une belle voix grave et se déplaçait avec majesté.

Il décida que désormais Azur aurait une chambre pour lui tout seul et qu'il porterait un habit qui conviendrait à sa naissance noble. Dès le lendemain, Azur dut se plier à l'éducation d'un futur chevalier courtois. Il portait désormais un élégant pourpoint d'une blancheur éblouissante avec des chausses bleues. Il devait pratiquer l'équitation comme la danse. Confronté à cette nouvelle vie, Azur souffrait.

Il effectuait les exercices demandés sans enthousiasme. D'un œil attentif et discret, Asmar profitait des leçons perché sur le muret ou sur un arbre. Le plus noble des deux n'était pas Azur avec ses vêtements riches mais Asmar avec sa simple tunique.

Les deux garçons continuaient à se voir en cachette mais se disputaient encore.
Ainsi un jour, lors de l'une des disputes, les deux garçons se roulèrent dans la boue et le Châtelain priva son fils de dîner. Azur était triste mais subitement par la fenêtre une petite voix se mit à l'appeler. C'était Asmar qui lui envoyait des fruits par la fenêtre de sa chambre. Leur belle amitié continuait malgré leurs différences sociales et les deux frères de lait restaient très soudés. Ils voulaient tous deux être celui qui délivrerait la fée des Djinns.
 
Un jour qu'ils se disputaient encore à ce sujet, le Châtelain saisit Azur par le bras et le força à quitter le château. Il lui déclara en effet qu'ayant grandi sa place était désormais en ville pour étudier. Azur fut emmené dans une carriole sans avoir pu saluer sa nourrice. Puis le Châtelain chassa Asmar et sa mère. Interdite, la nourrice réclama un peu de temps pour rassembler ses affaires mais l'homme sans pitié refusa sous prétexte que tout lui appartenait. La femme et son enfant durent partir malgré les protestations.




Des années passèrent: Azur était devenu un jeune noble mais il avait toujours le même rêve en tête: délivrer la fée des Djinns! Malgré les protestations de son père, il partit en navire de l'autre côté de la mer. Il était plein d'enthousiasme mais malheureusement une tempête fit chavirer son navire et Azur fit naufrage...

 Quand il se réveilla, il se rendit compte qu'il avait échoué sur une terre inconnue. Très vite, il rencontra des habitants du pays. Ceux-ci ne voulaient même pas le voir approcher et étaient extrêmement violents à son égard. Le jeune homme finit par comprendre avec le peu d'arabe qu'il maîtrisait que c'étaient ses yeux bleus qui les effrayaient. Très abattu, Azur décida de fermer les yeux sur ce pays et de prétendre qu'il était aveugle.
C'est alors qu'un personnage très étrange nommé Crapoux se présenta à lui. C'était un homme très maigre et aux mouvements très rapides. Au premier abord, il était repoussant: un teint rougeaud. D'énormes lunettes lui défiguraient le visage, ses joues creuses étaient mal rasées et ses cheveux étaient d'une propreté douteuse. Il portait une djellaba usée et sale qui laissait découvrir des jambes maigres et poilues.

D'une voix stridente, cet homme étrange proposa à Azur d'être ses yeux à condition qu'il le portât car Crapoux simulait avoir une jambe blessée.
Ils firent route ensemble : Azur marchait les yeux toujours fermés avec un bâton avec Crapoux qui le guidait sur ses épaules. Durant le chemin, Crapoux montra une facette de sa personnalité aussi exaspérante que sa voix : il ne fit que critiquer le pays où il résidait désormais. Il se moquait de tout ce qui ne ressemblait pas à son pays d'origine : les gazelles, les palmiers, les babouches, les sons orientaux…

Ils entrèrent enfin dans la médina et traversèrent le souk. En chemin, ils avaient croisé deux mausolées et Azur avait trouvé deux clefs grâce à son sens du toucher et de l'odorat: la clef chaude et la clef parfumée dont parlait la légende de la Fée !

Alors qu'ils traversaient le souk animé par mille marchandises aussi colorées et parfumées les unes que les autres, Azur entendit une voix de femme qui lui sembla familière. Quelle émotion quand il reconnut la voix de sa nourrice ! Elle se faisait entendre depuis une splendide demeure. Sans hésiter, le jeune homme frappa à la porte violemment et cria si fort que toutes les personnes des environs se regroupèrent autour de la maison. Ce ne fut pas peine perdue: on lui ouvrit enfin la porte. Ce fut sa nourrice elle-même qui apparut dans l'encadrement de la porte.
Jénane était restée très belle malgré les années. Elle était vêtue magnifiquement et se tenait très droite, plus digne qu'une reine. Sa longue robe d'un fuschia éclatant était ornée d'un splendide collier. Elle avait couvert ses cheveux avec un voile pourpre qui faisait ressortir encore plus la noblesse de ses traits. Son front était paré d'un diadème et deux imposants pendants encadraient ses joues. Immobile dans le vestibule aux éblouissantes mosaïques, elle était tout simplement sublime.


Azur se présenta à la noble femme mais Jénane ne voulut rien entendre car elle ne reconnaissait pas Azur dans ce jeune vagabond aveugle. Elle lui répliqua qu'Azur habitait de l'autre côté de la mer, qu'il n'avait pas cette voix et qu'il n'était pas aveugle. Azur sut répondre à tous ses arguments : il avait traversé la mer pour venir jusqu'ici et sa voix de petit garçon avait mué. Pour finir, il ouvrit les yeux.

D'abord Jénane recula, frappée par ce regard bleu. Azur lui chanta alors en arabe la comptine qu'elle lui avait autrefois apprise. Elle finit par lui sauter au cou en criant à la foule stupéfaite que son fils lui était revenu.

Jénane avait enfin retrouvé l'enfant aux yeux bleus qu'elle avait tant aimé. Heureuse et bouleversée, elle le fit entrer dans sa demeure pour le combler de caresses. Pendant qu'elle lui faisait visiter son palais, elle lui raconta comment elle était devenue une riche marchande. Elle avait su respecter et tirer avantage des deux cultures qu'elle connaissait et affichait un violent mépris pour les superstitions comme celle qui concernait la malédiction des yeux bleus. Comme Azur avouait qu'il mourait de faim, Jénane l'invita à entrer dans le jardin pour s'attabler.
Dans le jardin de Jénane fleurissaient des plantes luxuriantes de diverses couleurs. Un magnifique parterre doré accueillait en son centre une fontaine carrelée. L'eau en jaillissait en un harmonieux jet. Sur la droite trônait un pigeonnier splendidement orné.

La propriétaire des lieux frappa dans ses mains et des musiciennes régalèrent Azur avec les accords mélodieux de leur luth.
D'élégantes servantes arrivèrent avec une démarche gracieuse : elles apportaient la boisson, le couscous et des desserts variés qui étaient présentés sur des plats délicatement décorés.


La table où on leur servait le repas était elle-même soigneusement ornée de mosaïques aux motifs et aux couleurs raffinés.
Azur, rasséréné, profitait de l'atmosphère enchanteresse : devant tant de beautés, il se croyait au paradis.  
C'est alors qu'Asmar rentra. Lui aussi était devenu un magnifique jeune homme. Il vit d'un mauvais œil cet étranger à table et demanda à sa mère en langue arabe ce que ce mendiant  faisait là.

 « Ce n est pas un mendiant mais ton frère, Azur ! », rétorqua Jénane. Envahi de colère et de haine, Asmar proféra des paroles violentes et s'en alla très impoliment. Pour la première fois de sa vie, Jénane eut honte du comportement de son fils.
Un deuxième individu arriva : Crapoux ,qui avait réussi à forcer l'entrée ! Jénane voulut bien lui accorder sa confiance, d'autant plus qu'il leur fit découvrir son douloureux secret : ses affreuses lunettes cachaient des yeux bleus, qu'il n'osait montrer à cause de la féroce superstition des habitants. Comme Azur confia à sa nourrice qu'il était toujours aussi déterminé à sauver la Fée des Djinns, Jénane lui accorda son aide matérielle et Crapoux se proposa de lui dévoiler toutes les informations qu'il avait rassemblé pour retrouver la Fée.

Il lui prêta son aide en lui conseillant de rencontrer des personnes décisives: le sage Yadoa et la princesse Chamsous Sabah. Jénane confirma qu'il aurait son entrée chez la princesse grâce à son influence.
Le sage Yadoa accueillit très courtoisement Azur : il lui annonça les étapes à franchir pour trouver la fée des Djinns: il devra traverser la montagne des villes anciennes, prendre garde aux brigands, au Lion Ecarlate ainsi qu'à l'Oiseau Saïmourh. Il aura à franchir des barrières magiques et, au bout de ce périple, se trouveront les deux portes pareilles ; l'une mène à la fée, l'autre à la salle des ténèbres. Malgré toutes ses connaissances, le sage ne savait pas qu'elle était la bonne porte.


La deuxième personne à rencontrer n'était personne d'autre que la très estimée princesse Chamsous Sabah. Azur se fit recevoir dans son grandiose palais.
Il dut traverser une enfilade de pièces aussi fastueuses les unes que les autres et dont l'architecture et les ornements étaient fascinants.

Avec solennité, on annonça la princesse qui surgit, toute minuscule, d'un massif portail : c'était encore une enfant ! Mais quelle enfant ! Agile et leste, elle accueillit Azur dans le laboratoire astronomique avec une curiosité rieuse. Elle était très élégante et parlait le français à la perfection: ses propos étaient emplis de sagesse. Ses yeux noirs étincelants animaient encore plus ses expressions espiègles.

La petite fille se faisait en effet une telle joie d'aider Azur qu'elle avait du mal à obéir au protocole dû à son rang princier : elle courait dans toute la pièce avec ses petites jambes et grimpait sur les coûteux instruments scientifiques à la recherche des mêmes objets qu'elle avait déjà donnés à Asmar : une fiole de brouillard d'invisibilité, un bonbon permettant de communiquer avec les fauves et une plume de l'Oiseau Saïmourh.


Azur avait désormais rassemblé toutes les informations nécessaires pour retrouver la Fée des Djinns. Jénane, fidèle a sa promesse, lui finança son expédition : il eut le droit à un destrier aussi blanc que celui d'Asmar était noir. Crapoux, monté sur un âne blanc, lui servait d'écuyer.

Asmar s'était résigné à ce qu'Azur fit route avec lui. Il se montrait encore hostile envers son frère de lait et n'avait pas décoché une seule phrase pour communiquer avec lui. Pourtant, le chemin qu'ils devaient parcourir jusqu'à la Fée était semé d'embûches et à deux ils auraient été plus forts pour surmonter les obstacles.
 Dés la sortie de la ville, des brigands les suivirent pour leur tendre une embuscade. Les  deux héros s'éloignèrent dans la forêt et utilisèrent leur fiole d'invisibilité pour semer leurs poursuivants. Cette première attaque déjouée, ils se séparèrent plus loin. Mais bientôt Azur entendit des cris: des brigands du désert avaient attaqué Asmar et son écuyer. Le vaillant Azur, sans aucune hésitation, prit le galop pour aider son frère de lait.

Montés sur des dromadaires, les brigands étaient difficiles à atteindre mais Azur réussit à en neutraliser certains. Il fut pourtant blessé à l'épaule et chuta à terre. Un des assaillants allait lui passer le sabre au travers du corps lorsque Crapoux, pris de courage, assomma l'un des brigands avec un énorme... jambon! Les brigands du désert renoncèrent à l'attaque et prirent la fuite. Asmar se pencha sur son frère à terre. Il pansa sa plaie et, avec un doux sourire, le remercia. Ils se séparèrent de nouveau.
Azur poursuivit à pied avec Crapoux. Ils commencèrent l'ascension d'une colline lorsqu'ils entendirent le rugissement terrible d'un fauve furieux. Le Lion Écarlate leur barrait la route. C'était un animal fabuleux et gigantesque, à la crinière flamboyante et aux dents de sabre. Ses moustaches et ses puissantes griffes bleues contrastaient avec sa robe écarlate. Ses yeux jaunes brillaient comme ceux d'un chat dans la nuit étoilée.

Azur ne frémit pas : il avala le bonbon pour parler aux fauves et parvint à apprivoiser le lion en lui donnant de la viande. Le Lion Écarlate, rassasié, accepta de le prendre sur son dos pour l'aider à traverser le désert.
Le héros savourait cette course rapide sur ce splendide animal quand il entendit le cri de l'Oiseau Saïmourh. En levant la  tête vers le ciel, il aperçut le fabuleux animal. L'oiseau Saïmourh était un oiseau gigantesque, paré des couleurs de l'arc-en-ciel. Des ailes de grande envergure avec des plumes jaunes comme le sable, mauves comme les fleurs de violette et vertes comme la tendre herbe encadraient son corps bleu. Sa traîne aux plumes infinies faisait deux fois la taille de son corps. Il avait toute la grâce du paon bleu mais ses gigantesques serres et son énorme bec crochu rappelaient à quel point l'animal était redoutable. Aussi, pour se prémunir, Azur sortit la plume que la princesse lui avait donnée mais il la lâcha dès qu'il découvrit Asmar.

Celui-ci avait réussi à apprivoiser l'oiseau fabuleux et était assis sur son dos! Ils traversèrent tous deux le désert grâce à leurs montures merveilleuses.

Azur perdit de vue son frère et se fit déposer par le lion au pied de la falaise. Il découvrit une faille et s'y glissa. Il arriva alors dans une salle vide et fit quelques pas. Il évita de justesse un filet grâce au cri d'alarme de son frère. Il vit Asmar prisonnier des marchands d'esclaves dont la falaise était le repère. Il réussit à échapper à quelques pièges  que les marchands lui avaient tendus grâce aux indications d'Asmar qui s'adressait enfin à lui dans sa langue. Mais le blond jeune homme fut bientôt encerclé, la porte décorée d'un soleil refusait de s'ouvrir. Malgré les menaces et les coups de son garde, Asmar dévoila au péril de sa vie le moyen d'ouvrir la cachette secrète : il fallait appuyer sur le menton du soleil ! Azur put ainsi accéder de justesse à la cachette qui se referma derrière lui, le mettant à l'abri de ses poursuivants.

Mais le héros aux yeux noirs se fit poignarder par le marchand d'esclave, furieux qu'il ait osé le braver. Après un cours répit, Azur ressortit de la cachette et vit que les marchands d'esclaves n'étaient plus là. Il alla chercher son frère qui avait perdu connaissance. Malheureusement, les brigands guettaient son retour. Azur souleva Asmar sur ses épaules et courut. Les deux héros rentrèrent de justesse dans la cachette.
Une fois à l'abri, Azur déposa son frère au sol : celui-ci était gravement blessé. Le jeune homme aux yeux bleus défit son turban, le déroula et pansa sa blessure. Comme son cher frère était trop grièvement blessé pour marcher, Azur le porta sur ses épaules et se dirigea fermement vers le palais de la fée des Djinns.

Après quelques heures de marche, une atroce chaleur incommoda les deux héros. Ils se trouvaient en effet devant la porte chaude. Pour passer cet obstacle, Azur lança la clef froide à travers la porte et les flammes s'estompèrent.
Ils continuèrent leur chemin et approchèrent d'une porte qui dégageait des gaz à l'odeur asphyxiante. Cette fois ci, Azur utilisa la clef aux épices parfumées. Les odeurs répugnantes cessèrent aussitôt de se répandre. Ils purent ainsi franchir la deuxième porte.
Peu de temps après, Azur se plaignit d'un bruit assourdissant. Les jeunes hommes atteignirent la porte des bruits infernaux. Mais cette fois, Azur n'avait pas la clef ! Il se sentit pris au piège : impossible d'avancer ou de reculer ! Asmar fit appel à ses dernières forces et pointa du doigt sa botte. Azur y plongea délicatement la main et trouva la clef qu'il utilisa pour mettre fin à l'odieux fracas.


Après avoir franchi avec succès tant d'obstacles, ils arrivèrent enfin devant les deux portes "semblables". Azur était d'avis de prendre la porte de droite, mais Asmar lui conseilla de prendre celle de gauche. Ils entrèrent tout deux par la porte de gauche. Ils avancèrent plein d'espoir et plongèrent dans le noir. Azur crut que tout était fini et il tomba à genoux dans cette désespérante obscurité.
Miraculeusement, tout s'éclaira. Un millier de djinns apparurent et illuminèrent une splendide salle de trône. Des piliers massifs soutenaient une coupole aussi splendide que la voûte céleste étoilée la nuit. Le sol était fait de marbre noir: partout, des mosaïques aux complexes motifs géométriques ornaient l'ensemble.

Face à eux, la Fée des Djinns apparut derrière une prison de glace qui se brisa en milliers de petites poussière étincelantes. La belle jeune femme brune était vêtue d'une splendide robe d'un bleu indigo. Dans ses yeux brillait le bonheur de rencontrer son prince.

Mais Azur n'avait pas le cœur à lui sourire, il la supplia de sauver son frère de lait qui se mourait. La Fée fit aussitôt appel au Djinn médecin et Asmar fut tiré d'affaire!
Le preux jeune homme était complètement rétabli et émerveillé de se trouver devant la Fée. Il regrettait d'être aussi peu présentable. Le Djinn couturier entreprit alors de les parer avec des tenues splendides. En un tour de main, les Djinns avaient transformé Azur et Asmar en princes.
Azur était revêtu d'un costume blanc à faire jaunir la neige la plus pure. Il était coiffé d'un splendide couvre-chef où des pierres de diverses couleurs formaient un bel ensemble sur lequel trônait une plume bleue. Dans tout ce blanc, ses yeux saphir ressortaient ainsi que ses lèvres au rose cristallin. Asmar, comme Azur, était beau. L'archétype du prince oriental. Sa tunique flamboyante surmontée d'une cape bleue était mise en valeur par des chausses et des souliers de même couleur. On pouvait voir à sa taille une ceinture bleue et or. Asmar, heureux, arborait des yeux noirs extrêmement doux, dont la beauté était rehaussée par les sourcils aussi noirs que ses prunelles.


La Fée des Djinns demanda alors lequel des deux jeunes hommes valeureux était son sauveur. Chacun des deux désigna l'autre pour être l'heureux élu…
Comme aucun des deux héros ne voulait être déclaré vainqueur, ils décidèrent ensemble de faire venir Jénane pour recueillir son avis. La Fée des Djinns envoya l'Oiseau Saïmourh qui la transporta aussi vite que le vent. Jénane les serra dans ses bras, heureuse de les retrouver vivants. Elle salua alors la Fée des Djinns et la félicita pour sa délivrance. La Fée demanda à Jénane de déterminer qui de ses deux fils était l'ultime héros car ils semblaient égaux.
Jénane secoua la tête et proposa à la Fée des Djinns d'aller chercher la Princesse car, en tant que mère, elle les avait toujours jugé de valeur égale.
L'oiseau Saïmourh alla récupérer la Princesse. Elle non plus ne savait pas comment les départager. Alors elle proposa malicieusement à la Fée des Djinns d'épouser les deux garçons. La Fée des Djinns rougit, hésita un instant puis déclara dans un souffle que ce n'était pas correct.

La Princesse décida d'appeler le Sage Yadoa : seul lui avait assez de lumières pour résoudre le problème. Mais lui non plus ne pouvait voir la moindre différence entre les deux héros. Il proposa à la Fée d'aller quérir Crapoux: lui ne pensait pas comme tout le monde et trouverait bien une différence là où personne n'en voyait. Crapoux arriva et salua avec un profond respect la Fée des Djinns dont il avait tant rêvé. Pour tenter de départager Azur et Asmar, il demanda qui était arrivé en premier. Mais les héros répondirent qu'ils étaient arrivés ensemble.
L'homme malingre proposa la solution suivante : la Fée des Djinns n'avait qu'à l'épouser lui ! Il était beaucoup plus mature que les deux jeunes garçons. La Fée rejeta bien vite sa proposition. Elle se décida  alors à appeler sa cousine, la Fée des Elfes dont le discernement était légendaire.

Dans une musique enchanteresse, celle-ci apparut. Elle était le parfait pendant occidental de la Fée des Djinns. Sa cousine orientale possédait des yeux d'un noir profond et ses cheveux coulaient sur son dos comme une cascade d'ébène; la Fée des Elfes avaient les mêmes beautés: mais ses yeux étaient bleus et ses longs cheveux dorés.

Les deux cousines se rejoignirent. Elles se déplaçaient avec la même grâce que les colombes en plein ciel. La Déesse de la Beauté elle-même ne semblait pas pouvoir rivaliser devant ces deux exquises créatures.
Azur fit un pas vers la jeune femme nouvellement arrivée  tandis qu'Asmar se rapprocha de la Fée des Djinns. Les couples semblaient enfin formés  et la solution trouvée! La Princesse proposa à tous de danser pour fêter cet heureux dénouement.
 En paradant avec Azur, la Fée des Elfes lui murmura qu'elle se sentait fascinée par Asmar. Dans le même temps, la Fée des Djinns avouait à Asmar qu'elle était attirée par Azur. Les deux frères s'annoncèrent cordialement les préférences des Fées et changèrent de partenaire de danse. Jénane et la princesse trouvèrent les couples encore plus beaux ainsi formés.

Et c'est dans une danse joyeuse que s'acheva l'histoire d'Azur et Asmar, deux frères de lait qui réalisèrent leur rêve grâce à l'amour et la tolérance qu'ils se sont portés.

 LES AUTEURS

L'enfance des deux frères de lait
Hakim B.
Marc Ariel B.
Tatiana C.
Tiphaine D.
Anthony M.
Jessica S.

La séparation définitive et le départ d'Azur vers le pays de l'autre côté de la mer
Ilyess B.
Ahmed K.
Williams H.
Brandy N.

 Les retrouvailles des deux frères de lait et la dangereuse expédition
Karim A.
Armony C.
Lucas D.
Maëva S.

 Les épreuves magiques
Enzo A.
Yoven C.
Nicolas F.
Charlotte R.

 La délivrance de la Fée des Djinns et la solution des épousailles mixtes
Clara B.
Nabil D.
Myriam B.
Christy R.

 LES PAUSES DESCRIPTIVES
Portrait contrasté d' Azur et d'Asmar : Marc-Ariel B., Clara B.
Portrait du Châtelain : Maëva S.
Portrait d'Azur adulte : Anthony M.
Portrait de Crapoux : Nabil D.
Portrait de Jénane : Brandy N., Hakim B.
Description du repas dans le patio : Charlotte R.
Portrait d'Asmar adulte : Bryan C.
Description du palais de la princesse : Ilyess B.
Portrait de la princesse : Karim A., Ahmed K.
Le lion écarlate, l'oiseau Saïmourh : Lucas DS, Jennyfer DJA
Le palais de la Fée : Enzo A.
Portrait de la Fée des Djinns : Yoven Ch., Christy R.
Azur et Asmar en princes : Tatiana Ch., Myriam B.
Portrait de la fée des Elfes : Armony Ch, Nicolas F.

Vie et mort des mots

Par Mme Otsmane - publié le jeudi 22 octobre 2009 à 16:46 dans 07w5ème
Le premier chapitre des élèves de cinquième, "Le Pouvoir des mots", propose de prendre conscience des principales fonctions du langage: désigner, communiquer, sublimer.
Nous nous sommes interrogés sur les différents obstacles à la communication. Les élèves ont cerné l'importance de maîtriser les trois niveaux de langue et de les adapter à la situation de communication.
Ils se sont ensuite essayé, par le biais d'une activité proposée par le magazine "Virgule", à la découverte et l'emploi de mots très peu usités.
Dans les textes qui suivent, en tant que membres actifs de la SPM, ils prennent la défense de mots rares pour engager le plus large public possible à connaître ces mots et les employer.

Défendre un mot rare

Par elevesdemusselburgh - publié le jeudi 22 octobre 2009 à 16:15 dans 07w5ème

NONOBSTANT, préposition

Savez-vous combien de mots possède la langue française? Une multitude! Et réalisez-vous combien de mots nous perdons chaque jour?

Nous sommes la SPM, la Société Protectrice des Mots. Chaque mot a besoin d'être utilisé pour vivre.

Prenons l'exemple de "nonobstant". Ce mot signifie "en dépit de, malgré".

Nonobstant l'ancienneté de ce mot, il faut s'en servir. Il faut faire vivre notre vocabulaire!

Stop au langage banal et vulgaire et que vivent les mots rares et recherchés!

Nonobstant votre vision des choses, ces mots existent et vous demandent de les adopter.

C'était un communiqué de la SPM. Sauvez les mots rares!!!

Jessica S., 5ème George Sand


INGAMBE, adjectif

On pourrait croire que quelqu'un d'ingambe est une personne qui n'a pas de jambes. Mais non! Une personne ingambe est une personne qui est alerte, qui a un bon usage de ses jambes.

C'est un mot amusant à prononcer mais il s'utilise de moins en moins. C'est pour cela qu'il faut à tout prix le sauver, sinon il va disparaître.

Moi, élève de 5ème George Sand au collège Musselburgh, je vous invite à réutiliser ce mot même si l'on pourrait croire qu'il est dépassé.

ALORS N'HESITEZ PLUS, REUTILISEZ-LE!

Nicolas F., 5ème George Sand


Très chers compères chasseurs,

Je fais partie de la SPM, c'est-à-dire la Société Protectrice des Mots. Je suis là pour vous convaincre que nous ne devons point oublier les mots de nos ancêtres chasseurs.

"Giboyeux" est l'un de ces mots parmi tant d'autres. Je vais à présent vous expliquer sa signification. Ce mot permet de dire qu'il y a beaucoup de gibier dans une région ou une forêt.

Alors mes amis, retenez bien ce mot.

Santé, en vous souhaitant une forêt giboyeuse pour la prochaine saison!

Enzo A., 5ème George Sand


BONHEUR-DU-JOUR, nom masculin

Le bonheur-du-jour est un mot que l'on utilisait à l'époque de Marie-Antoinette. Ce mot désigne un petit bureau constitué de casiers ou de tiroirs et conçu pour les dames.

Ce mot donne envie d'être heureux, de faire voleter des fleurs autour de nous.

Ces petits bureaux ne sont plus confectionnés à notre époque mais courez chez l'antiquaire pour apercevoir ce magnifique petit bureau dédié aux très chères dames.

Vous n'hésiterez plus alors à utiliser ce splendide mot!

Merci de votre attention et bonne journée!

Charlotte R., 5ème George Sand



NONOBSTANT, préposition

Connaissez-vous le mot "nonobstant"? Non? Quoi, vous ne le connaissez pas!

Et bien moi, membre de la SPM, Société Protectrice des Mots, je vous invite à l'utiliser car ce seul mot remplacera "en dépit de", "malgré".

Employer ce mot facilitera votre communication et haussera votre niveau de langue. On vous prendra certainement plus au sérieux si vous utilisez des mots rares comme "nonobstant".

Alors, n'hésitez plus: employez-le!

Ilyes B., 5ème George Sand


Lisez attentivement ce que je vais écrire, car nous tous, petits et grands, avons besoin d'apprendre des mots pour que la jeunesse autant que la vieillesse enrichissent leur vocabulaire de plus en plus froidement abandonné.

Je suis membre de la SPM, la société protectrice des mots. Notre but est de renouveler le vocabulaire des jeunes personnes en leur enseignant les mots perdus ou très peu utilisés de la langue française.

Ainsi, parmi ces mots délaissés, il y en a un qu'il vaut mieux connaître lorsque l'on se promène en forêt. Ce mot est "giboyeux", il signifie "qui est riche en gibier".

Je sens un picotement dans la gorge quand je l'emploie: il sort de mon corps tellement vite que je ne peux décrire cette vitesse. C'est un mot au son clair et beau à prononcer.

Cet adjectif saura compléter votre vocabulaire. Je vous conseille sincèrement de l'utiliser.

Tatiana C., 5ème George Sand

Le problème de la diversité des langues: un conte persan

Par Mme Otsmane - publié le jeudi 22 octobre 2009 à 16:14 dans 07w5ème
Connaissez-vous ce conte du poète persan Rûmi (1207-1273), fondateur de l'ordre des derviches tourneurs ?


 Devant la grande mosquée, quatre mendiants tendaient la main, lorsqu'un homme qui en sortait leur fit l'aumône.
-Prenez cette pièce et achetez-vous ce que bon vous semble! leur dit-il.
-Je sais ce que nous allons faire, dit le premier qui était persan. Avec cet argent, nous achèterons de l'angour que nous partagerons.
-Non, dit le second qui était arabe. Moi, je veux de l'inab.
- Pas question, dit le troisième qui était turc. Ni angour, ni inab, achetons de l'uzüm.
Le quatrième était grec, et il ne fut pas d'accord non plus.
- Moi, ce que je veux, c'est du stafil.

Et leur dispute ne prit jamais fin.
Pourtant, sans le savoir, chacun dans sa langue réclamait la même chose : des raisins.
Une belle grappe à se partager pour calmer leur faim et leur soif.

(version de Michel Piquemal publiée dans Les Philo-Fables,
avec des illustrations de Ph. Lagautrière chez "Albin Michel")

Dans l'article qui suit, un groupe d'élèves met en scène avec beaucoup d'humour ce problème de communication.

Le problème de la diversité des langues: illustration

Par elevesdemusselburgh - publié le jeudi 22 octobre 2009 à 16:03 dans 07w5ème
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(Canal Rss de podcast)|

La narratrice: Armony Ch.
Le Persan: Clara B.
L'Arabe: Myriam B.
Le Turc: Hafsa F.
Le Grec: Maeva S.
L'homme qui fait l'aumône: Yoven Ch.


Un autre groupe d'élèves jouant les rôles




Des écrits de l'an dernier

Par Mme Otsmane - publié le jeudi 16 juillet 2009 à 18:54 dans 07w5ème
J'ai retrouvé des écrits d'invention que les 5èmeE de Nogent n'avaient pas eu le temps de diffuser en ligne: l'ouverture d'un roman à énigmes se passant au Moyen Age, une scène d'amour courtois et une parodie de combat chevaleresque.

Rédiger un bref récit à partir d'une illustration représentant une scène d'amour courtois (décembre 2007)

Par Mme Otsmane - publié le jeudi 16 juillet 2009 à 18:34 dans 07w5ème
La séquence qui a suivi l'étude du roman de Mirande était appuyée sur un groupement de textes ayant pour thème les amours de Lancelot et Guenièvre.
Les extraits choisis avaient des sources diverses: adaptations pour la littérature de jeunesse en prose, texte original en vers et en ancien français.
La rédaction a eu lieu durant une évaluation d'une heure. Les élèves devaient prendre soin de varier les substituts nominaux.
Le texte de Séverine A. se détache particulièrement des autres car elle seule a choisi , de sa propre initiative, de parodier la tradition courtoise.


En ce temps-là, les canons tonnaient jour et nuit. Une simple sortie pouvait coûter la vie. Alors, quand Dame Eréa apprit que son aimé partait pour la guerre, elle ne put retenir son émotion et éclata en sanglots.
Le sieur Jacques devait partir et la noble dame lui fit savoir qu'elle voulait le revoir avant son départ. Le soir même, elle vint à sa rencontre pour dire adieu à son bel amour.
« Chevalier… », commença-t-elle mais elle ne pouvait plus émettre de son. Elle réalisa que jamais plus elle ne reverrait cet homme.
Messire Jacques, devant une telle détresse, la rassura : il reviendrait, elle pouvait en être sûre.
Le vaillant chevalier caressa avec tendresse la joue de son aimée puis s'éloigna.

Inès K.


La belle dame écoute le chevalier qui lui adresse moult mots d'amour. Elle ne sait que répondre à ces mots si beaux. Le jeune chevalier si amoureux de la douce dame a le cœur déchiré de devoir partir. Quant à la noble dame, des larmes commencent à couler de ses si beaux yeux.
Le bel homme lui promet alors de lui revenir sans aucun mal, mais la jeune femme ne peut que s'effondrer en larmes. L'idée que son cher compagnon secret puisse risquer de mourir la fait trembler. Si seulement tout n'était pas si compliqué…
Le jeune homme dépose alors un baiser sur ses lèvres à l'abri des regards et part en laissant sa dame si éplorée.

Camille A.


La dame aux longs cheveux blonds supplia le chevalier de rester avec elle. Mais le brave homme répondit qu'il ne pouvait pas demeurer près d'elle.
La blonde pleura et cela peina l'homme courtois car il ne l'avait jamais vu pleurer autant.
Il lui prit les mains et récita un poème qu'il avait écrit à celle qu'il aimait. La douce se consola grâce à ses vœux d'amour. Et les amants se séparèrent.

Reyda K.


D'une façon générale, la reine Amande du Châtelet détestait tout ce qui touchait aux chevaliers. Notamment cette nouvelle mode : les chevaliers courtois !
Toute la semaine durant, celle-ci avait vu défiler dans le château familial plusieurs dizaines de chevaliers. Elle les congédia tous avant même qu'ils n'eussent franchi la grande salle.
Plusieurs fois, elle eut l'envie de bloquer tout simplement le pont-levis mais, en bonne suzeraine, elle se devait de rester à l'écoute des habitants du bourg. Même ces rustres étaient moins pénibles que les prétentieux à qui elle avait affaire !

Séverine A.


Ecrire l'ouverture d'un roman policier (novembre 2007)

Par Mme Otsmane - publié le jeudi 16 juillet 2009 à 18:23 dans 07w5ème
Nous avons commencé à travailler sur le Moyen Age avec une séquence portant sur l'étude d'un roman de Jacqueline Mirande: Double meurtre à l'abbaye. Les élèves se sont familiarisés avec le système féodal, les locutions de l'époque et ont observé la progression narrative dans un roman à énigme.
Ils ont alors à leur tour rédigé un incipit de leur cru, avec les personnages de leur choix en essayant de faire revivre la société de l'époque.




Ecrire l'ouverture d'un roman policier

L'abbaye de la mort

Frère Jérôme entra dans l'abbaye de Cluny. Il portait une aube de couleur rouge et ses pieds étaient chaussés de sandales noires. La capuche de son aube lui masquait presqu'entièrement le visage, ce qui lui donnait un air mystérieux.
Il s'approcha de l'office pour prier. Lorsqu'il eut fini sa prière, il se rendit dans le dortoir pour se coucher. Le dortoir était vide mais un étrange liquide coulait depuis le plafond. La faible lumière du jour ne lui permettait pas de voir de quoi il s'agissait.
Frère Jérôme monta donc dans la cellule du père abbé Raymond juste au dessus du dortoir. La pièce était éclairée par de nombreuses bougies. Le père abbé gisait dans un coin, inerte. Frère Jérôme cria. Il entendit des bruits de pas et Frère Albert, le portier, apparut dans l'encadrement de la porte :
« Que t'arrive-t-il ? » commença-t-il.
Il s'interrompit en voyant le père abbé et courut vers lui. Frère Jérôme le rejoignit près du cadavre. Tous deux découvrirent la dague plantée dans sa poitrine. Le père abbé était bel et bien mort. Frère Albert demanda à Frère Jérôme :
« Comment as-tu découvert le père abbé ?».
Alors Frère Jérôme lui raconta les faits demandés.
« Il a été assassiné, assura Frère Albert. Je pense que quelqu'un devait le maintenir pendant que l'autre le frappait : ce qui veut dire qu'ils étaient au moins deux. De plus, regarde le désordre de la chambre : ils cherchaient quelque chose!».
Frère Jérôme était admiratif devant la perspicacité de Frère Albert. Celui-ci reprit :
« Même si je suis contre les armes, il faut que nous puissions nous défendre car il est probable que les assassins soient des brigands désireux de piller les trésors de l'abbaye!
-Quoiqu'il en soit, fit remarquer frère Jérôme, nous devrions réunir nos frères dès qu'ils rentreront.
-C'est une très bonne idée », admit Frère Albert.
Ils se dirigèrent tous deux vers la porte et descendirent les escaliers. Frère Jérôme se rendit au dortoir à la recherche de draps pour couvrir le cadavre. Il réfléchissait et trouvait que quelque chose clochait: il avait crié lorsqu'il avait découvert le père abbé Raymond mais pas assez fort pour que le frère portier puisse l'entendre depuis son poste. Alors comment Frère Albert avait-il pu accourir si vite dans la chambre du père abbé ?…

Amaury F.



Un pèlerin sur la route de Saint-Jacques de Compostelle

    Voilà plusieurs semaines que Hébert avait quitté son village natal pour partir en pèlerinage. A l'approche des Pyrénées, il faisait de plus en plus froid. Hébert grelottait : ses braies ne lui tenaient plus chaud car elles étaient fines et déchirées. Son bonnet en peau de chèvre avait rétréci avec les intempéries. Ses sandales étaient usées par la marche.
   Soudain, il entendit un cri et se précipita vers le petit bois d'où semblait provenir l'appel de détresse. Là, il trébucha et manqua tomber sur un piège à loups. Il se releva, empoigna sa dague et prit un sentier qui partait sur la gauche. Il fut pétrifié d'horreur : un cadavre était accroché sur un arbre. Il avait le dos abîmé par des coups et les pieds en sang. Hébert le reconnut cependant : c'était le même pèlerin qui la nuit dernière, à l'hospice, lui avait confié qu'il connaissait la cachette d'un trésor. Il était ivre et avait parlé suffisamment fort pour attirer l'attention d'un groupe de pèlerins au comportement menaçant.
« Peut-être étaient-ils des voleurs déguisés pour détrousser les pèlerins et ayant entendu notre conversation l'avaient-ils torturé ? », songea-t-il.
   Tout à coup, une brindille craqua. Hébert courut se cacher derrière des broussailles. Ce ne fut pas un homme qui traversa le sentier mais un écureuil.
Hébert sortit de sa cachette. Et repartit. Un peu plus loin il rencontra un berger. Il dit :
« Ho, compère ! N'as-tu pas vu des hommes qui sortaient de ce bois ?"

Paul B.



L'énigmatique pèlerin

     Du haut de ma fenêtre, je voyais un pèlerin qui traversait le bourg avant de reprendre le chemin jusqu'à Saint Jacques de Compostelle. Son aube claire était illuminée par le soleil frais du matin. Il était chauve, plutôt enrobé, avec de belles joues rouges. Il avait l'air préoccupé. Il allait tourner et disparaître à l'angle quand j'aperçus quelque chose qui brillait sur sa large poitrine. C'était une broche en or avec une coquille de très grande valeur. Je me demandais comment il avait pu acquérir un aussi beau bijou. N'avait-il pas peur d'attirer des brigands sur la route ?

     Quelques jours plus tard, alors que j'étais de nouveau à ma fenêtre, je revis le pèlerin que je reconnus tout de suite grâce à sa coquille. Apparemment, je m'étais trompé, il ne faisait pas le pèlerinage ou il y avait renoncé. Son visage était très pâle. Il hurlait qu'il y avait un cadavre sur la place du bourg. J'enfilai mes braies et descendis à toute vitesse. Un attroupement s'était déjà formé sur la place pour voir le cadavre. C'était un homme pendu à l'enseigne de l'apothicaire. Je le reconnus immédiatement avec ses cheveux noirs de jais : c'était Antonin !
Antonin, un homme à qui je tenais beaucoup, une des rares personnes à qui je faisais confiance. Nous étions amis depuis notre jeunesse, un temps heureux, où nous n'étions pas encore concernés par la guerre. Nous nous retrouvions souvent en secret en pleine nuit et les gens, craintifs, nous avaient soupçonnés de sorcellerie. Ils nous menaçaient d'aller au bûcher et nous avions cesser de nous voir.
    En réalisant que c'était bel et bien Antonin qui avait perdu la vie, un sentiment de tristesse mais aussi un désir de vengeance m'envahirent.
    Qui était le coupable ? Je voulais le savoir et je le saurai !

Madolia D.

Parodier un combat chevaleresque (mars 2008)

Par Mme Otsmane - publié le jeudi 16 juillet 2009 à 18:06 dans 07w5ème
L'étude du Moyen Age s'est close sur la lecture de textes satiriques détournant les valeurs chevaleresques (fabliaux, roman de Renart et extraits de Don Quichotte de Cervantes).
Lors de l'évaluation de fin de séquence, les élèves ont eu à produire un court texte dégradant un combat entre chevaliers. Ils devaient réinvestir les procédés d'exagération étudiés en classe (hyperboles, gradations, antiphrases...) et utiliser du présent de narration.
 
 

Lancebot, un énormissime géant de très grande force, était amoureux de la reine Gueniaise. Cependant, celle-ci avait été enlevée par Mélégnant, un nain à la force d'une fourmi, grâce à une ruse.

Les voici face à face pour le duel : Lancebot était armé d'une massue en bronze et Mélégnant disposait d'un caillou tranchant. Ils se regardaient fixement dans les yeux lorsque Lancebot lui adresse un clin d'œil.

A cette provocation, Mélégnant se précipite sur son adversaire et arrive à la hauteur de son doigt de pied. Il plante son caillou dans l'orteil. Lancebot hurle de douleur et manque d'écraser Mélégnant. Ce dernier profite de cet effet de surprise pour grimper sur Lancebot.

Mélégnant parcourait tellement vite le corps du géant que celui-ci, chatouillé, n'en pouvait plus de rire. Quand Lancebot se rendit compte que c'était ce traître de Mélégnant qui le chatouillait ainsi, il le saisit du bout des doigts et le projeta au sol, fou de colère.

Le nain se releva et se retira en courant : il venait de comprendre qu'il n'était décidément pas de taille à affronter Lancebot. Le héros rejoignit sa reine et la reconduisit à pas de géant auprès du roi Arphur.

Alicia A.

 

De bon matin, avant que ne sonnât prime, on les avait conduits tous deux au milieu de la cour, bien armés, montés sur deux chameaux bardés de fer. Méléagant était d'une maigreur extrême, tout petit et très bigleux. Piquant des deux éperons, Méléagant fonça sur Lancelot mais ce fut droit dans le mur qu'il entra. Sous le choc, le chameau fut assommé.

Méléagant descend alors de son chameau non sans quelques difficultés et accourt sur Lancelot, tête baissée. Celui-ci l'esquive sans peine et lance son chameau sur son adversaire. Méléagant est de nouveau renversé au sol, piétiné par la bête.

Avec une loyauté qui fait honneur à la caste des chevaliers, Lancelot met pied à terre, se précipite sur son adversaire, lui griffe le visage, mord ses doigts et le fouette avec sa petite baguette. Enfin, pour faire payer à Méléagant tout le mal qu'il a fait, Lancelot s'apprête pour l'acte extrême : il enlève promptement une botte de Méléagant et se met à lui chatouiller le pied.

Méléagant expira sans avoir eu le temps de crier grâce. Le bien avait une nouvelle fois triomphé.

Thierry de R.


Lancelot arriva sur la place du duel et aperçut un petit être qui semblait l'attendre. Il éclata de rire à l'idée d'avoir ce nain pour adversaire mais Kanor, car tel était son nom, ne désarma pas. Il était vêtu d'une armure taillée dans une peau de vache.

Lancelot s'avance. Kanor, pris d'une rage sanguinaire, monte sur son âne et dégaine sa pelle, haute de cinq centimètres. Il trotte de toute sa force vers Lancelot mais le rate et se cogne contre un arbre. Sa monture et lui restent au sol, assommés.

Avec une élégance chevaleresque, Lancelot descend de son cheval et embroche le nain d'un coup d'épée. Il emporte son trophée jusqu'au château de sa reine :

" Reine, duchesse de beauté, je vous apporte la preuve que ce mécréant de Kanor est mort ! ".

Amine O.


Lancelourde aperçut la reine Guenechèvre dans le donjon. Méléagalant barrait l'accès à la tour pour la retenir prisonnière. Le duel était inévitable.

Les deux chevaliers montent sur leur âne et les lancent l'un vers l'autre. Lancelourde pointe une lance énorme et solide lance tandis que Méléagalant brandit une brindille. Le choc violent projette Méléagalant à terre alors que Lancelourde tient toujours sur son âne. Il piétine sans hésiter son adversaire. Il descend alors de sa noble monture pour aller délivrer Guenechèvre mais en passant près de Méléagalant, il constate que son rival est toujours vivant. Il sort son épée et se jette sur lui. Le blessé implore sa pitié mais rien n'y fait : Lancelourde casse son bras droit, coupe son pied gauche et lui transperce le cœur.

Extrêmement essouflé, Lancelourde s'appuie contre son fidèle destrier puis s'en va récupérer la reine de ses pensées, l'inestimable Guenechèvre.

Amaury F.


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