Dire la souffrance au travail
Le cycle de sensibilisation des élèves de 4ème sur la notion de pénibilité au travail s'achève! Après avoir vu au théâtre la pièce "Hold on" (qui est maintenant programmée au Festival Off d'Avignon! http://www.lelaabo.com/Actualites.html ) et lu plusieurs extraits d'Emile Zola traitant des conditions de travail dans différents secteurs professionnels, les élèves ont à leur tour produit un texte insistant sur les risques liés à l'exercice de certains métiers. Ce travail d'écriture s'est déroulé en deux temps: -d'abord, un travail de recherches sur un métier choisi présenté sous la forme d'un exposé -ensuite, sur table, la mise en scène d'un personnage exerçant le métier choisi D'un point de vue grammatical et stylistique, ce travail d'écriture leur permettait de revoir l'imparfait de répétition pour insister sur l'usure des salariés et d'employer des hyperboles pour susciter la pitié des lecteurs.
CHAUFFEUR ROUTIER
Le cycle de sa semaine commençait le lundi matin sous une fatigue extrême. Il se rendait péniblement vers son lieu de supplice. Sous les yeux menaçants qui exerçaient une pression sur lui, il se redressait pour étudier la marchandise qu'il devait transporter quelques heures plus tard. Il puisait dans son corps faible et usé la force nécessaire pour charger la misérable mais si lourde marchandise qu'il devait acheminer. Il montait dans un camion froid et sinistre pour prendre en main le volant frais. Il démarrait avec la lassitude à ses cotés, le trajet qui l'attendait lui paraissait aussi long que sa vie. Des bouffées d'espoir apparaissaient au moment des courtes pauses, pour se ressaisir et se dégourdir les jambes. Il reprenait la route les mains remplies d'ampoules et de crevasses rouges. Il démarrait sous pression , les yeux de son patron dans la conscience. L'arrivée à son point de livraison lui paraissait comme la lumière au bout du tunnel. Il soufflait un coup pour faire face aux critiques et avis mitigés sur sa prestation. Il rentrait éploré et meurtri en renouvelant la même journée, toujours cassé en deux pour ramener chez lui son maigre bénéfice de ses journées. Raphaël D., 4ème Braque
EMPLOYÉ(E) DE RESTAURATIONComme tous les jours, Lucile se levait à 6h30 avec cette fatigue sur son visage. Ensuite elle prenait sa douche et s'habillait. Elle était toujours prête à 7h30. Elle prenait sa voiture et arrivait au travail à 9h. Elle commençait par poser des tables et des chaises si lourdes qu'elle peinait à la tâche malgré sa bonne volonté et ses collègues la surnommaient en se moquant « la Dame aux bras d'enfant ». Après avoir tout disposé, il était 12h et les enfants se précipitaient vers la cantine. Alors que Lucile était de service, un enfant passa et lui dit: « Je vous adore ». Cela lui faisait toujours énormément plaisir quand un enfant lui disait ceci. Les enfants appréciaient beaucoup Lucile et ses collègues la détestaient pour cela.
13H30: son travail de serveuse était terminé mais elle devait à présent nettoyer les tables et les chaises et les remettre à leur place. Elle finissait comme d'habitude à 16h. Puis elle se changeait et prenait sa voiture pour rentrer chez elle, totalement harassée. Et le lendemain se répétait sans cesse la même journée.
DANSEUSE ÉTOILE A sept heures du matin, elle se levait, courbaturée des exercices du soir. Sophie était danseuse et elle allait dans une grande école de danse. Mais cela devenait très dur. En effet, en vue de la fin de l'année, l'école préparait un grand gala. Les répétitions s'intensifiaient et Sophie était de plus en plus nerveuse. A huit heures, elle était prête à se rendre à son école. Une dizaine de minutes plus tard, elle prenait le métro. Pendant ce temps-là elle se remémorait les pas de toutes les variations. Si jamais elle faisait un pas de travers ou si elle en oubliait un ! En danse, surtout dans cette école, il fallait toujours être la meilleure. La pression était très forte et d'autant plus ces jours-ci. En arrivant à l'école, elle allait dans les vestiaires pour se changer mais n'avait pas le temps de se reposer ne serait-ce qu'une seconde car il ne restait que cinq minutes avant le début du cours. A midi, pour aller manger, elle ne sentait plus ses pieds rouges d'usure à cause des pointes. Elle ne rêvait que d'une seule chose : que cette pénible journée emplie de fatigue cessât. A deux heurs de l'après midi, les répétitions commençaient. Les professeurs n'étaient pas de bonne humeur et cela ne s'arrangeait pas au fil des heures. Mais la pauvre Sophie se sentait défaillir petit à petit. Les répétitions étaient terminées et elle devait rentrer chez elle, mais hélas ses jambes ne la portaient plus et un jour, elle succomba à un malaise En se réveillant chez elle, elle se sentit honteuse de sa faiblesse et se jura avec amertume de se battre pour sa place. Élise C., 4ème Braque
FACTEUR/ FACTRICE Jeune factrice de vingt-deux ans, Mégane commençait son travail très tôt pour trier le courrier. Les lettres de petits formats se rangeaient automatiquement mais elle devait trier les grandes lettres elle-même. Pendant deux à trois heures, elle travaillait à l'intérieur mais après elle commençait sa tournée. Elle devait parcourir des kilomètres et des kilomètres en vélo et cela lui provoquait d'atroces crampes aux jambes mais elle devait péniblement continuer à pédaler. Quand la douleur devenait intolérable, elle s'arrêtait devant chaque maison ou immeuble. Pour gagner du temps elle devait se rappeler des noms sur les boîtes aux lettres. Tous les jours elle recommençait la même chose, sauf que malheureusement un jour de neige, dans une pente très raide, elle dérapa et tomba. Elle s'était cassé la cheville, elle prit un congé maladie et à la fin de son congé, elle démissionna et se dirigea vers le milieu de l'art. Oïhan I., 4ème Alberti

LIVREUR/ LIVREUSE DE COLIS Louise était livreuse de colis. Elle commençait vers 5h00 du matin et terminait vers 19h30 ou plus. Ses colis étaient lourds et lui cassaient les bras. Son dos était torturé par des maux insoutenables. Elle ne faisait que décharger ou recharger ses colis toute la journée sans jamais s'arrêter, car si elle faisait des pauses elle risquait de livrer le moins de marchandises. Or, dans ce métier, il fallait en livrer le plus sinon les supérieurs étaient furieux et la blessaient en lui disant des mots horribles. Louise s'accrochait à ce travail, ne disait rien et pensait à sa famille pour pouvoir continuer . Elle souffrait le martyre, ses jambes, ses pieds et ses cuisses l'élançaient a chaque marche qu'elle montait pour livrer ses colis . Elle devait toujours avoir un sourire devant les clients pour qu'ils se sentissent privilégiés et qu'ils voulussent bien encore commander. Dans ce métier elle devait supporter les problèmes de trafic routier, les difficultés de stationnement et la pression des supérieurs pour assurer le service dans les temps et fournir un bon rendement . Amel A., 4ème Braque

Militaire Mélanie se levait à 5h30 du matin. Pas le temps de se doucher, ni de déjeuner, elle partait au combat. Elle voyait ses collègues mourir dans ses bras. Fin de la première journée , vers 19h00 le chef de son régiment lui ordonna de faire quelques exercices physiques car en cas de blessés elle ne pourrait pas porter ses collègues en difficulté et les ramener au centre de soin intensif. Elle s'exécuta sans désobéir. Vers 3h00 du matin elle alla se coucher exténuée de cette journée. Le lendemain vers 5h45 elle se réveillait avec difficulté, pour elle c'était le jour de repos. Persécutée par ses collègues elle n'avait personne à qui parler de ses angoisses démesurées. En manque de ses proches, privée de téléphone, elle se sentait seule, abandonnée, mal-aimée, attristée. Elle n'avait personne à qui se confier, elle avait peur de mourir au combat, peur des collègues, peur d'être persécutée à nouveau, peur de contracter des maladies (tension, stress, alertes cardiaques, troubles musculo squelettiques, lésions méniscales). Lassée d'être mise a l'écart, elle alla parler au chef qui ne l'écoutait pas, il ne la croyait pas. Le lendemain, elle se réveilla à 5h30 pour une même journée semblable à celle de la veille. D'une seule envie elle décida de signer des formulaires de démission. Elle quitta le régiment la tête haute et décida de se mettre au métier de vendeuse mais elle ne savait pas ce qui l'attendait. Laure M., 4ème Alberti MAÇON
Oscar était maçon. Il m'avait parlé de sa journée habituelle une fois, une journée où il allait travailler. Il m'avait dit que tous les matins il se levait à 6h30 pour être sur le chantier là où on le mettait pour travailler. Il m'avait rapporté qu'il y avait un de ses collègues qui avait eu une maladie grave au niveau des poumons, il avait mal quand il respirait mais aussi quand il marchait. Oscar quant à lui avait un mal de dos terrible à force de porter des charges très lourdes. Il me disait souvent qu'il rêverait de devenir invertébré. Il avait subi trois arrêts maladie à cause de deux opérations au dos. A ces journées déjà difficiles s'ajoutait que son employé ne l'aimait pas beaucoup. Dylan C., 4ème Alberti
AUXILIAIRE DE VIE
Léa était aide ménagère depuis deux ans. Elle songeait à changer de métier car celui-ci était très dur physiquement et surtout psychologiquement . Son emploi lui prenait plus de la moitié de son temps: les personnes âgées ont besoin de beaucoup d'attention et surtout d'aide . Le plus souvent elle aidait les personnes à se lever très tôt pour les aider à s'habiller. Les personnes étaient dolentes et ne lui facilitaient pas la tâche. Léa se cassait le dos pour les manipuler avec douceur. Donc tous les matins elle devait être prête à 6h30 pour aller voir Mme Du Pont car elle se levait très tôt le plus souvent pour ne rien faire. Léa s'était rendue chez le médecin pour soulager ses maux. Ce dernier l'avertit qu'elle risquait d'avoir dans dans peu de temps de gros problèmes au dos mais aussi des sciatiques aux jambes et aux bras. Léa commença à rechercher un autre travail.
C. Laurie, 4ème Alberti
Une journée chez Auguste Rodin
Les 4èmes Alberti étaient de sortie ce vendredi 24 mai pour se rendre au Musée Rodin (site de l'hôtel Biron). La matinée était consacrée à l'exposition temporaire aménagée dans la Chapelle. A travers une cinquantaine de marbres, l'exposition « La chair, le marbre » propose de saisir l'évolution stylistique de Rodin dans le traitement de ce matériau: les sculptures au départ précises et achevées deviennent progressivement floues et donnent une impression de « non finito ».  Le Baiser, marbre Le Penseur, bronze La Vague, marbre-onyx et bronze
Les plâtres qui sont aussi exposés ont permis aux élèves de comprendre les étapes et les instruments nécessaires pour réaliser la sculpture en marbre. En après-midi les élèves ont parcouru le jardin puis l'hôtel Biron pour découvrir les célèbres sculptures en bronze de Rodin mais aussi les chefs d'oeuvre de Camille Claudel.
Nous sommes descendus à la station des Invalides et le ciel est devenu très vite menaçant alors que le soleil brillait quand nous avions quitté Champigny s/ Marne! Photo de classe devant les Invalides
 La Tour Eiffel se dresse dans un ciel bien menaçant!
Il s'est mis à pleuvoir dès que nous avons atteint le Musée! Nous avons quand même commencé par visiter le jardin car il devait pleuvoir beaucoup plus en début d'après-midi. De nombreux bronzes de Rodin nous attendaient!
Parcours thématique au Musée d'Orsay
Les images de la femme chez Zola sont multiples. Riche héritière ou bourgeoise nantie, elle cherche à tromper son ennui en s'assommant de mondanités ou en rivalisant d'excentricité pour devancer la mode. Blanchisseuse, vendeuse, ouvrière, elle entre en lutte pour la reconnaissance de ses droits. Simple muse ou artiste à part entière, elle influence les codes du XIXe siècle. Cependant, trop souvent, ces images de la femme restent prisonnières de stéréotypes tenaces.
Edgar Degas (1834-1917) Repasseuses vers 1884-1886 Huile sur toile Le mardi 22 janvier 2013, les 4ème Braque se sont rendus au Musée d'Orsay à la rencontre d'oeuvres du XIXème siècle qui mettent en scène diverses images de la femme. Cette visite a aussi été l'occasion de s'intéresser à l'architecture de ce musée qui fut autrefois la gare d'Orsay.
Vision assez rare quand nous sommes sortis du métro: le jardin des Tuileries sous la neige!  Une partie de la 4ème Braque avec le Musée d'Orsay en toile de fond Place à la 4ème B!
Lettre d'amour ou lettre de rupture?
Dans le chapitre consacré à l'épistolaire, les élèves ont travaillé sur plusieurs tableaux du peintre Vermeer mettant en scène la réception d'une lettre. A partir du tableau "La Lettre d'amour", les élèves ont produit une lettre selon l'interprétation qu'ils ont tirée de cette scène énigmatique: -Que contient la lettre qui semble tant inquiéter la jeune femme? -Comment déchiffrer le sourire de la servante? Sourire complice? Sourire moqueur?
 La Lettre d'amour de Vermeer
Selon l'interprétation retenue, les élèves avaient plusieurs sujets d'écriture au choix: Hypothèse 1: La servante vient de découvrir la correspondance secrète de sa maîtresse -écrire la lettre qu'envoie la jeune femme pour demander à son correspondant de suspendre l'envoi de ses lettres d'amour Hypothèse 2: La servante vient lui apporter une lettre de rupture -écrire la lettre de rupture que vient de recevoir la jeune femme -faire répondre la jeune femme à la lettre de rupture pour reconquérir le cœur de l'être aimé
SUSPENDRE L'ENVOI DES LETTRES PAR PRÉCAUTION Élise C., 4ème Braque
 Alexis F., 4ème Alberti
 Laure M., 4ème Alberti
 Léna F., 4ème Braque
 Fabien Z., 4ème Braque
LETTRES DE RUPTURE
 Assif B., 4ème Braque
 Oïhan I, 4ème Alberti
 Percy T., 4ème Alberti
 Raphaël D., 4ème Braque
 Jean Manuel M., 4ème Alberti
 Yannis F., 4ème AlbertiLETTRE DE SUPPLICATION Bérin B., 4ème Alberti Les autres lettres seront publiées à la rentrée!
Compte-rendu du spectacle "Hold on"
Le Jeudi 7 Février, les 4èmes Alberti et Braque se sont rendus au théâtre du Centre culturel Jean Vilar pour voir un spectacle en lien avec leurs lectures sur la critique des conditions de travail chez Zola et Hugo. Ce spectacle leur a permis également de s'interroger sur les jeux de scène: gestuelle, son et lumières. Après avoir pris étudié quelques documents en lien avec la pièce (article du Monde sur les pratiques de France Télécom, témoignage d'une téléopératrice, les chiffres de la souffrance au travail), chaque élève s'est mis dans la peau d'un critique de théâtre pour rendre son compte-rendu de la pièce.
Présentation de la pièce par la compagnie: HOLD ON se passe sur une plateforme téléphonique. Les employés sont observés, écoutés et notés. Ils doivent suivre le script à la lettre, se battre pour la prime et même tricher pour être bien vus. Qu'ils soient managers, téléopérateurs ou directeurs, tous sont pris en tenaille par l'absurdité des nouvelles organisations du travail. Y a-t-il une réelle différence entre le prolétariat d'antan et ce nouveau prolétariat soumis à des cadences infernales ? HOLD ON montre avec cruauté les conditions de travail qui se durcissent, un système managérial qui infantilise les salariés et interroge de manière grinçante notre terrible besoin de reconnaissance.
Bonjour mes chers auditeurs. Aujourd'hui, je vous présente le spectacle « Hold on » qui se donne actuellement au théâtre Jean Vilar de Champigny-sur-Marne dans une mise en scène d'Anne Astolfe. Sur scène : uniquement trois acteurs qui endossent plusieurs rôles dans une société qui emploie des téléopérateurs pour prendre des rendez-vous de mutuelle santé. Le décor était simple : trois bureaux et trois chaises. Passons maintenant au vif du sujet : les conditions de travail présentées. Et bien, mesdames, messieurs, je suis outré de ce que j'y ai vu : compression des effectifs, compétition entre salariés, aucune liberté dans l'entretien téléphonique avec le client, la pression des « supercoach », les « open space » impersonnels... Je trouve cela inadmissible de faire subir un tel traitement à des êtres humains. Et ce que j'ai le moins supporté est de constater que les employeurs géraient leurs salariés comme des enfants. Ceci étant dit, la pièce a le mérite de dénoncer ces faits avec humour. Alexis F., 4ème Alberti Il y a quelques jours, plus précisément le Jeudi 7 Février, je me suis rendu au théâtre Jean Vilar de Champigny-sur-Marne pour voir le spectacle « Hold on ». Ce spectacle traite des difficultés du métier de téléopérateur. Les bureaux étaient très serrés : lorsque les téléopérateurs étaient en ligne avec un client, ils devaient hausser la voix pour se faire entendre. Dans ces conditions, difficile de se concentrer. De plus, les téléopérateurs répétaient tous le même texte et s'appelaient tous Dominique : ce qui prouve que leur patron ne porte aucune attention à leur identité. La pièce montre d'ailleurs un challenge stupide instauré par leur patron: à chaque appel aboutissant à un rendez-vous, les employés avaient le droit de mettre une boule sur un sapin et l'employé qui l'avait le plus décoré avait le droit de le mettre sur son bureau. Personnellement, j'ai bien aimé la pièce : elle m'a appris de nombreuses choses sur le travail de téléopérateur, ses difficultés et ses humiliations. Cette pièce était d'ailleurs comique et j'ai beaucoup ri : je vous conseille d'aller la voir. Damien P., 4ème Alberti
Jeudi 7 Février, je suis allé voir une pièce de théâtre intitulée « Hold on ». Très peu de décor : trois bureaux pour les trois acteurs, le reste était plongé dans le noir, libre à l'imagination ou pour créer une atmosphère lugubre. La pièce est jouée de façon à faire rire le public mais aussi pour lui faire prendre conscience des difficultés et des incidents provoqués par le travail. Cette pièce veut nous montrer les pressions et les humiliations que subissent les employés. Cette pièce cherche à nous montrer l'envers du décor : les souffrances engendrées par le travail : maux de dos, dépression, alcoolisme, suicide... J'ai donc trouvé cette pièce très concluante : elle ouvre les yeux sur ce qu'est le travail de téléopérateur. Gaspard O., 4ème Braque La compagnie « Le Laabo » a créé le spectacle « Hold on » qui présente le travail de téléopérateur. Comme nous avons pu le voir, ce travail rend fous les employés car ils doivent répéter ces centaines de fois les mêmes phrases. Ils sont en plus tout le temps sous pression car ils sont toujours sous la surveillance d'un supérieur. Enfin, ils peuvent connaître des troubles musculo-squelettiques suite à leurs mouvements répétés. Parlons maintenant de la mise en scène : Anne Astolfe a choisi un décor simple de trois bureaux, éclairés quand il faut les mettre en valeur. Elle fait parler et bouger les acteurs de manière synchronisée afin de montrer le caractère automatique de leurs actes, ils sont comme des robots. L'humiliation des employés est traitée quand par exemple l'une des salariés s'est retrouvée en sous-vêtements juste pour garder le sapin qu'elle venait de remporter et qui prouvait aux yeux de sa hiérarchie qu'elle est la meilleure téléopératrice de l'équipe. On voit que les salariés tombent dans la dépression et sombrent dans l'alcool. J'ai aimé cette pièce car elle est originale et traite d'un sujet d'actualité. Parfois cependant certaines scènes étaient un peu trop répétitives mais je suppose que c'était pour mieux insister sur cet aspect du travail. David C., 4ème Braque Le spectacle « Hold on », inspiré de faits réels, critique les abominables et mauvaises conditions dans lesquelles travaillent les employés de « MCRA France ». La pièce critique la pression des supérieurs sur les employés mais aussi l'humiliation infantilisante infligée à ces derniers. La mise en scène d'Anne Astolfe était très caractérisée : des jeux de lumière étaient mis en place et pour introduire les personnages, changer de scène ou encore mettre en valeur un objet. Pour insister sur la ressemblance avec des automates, les acteurs jouant les téléopérateurs répétaient une gestuelle synchronisée. Cette pièce avait en plus l'avantage de comporter des passages comiques qui pouvaient faire rire le public mais aussi lui faire oublier quelques instants les mauvaises conditions de travail des employés. J'ai apprécié cette pièce qui était comique et assez réaliste. Vincent H., 4ème Braque Le Jeudi 7 Février 2013, la pièce de théâtre « Hold on » , créée par la compagnie LE LAABO, a été jouée au théâtre Jean Vilar de Champigny-sur-Marne. Cette pièce présente les conditions de travail sur une plateforme téléphonique de la société « MCRA France ». Dès les premières minutes du spectacle, on observe que les téléopérateurs répètent sans arrêt un même texte texte à la virgule près, ce qui installe très vite de la pression et de la confusion. Un passage clef est celui de l'entretien à cause des « minutes » : ce passage nous montre l'exigence et la pression qu'instaurent les supérieurs sur les salariés, à savoir qu'il ne faut pas perdre une minute d'appel. L'humiliation est aussi représentée dans l'épisode du « challenge du sapin » qui permet au téléopérateur qui passe le plus d'appels de pouvoir décorer un sapin puis de l'emporter. Ce challenge infantilise et donc humilie les salariés. En conséquence, les dépressions et autres maladies du travail se manifestent, affaiblissent et démotivent les salariés. Pour finir, quelques mots sur la mise en scène d'Anne Astolfe que j'ai trouvée judicieuse : elle nous permet de nous immerger dans les bureaux, le jeu des sons rend bien la sensation de bruit et de vacarme qu'on peut imaginer dans des « open spaces ». J'ai donc apprécié cette pièce car elle est immersive, elle permet de nous rendre compte des difficultés de ce travail et des conséquences d'une pression importante. Des touches comiques ont réussi à rendre cette pièce drôle. Raphaël D., 4ème Braque
Avis express Pour la mise en scène Anne Astolfe a beaucoup joué sur les musiques et la lumière afin de souligner les émotions des personnages. Elle a aussi soigné les gestes des personnages pour montrer à quel point ils se comportent en automates. Djibril S., 4ème Alberti Le choix de la mise en scène avec la position des bureaux très serrés montre le manque de place. La musique forte et angoissante accentue le stress. Et quand tous les téléopérateurs parlent en même temps pour répéter la même chose cela donnait mal à la tête. Oïhan I., 4ème Alberti J'ai tiré comme conclusion de cette pièce que le métier de téléopérateur n'est pas seulement le fait de s'asseoir et de répondre au téléphone : ce métier est organisé de telle manière qu'il peut entraîner des maladies spéciales ou même amener au suicide. Pacifica MB., 4ème Braque Le travail de téléopérateur est un travail très stressant, ce n'est pas un travail libre. J'ai beaucoup aimé ce spectacle que j'ai trouvé très comique mais en même temps désespérant. Nawel M., 4ème Alberti Ce travail peut vous causer de très lourdes conséquences : à force de toujours répéter la même chose, les téléopérateurs perdent la mémoire. La pression est telle qu'elle peut provoquer un AVC... Nolwenn C., 4ème Alberti Pour finir, la souffrance morale: il y a par an 1000 tentatives de suicide sur les lieux de travail ! Dans la pièce, l'un des personnages buvait de l'alcool à son bureau ce qui démontre bien qu'elle est à bout de nerfs à cause de son travail. Assif B., 4ème Braque
Ô rage! Ô désespoir!.... Parodier un monologue tragique
Après avoir étudié plusieurs extraits du Cid de Corneille, les élèves se sont essayés à parodier le célèbre monologue durant lequel Don Diègue déplore sa "vieillesse ennemie" qui l'empêche de rétablir son honneur.
Le travail d'écriture s'est déroulé en classe durant trois séances: -une première séance d'écriture au brouillon où les élèves ont cherché un sujet de lamentation comique puis se sont imprégnés de la syntaxe des vers de Corneille. -une seconde séance de remédiation principalement axée sur l'enrichissement du vocabulaire. -la dernière séance consistait à la réécriture du premier jet en tenant compte des améliorations proposées.
Le texte initial
Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? Mon bras qu'avec respect toute l'Espagne admire, Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire, Tant de fois affermi le trône de son roi, Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ? Ô cruel souvenir de ma gloire passée ! Œuvre de tant de jours en un jour effacée ! Nouvelle dignité fatale à mon bonheur ! Précipice élevé d'où tombe mon honneur ! Faut-il de votre éclat voir triompher le comte, Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte ?
Le Cid, Acte I, scène 4
Parodies d'élèves Ô puberté ! Ô crise d'adolescence ! Ô boutons d'acné ! Ne devons-nous grandir que pour voir notre visage s'altérer ? Et ne suis-je pas déjà assez déparée par des rails sur les dents Que pour en plus mener des travaux guerriers sur mon front ? Mon sourire, qui rendait aveugle la moitié de la France, Mon sourire que partout j'arborais avec confiance, Se cache désormais victime de barbares anneaux. Ô cruel souvenir de ma tranquillité passée ! Tant de jours glorieux en un jour effacés ! Faut-il passer ma vie à scruter les modifications de mon âge Et minutieusement les traquer ou à jamais les conserver ? Laurie Ch., 4ème Alberti

Ô collège ! Ô bâtiment ennemi ! Ô fatal ennui ! Ne suis-je donc en vie que pour m'ennuyer dans ce lieu maudit ? Et ne suis-je condamnée à rendre des travaux harassants Que pour en plus les voir évalués défavorablement ? Mes jambes, qui chaque matin doivent me conduire là-bas Mes jambes, qui tant de fois ont souhaité s'éclipser de là Tant de fois se sont impatientées sous la table Sont désormais soumises et ne font rien pour moi. Ô cruel souvenir de ma couette parfumée ! Repos de belles nuits dès l'aube saccagées ! Sept heures de supplice en une seule journée ! Faut-il que je me fasse par le docteur arrêter Pour ne plus souffrir la journée et rester au lit avec volupté ? Laure M., 4ème Alberti Ô collège ! Ô prison ennemie ! Ô matières pénibles ! N'ai-je donc tant étudié que pour échouer face à des contrôles imprévisibles ? Et n'ai-je passé tant de nuits blanches à potasser l'arithmétique Que pour voir mes notes sombrer en travaux pratiques ? Mon bras, avec lequel je tenais mon stylo préféré Mon bras, qui me soutenait lors des interrogations notées Se retrouve à chaque fois ankylosé et ne fait rien pour moi ! Ô cruel souvenir d'appréciations encourageantes ! Œuvre de tant de jours d'études en un jour effacée ! Nouveau contrôle fatal à ma moyenne ! Nouveau bulletin entâché de pâles résultats ! Faut-il être un génie pour réussir Ou accepter la médiocrité et du statut de cancre se contenter ? Fabien Z., 4ème Braque
Ô épinards ! Ô légumes ennemis ! Ô goût abominable ! N'ai-je donc pas assez vu votre détestable couleur sur la table ? Et ne suis-je obligée de vous ingurgiter Que pour mieux vous régurgiter ? Ma bouche, qui apprécie tant les mets délicieux Ma bouche, qui tant de fois vous a trouvés nauséabonds Tant de fois a cru expirer face à votre goût hideux Ne peut rien entreprendre pour vous rendre bons ? Ô dégoût inexorable ! Je vous abomine dès que je vous vois sur la table ! Comment vous effacer de mon existence Pour me sustenter sans souffrance et éviter votre malchance ? Gloria M., 4ème Braque
Ô gastro ! Ô maladie épouvantable ! Ô déjections abominables ! Ne suis-je né que pour souffrir cet état d'harassement? Et ne puis-je me défaire de cette pâleur déplorable Qui résulte de l'ingestion de remèdes abominables ? Les miasmes, qui tant de fois ont empesté ma chambre Les miasmes, qui tant de fois ont ébréché mes pots de chambre Tant de fois ont suffoqué mes servantes Trahissent à chaque fois mon état et ne me soulagent pas ? Ô cruel souvenir de ma santé passée ! Nouvelle maladie fatale à mon bonheur ! Faut-il dorénavant me passer de toute nourriture Et vivre famélique ou cerné d'ordures ? Abdel H., 4ème Braque
Ecrire un monologue comique
L'évaluation de fin de chapitre des 4ème comprenait l'étude du monologue de Maître Bridaine à la scène 2 de l'Acte II de On ne badine pas avec l'amour de Musset que les élèves ont lu en œuvre intégrale.
Dans cette scène, le curé se lamente avec une emphase comique d'avoir perdu la meilleure place... à table!
Les élèves avaient également durant l'évaluation à produire un travail d'écriture d'une dizaine de lignes dont le sujet était le suivant : Bridaine se rend ensuite à la chapelle pour prier Dieu de chasser son rival Maître Blazius. Ils devaient produire un monologue comique qui reposait sur le décalage entre le ton employé (imitation du registre tragique : rythmes, exclamations variées, figures de style, vocabulaire soutenu) et le propos (pouvoir boire et manger à volonté).

Mon Dieu, je vous en supplie ! Sauvez-moi de cet enfer ! Tous les plats me parviennent désormais gelés, tous les verres me sont servis à moitié vides... O seigneur, sauvez-moi ! Rendez-moi cette place que j'ai tant chérie, tant aimée, tant vénérée ! Cet homme a ruiné ma vie, cet homme est une malédiction ! Il n'est qu'un ivrogne sans vergogne, un abject pécheur qui doit brûler ! Je vous en prie, chassez-le loin d'ici que je puisse retrouver mon vénérable fauteuil ! Kenzi A., 4ème Braque O Dieu ! O mon seigneur ! O puissance divine ! Venez à mon secours. Punissez cette félonne personne qui a usurpé ma place à la sainte table ! Châtiez cet âne dévoyé par son acte inique ! Privez-le de son bonheur comme il m'a privé du mien. Je ne suis point un animal pour me contenter de ronger des os à table contrairement à cette personne impure ! Ruinez-le, bannissez-le et surtout rendez-moi ma place ! Je ne veux pas finir seul dans ma cure : épargnez-moi cette souffrance illégitime. Raphaël D., 4ème Braque O sainte église catholique ! Qu'ai-je donc fait pour endurer ces affres ? Si j'ai péché, pardonnez-moi : je suis contristé de constater que ma repentance ne trouve pas grâce à vos yeux. Je ne mérite pas qu'un être vicié s'empare de ma place auprès du baron. Je vous en conjure : chassez le gouverneur de ce château. Je deviens hâve de ne plus pouvoir manger à ma faim. Le gouverneur n'est qu'un scélérat qui ne mérite pas cette dignité et moi je suis votre serviteur zélé. Laissez-moi récupérer ce qui me revient de droit ! Abdel H., 4ème Braque O Dieu ! O puissance suprême ! Je sais combien vous avez la force de chasser cet ivrogne, cette amphore antique, cette cuve emplie de vin ! Je veux parler bien sûr du gouverneur de Perdican, de Maître Blazius. Qu'ai je fait de condamnable pour mériter un si terrible châtiment ? Je vous en supplie, chassez Maître Blazius ! David C., 4ème Braque O Dieu ! O saint divinité ! Je suis éploré, contristé : on a commis une félonie à mon encontre ! Ma place a été cédée à un être factice et délétère. Pourtant, de tout temps, je me suis dévoué pour vous, donné à vous alors que Maître Blazius n'est qu'un buveur et un gros mangeur. Aidez-moi à reprendre ma place ! Amen. Léna F., 4ème Braque Seigneur, entendez ma prière ! On commet des exactions à mon encontre à table et j'ai le devoir de ne rien dire. Comment puis-je accepter que le majordome lui serve le premier verre de Malaga et à moi le dernier ? Comment puis-je me contenter de pattes de poulet alors qu'il s'est gorgé de perdreaux bien chauds, de choux et de carottes ? Accepter tout cela c'est comme être second à Rome, et comme César je me refuse à cela ! O seigneur, exaucez ma prière ! Qu'il se casse une jambe, qu'on lui coupe une main mais que surtout, surtout, il ne réapparaisse plus à table ! Alexis F., 4ème Alberti
Le désespoir de Capulet: écriture d'un monologue tragique
Dans le chapitre consacré aux émotions au théâtre, les élèves ont lu plusieurs extraits de Roméo et Juliette de Shakespeare et ont visionné la version filmique de Franco Zeffirelli (1968).
En travail d'écriture, ils devaient rédiger un monologue dans lequel le père de Juliette se repent d'avoir poussé sa fille à trouver une solution extrême pour échapper au mariage avec Pâris. Le désespoir de Capulet devait se traduire par des exclamations, des interrogations négatives et des figures de style variées (hyperboles, oxymores, antithèses et métaphores). Le vocabulaire soutenu était de rigueur.
CAPULET: Ô, ma douce Juliette, ma tendre enfant. N'aurais-je pas pu résister à mon orgueil fatal qui vous a coûté la vie? Que mon âme soit emportée! Pourquoi n'ai-je pas été plus clément? Dix mille siècles de repentir ne suffiraient à absoudre ce pêché... Que ce jour funeste reste à jamais gravé en ma mémoire! Le jour où ma tendre enfant fut emportée par le vent! Vous, si belle et fragile créature, avez rejoint trop prématurément vous aïeux! J'ai envoyé ma fille au tombeau! Que la mélancolie disloque mon âme! Ô,être subtil et froid, viens! Emporte-moi! Ma propre Fille! Ma chair, mon sang! Envolée! Emporté par les flots du désespoir, je veux me noyer dans les méandres de ma tristesse... Ô ma douce, repose en paix! Pénélope S., 4ème Escher CAPULET: Ô Dieu, pourquoi ? Ma fille est morte et pourquoi? A cause de moi ! A cause de mon fatal et méprisable orgueil! Comment ai-je pu être aussi aveugle? Ô temps! Retourne quelques jours en arrière pour que je ne l'oblige plus à ce funeste mariage qui a causé sa mort! Je suis un épouvantable démon, une vipère, un monstre tout droit sorti des flammes hideuses de l'enfer! Meurtrier de ma propre chair! J 'ai trempé les mains dans mon propre sang! Mon bijou, mon trésor, ma fleur disparue à jamais de ce monde! Dieu, pourquoi avez-vous fait de moi l'instrument de mort de ma propre fille! C'est moi qui aurait dû être banni de cette ville et non Roméo! Je veux mourir. Loïc F., 4ème Braque CAPULET: Ô, que la rage divine s'abatte sur moi, car j'ai poussé ma fille Juliette à la mort! Que je me fasse trancher la tête pour l'avoir poussée à cette extrémité! Pourquoi la nourrice ne m'a-t-elle point révélé que Juliette était déjà mariée? Ô ma Juliette, vous avez rejoint nos ancêtres! Que ma langue se couvre d'ampoules pour avoir poussé le sang de mon sang à se marier avec le Comte Pâris! Que le diable m'emporte! Pourquoi l'ai-je menacée de la chasser de ma demeure? Que la foudre fracasse ma tête en deux! Ma fleur de lys a rejoint Tybalt: malheur sur moi! Rayane H., 4ème Braque CAPULET: Non! Ma fleur de lys! Tu n'es désormais plus qu'une viande pour les vers! Que le diable m'emporte avec lui! Ô, malheur et damnation! Arrière joie! Dorénavant, ni bonheur, ni joie, ni paix ne seront dans mon cœur. Il n'y aura plus que des serpents voleurs d'âmes. Jamais rubis n'avait égalé sa beauté. Elle était mon soleil des dunes, ma perle abyssale, mon diamant taillé par l'amour. Je suis maintenant un homme déshérité par la vie, par l'amour, mais la haine, la tristesse et le désarroi m'ont recruté pour être leur nouveau sbire inconstant. Que la terre se fissure sous mes pieds, qu'elle se referme sur mon corps traître et que mon âme soit sur-le-champ expédiée chez Lucifer! Ma fleur, je vous reverrais bientôt, car je mourrai certainement de honte. Juliette M., 4ème Braque CAPULET: Pourquoi ? Pour quelle raison a-t-il fallu que par ma faute, Juliette, le soleil de ma vie se donne la mort ? Que Satan m'emporte dans les flammes de l'enfer ! Je ne mérite pas de vivre ! Comment ma tendresse paternelle n'a-telle pas mieux compris la chair de ma chair, le sang de mon sang ? Je ne suis qu'un monstre, bourreau de mon propre enfant ! Pourquoi a-t-il fallu qu'elle n'ait pas eu un père digne d'elle ? N'avais-je donc aucun sentiment, aucune pitié, aucun amour envers Juliette ? Satan ! Pourquoi ne m'emportes-tu pas ? Il ne me reste donc plus qu'à mettre fin à mon intolérable existence. Adieu monde de souffrance ! Mike D., 4ème Braque CAPULET: Ô, Désespoir! Que les flammes de l'enfer m'emportent! Si seulement je n'avais pas contraint ma douce Juliette à épouser le comte Paris, elle serait encore à mes côtés. Ah! Que la foudre s'abatte sur ma tête! Ma fille, si vous m'entendez, je suis terriblement navré de mon infâme conduite! Fragile et noble rose fanée trop rapidement, si seulement je pouvais retourner en arrière pour revoir votre magnifique sourire! Et vous Roméo, vous digne jouvenceau, si vous ne vous étiez pas tué pour l'amour, je n'aurais pas non plus votre mort sur la conscience. Mathilde DC, 4ème Braque CAPULET: Ô, pourquoi, pourquoi mon seul et unique soleil s'est-il éteint, pourquoi l'ai-je obligée à se marier avec le comte Paris? Que la peste me tue, que la honte me dévore, jamais plus je ne reverrai ma rose des champs. Ô dieu, je suis pris dans un tourbillon de désespoir! C'est de ma faute si elle est morte et ceci me transperce jusqu'aux tréfonds du cœur mais cela n'est pas une assez lourde pénitence pour ma faute irrévocable et si affreuse. Quelle infamie! Je suis un meurtrier, j'ai tué ma seule fille, mon plus beau trésor et ma plus grande joie et fierté. Merwan N., 4ème Escher
Développer une scène dans une nouvelle
L'une des nouvelles étudiées cette année par les élèves de quatrième est "Un mariage d'amour" d'Émile Zola. L'écrivain reprendra la trame de cette nouvelle pour la développer ensuite dans son premier roman Thérèse Raquin. L'intrigue, très sombre, est la suivante: Jacques et Suzanne s'aiment mais sont trop lâches pour s'exposer à l'opprobre en avouant leur amour. La solution qu'ils trouvent est de supprimer Michel, le mari gênant, en camouflant le meurtre en accident de noyade. Jacques, mordu à la joue par Michel au cours de l'homicide, gardera une cicatrice effroyable. Toutes les précautions sont prises pour ne pas éveiller les soupçons et au bout de dix-huit mois les amants annoncent un mariage approuvé par leur entourage. Lors de la nuit de noces, au lieu de goûter les joies de leur union enfin officialisée, Jacques et Suzanne sont incapables de manifester le moindre geste d'amour. Nerveusement torturés par leurs remords, ils commencent à réaliser que leur amour est devenu impossible. La tension est à son comble lorsque Suzanne refuse catégoriquement d'embrasser Jacques car sa cicatrice l'horrifie. Débute alors une irréversible descente aux enfers au cours de laquelle les époux passent de la peur à la haine pour finalement retrouver l'amour dans un suicide commun.
Simone Signoret et Raf Vallone dans l'adaptation filmique de Thérèse Raquin par Marcel Carné (1953)
Les élèves avaient pour consigne de développer le dialogue entre les époux torturés en s'appuyant sur la formulation elliptique du narrateur: "leurs longs silences étaient coupés par des paroles amères, par des reproches et des plaintes". Les élèves étaient évalués sur plusieurs compétences: -insérer correctement un dialogue au style direct -exprimer avec vraisemblance les émotions des personnages (syntaxe et ponctuation affectives, verbes de parole variés, courts passages narratifs permettant d'indiquer les gestes des personnages) -respecter la cohérence de l'histoire (les propos échangés par les personnages concordent avec la nouvelle).
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Jacques s'avança vers Suzanne, les bras ouverts:« Embrasse-moi, dit-il en tendant la joue où se montraient des marques blanches. - Oh ! non, jamais..., pas là ! s'écria Suzanne qui recula en frémissant, je ne peux pas ! Cette marque sur ta joue, je n'arrive pas à la supporter". Jacques baissa douloureusement la tête. Après un long moment de silence, il reprit: "Je sais Suzanne que nous avons commis un acte horrible mais rappelez-vous que vous n'avez rien fait pour l'empêcher". Suzanne cacha son visage dans ses mains et murmura: "Taisez-vous, je vous supplie... Taisez-vous...". Le silence qui s'ensuivit sembla amplifier le crépitement du feu de la cheminée. Suzanne finalement demanda: "Croyez-vous que nous parviendrons à oublier cette horreur? - Je ne sais pas Suzanne, je ne sais pas...", souffla Jacques tout aussi désemparé. Ils s'assirent de nouveau devant le feu, effrayés et irrités. Zoé T., 4ème Escher
Jacques s'avança vers Suzanne, les bras ouverts:
« Embrasse-moi, dit-il en tendant la joue où se montraient des marques blanches. - Oh ! non, jamais..., pas là !, s'écria Suzanne qui recula en frémissant. Je ne pourrai supporter de poser mes lèvres sur cette marque indélébile de ton crime envers Michel ». Jacques blessé regarda Suzanne avec courroux: « De mon crime? Mais c'était notre idée pour être libres ensemble, balbutia Jacques. Comment oses-tu m'accuser seul de notre acte? » Suzanne désemparée supplia: « Oh, pardonne-moi! Je suis si épouvantée que je ne dors plus. -Moi aussi Suzanne. Plus que Michel vivant, c'est son cadavre qui nous sépare désormais... » Suzanne le regard plongé dans les flammes répétait sans cesse les mots de son époux: « Son cadavre nous sépare ». Elle se tourna soudain vers lui anxieuse: « Que faire alors? ». Jacques s'avança vers sa femme apeurée et la prit par la taille. Il lui murmura: « Mon amour, je t'aime et je ne veux pas te perdre à cause de cet acte monstrueux. Et toi, pourras-tu oublier? » Suzanne se dégagea des bras de Jacques qui l'emprisonnaient et s'assit sur le lit, la tête dans les mains. Elle pleura: « Non, mon amour, jamais je ne pourrai oublier ». Ariane B., 4ème Escher
« Embrasse-moi, dit-il en tendant la joue où se montraient des marques blanches. - Oh ! non, jamais..., pas là !, s'écria Suzanne qui recula en frémissant. - Pourquoi ma Suzanne, pourquoi? Il faut arrêter d'y penser, lui murmura Jacques en s'avançant, la joue couturée toujours tournée vers Suzanne. - Je ne peux pas Jacques... C'est trop horrible!, balbutia-t-elle. - Embrasse-moi donc et passons à autre chose. - Non... T'embrasser serait comme pardonner notre crime et je n'arrive pas à l'oublier". Les époux retournèrent s'asseoir devant le feu. Mais quelques minutes plus tard, Suzanne se releva brusquement et reprocha à Jacques: "Nous n'aurions jamais dû commettre cet acte! Regarde à présent combien nous souffrons davantage que lorsque nous vivions cachés... C'est de ta faute, tu n'aurais pas dû pousser Michel! - Mais c'est pour toi que je l'ai fait, protesta Jacques, pour nous deux, pour vivre enfin ensemble, librement. - Tout est de ta faute, lui asséna-t-elle durement, c'est toi qui craignait le scandale si nous dévoilions notre amour". Jacques restait muet et la regardait d'un air désemparé. Elle reprit: "Tu étais tellement craintif de la réaction de notre entourage, des regards dans la rue posés sur toi... Et tu as préféré le meurtre! - Tu es tout aussi coupable que moi", bredouilla-t-il avant de se servir un verre d'alcool fort pour se calmer. Suzanne partit alors marmonner des mots incompréhensibles mais hostiles dans un coin de la pièce. Et plusieurs fois, ils recommencèrent à s'accuser mutuellement du crime qu'ils avaient commis. Juliette M., 4ème Braque
«Embrasse-moi, dit-il en tendant la joue où se montraient des marques blanches. - Oh ! non, jamais..., pas là !, s'écria Suzanne qui recula en frémissant. -Mais pourquoi donc ?, déplora Jacques. -Cela me rappelle atrocement Michel, ce jour-là, sur cette barque..., répondit Suzanne en éclatant en sanglots. Au bout d'un long moment, elle reprit d'une voix dure: " Je pense que je n'aurais jamais dû te suivre. - Quoi? Que dis-tu?..., s'alarma Jacques. - Je n'aurais pas dû t'écouter! Tu n'es qu'un assassin..., lui asséna-t-elle en s'emportant. - C'est toi la criminelle! s'étrangla Jacques, furieux. Sa colère était si forte que Suzanne apeurée murmura: "Nous devrions arrêter de parler de Michel". De longues minutes s'écoulèrent sans qu'aucun mot ne fut prononcé. Jacques essaya de parler d'amour à Suzanne: "C'est moi maintenant ton mari, aime-moi ma Suzanne!". Elle le fixa avec un désespoir intense: "Je ne peux plus être ta femme!" Et elle courut se réfugier dans une autre pièce. Shankar M., 4ème Escher
Jacques s'avança vers Suzanne, les bras ouverts: "Embrasse-moi, dit-il en tendant la joue où se montraient des marques blanches. - Oh ! non, jamais..., pas là !, s'écria Suzanne qui recula en frémissant. Il se rapprocha mais elle recula davantage. "Embrasse-moi, répéta-t-il d'une voix suppliante. - Non, je ne peux pas... te regarder est déjà un supplice! Je t'en prie ne me fait pas souffrir davantage", implora-t-elle. Jacques se sentant injustement rejeté, explosa: "C'est de ta faute si je l'ai tué, lui lança-t-il les dents serrées. Il ne serait pas mort si tu n'existais pas! - De ma faute! hoqueta Suzanne, offusquée. N'est-ce pas toi l'ami qui venait troubler notre ménage? N'est-ce pas toi le monstre qui l'a noyé?" Soudain elle se repentit de ses mots cruels: " Je suis désolée Jacques mais dès que je te regarde je le revois se débattre puis se noyer sans que personne n'intervienne. Je n'arrête pas de repenser à notre infamie". Elle éclata en sanglots et Jacques, paralysé par la souffrance, n'arrivait même pas à la prendre dans ses bras pour la consoler. Marie B., 4ème Braque
Jacques s'avança vers Suzanne, les bras ouverts: "Embrasse-moi, dit-il en tendant la joue où se montraient des marques blanches. - Oh ! non, jamais..., pas là !, s'écria Suzanne qui recula en frémissant. - Oh, Suzanne! s'exclama-t-il, faites abstraction du passé. Pensez à nous, à notre union tant désirée. Fermez les yeux et embrassez-moi! - Non, Jacques! J'aurais l'impression d'embrasser la hideuse mort... Cette marque est si... si..., suffoqua-t-elle, désespérée. - Mais voyons mon amour, n'est-ce pas ce que nous désirions? Voyez cela comme la trace de notre amour", suppliait Jacques d'une voix tremblante. Suzanne exaspérée s'écria: "Cette affreuse cicatrice devrait représenter notre amour? Oh non, jamais!". Elle ricana amèrement: "Cette marque nous rappelle à chaque instant que nous sommes des misérables assassins Jacques! - Il est vrai Suzanne... Alors, ajouta-t-il terriblement abattu, qu'il en soit ainsi...". Ils s'assirent de nouveau devant le feu, effrayés et irrités.Maël S-L, 4ème Escher
Lettres d'amour
Au chapitre précédent, consacré à l'expression des émotions au théâtre, les élèves avaient lu Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand: la lettre y est la principale adjuvante pour conquérir le cœur de l'être aimé. Au cours du chapitre suivant, consacré au genre épistolaire, les élèves ont lu plusieurs lettres authentiques d'auteurs amoureux: Victor Hugo, George Sand et Simone de Beauvoir. Les élèves se sont donc essayés à leur tour à la rédaction d'une lettre d'amour. Outre le respect des conditions matérielles (enveloppe timbrée correctement remplie, papier à lettre personnalisé, disposition du texte), les élèves devaient réinvestir des procédés lyriques pour toucher le cœur de leur destinataire fictif.
Enveloppes
Juliette M., 4ème Braque Pénélope S., 4ème Escher Kenza P., 4ème Escher
Extraits Asma A., 4ème Braque Lucy S., 4ème BraqueLettres intégralesPour lire les lettres dans un plus grand format, cliquez droit ("afficher l'image")Les fautes d'orthographe n'ont pas été corrigées afin de préserver l'authenticité des lettres. Marie B., 4ème Braque
Laura A., 4ème Braque Mike D., 4ème Braque Ariane B., 4ème Escher Rebecca B., 4ème Braque Pierre S., 4ème Braque Prashan RG., 4ème Escher
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Que le plaisir d'écrire perdure.
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