banniere

L'espace visiteurs

[474] - Travail sur des mises en scène du Mariage de Figaro

Il s’agissait de recenser les mises en scènes intéressantes du Mariage de Figaro de Beaumarchais, et de trouver des idées pour travailler sur la mise en scène lors d’une séquence sur cette œuvre intégrale.
Synthèse mise en ligne par Valentine Dussert.

 

Pour travailler sur la mise en scène

- On peut construire une séquence entière autour de la problématique : « Quelles sont les caractéristiques dramaturgiques du Mariage de Figaro ? » (mécanique d’horlogerie aux nombreuses péripéties, avec changements de lieux, travestissements, quiproquos et jeux de dupes ; scène du procès ; théâtre dans le théâtre...).
- L’étude de l’espace scénique dans la pièce est l’occasion d’un travail intéressant sur la mise en scène.
- Il peut être intéressant notamment de travailler sur la scène du mariage proprement dite, dans laquelle on trouve peu de dialogues, mais de nombreuses didascalies et un travail à mener sur le rôle des accessoires (billet, épingle).
- On peut compléter un travail sur le rapport maître / valet en diffusant des extraits en vidéo (II, 1 - II, 21 - III, 5 - V, 3).
- On peut envisager une séquence croisant les objets d’étude « Mouvement littéraire » (les Lumières) et « le Biographique ». Le film de Molinaro Beaumarchais l’insolent permet de faire le lien entre la biographie de Beaumarchais et le caractère de Figaro (on voit dans le film des extraits du Barbier et du Mariage avec José Garcia dans le rôle de Figaro).
- Si l’on ne dispose d’aucune vidéo, on peut aussi demander à des groupes d’élèves de mettre en scène et jouer de courts extraits, le metteur en scène devant justifier ses choix devant ses camarades.

Mises en scène intéressantes et pistes de travail

- Le téléfilm de Marcel Bluwal est assez réussi (bien que moins brillant que l’adaptation de Dom Juan). Il est servi par d’excellents comédiens : Cassel, Rochefort, Galabru (tous jeunes à l’époque !). Le jeu avec la caméra, qui devient la confidente et remplace le public, est intéressant. Toutefois, l’adaptation date des années 60 et a un peu vieilli. En outre, c’est un téléfilm, donc la problématique de la mise en scène est différente de celle du théâtre.
- Ce téléfilm mérite d’être comparé avec le film de Roger Coggio, dont le début (acte I, scènes 1 et 2) peut faire l’objet d’une étude.
- L’excellente mise en scène de Jean-Pierre Vincent (Théâtre National de Chaillot, 1987) est appréciée des élèves : l’exploitation de l’espace, l’importance des objets, les cachettes qui permettent d’étudier l’œuvre selon différents points de vue... Par exemple, les choix pour le décor de l’acte II plaisent beaucoup aux élèves : un plumard gigantesque surmonté d’un miroir... Voir également ci-dessous une comparaison de cette mise en scène avec l’opéra de Mozart mis en scène par Jean-Louis Thamin.
- Le site Matisse Lettres (de l’équipe de lettres du lycée Henri Matisse de Cugnaux) propose, à partir de sa page consacrée au Mariage de Figaro, des éléments sur les mises en scène de Jean-Luc Boutté (Comédie Française, 1990), Jean-Pierre Vincent (voir ci-dessus), et sur l’opéra de Mozart dans la version réalisée par Daniel Barenboïm et Thomas Langhoff (Staatoper de Berlin, 1999).

Prolongement : mises en scène des Noces de Figaro de Mozart

- Une étude comparative de la pièce de Beaumarchais et du livret de Da Ponte (par exemple I, 1 et 2) peut être l’occasion de passer également des extraits filmés de l’opéra de Mozart.
- Il existe une mise en scène de l’opéra par Peter Sellars.
- On peut trouver également une mise en scène de Jean-Louis Thamin (passée à la télévision en 1993). On peut comparer la fin de l’acte I et le début de l’acte II de cette version avec la mise en scène de Jean-Pierre Vincent (citée ci-dessus) : comparaison intéressante pour le décor, pour les personnages de Chérubin, de Suzanne, du Comte, de Figaro. Par exemple, Chérubin est dans la pièce un gros garçon solide et maladroit, un peu paysan, pas fragile ; dans l’opéra il est joué par une fille frêle et sensible, du coup l’envoi au régiment y est plus cruel dans l’opéra. Le Comte dans l’opéra est brutal, insensible, la représentation est plus révolutionnaire : le peuple de la noce lui jette les fleurs à la figure pour le blesser, alors que dans la pièce le Comte est presque sympathiquement autoritaire et ridicule. Concernant le décor enfin, la pièce accentue le contraste entre la pauvre chambre nue de Suzanne et un luxe splendide chez la Comtesse ; dans l’opéra, ce décor est stylisé, donc presque neutralisé...


Ce document constitue une synthèse d’échanges ayant eu lieu sur Profs-L (liste de discussion des professeurs de lettres de lycée) ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, ce texte est protégé par la législation en vigueur en matière de droits d’auteur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.
Pour tout renseignement : Contact




Corinne Durand Degranges

Professeur certifiée de lettres modernes au collège Jeanne d’Arc à Apt. Elle a travaillé comme pigiste pour le magazine Phosphore, a coécrit La Nouvelle Grammaire du collège (Magnard, 2007) et Le Jardin des lettres 6e et 5e (Magnard 2009, 2010). Elle fait partie de l’équipe de professeurs bénévoles de WebLettres.



- Dernières publications :
[478] - Dénoncer les travers de la société
[466] - Un animal pour représenter une idée
[1093] - Recherche sur le mot cauchie
[451] - Photo urbaine
[426] - Les sentiments parent-enfant









Forum relatif à cet article

  • Le forum est ouvert - 13-03-2006 - par Administrateur

    Vous pouvez à votre tour apporter une contribution à cet échange en proposant des titres, adresses de sites, références bibliographiques voire témoignages qu’il vous semblerait utile de publier en complément de cette synthèse.

    MENTIONS LÉGALES
    Cet espace est destiné à vous permettre d’apporter votre contribution aux thèmes de discussion que nous vous proposons. Les données qui y figurent ne peuvent être collectées ou utilisées à d¹autres fins. Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site. Seront en particulier supprimées, toutes les contributions qui ne seraient pas en relation avec le thème de discussion abordé, la ligne éditoriale du site, ou qui seraient contraires à la loi. Vous disposez d’un droit d’accès, de modification, de rectification et de suppression des données qui vous concernent. Vous pouvez, à tout moment, demander que vos contributions à cet espace de discussion soient supprimées. Pour exercer ce droit, http://www.weblettres.net/index3.php?page=contact.


contact Contact - Qui sommes-nous? - Album de presse - Aider WebLettres - S'abonner au bulletin - Admin


© Copyright WebLettres 2002-2017
Les dossiers de WebLettres sont réalisés avec Spip