mélis-mélos ? mais lis mes mots !

DONNONS LA PAROLE A L'ŒUVRE

Par SaintLuc - publié le lundi 27 avril 2015 à 11:00 dans rencontres avec un auteur et son éditeur

Activités :

- Recherches sur Le ballon de Félix Vallotton pour connaître le contexte de création de cette œuvre (biographique, historique, culturel)

- Ecriture d'un texte qui analyse le tableau (travail préparatoire)


Dans une allée ensoleillée, un enfant porte un chapeau de paille et court vers un ballon rouge. Ses cheveux blonds, son habit blanc sont en mouvement avec la vitesse. Nous n'arrivons pas à dire s'il s'agit d'un garçon ou d'une fille. On voit son ombre au sol, qui le précède et les reflets sombres des feuillages qui le poursuivent avec des formes inquiétantes. Au loin, on distingue deux adultes très éloignés de l'enfant. Cela évoque la séparation du monde adulte de l'univers enfantin. Cette scène est mystérieuse, voire inquiétante. On pourrait interpréter l'éloignement renforcé des deux adultes avec la séparation possible de l'enfant qui est occupé à courir après le ballon. Pour le point de vue, nous avons la sensation de voir la scène d'assez haut comme-si on l'observait d'un parapet. Nous avons donc la sensation d'être dans le parc tout en ayant du recul sur cette scène.

                                                          Valentine Bugnicourt

 

- Ecriture d'un texte pour faire vivre le tableau en donnant la parole au peintre, à un des personnages ou à un spectateur et en créant soi-même une œuvre.  (lettre, poème, dialogue théâtral …)

Les textes produits sont très majoritairement des poèmes. On retrouve là, alors même qu'ils ont été écrits avant la lecture de l'oeuvre, la structure de l'essai de Colette Nys-Mazure consacré au « ballon » de Vallotton qui mêle prose poétique et poésie.

 

Course printanière


Ce jour-là, j'ai voulu prendre mon temps.

Dans les allées du parc, j'ai voulu errer

Et c'est depuis ce banc que j'ai vu cette enfant.

Vêtue de blanc elle courait,

Après son ballon qui s'envolait.

Echappant à la vigilance de ses parents,

C'est une course après la liberté,

Dans un jour ordinaire de printemps.

Une course après l'avenir, après la vie,

Tout part d'un jeu, d'une simple envie,

Ne plus vouloir se séparer

De ce à quoi nous sommes attachés.

Un simple ballon,

Qui finalement peut en dire long,

Rester nous-mêmes

Quand les codes nous en empêchent.

                                                    Romane Lozé

 

Elle jaillit d'une ombre comme surgit la nuit, 

Accourant vers la lumière, 

La petite va vers son ballon rouge primaire, 

Délaissant l'ancien, comme d'ennui.

Elle porte un chapeau jaune canari, 

Une longue robe blanche épurée,

Symbole de sa naïveté

Qui a l'air de rendre la petite d'autant plus jolie.

Deux dames au loin semblent l'appeler, 

Mais elle n'écoute pas, elle préfère s'amuser en cette fin d'été, 

Car aujourd'hui il fait soleil, demain la pluie, 

Tout est éphémère, même à dix ans quand on rit. 

                                                  Margaux Dequecker

 

Insouciance

Je courais après un ballon
Je me fichais de tout le reste
Et même de maman et de ma tante
J'étais libre, heureuse

Je courais, les cheveux au vent
J'étais seule mais j'avais mon ballon
Je jouais, chantais, riais
Et cela me suffisais

Je courais, toujours plus vite
Je pouvais jouer des heures et des heures
A lancer puis rattraper ce ballon
Je m'amusais tellement

Le temps court, lui aussi
L'enfance est finie
Cette période me manque
Si je pouvais encore courir après mon ballon
                                                              Agathe Delatte

 

La liberté

 

La liberté. Le jardin. Mon ballon.

J'ai attendu ce moment toute la journée. Comme tous les jours.

Ma mère et ma tante discutent. Elles me regardent.

Et me trouvent ridicule. Moi. Qui ris. Qui joue.

Qui cours après un ballon. Ridicule.

Ma robe blanche va finir par être tâchée.

Ce sera la raison de notre dispute ce soir. Tant pis.

Aujourd'hui j'ai mis mon plus beau chapeau. Le jaune.

Celui que Papa m'avait offert pour mon cinquième anniversaire.

Depuis qu'il est parti, je ne le quitte plus.

Les immenses arbres projettent une ombre de plus en plus grande.

Elle finira sûrement par me rattraper pour me montrer qu'il est tard.

Que c'est le moment de rentrer.

Ramasser mon ballon et la balle que je viens de trouver.

Elle est rouge. Légère. Bien plus captivante que mon vieux ballon.

Le soleil a fini par disparaître.

Mais il reviendra. Tout comme moi.

Hier. Aujourd'hui. Demain.

Pour mon ballon. La liberté.

                                                                                        Emilie Herlin

 

C'est une petite fille qui court,

Sans trop de raison.

Livrée à elle-même, le souffle court,

Après un ballon.

 

La lumière est attirante,

L'obscurité déprimante.

Le ballon sombre est sans importance,

Le rouge  plein de bienveillance.

 

Les mères ne s'en soucient guère,

De cette aire de jeu dangereux.

Elles parlent de leur problème,

Ne voyant pas les fantômes.

 

Ils sont invisibles, tapis dans l'ombre,

Guettant la moindre blessure de la fillette

Qui court, encore et encore,

Avec son insouciance et une pâquerette.

                                                                          Manon Michot


Petite suite au tableau « Le Ballon » de Félix Vallotton (1899) :

« Ah ! Mon ballon ! Reste ici. Pourquoi l'ai-je lancé si fort ? »

   Pendant ce temps, les deux femmes discutaient au sujet de leurs maris partis à la chasse. Quand elles entendirent un cri perçant, la fillette à la robe blanche venait de se faire enlever par un homme de grande taille à la barbe noire comme du charbon. Les femmes accoururent vers la fillette en détresse. Hélas, il était déjà trop tard ! L'agresseur était déjà loin. Heureusement, les maris des deux femmes venaient de revenir de la chasse, ils attrapèrent l'homme qui lâcha la fillette mais il réussit à se libérer et on ne le revit plus jamais.

                                                                         Léo Diotti

Rêver de liberté

 

Aujourd'hui, je suis lasse de cette sécurité,
Celle que vous m'imposez.
Je ne fais que rêver.
Rêver de liberté.

Jouer, m'amuser, m'échapper,
Ce sont mes plus grands souhaits.
Laissez-moi m'en aller,
Rêver de liberté.

Écrire, lire, étudier,
Être toujours obligée.
Je n'ai qu'une envie, c'est de rêver.
Rêver de liberté.
                                     Coline Gernez

 

Une ombre ensoleillée, une sombre journée

 

Petite fille joyeuse, sautillant dans les prés,

Insouciante et rêveuse, sous le soleil cuisant,

Elle rit aux éclats, en contemplant ses parents,

Se précipitant, vers le ballon à l'orée de la forêt,

 

Petite fille malheureuse s'enfuyant vers le pré,

Soucieuse et peureuse sous le soleil cuisant,

Elle pleure, elle sanglote en échappant à ses parents,

Se précipitant, vers le ballon, et s'évadant d'une lueur sombre à l'orée de la forêt.

                     


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