Journal de Pauline
Le 18 Septembre 1832

Cher journal,
Aujourd'hui comme hier Raphaël est rentré fatigué et tout sale.
Le pauvre garçon a tout perdu. Il n'a plus les moyens de sortir bien habillé.
J'aimerais tant pouvoir mieux l'aider.
Maman dit que papa reviens bientôt avec assez d'argent pour nous faire vivre bien mieux.
J'en suis réjouit pour Raphaël car je pourrai enfin l'aider convenablement.
C'est un si gentil homme. Il m'a tout appris et grâce à lui je suis très instruite.
Maman trouve l'étudiant du numéro 7 très séduisant mais je n'ose pas lui dire que j'aime Raphaël.
Le pauvre... Son regard suffit à raconter sa malheureuse vie. Il me ferait presque oublier la mienne.
Sa voix... Je me perds dans ses mots quand il essaye de m'apprendre quelque chose.
Il est charmant et malgré sa fierté il a un bon coeur.
J'ai très envie de le serrer dans mes bras et de l'embrasser.
Je n'oserais pas... Il est comme un frère... Mais je l'aime!!!
Je ne sais plus....

Vendredi 30 Janvier
Cher journal,
je trouve Raphaël de plus en plus beau. Il a des cheveux d'un blond si pur ! Il avait une voix qui vous
fait remuer le coeur...Attends, mais qu'est-ce que je dis ? Raphaël je l'aime, oui mais comme un frère !
Il m'a appris tant de choses, le dessin, la grammaire. Seule ma mère ne s'en rend pas compte. Mais je
sais que dans quelques temps, quand je serai parfaitement instruite, je pourrai donner des leçons et avec
ma mère nous deviendrons enfin riche !
Je me pose quand même une question. Pourquoi quand j'essaie de regarder Raphaël, pour lui
montrer ma sympathie, celui-ci esquive mon regard pour prendre congé de la pièce où je me trouve.
J'eus cette même impression quand j'apportai une lettre de Foedora. Mais je compris pourquoi il ne
m'accordait aucun regard. Raphaël ne m'aimait pas comme moi je l'aimais. Oui je l'aime ! Depuis le
premier jour. Mais quand il me dit qu'il n'épouserait jamais une femme pauvre, je montrais une vive
émotion qui laissa tout entendre. Je n'en voulais pas à Raphaël. Tu veux savoir pourquoi ? Je savais
que bientôt je serai riche. Autant que Foedora.
A toi mon cher confident, Pauline.
Journal de Pauline
Cher journal,
Aujourd'hui je vais te parler de Raphaël. Ô quel pauvre homme ! Il souffre tellement et cela m'attriste au plus haut point. Je vois bien qu'il n'aime pas sa vie misérable et difficile, mais qui pourrait aimer cela ? Il est vraiment très courageux de supporter toutes ces souffrances et de nombreuses personnes devraient prendre exemple sur lui ! D'ailleurs je ne le vois jamais se plaindre et je suis sûre qu'au fond de lui il en aurait bien envie, mais c'est un homme courageux qui se refusera toujours de parler de ses maux. J'admire tellement ce côté de sa personne !
Il est si important pour moi... Il m'a appris tant de choses et c'est grâce à lui que je peux écrire cette lettre ... Par contre, je n'aime pas le fait qu'il fréquente cette comtesse. Je sais qu'elle est mauvaise et qu'elle se joue de lui. Je pense qu'elle occupe trop son esprit et je vois très bien que cela le torture ... Si seulement il ne pensait plus à elle ! Pourquoi ne s'intéressait-il pas à une fille comme moi ? Ô je ne devrais pas penser comme cela ! Je sais que Raphaël me considère comme une s½ur et que je devrais faire pareil ... Mais malheureusement je ne peux pas m'en empêcher, cela est plus fort que moi. Oui je l'avoue, j'aime Raphaël comme on aime un amant et ce n'est pas bien. Tout cela me fait tellement souffrir mais je sais que je dois quand même repousser mes sentiments envers lui, pour le bien de tout le monde...
Ta chère Pauline.