LE PLAISIR DU TEXTE

La flûte

Par Elève - publié le vendredi 22 novembre 2013 à 09:22 dans Nouvelles fantastiques 4ème
J'étais arrivé à la gare de Strasbourg et comme je m'y attendais, les gouttes tombaient sans discontinuer. Les rares citadins qui osaient sortir par ce temps, marchaient vite, pressés de rentrer chez eux. La voiture de mon ami M. Marchal chez qui je me rendais m'attendait et le chauffeur qui ne me connaissait pas et à qui on avait donné peu d'informations sur ma personne essayait désespérément de me reconnaître dans la foule. Je me dirigeai d'un pas assuré vers la voiture que j'avais reconnue, mettant fin au tourment de son propriétaire. « Vous êtes le chauffeur de M. Marchal je suppose ? -Effectivement. Monsieur n'a pas pu se déplacer. Je vais vous conduire au château qui est à une dizaine de kilomètres de la ville. » Le voyage fut court et agréable. En bon Parisien que j'étais, je m'émerveillais de toutes choses devant lesquelles je passais.Je fus accueilli par mon ami et sa femme, tout deux vifs et de conversation intéressante. Je passerai sur les détails de la soirée qui fût certes agréable mais assez banale. Etant fatigué après le long voyage que je venais de faire, et ne pouvant le cacher, je fus conduit à ma chambre et laissé seul. J'examinai donc la pièce. Simplement meublée, elle comportait un lit de chaîne assez haut couvert de draps d'un rouge sombre. A droite du lit, se trouvait une petite commode blanche à trois tiroirs. Dessus était posé un beau vase dont je ne pouvais déterminé la provenance. Comme meuble c'était tout. Les murs étaient d'un blanc cassé et un seul tableau était accroché au mur. Mais ce tableau était incroyable. Il représentait un homme du sud coiffé d'un turban. Ses habits d'un blanc immaculé contrastaient avec sa peau mate. Ses traits étaient d'une beauté parfaite mais ses sourcils qui se rejoignaient lui donnaient un air mauvais. Et ses yeux ! ses yeux ! semblaient si méchants, si mesquins que je ne pouvais soutenir son regard ne serait-ce qu'une seconde. Je me couchais mais le tableau se trouvant jute devant moi, je ne pus m'endormir. Le silence tomba sur la maison. Minuit sonna, et mon regard se tourna machinalement vers le tableau. Mon sang se glaça dans mes veines. Il me semblait que… Non c'était stupide… Si ! Maintenant j'en étais sûr. Le personnage avait bougé. Il sortait du tableau. Je ne pouvais plus faire un geste. Il sauta à terre. Je fus pris d'une épouvante telle qu'il me sembla que j'allais en succomber. Il retira une flûte de sa poche et commença à en jouer. Au fur et à mesure que la mélodie se dévoilait, ses yeux s'éclaircissaient. Ils devinrent rouges. Toutes les flammes de l'enfer semblaient y brûler. Et mon c½ur battait au rythme de la musique, et ma figure devenait de plus en plus pâle. Tout à coup, mes membres furent libérés et je commençais à danser. Mais danser sans pouvoir m'arrêter. Et la musique accéléra et je m'enivrais à danser et… Je m'évanouis d'épuisement. Je me réveillai le lendemain, allongé par terre dans ma chambre. Personne ne semblait avoir remarqué ma danse endiablée de la nuit. J'avais rêvé. Je me levai glissai ma main dans ma poche et… Je retirai lentement de ma poche… Eva Viegas 4.4

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Travaux d'écriture d'élèves du collège Lamartine à Paris.
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