Et après la première on lira quoi ?

En attendant la photocopie !

Par proflettres - publié le mercredi 16 octobre 2013 à 06:14

PARTIE I :

La question de l'homme dans les genres de l'argumentation du XVIème à nos jours.

Séquence 1 :

S' engager, s'indigner.


Émile ZOLA, « Lettre à la jeunesse », 14 décembre 1897



Éléments pour l'introduction :

1- Mise en contexte : affaire Dreyfus. (voir document distribué)

Il semblerait que Zola réagisse à l'agression d'un Dreyfusard par des étudiants. (cependant, cela apparaît surtout dans la première partie de la lettre)

2- Présentation de l'extrait : Dans cette lettre ouverte, Zola s'adresse directement à la jeunesse et lui demande de s'engager comme l'ont fait ses pères. S'appuyant à la fois sur la raison et les sentiments, l'auteur montre l'espoir qu'il porte dans la jeunesse de France.


LECTURE ANALYTIQUE

QUESTION : Quel rôle Zola confie-t-il à la jeunesse ?

QUESTIONS SECONDAIRES :

  • Quels rapports se construit entre la jeunesse et « ses pères » ?

  • En quoi cette lettre est-elle argumentative ?


REMARQUES :

    • Les caractéristiques de la lettre ouverte.

-situation d'énonciation :

. Zola prend la parole en son nom (emploi de la 1ère personne du singulier l. 1 par ex.)

. et au nom des anciens qui se sont battus, on peut pense qu'il est ici le porte-parole des Dreyfusards (emploi de la 1ère personne du pluriel, l. 3 « nous, les vieux, les aînés » -l'expression est reprise en chiasme à al fin du texte « des aînés, des vieux » l. 41)

. emploi du présent d'énonciation. Il attend une réaction immédiate et parle d'un sujet d'actualité. (bien que cette dernière partie de la lettre puisse prendre une dimension plus large.)

- lettre parue en fascicule : diffusions publique.

- Titre de la lettre implique un destinataire large : la jeunesse.

- Mise en place d'un dialogue comme le prouve le dialogue à la fin du texte. (procédé déjà utilisé dans la première partie de la lettre.


    • Un appel à la jeunesse

- la jeunesse est personnifiée, emploi de la 2ème personne du singulier « tu » : proximité et familiarité.

- apostrophe qui rythme de façon anaphorique le texte l. 1, 14, 23, 32.

Repris par les expressions « jeunes gens » et « étudiants » l. 43.

Zola cherche à construire une relation intime avec la jeunesse afin que celle-ci rejoigne son combat.

- Cet appel à une visée de conseil, qui peut aller jusqu'à l'injonction à s'engager ou la défense.

. emploi de l'impératif : « songe » l. 1, « Souviens-toi » l. 14, « Remercie » l. 20, « Sois humaine, sois généreuse » l. 32, « sois avec nous » l. 32.

. emploi de l'impératif à valeur de défense : « ne commets pas le crime » l. 20.

. « Qui donc si ce n'est toi » l. 29, 39 : questions rhétoriques.

. emploi du conditionnel et de la tournure hypothétique pour l'inciter à ne pas commettre d'erreur. « si l'idée de justice s'obscurcissait en toi, tu irais à tous les périls. « l. 23


    • Zola appuie son discours sur des valeurs essentielles.

- L'importance du travail.

la jeunesse : le travail à accomplir

les anciens : ce qu'ils ont accompli.

« grande besogne » l. 1

« ouvrière » l. 1

« bâtir » l. 7

« effort mis entier dans le travail » l. 9

« la besogne » l. 42

« notre enquête » l. 4

« tâche accomplie » l. 12



La tâche qu'il confie à la jeunesse s'oppose à l'idée de repos, litote désignant la mort, qui est développée à la fin du premier paragraphe. Zola passe le relais.

- La justice.


    • Zola oppose le passé et l'avenir et affirme sa croyance en l'avenir.

- La jeunesse apparaît comme le seul recours : « Qui donc si ce n'est toi ... » l. 29-39. Question rhétorique qui montre le rôle qu'il leur accorde.

« le siècle finissant » l. 3

« le formidable amas de notre enquête » l. 4

« beaucoup de contradictions et d'obscurités » l. 4

« l'effort le plus passionné » l. 5

« ce siècle prochain » l. 2


« l'éclatant soleil » l. 11

Zola insiste sur les qualités des anciens et leurs réussites malgré les difficultés.

Une image positive du futur .

- emploi du futur : la jeunesse va prolonger ses combats.

. futur proche « tu vas » l. 2

. futur simple de l'indicatif « résoudra » l. 2 et « céderons » l. 11 par ex.

- On note la métaphore de la moisson à la fin du premier paragraphe l. 11, qui apparaît comme correspondant tout à fait à la doctrine de Zola. (il est d'ailleurs en train d'écrire ou de faire des recherches sur les romans de son dernier cycle Les 4 évangiles.)

- Il termine son texte par un dialogue dans lequel la jeunesse se met en marche.


    • Une image idéalisée de la jeunesse

- Il brosse un portrait très valorisant de la jeunesse (alors qu'il lui faisait e nombreux reproches dans la première partie de la lettre).

On peut relever les différentes qualités ou valeurs qu'il lui attribue : « vérité et équité » l. 3, « ton honneur »l. 7, « ton bonheur » l. 7, « généreuse » l. 8, « libre d'esprit » l. 8, « amour de la vie » l. 9, « ton enflammée passion du droit » l. 29.

- Il l'appelle à se mobiliser en se comparant de façon antithétique à elle : « toi qui n'est pas encore engagée dans nos luttes ... » l. 30.


    • Il rappelle les droits acquis par les anciens et dont profite la jeunesse. (2ème §)

- liberté d'expression

- liberté de la presse

- liberté de déplacement.

- ses droits ont été acquis durement 

- champ lexical du combat : « batailles » l. 15, « vaincre » l. 15, « conquérir » l. 15 ; « leur sang » l. 18, « battre » l. 19

- On remarque le recours aux tournures négatives l. 18-20 qui montrent justement que la jeunesse ne s'est pas battue encore. Il insiste sur leurs acquis, afin de mieux les inciter à réagir. (et peut-être pour s'opposer aux manifestations de jeunes antisémites dont l'article fait part dans sa première partie.)


    • Il met en garde la jeunesse

- contre la dictature :

. « tournure hypothétique « si ... » l. 23

. « ne commets pas » l. 20-23

. rythme ternaire l. 21-22.

IL s'agit pour Zola de dévaloriser le camp opposé de façon à ce que la jeunesse ne se tourne pas vers eux, voire s'en détourne.


    • Il cherche à persuader la jeunesse de s'engager.

- En la flattant.

Il imagine le tempérament des jeunes :

. idéal chevaleresque.

. désir de répondre à « cause dangereuse et superbe » l. 40

. désir d'aventure, le terme est répété l. 28 et 39.

C'est une image positive et idéale, peut-être même peut-on déceler un peu d'ironie de la part de Zola.

- En faisant appel à sa compassion.

La cause qu'il l'invite à défendre est caractérisée par la souffrance qu'elle provoque : « un peine incroyable » l. 33 ; « la poitrine se serre, les larmes coulent des yeux » l. 35, « qui pleures encore » l. 36, « toutes les misères, toutes les pitiés » l. 37.

Cette capacité de la Jeunesse à s'émouvoir s 'oppose à l'insensibilité des « Gardes-chiourmes » l. 35.

- Il cherche à lui faire honte.

On peut opposer les lignes 40-42 au premier § où il apparaissait comme confiant dans l'avenir incarné par la jeunesse.



Éléments pour la conclusion

Cette lettre est un appel direct de Zola à la jeunesse pour l'inciter à s'engager du côté des Dreyfusards. On sent à quel point Zola est encore confiant et combien il se donne pour rôle de guider les jeunes vers une prise de conscience. // avec Hessel !!! [Rq : C'est à travers l'affaire Dreyfus que va naître la notion d'intellectuel. ]


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Parce que la classe de français en première c'est beaucoup de travail, beaucoup de révisions, n'oublions pas que la littérature c'est avant tout découvrir le monde par le rapport aux livres, s'ouvrir à autre chose.
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