En attendant la photocopie !
PARTIE I :
La question de l'homme dans les genres de l'argumentation du XVIème à nos jours.
Séquence 1 :
S' engager, s'indigner.
Émile ZOLA, « Lettre à la jeunesse », 14 décembre 1897
Éléments pour l'introduction :
1- Mise en contexte : affaire Dreyfus. (voir document distribué)
Il semblerait que Zola réagisse à l'agression d'un Dreyfusard par des étudiants. (cependant, cela apparaît surtout dans la première partie de la lettre)
2- Présentation de l'extrait : Dans cette lettre ouverte, Zola s'adresse directement à la jeunesse et lui demande de s'engager comme l'ont fait ses pères. S'appuyant à la fois sur la raison et les sentiments, l'auteur montre l'espoir qu'il porte dans la jeunesse de France.
LECTURE ANALYTIQUE
QUESTION : Quel rôle Zola confie-t-il à la jeunesse ?
QUESTIONS SECONDAIRES :
Quels rapports se construit entre la jeunesse et « ses pères » ?
En quoi cette lettre est-elle argumentative ?
REMARQUES :
Les caractéristiques de la lettre ouverte.
-situation d'énonciation :
. Zola prend la parole en son nom (emploi de la 1ère personne du singulier l. 1 par ex.)
. et au nom des anciens qui se sont battus, on peut pense qu'il est ici le porte-parole des Dreyfusards (emploi de la 1ère personne du pluriel, l. 3 « nous, les vieux, les aînés » -l'expression est reprise en chiasme à al fin du texte « des aînés, des vieux » l. 41)
. emploi du présent d'énonciation. Il attend une réaction immédiate et parle d'un sujet d'actualité. (bien que cette dernière partie de la lettre puisse prendre une dimension plus large.)
- lettre parue en fascicule : diffusions publique.
- Titre de la lettre implique un destinataire large : la jeunesse.
- Mise en place d'un dialogue comme le prouve le dialogue à la fin du texte. (procédé déjà utilisé dans la première partie de la lettre.
Un appel à la jeunesse
- la jeunesse est personnifiée, emploi de la 2ème personne du singulier « tu » : proximité et familiarité.
- apostrophe qui rythme de façon anaphorique le texte l. 1, 14, 23, 32.
Repris par les expressions « jeunes gens » et « étudiants » l. 43.
Zola cherche à construire une relation intime avec la jeunesse afin que celle-ci rejoigne son combat.
- Cet appel à une visée de conseil, qui peut aller jusqu'à l'injonction à s'engager ou la défense.
. emploi de l'impératif : « songe » l. 1, « Souviens-toi » l. 14, « Remercie » l. 20, « Sois humaine, sois généreuse » l. 32, « sois avec nous » l. 32.
. emploi de l'impératif à valeur de défense : « ne commets pas le crime » l. 20.
. « Qui donc si ce n'est toi » l. 29, 39 : questions rhétoriques.
. emploi du conditionnel et de la tournure hypothétique pour l'inciter à ne pas commettre d'erreur. « si l'idée de justice s'obscurcissait en toi, tu irais à tous les périls. « l. 23
Zola appuie son discours sur des valeurs essentielles.
- L'importance du travail.
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la jeunesse : le travail à accomplir |
les anciens : ce qu'ils ont accompli. |
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« grande besogne » l. 1 « ouvrière » l. 1 « bâtir » l. 7 « effort mis entier dans le travail » l. 9 « la besogne » l. 42 |
« notre enquête » l. 4 « tâche accomplie » l. 12
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→ La tâche qu'il confie à la jeunesse s'oppose à l'idée de repos, litote désignant la mort, qui est développée à la fin du premier paragraphe. Zola passe le relais.
- La justice.
Zola oppose le passé et l'avenir et affirme sa croyance en l'avenir.
- La jeunesse apparaît comme le seul recours : « Qui donc si ce n'est toi ... » l. 29-39. Question rhétorique qui montre le rôle qu'il leur accorde.
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« le siècle finissant » l. 3 « le formidable amas de notre enquête » l. 4 « beaucoup de contradictions et d'obscurités » l. 4 « l'effort le plus passionné » l. 5 |
« ce siècle prochain » l. 2
« l'éclatant soleil » l. 11 |
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Zola insiste sur les qualités des anciens et leurs réussites malgré les difficultés. |
Une image positive du futur . |
- emploi du futur : la jeunesse va prolonger ses combats.
. futur proche « tu vas » l. 2
. futur simple de l'indicatif « résoudra » l. 2 et « céderons » l. 11 par ex.
- On note la métaphore de la moisson à la fin du premier paragraphe l. 11, qui apparaît comme correspondant tout à fait à la doctrine de Zola. (il est d'ailleurs en train d'écrire ou de faire des recherches sur les romans de son dernier cycle Les 4 évangiles.)
- Il termine son texte par un dialogue dans lequel la jeunesse se met en marche.
Une image idéalisée de la jeunesse
- Il brosse un portrait très valorisant de la jeunesse (alors qu'il lui faisait e nombreux reproches dans la première partie de la lettre).
On peut relever les différentes qualités ou valeurs qu'il lui attribue : « vérité et équité » l. 3, « ton honneur »l. 7, « ton bonheur » l. 7, « généreuse » l. 8, « libre d'esprit » l. 8, « amour de la vie » l. 9, « ton enflammée passion du droit » l. 29.
- Il l'appelle à se mobiliser en se comparant de façon antithétique à elle : « toi qui n'est pas encore engagée dans nos luttes ... » l. 30.
Il rappelle les droits acquis par les anciens et dont profite la jeunesse. (2ème §)
- liberté d'expression
- liberté de la presse
- liberté de déplacement.
- ses droits ont été acquis durement
- champ lexical du combat : « batailles » l. 15, « vaincre » l. 15, « conquérir » l. 15 ; « leur sang » l. 18, « battre » l. 19
- On remarque le recours aux tournures négatives l. 18-20 qui montrent justement que la jeunesse ne s'est pas battue encore. Il insiste sur leurs acquis, afin de mieux les inciter à réagir. (et peut-être pour s'opposer aux manifestations de jeunes antisémites dont l'article fait part dans sa première partie.)
Il met en garde la jeunesse
- contre la dictature :
. « tournure hypothétique « si ... » l. 23
. « ne commets pas » l. 20-23
. rythme ternaire l. 21-22.
IL s'agit pour Zola de dévaloriser le camp opposé de façon à ce que la jeunesse ne se tourne pas vers eux, voire s'en détourne.
Il cherche à persuader la jeunesse de s'engager.
- En la flattant.
Il imagine le tempérament des jeunes :
. idéal chevaleresque.
. désir de répondre à « cause dangereuse et superbe » l. 40
. désir d'aventure, le terme est répété l. 28 et 39.
C'est une image positive et idéale, peut-être même peut-on déceler un peu d'ironie de la part de Zola.
- En faisant appel à sa compassion.
La cause qu'il l'invite à défendre est caractérisée par la souffrance qu'elle provoque : « un peine incroyable » l. 33 ; « la poitrine se serre, les larmes coulent des yeux » l. 35, « qui pleures encore » l. 36, « toutes les misères, toutes les pitiés » l. 37.
Cette capacité de la Jeunesse à s'émouvoir s 'oppose à l'insensibilité des « Gardes-chiourmes » l. 35.
- Il cherche à lui faire honte.
On peut opposer les lignes 40-42 au premier § où il apparaissait comme confiant dans l'avenir incarné par la jeunesse.
Éléments pour la conclusion
Cette lettre est un appel direct de Zola à la jeunesse pour l'inciter à s'engager du côté des Dreyfusards. On sent à quel point Zola est encore confiant et combien il se donne pour rôle de guider les jeunes vers une prise de conscience. // avec Hessel !!! [Rq : C'est à travers l'affaire Dreyfus que va naître la notion d'intellectuel. ]