Nouvelle réaliste : "rencontre au musée"
Avertissement des auteurs: Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être fortuite.
Rencontre au musée
Déjà deux ans étaient passés depuis leur fructueuse collaboration. Il se souvenait encore de la fois où il s'était rendu au salon du livre. Dominique Tourte l'avait rencontré et lui avait proposé de travailler pour sa maison d'éditions.
Le défi était de taille : décrire un tableau, lui faire vivre une histoire à travers un livre. Lucien Suel l'accepta, la grande aventure éditoriale était lancée. Son premier regard se porta sur le tableau la bénédiction des blés visible au musée d'Arras, mais ce tableau n'entrait pas dans le cadre du format du livre, ils durent trouver une autre œuvre pour une autre histoire .
Dominique Tourte proposa à Lucien Suel un magnifique tableau. Lucien Suel voulut voir l'œuvre pour construire son travail. Quand il arriva à Cambrai où se trouvait le tableau, c'était jour de braderie. Malheureusement l'œuvre avait été prêtée par le musée. Il apprit alors que le tableau était à saint Riquier dans une exposition sur le passage de la vie à la mort. Il ne connaissait pas Cambrai, il décida donc de découvrir la ville . Par dépit, il goûta pour la première fois la spécialité locale, la bêtise de Cambrai et à l'ambiance de la fête du jour.
Il voyagea jusqu'à saint Riquier . Il vit enfin l'œuvre, La retraite de l'aumônier . Il pouvait se mettre au travail avec ses notes et ses premières impressions.
Il lui fallait trouver la forme. Pour lui, l'inspiration était une question de travail et de méthode. Celle qu'il décida d'utiliser reposait sur une structure ternaire. Le nombre trois devait être mis en avant, il le voulait symbolique. Ses idées aboutirent à trois personnages, trois interprétations : il pensa tout d'abord au personnage du tableau , un prêtre du XIX° siècle dont il inventerait le nom et les pensées. Il pensa ensuite à l'auteur du tableau mais il lui fallait pour le troisième personnage quelqu'un qui voyait tout, qui savait tout. L'écrivain décida donc d'utiliser le personnage de Dieu. Les trois personnages en place, quelques mois plus tard,le livre était écrit. Il ne manquait plus que l'accord de la maison d'édition.
La sortie du livre intrigua alors un petit groupe d'élèves du lycée Saint-Luc à Cambrai qui suivaient l'enseignement « littérature et société ». Ils le lurent et rencontrèrent Lucien Suel au musée. Ce fut pour l'auteur une première : il vit l'oeuvre enfin accrochée à sa place et fit pour eux sa première lecture publique.
Elodie Ringot et Pauline Lebrun.