Sur les chemins de la Mémoire | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Voyage en train par MaxenceJe dors, mais plus pour longtemps. Un gendarme rentre dans la pièce où nous sommes enfermés. Il hurle : -Debout ! Vite ! Suivez-moi ! Pas le temps de se demander «pourquoi», nous le suivons. Il nous emmène à la gare de Le Bourget. J'y découvre là alors un train avec en guise de voitures, des wagons à bestiaux. Je comprends alors que l'on va voyager dans des cages comme des bêtes. Les gendarmes nous poussent à l'intérieur.
Le train avance. Je suis avec Maurice, à côté de moi un vieillard étouffe. Il est écrasé par une autre personne contre moi. Je vois cette personne qui essaye de se dégager ; je tente d'en faire autant ; mais trop tard. Le vieillard est mort, il est debout, coincé entre cet homme et moi, sa tête tombe sur mon épaule. Je sens l'urine couler le long de mes jambes tellement j'ai peur de ce cadavre. Maurice ne dit rien. La nuit arrive, je m'endors malgré ce corps sans vie. Le lendemain, deux personnes dans le wagon tentent de s'évader. Il y en a un qui a un miroir pour guetter les Allemands. L'autre a une scie, il perce un trou dans le wagon. Soudain, le train s'arrête brusquement, le seau rempli d'urine et d'excréments se renverse. Des Allemands ouvrent le wagon. Le plus gradé dit : -Sortez tous de ce wagon ! Schnell ! Nous savons que un ou plusieurs d'entre vous ont essayé de s'échapper. Nous sortons tous. Les Allemands nous mettent en ligne. Le plus gradé reprend : -Que les coupable se dénoncent! il attend une réponse. Personne ? Si personne ne dénonce vous serez fusillés sur le champ. Une femme avec un bébé désigne les coupables. L'Allemand avec un sourire démoniaque dit : -Déshabillez-vous puis courez là-bas ! Schnell ! Les coupables se déshabillent puis courent. Un Allemand sort une mitrailleuse. -Fällen Sie ! L'arme crépite. Les Allemands nous font rentrer dans le wagon. Le voyage reprend.
Nous arrivons à une gare. Au loin, on voit des bâtiments. Le train s'arrête. les Allemands nous descendent du train. Ils nous regroupent devant une grande porte. Un officier nous dit: -Les femmes et les enfants de moins de 16 ans à droite, et les autres à gauche. Je vais à gauche, je veux rester avec Maurice. L'officier reprend : -Les femmes et les moins de 16 ans, suivez ces hommes vous allez pouvoir prendre une douche. J'ai un sentiment de regret qui m'envahit, mais je préfère être avec mon frère. -Vous allez maintenant travailler! il me désigne avec Maurice et d'autres personnes, Vous allez travailler dans une carrière. Suivez cet homme. Nous obéissons. Déposer un commentaire { Page précédente } { Page 47 sur 70 } { Page suivante } |
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