Sur les chemins de la Mémoire | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Clémence - Dans les wagonsNous sommes jeudi 20 mai 1942. Des gendarmes Français viennent me chercher, moi et ma mère .Arrivés devant la gare qui se trouve à quelques mètres du camp, je m'effondre en larmes en voyant les wagons. Il n'y en a que cinq et nous sommes cinq cents. Nous rentrons par obligation. Cent par wagon, le trajet sera long.
Entassés les uns sur les autres le manque d'oxygène arrive vite, je transpire, j'ai chaud, j'ai soif, mais rien à boire. La nuit passe, impossible de m'endormir, ma mère a mal au dos, moi aux jambes. Dans notre wagon des gens tombent à cause de la faiblesse et du manque de nourriture. Ma mère et moi tenons le coup pour le moment, malgré l'épuisement qui nous envahit. Le petit matin se lève, toujours aucun arrêt, pas moyen d'uriner dans le wagon, il y a bien un petit seau au milieu de celui-ci, mais je suis assez pudique et ne peux baisser mon pantalon en public. Des gens que je ne connas pas y arrivent, mais à force, le seau déborde. Le sol est rempli d'excréments, nos pantalons sont mouillés, à cause de l'urine qui se trouve par terre. Une odeur épouvantable envahit le wagon. Je ne suis pas le seulà me sentir mal, des gens vomissent, ce qui rend l'atmosphère encore plus irrespirable.Je me contente d'un petit trou que je trouve dans l'angle du wagon pour respirer de l'air pur.
Nous en sommes à notre deuxième jour de voyage, toujours rien à se mettre sous la dent, pourtant nous ne demandons pas grand chose. La nuit tombe, un gars vient de tomber, il est mort . Nous nous piétinons. Le voyage est long et douloureux, je ne sais pas si je m'en sortirai vivant. Au fond du wagon deux hommes essayent de percer l'acier pour s'évader, malheureusement pour eux un gendarme qui a entendu du bruit demande au conducteur d'arrêter le train, le gendarme trouve les gars, deux autres policiers arrivent, ils les fusillent pour les abandonner au milieu de nulle part.
Nous en sommes à notre troisième jour je ne sais toujours pas quand nous allons arriver, j'ai faim, je suis faible, déshydraté, j'ai peur de mourir.
Il doit être environ midi, nous voilà arrivés au milieu de nulle part. Nous sommes accueillis non plus par des gendarmes français mais par des Allemands. A côté de moi un homme demande à un gendarme ce que nous faisons là, et se prend une balle dans le crâne la seconde qui suit sa question. Je me tais, je me crois en enfer.On nous demande de nous ranger par tranche d'âge et par sexe. Je pleure, je ne veux pas quitter ma mère, je n'ai que 14ans. Les femmes et les enfants sont partis à droite nous à gauche, à présent je ne sais guère ce que l'avenir va me réserver. Déposer un commentaire { Page précédente } { Page 48 sur 70 } { Page suivante } |
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