Ses purs ongles très-haut... La Poésie à quoi ça rime ?
Ses purs ongles très-haut ...
Ses purs ongles très-haut dédiant leur onyx,
L'Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore
Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
Aboli bibelot d'inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s'honore.)
Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,
Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l'oubli fermé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor.
Stéphane MALLARME (1842-1898)
Stéphane Mallarmé est un poète français du 19ème siècle appartenant au mouvement de l'art pour l'art. Pendant cette période, les hommes littéraires (romanciers, nouvellistes, poètes...) écrivaient dans un seul but, celui de faire du beau. Ils ne cherchaient donc pas à adresser un quelconque message au lecteur, seulement à produire un chef d'œuvre.
Je trouve ce poème très particulier puisque, comme je l'ai dit auparavant, il ne transporte pas de valeur, le poète n'a pas voulu adresser de message au lecteur. Cependant, je le trouve intéressant car lors de la lecture, la mélodie est agréable douce et harmonieuse. Le poète a donc réfléchi à «comment organiser ses mots pour qu'au final, il y ait une certaine harmonie sonore.
À l'oral, on remarque la présence d'allitérations en «s», «n», «r», «t», et «l» ce qui donne de la légèreté et une certaine fluidité au texte, les assonances en «o», «u», «i», «on», et «an» quant à elles lui donnent de la profondeur. On peut remarquer que Mallarmé a dans son poème une majorité de rimes «alternés» en «yx» et «or». Ses deux sons contrastent, le premier est plutôt rapide tandis que le deuxième est plus long est grave. Ce poème est composé en alexandrins, ce qui donne de la rythmique. Tout est ainsi calculé pour que la lecture soit douce, agréable, fluide, rythmée... On a l'impression que les mots s'enchainent naturellement, c'est très délicat et c'est ce qui constitue, je crois, le lyrisme poétique. Avec les jeux de répétitions de voyelles et de consonnes, et avec sa musicalité, le poème de Mallarmé pourrait même être chanté.
Je trouve astucieux de se concentrer sur les sons et non sur le sens car cela montre que la poésie est une forme d'art, qu'un poème est une chef-d'œuvre et que le poète veut créer du beau. Ici la poésie permet au lecteur d'oublier en étant séduit par sa mélodie.
La Poésie est, comme toute forme d'art, un moyen d'expression, moyen par lequel le poète va adresser un message, engagé ou non, codé ou pas, au lecteur. A travers le lyrisme de la Poésie, l'artiste peut prendre certaines libertés et critiquer plus aisément les mœurs de son époque. Elle peut également permettre de préserver des mythes, légendes ou évènements historiques de manière plus délicate ; elle peut aussi relater un passé plus proche, celui de l'auteur : le poète. La Poésie peut encore être un moyen de célébration qui peut glorifier l'homme, souligner la beauté de la nature... La Poésie est un jeu d'exploration, elle veut refaire le monde ou le faire découvrir au lecteur ; elle traite alors de voyages, de découvertes fascinantes... Enfin, je dirais que la Poésie est inventive. En effet, elle joue beaucoup sur les mots, sur le langage et montre ainsi leurs sens et la richesse de la langue.
Pour terminer, je pense que la Poésie est un art qui «touche à tout», qui traite de nombreux sujets, parfois très différents les uns des autres (la guerre, la paix, la nature, l'homme, la nature, la misère, la richesse...). Chacun peut lire de la Poésie pour s'instruire, se détendre, se divertir ou encore passer le temps...