Critique de "La Ferme des concombres"
La pièce de Patrick Robine, La Ferme des Concombres m'a paru difficile à comprendre, sans connaître l'histoire au préalable. L'absurde, qui revient à plusieurs reprises dans le spectacle n'a surement pas joué un rôle anodin. En effet, ce genre m'est peu commun et je ne l'avais jamais vu en scène, ne facilitant pas mon adaptation. Ce fut par exemple le cas lorsque le comédien évoqua la naissance d'Elvis Presley. Ainsi, je n'arrivais pas à différencier les scènes-clés du voyage, des scènes qui relevaient purement de l'absurde.
Tout d'abord, il était question de nombreux « sujets » dans cette pièce. Cependant Patrick Robine interprétant les différents personnages, j'ai eu du mal à reconnaître le rôle de chacun : La mère et la tante de « Patou » étaient-elles la même personne ? De même, je n'ai réussi à faire la différence entre les personnes que « son père » emmène et celles qu'il rencontre en chemin.
De plus, divers lieux ayant été cités, je n'ai pas su quand le groupe était en ville, au beau milieu du désert, vers des lacs, à la ferme des concombres ou si même il y était réellement allé.
Le comédien a évoqué également plusieurs dates mais j'ai eu du mal à me repérer dans le temps et plus particulièrement dans les différents moments de la journée : La petite troupe a-t-elle vraiment marché la nuit et dormi le jour au cours du voyage ?
D'autre part, le décor n'a fait que renforcer mon interrogation : je n'ai pas compris la soudaine projection d'un désert, ni la présence du tas de sable. La symbolique m'aurait-elle échappé ? En revanche, le jeu de lumière mis en valeur le comédien tout au long du spectacle. De ce fait, mon regard ne fut attiré que par Patrick Robine, m'évitant de décrocher complètement.
Par ailleurs, le comédien semblait maîtriser son texte et le vivre : il m'a paru très à l'aise, bougeait bien dans l'espace et se déplaçait naturellement. J'ai trouvé les imitations et les bruitages de Patrick Robine, telle la fermeture-éclair de la tente, très pertinents, de même que ses pas de danse en musique. Les nombreux jeux de mots m'ont aussi beaucoup plu : ce comique de gestes et de mots apportait une touche supplémentaire au spectacle.
J'ai donc trouvé cette représentation originale. Certains thèmes étaient sûrement forts intéressants mais je me suis retrouvée littéralement perdue. Ainsi je me suis demandé si j'avais saisi le bon fils conducteur de l'autofiction.