Le Bourgeois Gentilhomme totalement rénové, actualisé et japonisé
Avant de parler de la pièce elle-même, je souhaite souligner la façon originale d'introduire la pièce ; les cinq acteurs qui, en énumérant une longue liste de choses les faisant songer au bonheur, ne signalent pas vraiment le début de la pièce. Le spectateur peut penser que cette énumération est la suite du discours d'accueil, mais il se rend compte qu'il entre dans la pièce. Les acteurs ont donc débuté leur jeu sans prévenir leur public, ce qui leur permet de se différencier du théâtre classique.
Le fait d'ajouter à la pièce des touches japonaises, qu'elles soient technologiques avec les robots représentant Dorimène et Dorante ou qu'elles soient traditionnelles tels que les vêtements de M. et Mme Jourdain, les costumes des manipulateurs, les marionnettes, les instruments utilisés et le dohyo, permet de faire voyager le spectateur tout en le maintenant dans l'univers de Molière.
Même si on aperçoit parfois les manipulateurs, on arrive, dès le début, à en faire totalement abstraction. Voir des marionnettes bouger seules, des personnages flotter dans l'air comme la professeure de philosophie, et d'autres faire de grands bonds comme Nicole et Covielle, nous permet de nous sentir comme dans un film en trois dimensions, voire dans un autre monde. Cette mise en scène est très différente des habituelles mises en scènes classiques.
J'ai trouvé très intéressant le passage où les marionnettistes manipulent M. Jourdain, seul acteur humain de la pièce. En effet, il se fait manipuler, trahir par tous les autres acteurs qui sont des marionnettes et en devient matériellement une à ce moment.