Tartuffe : Un homme de Bien, qu'il faut que l'on écoute... ou pas :-P
Par simonsnd6 - publié le mardi 17 février 2009 à 11:23 dans LE TARTUFFE
"Le Tartuffe ou l'imposteur" est sans aucun doute la pièce de Molière la plus difficile à lire parmi celles que j'ai déjà lues (assez peu nombreuses cependant, il faut bien l'avouer... ), et ceci à cause de plusieurs critères.
Tout d'abord, la pièce est écrite en vers, ce qui impose un certain rythme de diction au lecteur, qui ne peut s'empêcher de scander inconsciemment les vers qu'il lit. Ce rythme peut donc ralentir la lecture et rendre certains vers difficilement compréhensibles.
Ensuite, le vocabulaire du "Tartuffe" n'est pas forcément du plus facile à comprendre à notre époque du fait des thèmes abordés (religion et dévotion). En effet, les mots "dévot", "bigot" ou encore "cagot" ne sont pas parmi les plus employés du Français moderne.
De plus, "Le Tartuffe" n'est pas une pièce que l'on peut lire sans s'être auparavant informé de son contenu : le texte fourmille de petits détails d'apparence insignifiants mais qui ont une importance colossale pour la compréhension du dénouement et certains évènements de l'intrigue ne se passent même pas sur scène et ne sont relatés que dans les suppléments des éditions commentées, cependant ils sont indispensables à l'intrigue (exemple : Orgon sert le roi pendant la Fronde, protège le frondeur Argas, devient veuf et épouse Elmire en secondes noces (dévoilé cependant par Mme Pernelle dans la scène 1 de l'acte I : "Laissez, ma bru, laissez (...) leur défunte mère(...)") .
Enfin, le dénouement du Tartuffe nécessite que l'on se replonge dans le contexte de l'époque : Tartuffe est un faux chrétien, or le Roi est le représentant de Dieu sur Terre, il est donc logique que ce soit Tartuffe qui soit puni. Cette fin est compliquée à comprendre maintenant dans la mesure où à notre époque le dirigeant n'est pas infaillible et l'athéisme n'est pas puni.
Ces quatre critères rendent la lecture du "Tartuffe" délicate pour un lecteur occasionnel qui sera vite perdu dans une écriture poétique complexe et un vocabulaire riche et précis.
L'horizon d'attente ouvert par le titre "Le Tartuffe ou l'imposteur" est très vaste. A la lecture de ce titre, on se demande d'abord de quel genre d'imposteur il est question. Un imposteur est par définition "celui qui cherche à tromper en se faisant passer pour un autre".
Cependant cette définition peut avoir de nombreux sens, en effet, une imposture peut être :
- Une imposture physique, on usurpe l'identité de quelqu'un en se déguisant par exemple
- Une imposture morale, on fait croire à quelqu'un qu'on pense comme lui, on masque ses propres idées à des fins diverses et opposées, par exemple pour ce faire des amis ou pour se rapprocher d'un personnage important ou d'une fonction, ce qui sera le cas dans "Le Tartuffe"
Dans le cas du "Tartuffe", l'imposture est religieuse, Tartuffe est un faux chrétien, vil et envieux. Le thème de la fausse dévotion est un thème de l'époque de Molière qui a aujourd'hui complètement disparu, il n'apparait donc pas dans l'horizon d'attente fourni par le titre. Le lecteur du XXIème siècle s'attend à une imposture moins spirituelle et est donc surpris à la première lecture du "Tartuffe".
Tout d'abord, la pièce est écrite en vers, ce qui impose un certain rythme de diction au lecteur, qui ne peut s'empêcher de scander inconsciemment les vers qu'il lit. Ce rythme peut donc ralentir la lecture et rendre certains vers difficilement compréhensibles.
Ensuite, le vocabulaire du "Tartuffe" n'est pas forcément du plus facile à comprendre à notre époque du fait des thèmes abordés (religion et dévotion). En effet, les mots "dévot", "bigot" ou encore "cagot" ne sont pas parmi les plus employés du Français moderne.
De plus, "Le Tartuffe" n'est pas une pièce que l'on peut lire sans s'être auparavant informé de son contenu : le texte fourmille de petits détails d'apparence insignifiants mais qui ont une importance colossale pour la compréhension du dénouement et certains évènements de l'intrigue ne se passent même pas sur scène et ne sont relatés que dans les suppléments des éditions commentées, cependant ils sont indispensables à l'intrigue (exemple : Orgon sert le roi pendant la Fronde, protège le frondeur Argas, devient veuf et épouse Elmire en secondes noces (dévoilé cependant par Mme Pernelle dans la scène 1 de l'acte I : "Laissez, ma bru, laissez (...) leur défunte mère(...)") .
Enfin, le dénouement du Tartuffe nécessite que l'on se replonge dans le contexte de l'époque : Tartuffe est un faux chrétien, or le Roi est le représentant de Dieu sur Terre, il est donc logique que ce soit Tartuffe qui soit puni. Cette fin est compliquée à comprendre maintenant dans la mesure où à notre époque le dirigeant n'est pas infaillible et l'athéisme n'est pas puni.
Ces quatre critères rendent la lecture du "Tartuffe" délicate pour un lecteur occasionnel qui sera vite perdu dans une écriture poétique complexe et un vocabulaire riche et précis.
L'horizon d'attente ouvert par le titre "Le Tartuffe ou l'imposteur" est très vaste. A la lecture de ce titre, on se demande d'abord de quel genre d'imposteur il est question. Un imposteur est par définition "celui qui cherche à tromper en se faisant passer pour un autre".
Cependant cette définition peut avoir de nombreux sens, en effet, une imposture peut être :
- Une imposture physique, on usurpe l'identité de quelqu'un en se déguisant par exemple
- Une imposture morale, on fait croire à quelqu'un qu'on pense comme lui, on masque ses propres idées à des fins diverses et opposées, par exemple pour ce faire des amis ou pour se rapprocher d'un personnage important ou d'une fonction, ce qui sera le cas dans "Le Tartuffe"
Dans le cas du "Tartuffe", l'imposture est religieuse, Tartuffe est un faux chrétien, vil et envieux. Le thème de la fausse dévotion est un thème de l'époque de Molière qui a aujourd'hui complètement disparu, il n'apparait donc pas dans l'horizon d'attente fourni par le titre. Le lecteur du XXIème siècle s'attend à une imposture moins spirituelle et est donc surpris à la première lecture du "Tartuffe".
Commentaires : 0 ::
Lien direct