du Molière imaginaire
Par ulyssesnd6 - publié le lundi 16 février 2009 à 11:28 dans Le Bourgeois Gentilhomme
Il me semble que la représentation du Bourgeois Gentilhomme donnée par "L'agence de voyage imaginaire" se caractérise par le recul par rapport au texte original de Molière et les différentes influences de la troupe.
Tout d'abord, au commencement du spectacle, les acteurs emmènent le public de la réalité à la fiction, ou pourrait-on dire, à l'imaginaire. Il n'y a pas de coupure nette entre les deux. Cela part du rappel habituel concernant les téléphones portables et les flash des appareils photo. C'est alors que l'une des actrices lance qu'elle voudrait bien en avoir un, de manière suffisamment habile pour que le public pense à une plaisanterie de sa part. Il n'en est rien, les autres acteurs formulent par la suite le même genre de voeux mais avec une certaine gradation car ces derniers sont de moins en moins "matériels". Ils font d'ailleurs quelque clins d'oeil à leur propre nom en reprenant certains vers de la chanson "Imagine" de John Lenon (Imagine [...] nothing to kill or die for).
Aussi les différentes mises en abyme, lorsque par exemple M. Jourdain se moque de son valet qui se dandine, ou encore les coupures et les modifications du texte original, comme l'idée de remplacer "Grand Turc" par "Grand Truc"accentue le recul que prend la troupe par rapport à la pièce de Molière.
A ce recul particulier s'ajoutent de nombreuses influences. La plus forte vient du théâtre japonais: les acteurs jouent avec des marionnettes dirigées par d'autres membres de la troupe. Il y a aussi un robot dans le rôle de Dorante, ce qui est tout à fait inattendu dans une pièce de Molière.
Aussi la musique est omniprésente et dans des styles variés. A commencer par une instrumentation interressante, ainsi a t-on le loisir d'entendre des intruments à corde exotiques, d'autres plus occidentaux, des clarinettes, des saxophones, du synthé et des percussions. Par ailleurs certains morceaux sont chantés. L'introduction de la musique sur la scène est intéressante. Mais j'ajouterai un bémol personnel. Les différents endroits où jouent les musiciens et le centre de la scène peuvent occasionner une gêne chez le spectateur en ce qui concerne là où il faut regarder.
Pour ce qui est de M. Jourdain, le comique gestuel de l'acteur me semble être emprunté à Louis de Funès qui a joué des rôles de riches personnages crédules, comme dans "La folie de grandeurs" par exemple. Un jeu et un comique qui est donc réussi et adapté à la situation. Notons aussi une danse particulièrement bien menée, chose dont a été capable Louis de Funès dans "Les aventures de Rabbit Jacob".
En somme, "L'agence de voyages imaginaires" nous offre une représentation inattendue et originale. De plus le mélange des différents arts de la scène (musique, théâtre, danse), des différentes cultures (occidentale, japonaise) et des différents "genres" d'acteur (robot, marionnettes et humains) confère à la pièce de Molière une portée toute nouvelle.
Tout d'abord, au commencement du spectacle, les acteurs emmènent le public de la réalité à la fiction, ou pourrait-on dire, à l'imaginaire. Il n'y a pas de coupure nette entre les deux. Cela part du rappel habituel concernant les téléphones portables et les flash des appareils photo. C'est alors que l'une des actrices lance qu'elle voudrait bien en avoir un, de manière suffisamment habile pour que le public pense à une plaisanterie de sa part. Il n'en est rien, les autres acteurs formulent par la suite le même genre de voeux mais avec une certaine gradation car ces derniers sont de moins en moins "matériels". Ils font d'ailleurs quelque clins d'oeil à leur propre nom en reprenant certains vers de la chanson "Imagine" de John Lenon (Imagine [...] nothing to kill or die for).
Aussi les différentes mises en abyme, lorsque par exemple M. Jourdain se moque de son valet qui se dandine, ou encore les coupures et les modifications du texte original, comme l'idée de remplacer "Grand Turc" par "Grand Truc"accentue le recul que prend la troupe par rapport à la pièce de Molière.
A ce recul particulier s'ajoutent de nombreuses influences. La plus forte vient du théâtre japonais: les acteurs jouent avec des marionnettes dirigées par d'autres membres de la troupe. Il y a aussi un robot dans le rôle de Dorante, ce qui est tout à fait inattendu dans une pièce de Molière.
Aussi la musique est omniprésente et dans des styles variés. A commencer par une instrumentation interressante, ainsi a t-on le loisir d'entendre des intruments à corde exotiques, d'autres plus occidentaux, des clarinettes, des saxophones, du synthé et des percussions. Par ailleurs certains morceaux sont chantés. L'introduction de la musique sur la scène est intéressante. Mais j'ajouterai un bémol personnel. Les différents endroits où jouent les musiciens et le centre de la scène peuvent occasionner une gêne chez le spectateur en ce qui concerne là où il faut regarder.
Pour ce qui est de M. Jourdain, le comique gestuel de l'acteur me semble être emprunté à Louis de Funès qui a joué des rôles de riches personnages crédules, comme dans "La folie de grandeurs" par exemple. Un jeu et un comique qui est donc réussi et adapté à la situation. Notons aussi une danse particulièrement bien menée, chose dont a été capable Louis de Funès dans "Les aventures de Rabbit Jacob".
En somme, "L'agence de voyages imaginaires" nous offre une représentation inattendue et originale. De plus le mélange des différents arts de la scène (musique, théâtre, danse), des différentes cultures (occidentale, japonaise) et des différents "genres" d'acteur (robot, marionnettes et humains) confère à la pièce de Molière une portée toute nouvelle.
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