Le Tartuffe, une pièce complexe mais axée sur un unique thème
La pièce Le Tartuffe de Molière peut sembler dans un premier abord complexe. En effet, entièrement rédigée sous forme d'alexandrins, elle surprend le lecteur habitué à lire de la prose et un certain temps d'adaptation est nécessaire. De plus, le vocabulaire utilisé par Molière est ancien et demande un effort de compréhension ou de recherche de la part du lecteur. Ainsi, « bru » signifie « belle-fille », « céans » veut dire « ici », « gaupe » désigne un « souillon ». Il utilise entre autre « gloser » (faire des commentaires désobligeants), « hymen » (mariage), « coiffé » (entiché), « spécieux » (de belle mais trompeuse apparence), « or sus » (allons), « hanter » (fréquenter), « heur » (chance, bonheur), « fat » (sot), etc. De plus, la religion est aussi très présente sous la forme des paroles de Tartuffe, le faux-dévot : « discipline », « instance », « infirmité », « quiétude », « béatitude », « tribulations », « iniquité », « se mortifier ». Enfin, le contexte de la pièce du Tartuffe est difficile à cerner, entre la religion qui ne peut être critiquée, le milieu bourgeois dans lequel les personnages évoluent et les thèmes évoqués comme le mariage forcé.
Cependant, le message de Tartuffe est simple, se concentrant majoritairement sur l'hypocrisie du personnage principal, Tartuffe.
Le titre de cette pièce de Molière, Le Tartuffe ou l'Imposteur, expose dès le début le thème principal de cette pièce. En effet, la définition d'imposteur est « personne qui se fait passer pour quelqu'un d'autre » ce qui est bien le cas de Tartuffe, le faux-dévot. Ce terme est synonyme d'hypocrite, de tartuf(f)e, dénomination tirée du personnage de cette pièce. De surcroît, le terme « tartuffe » existait déjà à l'époque avec la signification de « méchant homme ». Associé au mot « happelourde », il désigne une fausse pierre que l'on tente de faire prendre pour une pierre fine. Enfin, il peut être rapprochait au mot « truffe » qui voulait dire « ruse, tromperie ». Dans tous les cas, l'hypocrisie et l'imposture sont bel et bien annoncées dans le titre.
Par ailleurs, Molière s'est efforcé dans ses diverses modifications de son œuvre de rendre clairement apparente l'imposture de Tartuffe, différenciant bien ce faux-dévot des véritables, afin d'épargner toute critique contre la religion et que la pièce soit autorisée.
De plus, Tartuffe est toujours perçu par le regard des autres, soit magnifié par Orgon ou Mme Pernelle (le public n'est pas dupe et sait que ce regard est faussé) ou déprécié par les autres. Ainsi, on ne voit jamais Tartuffe en aparté, mais uniquement sous le masque de l'hypocrisie.
Enfin, toute la comédie tourne autour de la cagoterie de Tartuffe, de ses actes sournois pour s'immiscer dans la famille, dérober les biens d'Orgon, épouser sa fille et séduire sa femme.
Ainsi, la pièce Le Tartuffe se concentre sur le seul thème de l'hypocrisie annoncé par le titre, que ce soit par le nom « Tartuffe » qui désignera par la suite l'hypocrite ou bien par celui de « l'Imposteur ».