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XVIIe siècle : du roman pastoral au roman d'analyse.
(source : Le Monde)
Avec la Renaissance, les divertissements de Cour, les modes et les comportements se transforment : les spectacles et les arts remplacent ainsi peu à peu les tournois et autres jeux du Moyen Âge où la violence primait. Apparaît alors le roman pastoral, genre illustré par Honoré d'Urfé (L'Astrée) ou Madeleine de Scudéry (Clélie). Il met en scène, dans un territoire imaginaire, des personnages en habits de bergers ou de nymphes dont toute la vie est tendue vers l'amour et l'harmonie. Leurs parcours amoureux donnent des récits très longs, fondés sur le détail des émotions et des progrès faits par les protagonistes sur la « Carte du Tendre ».
Cependant, ce type de romans, malgré son succès, se trouve discrédité. En effet, les personnages semblent d'une perfection peu crédible et l'atmosphère est ressentie comme trop idyllique.
Le roman d'analyse est un autre genre très en vogue au xviie siècle.
La Princesse de Clèves, de Mme de La Fayette, en est une parfaite illustration. Chef-d'œuvre du classicisme et du « roman d'analyse » ancré dans l'histoire récente (et non plus dans une Antiquité lointaine ou une histoire de légende), avec des personnages inspirés de personnes réelles, le roman évoque, dans une langue très pure, les troubles de la passion amoureuse dont il restitue les plus fines nuances. Au xviie siècle, le roman est varié dans ses formes comme dans ses codes, et a un lectorat divers. Cependant certains points communs se dégagent : la narration d'épisodes centrés autour de personnages que le lecteur suit dans leur parcours ; une prose au service de l'action et de la peinture des sentiments.
XVIIe : LA PRINCESSE DE CLÈVES, PREMIER GRAND ROMAN D'ANALYSE
Le récit de Mme de Lafayette s'ancre dans l'histoire réelle, le xvie siècle, sous le règne d'Henri II, environ 120 ans avant sa rédaction. Les personnages sont inspirés de personnalités réelles de la Cour d'alors, mêlant ainsi réalité historique et fiction (ce qui offre aux lecteurs le plaisir du « décryptage »). La langue est extrêmement classique – absence d'oralité et mesure dans l'expression – pour mieux révéler les troubles et les secousses engendrés par la passion amoureuse.