LE PLAISIR DU TEXTE

Le petit garçon (écrit à partir d'une photo).

Par Elève - publié le mardi 20 janvier 2015 à 07:48 dans Ecrire à partir d'une photographie
Alors, il regarda l'immensité bleue qui s'étendait sous ses pieds, vers l'horizon. Sa respiration, auparavant saccadée, se calma. Son corps, contracté jusque là, se détendit doucement. Il regardait l'océan, devinant que nulle part ailleurs pareille beauté ne pourrait être vue. Les vagues, légèrement en ondulation, étaient du bleu le plus pur et le plus profond que l'on puisse imaginer et venaient lécher le dur et froid granit des falaises. La douceur de la mer contrastait avec les rochers acérés du continent et le lent roulement des vagues appelaient les personnes fatiguées des cris et du sang terrestres. Dans notre monde de fou, seul cet endroit de beauté n'était encore point souillé par l'homme. Le petit garçon sut qu'il devait y aller. Il le sentait. Il ne voyait pas les rochers coupants accumulés au dessous de ses pieds ; il ne voyait pas la sombre fumée qui s'élevait de l'île... Il ne voyait plus que l'eau qui l'appelait. L'eau, si douce et si chaude, était son seul refuge. Mais, le petit garçon hésita un moment durant lequel sa raison lui interdit de commettre une grave erreur. Alors, il se retourna, et il revit sa maison en flammes où les hommes encagoulés traquaient les moindres survivants ; il revit le cadavre de son père qui, armé d'une fourche, avait tenté de les arrêter ; il revit le corps de sa mère qui avait tenté de protéger son enfant une dernière fois. Une larme coula sur sa joue, il redressa son étoile jaune, et il sauta... Joseph LENORMAND, 4e4

Le garçon du rocher (inspiré par une photo).

Par Elève - publié le lundi 19 janvier 2015 à 08:38 dans Ecrire à partir d'une photographie
Des centaines de questions se bousculaient dans sa tête… Il se sentait rejeté, mal-aimé, abandonné…seul. Pourquoi personne ne le remarquait? À table, il avait l'impression d'être un fantôme. Sa mère s'occupait tout le temps de ses deux petites soeurs jumelles, Suzanne et Violette, 2 ans et demi, et n'avait aucune conversation avec la tablée. Sa grande soeur, 15 ans et nommée Juliette ne parlait que pour se plaindre ou contredire les autres. Quant à son père, il ne rentrait que vers 22 heures et ne dînait jamais avec sa famille. Si Thomas posait une question à table ou tentait de lancer un sujet de conversation, il n'obtenait jamais de réponse. Tout le monde mangeait dans un silence nerveux, de temps en temps ponctué par les cris de Suzanne ou Violette. À l'école, Thomas était invisible et n'avait pas d'amis. Au début de l'année, il levait la main pour participer mais ne se faisait jamais interroger. Depuis, il avait prit l'habitude de ne plus lever la main et de rester seul dans son coin. Mais cette solitude lui brisait le coeur et progressait de jour en jour comme une ombre malfaisante. C'était insurmontable…il fallait que cela cesse. Sortant de ses sinistres pensées, il détailla le paysage autour de lui. De l'eau…de l'eau à l'infini. De l'eau d'un bleu azur qui semblait valser comme un tourbillon infernal. Ses vaguelettes venaient lécher la rive et le bord du rocher où était assis Thomas. On entendait plus que le clapotis des vagues et ces vagues semblaient murmurer une invitation à Thomas. Elles lui demandaient de se joindre à elles. Pourquoi ne pas accepter leurs invitation? De toutes façon, il fallait mettre un terme à cette solitude. Sauter et se laisser couler jusqu'au fond de cet océan… S'il retournait chez lui, il vivrait dans la solitude jusqu'à la fin de ses jours… S'il allait rejoindre tous les êtres vivants des profondeurs de l'océan, il ne serait plus seul au milieu des poissons, des crustacés, des algues et des mammifères marins… Il n'avait plus qu'à sauter et se laisser couler jusqu'au fond de l'océan. C'était facile… Plus facile que de vivre dans la solitude à tout jamais… Il prit une profonde inspiration… et sauta. Le choc fut rude: il avait pied. Marguerite Daull

Le garçon sur la falaise (inspiré par une photo).

Par Elève - publié le lundi 19 janvier 2015 à 07:41 dans Ecrire à partir d'une photographie

Alors il regarda la vaste étendue d'eau et il se dit que le meilleur moyen serait de sauter de cette falaise. Mais il pensa que son corps déchiqueté, sanglant abimerait ces eaux turquoises et qu'il ferait une offense à la mer en y jetant son âme souillée. Il se ravisa alors, et tourna les pieds. Le c½ur lourd et en même temps joyeux de ne pas avoir méprisé cette force de la nature.

Arthur

Poème lyrique, inspiré par Verlaine, "Mon rêve familier".

Par Elève - publié le lundi 19 janvier 2015 à 06:52 dans Le lyrisme
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une mystérieuse dame, tout de noir vêtue,
Qui me sourit alors, montrant ses belles dents,
Puis enlève son diadème, laissant sa tête nue.

Elle me tend sa main, blanche et toute menue,
Avant d'émettre un rire doux, suave et apaisant.
Puis elle s'en va gaiement, tout comme elle est venue,
Me laissant, au réveil, un parfum inquiétant.

Voici que le jour point, si je me promenais ?
Voyez cette herbe drue, voyez ces verts fourrés,
Eux tous tant embellis par l'air frais du matin.

Mais soudain je La vois, j'aperçois son sourire,
Je distingue son diadème, j'entends son petit rire,
Je vois aussi la faux qu'elle tient entre ses mains.


Joseph LENORMAND 4e4

Le double obsédant

Par Elève - publié le lundi 19 janvier 2015 à 06:51 dans Nouvelles fantastiques 4ème
     Oh ! du papier ! un crayon ! Je vais pouvoir écrire ! Mais, oserais-je le faire ? Ou plutôt, pourrais-je le faire ? Et, si j'écris mes horribles pensées, ne me prendra-t-on pas pour un fou ? Ne m'obligera-t-on pas à revoir les méchants messieurs en blanc ? Ne me piquera-t-on pas de nouveau ? C'est fort probable. Mais je me lance tout de même dans l'écriture d'un sujet que l'on ne veut pas évoquer.

C'était il y a un an. Ne serait-ce pas plutôt deux ? Oh, Dieu, j'ai perdu toute notion du temps qui passe ! Je disais donc, il y a un an de cela, alors que j'étais chez moi afin d'écrire une rédaction, je dus aller, fatale erreur, chercher une feuille au salon.
     Dans cette pièce se situe un miroir de haute taille. De nombreuses traces de rouille couvrent ses contours naguère d'un rouge éclatant et une fine couche de poussière s'amoncelle sur l'étain fissuré de sa vitre. J'eus le malheur de regarder d'un ½il distrait cette antiquité décrépite.
     Devant moi ne se dressait pas le morne reflet de ma vie, mais un animal vaguement humanoïde qui haletait par respirations saccadées. Pris d'un soudain effroi, -que dis-je ?-, d'une affreuse épouvante, je reculai promptement en hurlant.
     Alors, l'être reflété qui, jusque là, n'avait pas bougé d'un cil, se redressa et me fixa. Ses yeux hagards, furibonds et d'un bleu électrique, m'anéantirent en me transperçant, et ce, malgré l'énorme tignasse blonde qui les recouvrait. Malgré le fait qu'il fût dans une glace, je pouvais presque percevoir son souffle rauque, toucher le pus qui sortait de ses multiples cicatrices, sentir le sang qui coulait de son nez. Ses vêtements en lambeaux ne cachaient pas son frêle corps adolescent couvert de griffures et d'autres balafres.
     Ce morceau de chair fumant et sanguinolent m'inspirait la plus profonde des horreurs. J'étais tétanisé à la vue de cette affreuse créature. Elle me criait quelque chose, sans doute une menace de mort. Grâce à cette macabre pensée, je pus détourner mon regard de l'hypnotisante créature et m'enfuir. Mais Elle était partout : je revoyais Sa figure hurlante dans chaque vitrine de magasin, dans chaque rétroviseur... Mes derniers souvenirs sont flous, mais je me souviens encore d'hommes en blanc, et d'une douleur au bras. Puis je ne me souviens plus de rien...

     Maintenant, je suis dans une pièce carrée, blanche, avec un miroir remplaçant l'un des murs. J'ai tenté de m'évader puis de me suicider maintes fois, mais je n'ai gardé de ces épreuves que de multiples cicatrices. J'ai déchiré mes habits en signe de rébellion et mes cheveux ne sont plus qu'un immense fouillis. Et, tous les jours, je hurle sur le miroir . J'essaie de me prévenir de ne pas venir dans cet enfer. Mais, personne ne m'entendra jamais...


Joseph LENORMAND 4e4

Par Elève - publié le vendredi 16 janvier 2015 à 17:16 dans Nouvelles fantastiques 4ème
J'étais à la troisième année de mes études. Pendant cette troisième année, les élèves de l'université partaient six mois à l'étranger pour apprendre une nouvelle langue et découvrir une civilisation. Je choisis l'Inde. J'arrivai par avion, après un voyage qui m'avait semblé interminable, à Mumbaï. Cette ville en plein développement regorgeait d'activité, une ébullition permanente y régnait. Je m'installai dans le studio pour étudiants qu'on m'avait attribué, posai toute mes affaires dans la pièce et sortis à la découverte de la ville. Je m'émerveillais de toutes les nouvelles choses que je voyais, que je sentais, que j'entendais. Des taxis jaunes passaient dans tous les sens en klaxonnant les hommes, qui traînaient derrière leurs vélos des chariots remplis à ras bord de diverses marchandises. Parmi les immeubles désaffectés qui bordaient la route s'élevaient de larges palais aux styles orientaux qui paraissaient être des perles rares dans un tas de gravats. Ils étaient ornementaient de sculpture de déesses sacrées qui semblaient méditer en silence et d'éléphants aux immenses oreilles alourdies par le poids d'anneaux d'or qui brillaient au soleil. Le tout était d'une minutie extraordinaire et de couleurs flamboyantes. Les bruits de klaxons se mêlaient aux voix des femmes parlant entre elles dans une « langue rivière » comme je me mis à l'appeler, elle était fluide et claire comme un chant? J'aurais pu m'arrêter là, au milieu de ce trottoir couvert de déchets où reignaient ces femmes aux robes couleurs de feu, pour m'enivrer de ce chant, de cet air qui me faisait tourner la tête. Et puis il y avait cette odeur, cette odeur d'épices et de pain chaud qui flottait dans l'air autour de moi? Tout aurait été parfait si une chaleur accablante ne m'étouffait pas. Je suais et bientôt je dus m'obliger à faire le chemin inverse pour me changer. Mais je me rendis alors compte que cette euphorie citadine m'avait emportée dans un dédale de rues qui m'étaient bien sûr totalement inconnues. J'étais perdue. Seule dans cette grande Mumbaï. Mon chemisier collait à ma peau et ma respiration était de plus en plus difficile. Mes chaussures me serraient et des cloques se formaient, le tissu de ma chaussette frottait contre ma peau. Bientôt il me fut insupportable de faire u pas de plus. Un étrange malaise m'envahissait. La fièvre montait. C'était la nuit. Devant moi, une fille boitait. Elle portait un chemisier rouge qui lui collait à la peau et elle paraissaient totalement perdue dans cette immense Mumbaï. Elle marchait exactement dans mes pas. Elle avait la même coupe de cheveux que moi, les mêmes reflets roux dans les cheveux, elle faisait la même taille que moi, elle avait le même grain de beauté dans le creux de la main que moi. Ce n'était pas possible. Je divaguais. Ce n'était pas possible. La lourdeur de la chaleur continuait à m'assaillir. Elle s'arrêta au même moment que moi, à bout de force devant les portes vitrées d'un grand immeuble moderne. Je nous regardaient, mon double et moi. Perdues. Dans cette grande Mumbaï. Des sons presque imperceptibles dans le brouhaha alentour sortirent de sa bouche. Puis le silence se fit. Plus un bruit. Elle attendait une réponse mais je n'avais pas saisi un quart du neuvième de sa question. Qu'attendait-elle de moi ? Le doute s'installait. J'avais chaud. Très chaud. Trop chaud. J'avais l'impression que mon corps fondait doucement tandis que je me concentrais pour concentrer le peu de bon sens qui me restais pour répondre à cette question. Le trouble était là. Pourquoi peiner à répondre à sa propre question ? Car je le savais, là devant, c'était moi, mais tout s'embrouillait, dans le miroir des portes du bâtiment en face de nous il y avait des reflets, un ou deux, les deux miens, le sien, le mien, les deux siens, les nôtres, les leurs, tout se brouillait, tout se mêlaient. J'essayais de garder la tête claire mais cela m'était totalement impossible? Et pui devant moi, mon visage dans la glace qui attendait sa réponse, je ne comprenais plus rien. Un courant d'air m'effleura, alors tout se calma, mon cerveau reprenait lentement ses fonctions. Ma peau calcinée par le soleil refroidissait et ce fut comme si on me berçait. Je fermai les yeux une seconde et quand je les rouvris, mon double avait disparu? Avais-je tout imaginé ? Ou est-ce que mon double avait bel et bien posé cette question qui restera a jamais un mystère ? Je pris un de ces taxis jaunes pour rentrer à mon studio. Par la fenêtre défilait la ville beaucoup plus calme dans le silence et la fraîcheur de la nuit, ou peut-être était-ce mon imagination.

La femme chien (un personnage de récit fantastique).

Par Elève - publié le vendredi 16 janvier 2015 à 06:14 dans Le fantastique
Je marchais derrière une grande femme, à l'apparence très élégante. Elle portait une chapka de fourrure beige assortie à son manteau et à son manchon. Sa démarche était lente, mais assurée et ses grands pas faisaient claquer ses chaussures contre le sol dans un bruit clair qui résonnait dans le silence du couloir. Le bruit de ses pas s'arrêta et elle pivota sur elle-même, semblant planer à quelques centimètres du sol dans sa rotation. Je découvris alors que son manteau, son manchon et sa chapka n'étaient pas les seuls à être de fourrure, elle était couverte de fourrure, ses poignets arboraient un pelage si soyeux, qui avait l'air si doux au toucher ! Son visage aussi, et tout son corps je le suppose était recouvert de fourrure. Sa mâchoire était légèrement inclinée vers l'avant, semblable à un museau, son nez était aplati et recourbé sur la fin. Et ses yeux, paraissaient me regardaient, sans vraiment le faire, ils étaient animés d'une flamme qui semblait pourtant éteinte. Mais cette bouche, cette bouche, légèrement entrouverte elle laissait échapper une odeur de chair fraîche mais pourtant un désir sensuel si fort m'attirait vers ses lèvres fines, de la couleur d'une rose fraîchement éclose que la rosée recouvrait. Une de ses dents, ou de ses crocs plutôt, pointues et d'une blancheur éclatante mordillait sa lèvre inférieure dans une torsion du visage qui exprimait son désir charnel. Et c'était comme si elle me happait vers sa belle fourrure, je me débattais mais ce soyeux beige triompha de moi. Madeleine Pélissier, 4°4

Charlie hebdo

Par Elève - publié le mardi 13 janvier 2015 à 04:58 dans Libre et varié
Des gens sont morts car ils défendaient et diffusaient leurs idées. Si ces gens dont le métier repose sur la liberté d'expression (et la liberté de la presse) ne peuvent plus l'exercer, alors plus personne en France ne pourra l'exercer. En tuant ces journalistes, les islamistes ont touché à certaines libertés de gens de tout un pays (et même du monde!). Heureusement que les hommes n'autorisent pas ces offenses (à leurs libertés) et se battent (de façon pacifique) pour que cela ne se reproduise plus.

Acrostiches

Par Elève - publié le mardi 13 janvier 2015 à 02:42 dans Libre et varié
Jean Cabut, dit "Cabu"

C½ur rieur et regard doux,
A la plume si légère,
Bon copain, mais malheureux père,
Un grand homme s'est éteint dans ce monde de fous.


Bernard Verlhac
, dit "Tignous"

Tant d'humour dans son crayon,
Irradiant la bonne humeur,
Grande gueule, mais bon garçon
N'ayant pas l'âme d'un tueur.
Ô Tignous tu es parti,
Un triste jour de janvier, mais
Sache que tes idées vont persister.


Stéphane Charbonnier, dit "Charb"

Crayons, feuilles et esprit,
Humour trash et fantaisie.
Avec ces armes dérisoires,
Remplies de ton humour parfois noir,
Bon nombre de personnes tu as fait trembler.


Georges Wolinski

Whisky et petite pépées,
Ont été, pour toi le bonheur.
"L'obsédé" comme on te nommait,
Il est clair que tu étais rieur.
Nonobstant ton coup de crayon,
Scindé d'un humour salace,
Karaté d'idées sagaces,
Il y avait, en toi, la passion.

Joseph Lenormand, 4e4

Arthur Rimbaud, Une saison en enfer (1873)

Par Lamartine - publié le mardi 18 novembre 2014 à 11:31

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