LE LABO DES LETTRES | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
bilan séquence 2 : médecins et éthiqueSéquence 2 : Médecins et éthique
Problématique : Comment les auteurs représentent ils le rapport entre les médecins et leur éthique ?
Lectures analytiques : 1. La Fontaine, Fables, Livre VIII, fable 3, « Le lion, le loup et le renard », 1671
2. Voltaire, Zadig ou la Destinée, chapitre XVIII « Le Basilic », 1747 De « Zadig se fit présenter à Ogul » à « on se tire toujours d'affaire en ce monde. »
3. Denis Diderot, Entretien d'un père avec ses enfants, 1773 De « MOI : C'est qu'il y a tant de méchants dans ce monde » à « qu'il ne soit pas dit que par mon art et par mes soins il existe un monstre de plus. », manuel Littérature, p. 266-267
4. Guy de MAUPASSANT, « Alma mater », texte publié dans Gil Blas du 9 juin 1885, De « Le jour où le premier docteur venu sera responsable » à pour entreprendre un voyage si dangereux ».
Documents complémentaires : - Le serment d'Hippocrate, environ -400 av. JC.
Groupement de texte sur la vision satirique de la médecine : - Jean de la Fontaine, Fables, Livre V, 12, « Les Médecins », 1668 - Cyrano de Bergerac, Œuvres diverses de M. Cyrano de Bergerac, Lettres satiriques, « Contre les médecins », - Molière, L'amour médecin, Acte III, scène 1, 1665 - Jules Romains, Knock, Acte II, scène 2, 1923
Analyse d'image : - Rembrandt Harmenszoon van Rijn dit REMBRANDT, La Leçon d'anatomie du Professeur Tulp, huile sur toile, 169,5 x 216,5 cm, 1632, La Haye, Mauritshuis.
Arbre généalogique des Rougon-Macquart Vous pouvez trouver un arbre généalogique intéressant et simple de la famille des Rougon-Macquart en suivant le lien :
http://michel.balmont.free.fr/pedago/zola_bete_humaine/rougon-macquart.pdf ![]()
"Le lion, le loup et le renard"Voici la fable dont s'est inspiré La Fontaine. On peut remarquer que la satire des courtisans est beaucoup moins violente. IBN AL-AWZÎ (1186-1256, XII°-XIII° Siècle).
Le lion tomba malade. Tous les animaux sauvages vinrent lui rendre visite, sauf le renard ; le loup en profita pour le calomnier et raconter des propos mensongers sur son compte. S'adressant au loup, le lion lui dit : -« Si le renard se présente, préviens-moi. » Entre-temps, le renard fut mis au courant des agissements du loup. Lorsque le renard arriva, le loup avertit le lion. Ce dernier demanda au renard : « Où étais-tu, brave cavalier? » Le renard répondit : « J'étais parti en quête d'un remède pour Sa Majesté. » « Et qu'as-tu trouvé ? » demanda le lion, intéressé. « On m'a conseillé le remède suivant : un osselet de la patte du loup. » Le lion asséna alors un coup de griffe qui mit en sang la patte du loup, mais ne trouva rien. Le renard s'éclipsa, puis il vit le loup, les pattes couvertes de sang, il lui dit : « Ô toi, le loup à la patte rouge de sang, tu ferais mieux, lorsque tu t'assieds chez les rois, de retenir ta langue. » descriptif : séquence 1Séquence 1 : L'humanisme, une nouvelle vision de l'homme et du monde OBJETS D'ÉTUDE : - Convaincre, persuader,délibérer : Argumentation directe et argumentation indirecte - Un mouvement littéraire et culturel : L'humanisme Problématique : Quelle(s) vision(s) de l'homme et du monde proposent les humanistes ?
* Lectures analytiques : 1. Thomas More, L'Utopie ou Le Traité de la meilleure forme de gouvernement, 1516, Livre second, de « L'île d'Utopie, en sa partie moyenne » à « car les habitants s'en considèrent comme les fermiers plutôt que comme les propriétaires. »
2. Montaigne, Les Essais, « Des Cannibales », chap. 31, 1580-1588-1592. de « Or, je trouve, pour revenir à mon propos » à « que de le faire rôtir et de le manger après qu'il est trépassé. »
3. Du Bellay, Les Regrets, sonnet XXXII « Je me ferais savant en la philosophie… », 1558 : un humaniste désabusé
4. Rabelais, Gargantua, Chapitre LV, « L'abbaye de Thélème », 1534 De « Toute leur vie était ordonnée non selon des lois… » à « …et ils s'aimaient autant à la fin de leurs jours qu'au premier jour de leurs noces. »
* Documents complémentaires : Groupement de texte autour de l'humanisme et la vision du monde : - Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène (1578) - Montaigne, Essais, I, 28, « De L'Amitié » (entre 1570 et 1588) Manuel p.212 - William Shakespeare, Hamlet, Acte III, scène 1(1600 ?) (Version française éd. Aubier, 1988) - Hans Holbein Le Jeune, Les Ambassadeurs (1533) (National Gallery, Londres) Manuel p. 205
* Activités : Exposés oraux mettant en place les caractéristiques de l'humanisme : - Le contexte historique et scientifique. - Les auteurs et artistes représentatifs - Les thèmes communs aux artistes et aux écrivains. Titre de l'exposé réalisé :....................................................................................................
* Analyse d'image : L'humanisme : vision de l'homme et du monde. - Théodore de Bry, illustration tirée du livre des Voyages en Amérique, 1592 (en parallèle avec Montaigne)
L'image du savant : - Albrecht Dürer, Portrait d'Érasme, 1526 - Vermeer, Le Géographe, vers 1668-1669 - Raphaël, L'École d'Athènes, fresque de la chambre de la Signature (Vatican), 1509-1510
* Lecture cursive : Les élèves ont lu au choix et de manière autonome l'une des œuvres suivantes en rapport avec l'humanisme. - Du Bellay, Les Regrets, 1558 - Jean-Claude Carrière, La controverse de Valladolid, 1992 - Jean-Christophe Ruffin, Rouge Brésil, 2001 Proposition de pistes de correction pour le sujet des techno.
Objet d'étude : le roman et ses personnages, vision de l'homme et du monde.
Analyse du corpus : deux textes du XIXème siècle appartenant au réalisme, deux textes du XXème dont un presque contemporain. (auteur toujours vivant)
Thème commun : description de la ville à travers l'intériorité d'un personnage.
Flaubert, L'Éducation sentimentale. Deuxième découverte de la ville par le personnage de Frédéric à l'occasion d'un retour à Paris après un séjour en province. Description en mouvement faite à partir de la calèche qui le ramène dans la ville. Point de vue interne de Frédéric. Précision géographique de la description (noms de lieux) Impression de vitesse. (Imitation du trajet du jeune homme)
Zola, L'Assommoir Description faite par Gervaise depuis sa chambre qui se trouve en hauteur, elle surplombe donc le paysage qu'elle décrit. Description précise du quartier parisien de la Goutte d'or. Situation d'attente du personnage. Mise en évidence des sens pour décrire.
Céline, Voyage au bout de la nuit Description de la ville de New-York, en particulier du quartier d'affaires de Manhattan. Récit à la 1ère personne du singulier. Point de vue interne de Bardamu. Dénonciation implicite de l'empire de l'argent.
Le Clézio, Désert Description de la ville de Marseille. Point de vue de Lalla. Description correspondant à la promenade de la jeune femme à travers la ville. Aspect menaçant de la ville.
I] QUESTIONS
Ces quatre descriptions mettent-elles en valeur les mêmes aspects de la ville ?
→ Mise en évidence de la misère. (Le Clézio/ Zola / Céline) → mise en évidence de son activité (Zola / Flaubert / Céline), importance de la foule. ( à opposer au texte de Le Clézio qui se manifeste surtout par son désert, comme l'indique le titre. → Importance des odeurs, des sens. (Zola / Le Clézio) → Précision des descriptions proposées. (Flaubert / Zola / Céline)
Quels sentiments des personnages ces descriptions reflètent-elles ?
Flaubert : excitation amoureuse, impatience Zola : attente angoissée, inquiétude. Célien : dégoût puis fausse admiration. Le Clézio : peur-malaise.
II] Travaux d'écriture
Commentaire
Éléments pour l'introduction : Le Clézio, dernier prix Nobel de Littérature français (20087). Auteur contemporain. Connu pour ses romans depuis les années 70, dont Désert est un des plus remarqué. Intérêt pour les cultures amérindiennes, pour le voyage. Extrait proposé se situe dans la deuxième partie intitulé « La vie chez les esclaves ». Le personnage principal de cette partie est Lalla, une jeune fille venue du Maghreb. Cette partie se situe à Marseille aujourd'hui. L'extrait présenté est une description d'une promenade de la jeune femme dans la ville aux heures chaudes de la sieste. La ville semble endormie et laisse se dégager une certaine atmosphère de malaise. Registre lyrique. Point de vue interne. Problématique envisageable : Quel est l'enjeu de cette description ?
Éléments pour le développement :
I] Description de la vieille ville - nombreuses remarques topographiques. (« plus haut » l. 5 ; « à droite » l.9, « vers le mur » l.9, le long de la rue des pistoles » l. 13 ; « la traverse de la Charité » l. 14) - description en mouvement qui suit l'évolution de la jeune fille dans les rues de la ville. Relevé : verbes de mouvement. - structure du passage : avancée dans la ville. - description d'une ville. Vocabulaire de la ville. - précision de la description. - ville marquée par son vide, la solitude qui s'en dégage.
II] Sentiments de malaise et de peur du personnage. - DIL du personnage : indice de son inquiétude. - sensation d'enfermement ; d'oppression. - transformation de la promenade quotidienne, transformation de la ville. Opposition « hier » / « aujourd'hui » - point de vue interne - sensation du tragique - champ lexical de la peur - lexique des sensations. -etc…
Éléments pour la conclusion : Description marquée par une évolution : évolution du personnage dans son parcours correspond à une montée de l'angoisse tout au long du passage. Description permet une interrogation implicite sur le sort fait aux immigrés dans les villes françaises. Impression de solitude métaphorique de la « vie des esclaves ». Ouverture possible sur le texte de Flaubert. Même description en mouvement mais rapidité de la description de Flaubert est caractéristique du sentiment d'impatience et de bonheur de son personnage, ici lenteur montre au contraire l'angoisse qui étreint peu à peu Lalla.
invention
Proposition de correction :
Lantier sortit titubant du café du Père Colombe. Il cligna des yeux, ébloui par la lumière de l'aube après l'obscurité chaleureuse trouvée près de l'alambic. L'odeur matinale des lavandières lui étourdit les narines. Heureux de cette nuit passée seul, sans entraves ni contraintes, il remonta lentement le boulevard de La Poissonnière. Il aimait cette heure où la ville s'éveillait lentement, les yeux encore mi-clos, dans un demi-sommeil. Ça et là, des échoppes s'ouvraient et l'on sentait le brûloir à café exhaler son parfum dans toute la rue. Peu à peu, les bruits s'épaissirent et la rue, sans que l'on s'en aperçoive ; de déserte se remplit. On vit les petits métiers de la rue sortit leur attirail. Quelques bouquetières s'attelaient à la confection de petites fleurs ; des ouvriers, leur pain dans les mains pour le déjeuner, s'activaient pour ne pas être en retard à l'embauche ; il croisa même un zingueur dans lequel il crut reconnaître un de ses voisins. Les bouchers se retrouvaient devant les abattoirs pour choisir les morceaux qu'ils proposeraient sous peu sur leurs étals. La chair sanguinolente, qui aurait pu dégoûter la plupart des gens de si bon matin, excitait au contraire son appétit ; et il se sentait prêt à dévorer un bœuf entier tant sa faim de vivre était grande. Flânant entre les rues, prenant un raccourci qui le faisait revenir en arrière, Lantier se perdait à dessein dans cette ville qu'il connaissait encore mal. Il observait les gens pressés, regardait les enfants à la pompe à eau, évitait les jets de détritus et d'immondices depuis les fenêtres. Titubant entre les saletés, Lantier se rappelait sa bonne ville de Plassans et ne regrettait absolument pas sa montée à Paris. Il n'était pas nostalgique de la chaleur du sud et préférait les matins gris et humides tel que celui-ci. Se frayant un chemin au travers de la brume matinale et des effluves diverses et variées, il obliqua à nouveau à droite dans la direction de son hôtel. Plus il avançait dans les rues, plus la cohue devenait intense et il sentit une exaltation extrême lui traverser le corps. Bousculé, il se sentait appartenir de plus en plus à cette foule laborieuse. Il entendit au loin les cloches d'une église sonner six heures. La mélodie de cet appel quotidien lui réchauffa les entrailles encore mieux que n'avait pu le faire l'absinthe dont il s'était gorgé toute la nuit. Il se senti happé par une ivresse bien plus grande que celle de l'alcool, saoulé par les bruits, les odeurs de la ville. Tout cela montait en lui dans une harmonie magnifique. L'hôtel se trouvait sur le bord de la Chapelle, à gauche de la barrière Poissonnière. Lantier en émergeant des ouvriers allant au travail, aperçut Gervaise qui se penchait au dehors de leur chambre, à tomber, un mouchoir sur les lèvres. L'ivresse heureuse qui l'habitait retomba aussitôt et il se mit alors à maugréer, inquiet de l'accueil qui l'attendait et peu enclin à justifier sa nuit dehors.
Dissertation
Les écrivains proposent souvent des descriptions de lieux très précises dans leur roman. Certains lecteurs ont le sentiment que ces descriptions sont inutiles ; d'autres en revanche, considèrent qu'elles jouent un rôle essentiel. En vous appuyant sur les textes du corpus, les œuvres étudiées en classe et vos lectures personnelles, explicitez et justifiez ces deux points de vue.
Analyse du sujet :
Mots clés : description. Objet d'étude : le roman et ses personnages, vision de l'homme et du monde. Reformulation du sujet : il s'agit de s'interroger sur l'utilité ou non de la description dans le roman. Par extension, on doit s'interroger sur les fonctions de la description. → Les descriptions dans un roman ont-elles une utilité ?
Plan : La consigne donne des indications très claires sur le plan à suivre. On attend une discussion puisqu'on vous propose deux points de vue qu'il faut confronter. Dans chaque partie il est nécessaire « d'explicite[r] et justifie[r] ».
Éléments pour la correction :
Introduction : Possibilité de commencer par mettre en avant l'importance de la description dans les romans du XIXème siècle. Présentation de l'analyse du sujet.
Développement (quelques idées et exemples)
Conclusion : la description peut certainement poser problème aux lecteurs quand ils ne comprennent pas son intérêt mais en général elle a pour fonction de mettre en évidence certains aspects du lieu, du personnage et met en évidence la vision du monde du romancier. Description spécifique au roman mais peut manquer dans certains cas au théâtre ce qui amène les auteurs contemporains à proposer des didascalies de plus en plus longues sur leurs décors en particulier.
éléments de correction pour le sujet des SObjet d'étude : l'argumentation : convaincre, persuader, délibérer. (en particulier l'utopie) (de manière implicite il traite également de l'objet d'étude consacré à un mouvement littéraire et culturel en l'occurrence les Lumières) → On note donc un genre commun, une certaine unité historique ainsi qu'une unité thématique puisque chaque texte fait référence à un pays imaginaire et exotique.
Analyse du corpus : - Fénelon, Les aventures de Télémaque, livre septième, 1699 Auteur de la fin du classicisme, souvent considéré comme un précurseur de l'esprit des Lumières dans la mesure où il va proposer une critique de la politique de Louis XIV à travers son roman Les aventures de Télémaque. Ce roman est un traité d'éducation utopique dans lequel il imagine l'éducation à apporter au fils d'Ulysse. Le texte présenté est une description du pays de Bétique.
- Montesquieu, Les Lettres Persanes, lettre XII, 1721 Dois-je vraiment le présenter ???
- Voltaire, Candide, chapitre XXX, 1759 Voltaire est l'auteur le plus connu des Lumières. Il s'agit ici de l'extrait de son conte philosophique le plus emblématique. Dernier chapitre du conte (il ne s'agit pas de la fin pour autant) dans lequel Candide et ses amis font la rencontre d'un sage qui leur propose une nouvelle philosophie.
Question Ces textes cherchent-ils seulement à nous dépayser ou ont-ils une autre fonction ?
- éléments marquant le dépaysement : - décalage avec la réalité que ce soit par un éloignement temporel ou géographique. - Caractère utopique des textes présentés. - Mise en évidence du peu de cas apporté à l'or et l'argent. Idéal de frugalité et de tempérance. - Description de l'organisation sociale.
-… mais ce dépaysement a une fonction précise : dénoncer, éduquer. - mise en évidence de valeurs communes aux différents textes : harmonie avec la nature, idéal de frugalité, cohésion de la communauté. - caractère utopique des trois extraits : petite communauté, lieu id&al et hors du monde. - remarque ; le texte de Voltaire est plus en lien avec la réalité dont il fait une dénonciation à travers la présence de la violence des vizirs.
Commentaire Fénelon, Les aventures de Télémaque
Quelques éléments … - précision du pays décrit - caractère merveilleux - registre épique l. 1 à 4 : grandeur du pays décrit, aspect extraordinaire. - informations climatiques, géographiques. - caractère utopique, mythologique - rareté des éléments - harmonie avec la nature - valeur du pays : frugalité, modération - peu de cas apporté à l'or et l'argent : dénonciation du luxe. - description de l'organisation sociale.
Problématique envisageable : Quelle est la visée de cette description utopique ? I] La Bétique : une utopie II] La visée de cette utopie.
[voir plan complet sur http://www.lettres.ac-aix-marseille.fr/lycee/eafo.html]
Dissertation
En quoi l'évocation d'un monde très éloigné du sien permet-elle de faire réfléchir le lecteur sur la réalité du monde qui l'entoure ?
Reformulation du sujet : Il s'agit de s'interroger sur l'intérêt d'utiliser un lieu-écran pour dénoncer la réalité.
On attend un plan analytique, qui analyse donc les différents aspects du sujet et non une discussion des termes du sujet.
Eléments attendus : - la littérature met souvent en valeur le dépaysement par des textes traitant de lieu éloignés du nôtre que ce soit historiquement, géographiquement, par le procédé du regard étranger, etc.… - ce dépaysement a une visée éducative, dénonciatrice… - beaucoup d'exemples exploitables : Voltaire, Zadig ; le sujet de bas sur les « bons sauvages » ; la séquence sur les Lumières, Les Lettres persanes, les fables, la science-fiction, etc… - valeur de la description : plaire aux lecteurs. - proposition de modèles de société.
Invention
Vous avez séjourné en Bétique. Déçu, vous décidez de partir. Écrivez le discours d'adieu que vous prononcez decvant les habitants.
Remarque : très peu de consignes, il fallait donc bien les analyser !
Texte support : Fénelon
Textes pouvant avoir nourri votre réflexion : - Diderot, Supplément au voyage de Bougainville (pour le caractère oratoire du texte) - Du Bellay, Les regrets, « Heureux qui comme Ulysse » (expression de la déception) L.A n°4 : MONTESQUIEU, LETTRES PERSANES, LETTRE CLXI, "la mort de Roxane"
Éléments pour l'introduction : Mise en contexte : Orient très en vogue en France depuis la fin du XVIIème et en particulier depuis Bajazet dont le personnage Roxane a fortement marqué le public. Coïncidence ou inspiration, Montesquieu prénomme ainsi la femme la plus aimée d'Usbek, le personnage central des Lettres Persanes. Présentation de l'extrait : Retour au roman du sérail depuis la lettre 147. Usbek, face aux événements et à la perte de son autorité sur les femmes devient un véritable tyran par l'entremise de Solim. Il apprend à la lettre 159 la trahison de Roxane, la femme qu'il croyait être la plus vertueuse. Dernière lettre du recueil. Lettre de Roxane à Usbek qui suit le meurtre de son amant par les eunuques. Elle y clame sa liberté passée et à venir. Elle annonce son suicide. Texte très théâtral.
Problématiques envisageables : En quoi cette lettre constitue-t-elle un dénouement au « roman du sérail » ? Montrez que Roxane est une héroïne tragique. Dans quelle mesure cette lettre remet-elle en cause l'apprentissage mené par le personnage d'Usbek ? En quoi cette lettre est-elle théâtrale ? Comment dans ce texte Montesquieu mêle-t-il l'épistolaire et l'argumentation ?
Éléments d'analyse de la lettre : (à réorganiser voire compléter en fonction de la problématique proposée par l'examinateur.)
- Caractère théâtral de la lettre. Personnage de Roxane, même nom que le personnage de Racine dans Bajazet. Importance de la fatalité. Affirmation de Roxane dès le début de la lettre « Oui je t'ai trompé ». Elle semble s'adresser directement à quelqu'un, on perd la distance instaurée par le délai épistolier. Destinataire clair : Usbek. Style qui imite le discours direct, la parole : phrases assez courtes, beaucoup d'exclamations, importance du destinataire (la deuxième personne du singulier est omniprésente dans la lettre.) Cette lettre s'apparente à la catastrophe qui clôt toute tragédie.
- Un but : dénoncer l'aveuglement d'Usbek. . Questions rhétoriques : Comment as-tu pensé que je fusse assez crédule … ? (l. 5 ; l. 10-13) → marque de moquerie face à l'aveuglement d'Usbek. . texte construit sur de nombreuses antithèses.
→ Opposition entre ce qu'Usbek voulait voir, ce que Roxane lui montrait et ce qu'elle pensait en réalité. Dans cette lettre, Roxane avoue tout. Remise en cause de la vision qu'Usbek avait de Roxane. à travers les questions rhétorique (utilisation du subjonctif imparfait pour indiquer le caractère hypothétique de ce qu'il croyait « que je fusse »).
. Caractéristiques de l'aveu aveu complet : avoue son crime (elle a tué les eunuques qui avaient assassinés son amant «je viens d'envoyer devant moi ces gardiens sacrilèges qui ont répandu le plus beau sang du monde » l. 7-8) et le revendique car il amène à la liberté. avoue sa feinte pendant des années : elle faisait semblant d'aimer Usbek pour pouvoir mieux le trahir. Lexique de la tromperie, de la feinte, des apparences : « je me suis jouée de ta jalousie » l. 2 ; « te paraître fidèle » l. 18 ; « « lâchement gardé dans mon cœur » l. 19, « tu as eu l'avantage de croire » l. 26 L'aveu apparaît comme une vengeance a posteriori. On note aussi les regrets de Roxane : ses années de soumission lui apparaissent comme un mensonge, une humiliation. (On remarque l'emploi du futur antérieur marque du regret « j'aurais dû faire paraître à toute la terre » l. 20, on relève également de nombreux termes qui assimilent son mensonge à une faiblesse de sa part : « je me suis abaissée » l. 18, « lâchement » l.19, « profané la vertu » l.21)
- Revendication de sa liberté. . Liberté de penser avant l'aveu. Importance de l'opposition entre les champs lexicaux de la liberté (« j'ai toujours été libre » l. 15, « s'est toujours tenu dans l'indépendance » l. 16) et ceux de la servitude (« ma soumission » l. 22). L'apparente soumission de Roxane cache en réalité une liberté de sentiment et de penser, une manipulation.
. Liberté de choisir sa mort. La mort de Roxane apparaît comme le seul moyen pour elle de clamer haut et fort son indépendance à tous. Il est l'acte suprême de sa liberté. Cette liberté est la seule qu'elle détient puisqu'elle appartient à Usbek.
- dénonciation de la vie au sérail (une dénonciation d'Usbek et de son incapacité à agir autrement que comme un despote) . Registre polémique de la lettre violence dont Roxane a été capable face aux eunuques transparaît encore dans son écriture. Usbek ne cesse d'être interpellé par Roxane. Elle le met face à ce qu'il refusait de voir.
. Mise en évidence des conditions de vie des femmes. Lexique de la soumission. Rappel : Roxane est l'esclave d'Usbek.
. Dénonciation du personnage d'Usbek. Critique de sa façon de se comporter.
- héroïne tragique . Mort en direct Évolution dans la représentation de la mort de Roxane : « Je vais mourir : le poison va couler dans mes veines » l. 4 « Je meurs »l. 6 « C'en est fait : le poison me consume, ma force m'abandonne ; la plume me tombe des mains ; je sens affaiblir jusqu'à ma haine ; je me meurs » l.31-34 La mort est tout d'abord vue comme quelque chose de proche mais qu'on imagine dans un futur proche. Dernière intervention : la mort est en cours. Elle est ressentie physiquement et le rythme de la phrase peut mimer les halètements de l'agonie. « C'en est fait » aspect tragique. La mort apparaît pour Roxane comme une délivrance. Elle n'est pas une souffrance car elle lui permet de retrouver une totale liberté. Acte d'amour car cela lui permet de conclure son amour. chant amoureux : « le seul homme qui me retenait à la vie » l. 5 ; « le plus beau sang du monde » l. 8. « mon ombre s'envole bien accompagnée » : image annonce la mort de Roxane, mais image positive : la mort devient un accomplissement.
. Des valeurs tragiques. une femme libre. Une femme qui a su feindre pour pouvoir mieux profiter de ses passions. Elle meurt guidée par sa passion Une femme qui peut amener à l'admiration, ce qu'elle imagine d'ailleurs comme étant la réaction d'Usbek.
Éléments pour la conclusion: Dans cette dernière lettre, Roxane montre à quel point le système du sérail est inefficace puisqu'il peut certes fonctionner pendant un temps mais amène à la trahison de ces sujets. Dès lors, Roxane dans la lettre amène à s'interroger sur la signification de sa mort. Elle s'apparente ici aux plus grands héros tragiques qui revendiquent par leur mort la liberté d'aimer. Cette dernière lettre du recueil n'est cependant chronologiquement pas la dernière. On apprend en fait à la lettre 141 qu'Usbek n'est plus à Paris (il est probablement à la campagne). On remarque d'ailleurs qu'il n'écrit pas pendant la dernière période des événements au sérail. La fin du roman est donc dramatisée. On laisse à penser au lecteur qu'Usbek va rentrer en Perse alors que des indices nous indiquaient que ce n'était pas le cas. Il s'agit donc, comme c'est souvent le cas dans le roman épistolaire, de demander une participation active de la part du lecteur afin qu'il comprenne ce qui est implicite. Ouvertures possibles : la mort de Phèdre. (Sur le caractère tragique), la lettre XXVI d'Usbek à Roxane afin de montrer l'importance de l'aveuglement d''Usbek (mais on utilisera plutôt le début de la lettre non analysé en classe).
* Racine, Phèdre, V, 4, « la mort de Phèdre »
Phèdre est une jeune femme maudite par les Dieux. Toutes les femmes de sa famille sont maudites et leurs amours sont monstrueuses. Ainsi, Phèdre, mariée au héros Thésée, éprouve des sentiments passionnels pour son beau-fils Hippolyte (issu des premières amours de Thésée, Hippolyte est à peine plus jeune que Phèdre). Tout au long de la pièce, elle avoue cet amour à sa confidente, puis à Hippolithe, et enfin à Thésée lui-même. À la dernière scène, Phèdre, qui a indirectement causé la mort d'Hippolithe vient avoue à Thésée son amour incestueux et se donne la mort avec du poison.
Documents pour l'oralVous pouvez trouver dans le fichier toutes les textes de lecture analytique ainsi que les documents complémentaires. https://www.weblettres.net/blogs/uploads/p/proflettres/21095.pdf Documents pour l'oralNouveau lien. Vous pouvez retrouver tous les textes perdus, annotés ... Ils sont tous là (à part ceux des manuels) https://www.weblettres.net/blogs/uploads/p/proflettres/21023.pdf Descriptif 1ère S3Un petit lien pour découvrir votre descriptif ! https://www.weblettres.net/blogs/uploads/p/proflettres/21024.pdf { Page précédente } { Page 2 sur 4 } { Page suivante } |
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