Activités :
- Recherches sur Le ballon de Félix Vallotton pour connaître le contexte de création de cette œuvre (biographique, historique, culturel)
- Ecriture d'un texte qui analyse le tableau (travail préparatoire)
Dans une allée ensoleillée, un enfant porte un chapeau de paille et court vers un ballon rouge. Ses cheveux blonds, son habit blanc sont en mouvement avec la vitesse. Nous n'arrivons pas à dire s'il s'agit d'un garçon ou d'une fille. On voit son ombre au sol, qui le précède et les reflets sombres des feuillages qui le poursuivent avec des formes inquiétantes. Au loin, on distingue deux adultes très éloignés de l'enfant. Cela évoque la séparation du monde adulte de l'univers enfantin. Cette scène est mystérieuse, voire inquiétante. On pourrait interpréter l'éloignement renforcé des deux adultes avec la séparation possible de l'enfant qui est occupé à courir après le ballon. Pour le point de vue, nous avons la sensation de voir la scène d'assez haut comme-si on l'observait d'un parapet. Nous avons donc la sensation d'être dans le parc tout en ayant du recul sur cette scène.
Valentine Bugnicourt
- Ecriture d'un texte pour faire vivre le tableau en donnant la parole au peintre, à un des personnages ou à un spectateur et en créant soi-même une œuvre. (lettre, poème, dialogue théâtral …)
Les textes produits sont très majoritairement des poèmes. On retrouve là, alors même qu'ils ont été écrits avant la lecture de l'oeuvre, la structure de l'essai de Colette Nys-Mazure consacré au « ballon » de Vallotton qui mêle prose poétique et poésie.
Course printanière
Ce jour-là, j'ai voulu prendre mon temps.
Dans les allées du parc, j'ai voulu errer
Et c'est depuis ce banc que j'ai vu cette enfant.
Vêtue de blanc elle courait,
Après son ballon qui s'envolait.
Echappant à la vigilance de ses parents,
C'est une course après la liberté,
Dans un jour ordinaire de printemps.
Une course après l'avenir, après la vie,
Tout part d'un jeu, d'une simple envie,
Ne plus vouloir se séparer
De ce à quoi nous sommes attachés.
Un simple ballon,
Qui finalement peut en dire long,
Rester nous-mêmes
Quand les codes nous en empêchent.
Romane Lozé
Elle jaillit d'une ombre comme surgit la nuit,
Accourant vers la lumière,
La petite va vers son ballon rouge primaire,
Délaissant l'ancien, comme d'ennui.
Elle porte un chapeau jaune canari,
Une longue robe blanche épurée,
Symbole de sa naïveté
Qui a l'air de rendre la petite d'autant plus jolie.
Deux dames au loin semblent l'appeler,
Mais elle n'écoute pas, elle préfère s'amuser en cette fin d'été,
Car aujourd'hui il fait soleil, demain la pluie,
Tout est éphémère, même à dix ans quand on rit.
Margaux Dequecker
Insouciance
Je courais après un ballon
Je me fichais de tout le reste
Et même de maman et de ma tante
J'étais libre, heureuse
Je courais, les cheveux au vent
J'étais seule mais j'avais mon ballon
Je jouais, chantais, riais
Et cela me suffisais
Je courais, toujours plus vite
Je pouvais jouer des heures et des heures
A lancer puis rattraper ce ballon
Je m'amusais tellement
Le temps court, lui aussi
L'enfance est finie
Cette période me manque
Si je pouvais encore courir après mon ballon
Agathe Delatte
La liberté
La liberté. Le jardin. Mon ballon.
J'ai attendu ce moment toute la journée. Comme tous les jours.
Ma mère et ma tante discutent. Elles me regardent.
Et me trouvent ridicule. Moi. Qui ris. Qui joue.
Qui cours après un ballon. Ridicule.
Ma robe blanche va finir par être tâchée.
Ce sera la raison de notre dispute ce soir. Tant pis.
Aujourd'hui j'ai mis mon plus beau chapeau. Le jaune.
Celui que Papa m'avait offert pour mon cinquième anniversaire.
Depuis qu'il est parti, je ne le quitte plus.
Les immenses arbres projettent une ombre de plus en plus grande.
Elle finira sûrement par me rattraper pour me montrer qu'il est tard.
Que c'est le moment de rentrer.
Ramasser mon ballon et la balle que je viens de trouver.
Elle est rouge. Légère. Bien plus captivante que mon vieux ballon.
Le soleil a fini par disparaître.
Mais il reviendra. Tout comme moi.
Hier. Aujourd'hui. Demain.
Pour mon ballon. La liberté.
Emilie Herlin
C'est une petite fille qui court,
Sans trop de raison.
Livrée à elle-même, le souffle court,
Après un ballon.
La lumière est attirante,
L'obscurité déprimante.
Le ballon sombre est sans importance,
Le rouge plein de bienveillance.
Les mères ne s'en soucient guère,
De cette aire de jeu dangereux.
Elles parlent de leur problème,
Ne voyant pas les fantômes.
Ils sont invisibles, tapis dans l'ombre,
Guettant la moindre blessure de la fillette
Qui court, encore et encore,
Avec son insouciance et une pâquerette.
Manon Michot
Petite suite au tableau « Le Ballon » de Félix Vallotton (1899) :
« Ah ! Mon ballon ! Reste ici. Pourquoi l'ai-je lancé si fort ? »
Pendant ce temps, les deux femmes discutaient au sujet de leurs maris partis à la chasse. Quand elles entendirent un cri perçant, la fillette à la robe blanche venait de se faire enlever par un homme de grande taille à la barbe noire comme du charbon. Les femmes accoururent vers la fillette en détresse. Hélas, il était déjà trop tard ! L'agresseur était déjà loin. Heureusement, les maris des deux femmes venaient de revenir de la chasse, ils attrapèrent l'homme qui lâcha la fillette mais il réussit à se libérer et on ne le revit plus jamais.
Léo Diotti
Rêver de liberté
Aujourd'hui, je suis lasse de cette sécurité,
Celle que vous m'imposez.
Je ne fais que rêver.
Rêver de liberté.
Jouer, m'amuser, m'échapper,
Ce sont mes plus grands souhaits.
Laissez-moi m'en aller,
Rêver de liberté.
Écrire, lire, étudier,
Être toujours obligée.
Je n'ai qu'une envie, c'est de rêver.
Rêver de liberté.
Coline Gernez
Une ombre ensoleillée, une sombre journée
Petite fille joyeuse, sautillant dans les prés,
Insouciante et rêveuse, sous le soleil cuisant,
Elle rit aux éclats, en contemplant ses parents,
Se précipitant, vers le ballon à l'orée de la forêt,
Petite fille malheureuse s'enfuyant vers le pré,
Soucieuse et peureuse sous le soleil cuisant,
Elle pleure, elle sanglote en échappant à ses parents,
Se précipitant, vers le ballon, et s'évadant d'une lueur sombre à l'orée de la forêt.
Le Mardi 14 Avril, notre classe a eu la chance de rencontrer une écrivaine belge venant de Tournai pour répondre à nos questions. Tout d'abord à propos de son livre Le soleil ni la mort inspiré du tableau « Le ballon » de Félix Valloton mais également à propos de son métier d'écrivaine. Colette Nys Masure écrit entre autres des poèmes, des romans et des nouvelles et aussi des œuvres liées à l'art pour la collection Invenit. Ses livres sont traduits en plusieurs langues.
Nous nous sommes assis autour d'elle dans le parc du lycée pour cette rencontre avec un soleil dont l'écrivaine s'est réjouie.
Personnellement j'ai trouvé cette rencontre très enrichissante, car je n'avais jamais eu la chance de converser avec une écrivaine. J'ai pu constater que la culture de Colette Nys Masure est très impressionnante, aussi bien littéraire qu'artistique, ce qui donne envie de se cultiver davantage. De plus, son avis sur l'écriture et sur la vie est à la fois réfléchi mais aussi tout naturel chez elle, ce qui donne une dimension accessible à l'écriture. J'ai ressenti de l'admiration pour sa combativité face aux épreuves de la vie qu'elle a endurées, à la façon dont elle renait à travers son écriture.
Colette Nys Masure est une femme passionnante et passionnée, dévouée à son art et à l'amour qu'elle porte à la vie, elle la célèbre jour après jour comme une messe éternelle où chaque moment est sacré. Elle a bien raison !
Anaïs Lestringuez