Sur les chemins de la Mémoire

le voyage en train par Joseph REICHMANN.

Par 3eme - 16:19, mercredi 30 janvier 2008 .. Déposé dans Nos textes .. commentaires : 0 .. Lien

            Enfin, nous arrivons au camp de Drancy, des hommes nous arrachent du camion. Je me retrouve à genoux et la pluie me rafraîchit de la chaleur du voyage. Tout à coup ma mère émet un cri "Maurice!" dit elle. Elle fond en larmes à la vue de Maurice, mon grand frère. Il s'est fait arrêter il y a environ deux mois. Il est si grêle et faible, qu'il tombe dans les bras de ma mère. Pendant deux jours je demande aux gardiens du camp si nous aurons de quoi manger mais ils me répondent toujours d'une manière lapidaire et négative.

 

Le troisième jour, une bonne partie du camp est mise de force dans de vétustes wagons à bestiaux, une centaine de personnes par wagon peut-être plus. « Non ! Maman ! Maman ! Maurice !!! ». Je hurle tellement qu'un homme me bat et me pousse de force dans un des wagons. Je pleure, je pleure encore et encore, mais rien n'y fait le train part et je suis séparé de ma famille et oppressé par des gens inconnus. Une journée passe dans ce convoi et une odeur pestilentielle d'urine me pique les narines. Le second jour, l'odeur de putréfaction fait son apparition. Le troisième et dernier jour les odeurs sont intenables! Le seau entouré d'une couverture placé au centre du wagon, CE SEAU, qui servait à faire nos besoins, déborde. Des cadavres sont encore debout tant nous sommes serrés comme des sardines.

 

Enfin, si j'ose dire, nous arrivons au camp de Auschwitz Birkenau. Des nazis séparent les hommes de plus de seize ans des femmes, des enfants et des handicapés. Un peu plus bas j'aperçois une grande cheminée qui fume, à sa gauche des hommes transportent des cadavres dans le bâtiment d'où sort cette mystérieuse colonne de fumée. Je ne sais pas si je comprends ce qui se passe.

 

FLORIAN.



Voyage de Joseph Reichmann par Aurélien

Par 3eme - 15:30, mercredi 30 janvier 2008 .. Déposé dans Nos textes .. commentaires : 0 .. Lien

Des coups frappés à la porte résonnent dans la pièce. Un gendarme fait irruption dans la salle qui nous sert de dortoir et nous secoue en criant :

-Vite ! Vite ! Tous dans la cour !

Nous nous sommes tous retrouvés sur la terre pieds nus, sans rien sur le dos au milieu du camp. Il faisait encore nuit et le soleil commençait à se lever. Les gendarmes nous ont montés dans des camions. Je fus séparé de ma mère. Le camion nous a déposés à la gare Le Bourget. Les gendarmes  nous  ont fait attendre devant la gare. Des S.S sont arrivés puis nous ont fait rentrer par centaines dans des wagons à bestiaux. La folie d'un homme,  qui se croit supérieur à nous, a réussi à nous réduire en esclaves. Une telle injustice me révolte mais je ne peux rien faire ! Je me retiens. J'entrevois mon frère qui entre dans le wagon attenant au nôtre.

Des cris, des hurlements nous fatiguent les oreilles. Des S.S tapent les handicapés ou les révoltés qui ne veulent ou ne peuvent  pas rentrer dans la masse de juifs. Certains meurent. Les soldats allemands claquent les lourdes portes. On entend le cliquetis du cadenas qui se ferme. Puis un long silence s'installe. Je remarque qu'il n'y a presque pas d'ouverture et que l'on ne peut bouger. Un léger recul et le train démarre. Des enfants se remettent à brailler pour chercher leurs parents.

Des femmes cherchent leur mari ou conjoint en pleurant. Et moi dans tout cela je reste abasourdi par la démence de l'homme. Que faire ? Que dire ? Plus de réponses. Je fais abstraction de ce qui m'entoure et j'essaye de n'entendre que le son monotone d'un train qui part vers l'inconnu.

 

Nous devons rester debout. Tenir jusqu'à l'arrivée. S'il y en a une. On n'entend plus les cris et maintenant on n'entend plus que certains hommes qui parlent tout seul. Plusieurs personnes sont mortes mais ne peuvent s'écrouler : nous sommes tous serrés. Nos habits et nos cheveux sont collés par la sueur. La nourriture nous manque. Je n'ai plus aucune notion du temps. Quel jour sommes-nous ? Le lundi ? Le vendredi ?

 

J'ai sympathisé avec un jeune homme. On s'est raconté notre vie, nos rêves. Dans d'autres circonstances j'aurais aimé l'écouter. 

 

Certains ont essayé de s'enfuir en  sciant le fond du wagon avec une petite scie emmenée. Un autre faisait le guet avec un miroir. Malheureusement  un S.S a découvert le reflet du soleil. Ils ont arrêté le train et ont ouvert violemment la porte. Ils ont discuté ensemble et nous ont crié :

-Qui responsable ? Qui ?

Personne n'a parlé. Une minute s'est passée  sans que rien ne bouge. Je ne voulais pas les dénoncer.  Le soldat a reposé sa question plus fort. Il s'est exclamé :

-Je massacre tout le wagon si personne ne se dénonce !

J'ai entendu plusieurs murmures. Puis un homme est sorti du groupe et a désigné les coupables :

-C'est eux ! C'est eux ! Ne me tuez pas !

Un soldat a dit à l'un d'entre eux de se mettre tout nu. Puis il a tiré. J'ai eu un haut le cœur mais j'ai retenu ma peur. Il a ensuite dit aux deux autres de courir puis il a tiré lâchement dans leur dos. Effrayés, nous sommes tous ramenés dans le wagon. Le train repart dans un silence insupportable.  La chaleur règne. L'odeur de la sueur devient insupportable. Le train ralentit : nous arrivons. Que va-t-il se passer ?

 

-Schnell ! Schnell !



Voyage en train par Maxence

Par 3eme - 15:29, mercredi 30 janvier 2008 .. Déposé dans Nos textes .. commentaires : 0 .. Lien

     Je dors, mais plus pour longtemps. Un gendarme rentre dans la pièce où nous sommes enfermés. Il hurle :

-Debout ! Vite ! Suivez-moi !

Pas le temps de se demander «pourquoi», nous le suivons. Il nous emmène à la gare de Le Bourget. J'y découvre là alors un train avec en guise de voitures, des wagons à bestiaux. Je comprends alors que l'on va voyager dans des cages comme des bêtes. Les gendarmes nous poussent à l'intérieur.

 

     Le train avance. Je suis avec Maurice, à côté de moi un vieillard étouffe. Il est écrasé par une autre personne contre moi. Je vois cette personne qui essaye de se dégager ; je tente d'en faire autant ; mais trop tard. Le vieillard est mort, il est debout, coincé entre cet homme et moi, sa tête tombe sur mon épaule. Je sens l'urine couler le long de mes jambes tellement j'ai peur de ce cadavre. Maurice ne dit rien. La nuit arrive, je m'endors  malgré ce corps sans vie.

     Le lendemain, deux personnes dans le wagon tentent de s'évader. Il y en a un qui a un miroir pour guetter les Allemands. L'autre a une scie, il perce un trou dans le wagon. Soudain, le train s'arrête brusquement, le seau rempli d'urine et d'excréments se renverse. Des Allemands ouvrent le wagon. Le plus gradé dit :

-Sortez tous de ce wagon ! Schnell ! Nous savons que un ou plusieurs d'entre vous ont essayé de s'échapper.

Nous sortons tous. Les Allemands nous mettent en ligne. Le plus gradé reprend :

-Que les coupable se dénoncent! il attend une réponse. Personne ? Si personne ne dénonce vous serez fusillés sur le champ.

Une femme avec un bébé désigne les coupables. L'Allemand avec un sourire démoniaque dit :

-Déshabillez-vous puis courez là-bas ! Schnell !

Les coupables se déshabillent puis courent. Un Allemand sort une mitrailleuse.

-Fällen Sie !

L'arme crépite. Les Allemands nous font rentrer dans le wagon. Le voyage reprend.

    

     Nous arrivons à une gare. Au loin, on voit des bâtiments. Le train s'arrête. les Allemands nous descendent du train. Ils nous regroupent devant une grande porte. Un officier nous dit:

-Les femmes et les enfants de moins de 16 ans à droite, et les autres à gauche.

Je vais à gauche, je veux rester avec Maurice. L'officier reprend :

-Les femmes et les moins de 16 ans, suivez ces hommes vous allez pouvoir prendre une douche.

J'ai un sentiment de regret qui m'envahit, mais je préfère être avec mon frère.

-Vous allez maintenant travailler! il me désigne avec Maurice et d'autres personnes, Vous allez travailler dans une carrière. Suivez cet homme.

Nous obéissons.



Clémence - Dans les wagons

Par 3eme - 15:24, mercredi 30 janvier 2008 .. Déposé dans Nos textes .. commentaires : 0 .. Lien

Nous sommes jeudi 20 mai 1942. Des gendarmes Français viennent me chercher, moi et ma mère .Arrivés devant la gare qui se trouve à quelques mètres du camp, je m'effondre en larmes en voyant les wagons. Il n'y en a que cinq et nous sommes cinq cents. Nous rentrons par obligation. Cent par wagon, le trajet sera long.

 

 Entassés les uns sur les autres le manque d'oxygène arrive vite, je transpire, j'ai chaud, j'ai soif, mais rien à boire. La nuit passe, impossible de m'endormir, ma mère a mal au dos, moi aux jambes. Dans notre wagon des gens tombent à cause de la faiblesse et du manque de nourriture. Ma mère et moi tenons le coup pour le moment, malgré l'épuisement qui nous envahit. Le petit matin se lève, toujours aucun arrêt, pas moyen d'uriner dans le wagon, il y a bien un petit seau au milieu de celui-ci, mais je suis assez pudique et ne peux baisser mon pantalon en public. Des gens que je ne connas pas y arrivent, mais à force, le seau déborde. Le sol est rempli d'excréments, nos pantalons sont mouillés, à cause de l'urine qui se trouve par terre. Une odeur épouvantable envahit le wagon. Je ne suis pas le seulà me sentir mal, des gens vomissent, ce qui rend l'atmosphère encore plus irrespirable.Je me contente d'un petit trou que je trouve dans l'angle du wagon pour respirer de l'air pur.

 

Nous en sommes à notre deuxième jour de voyage, toujours rien à se mettre sous la dent, pourtant nous ne demandons pas grand chose. La nuit tombe, un gars vient de tomber, il est mort . Nous nous piétinons. Le voyage est long et douloureux, je ne sais pas si je m'en sortirai vivant. Au fond du wagon deux hommes essayent de percer l'acier pour s'évader, malheureusement  pour eux  un gendarme qui a entendu du bruit demande au conducteur d'arrêter le train, le gendarme trouve les gars, deux autres policiers arrivent, ils les fusillent pour les abandonner au milieu de nulle part.

 

Nous en sommes à notre troisième jour je ne sais toujours pas quand nous allons arriver, j'ai faim, je suis faible, déshydraté, j'ai peur de mourir.

 

Il doit être environ midi, nous voilà arrivés au milieu de nulle part. Nous sommes accueillis non plus par des gendarmes français mais par des Allemands. A côté de moi un homme demande à un gendarme ce que nous faisons là, et se prend une balle dans le crâne la seconde qui suit sa question. Je me tais, je me crois en enfer.On nous demande de nous ranger par tranche d'âge et par sexe. Je pleure, je ne veux pas quitter ma mère, je n'ai que 14ans. Les femmes et les enfants sont partis à droite nous à gauche, à présent je ne sais guère ce que l'avenir va me réserver.



Le trajet en wagon par Aymeric

Par 3eme - 14:29, mercredi 30 janvier 2008 .. Déposé dans Nos textes .. commentaires : 0 .. Lien

 

Je tournoie depuis des heures dans cette cour remplie de personnes juives.

Les camions ramènent les derniers juifs et les miliciens nous dirigent vers une gare, là une dizaine de nazis en uniforme descend  de l'avant et de l'arrière du train et crie « Schnell Schnell ! »

Un vieillard demande à l'officier où nous allons, il lui répond avec une balle dans la tête. Une vieille dame a du mal à monter dans le train alors un nazi est venu l'aider avec un coup de crosse dans la nuque, certains répliquent et sont battus jusqu'à ce que mort s'en suive. Depuis plus personne ne réplique…

 

Nous sommes  tellement serrés dans ce wagon, qu'on ne peut même plus s'asseoir, il y a une petite ouverture vers ma gauche où l'on peut sentir l'air pur au lieu ce cette odeur d'urine et de sueur. Après quelques jours dans cet enfer vivant, je sens que le besoin devient de plus en plus intense. Je décide donc d'aller au milieu du wagon et d'utiliser le seau, après quelques bousculades,  je parviens enfin à celui-ci, le spectacle est tellement horrible que je ne peux me retenir de vomir.  Les personnes autour du seau ne pouvant pas se décaler trempent dans l'urine et l'odeur devient insupportable. Je regarde autour de moi et dans un moment de honte je me mets à faire mes besoins dans le seau. 

Les jours passent et mes voisins deviennent de plus en plus fatigués, un jour l'un d'eux succombe, il ne peut même pas tomber au sol tellement on est collé.

Un jour le train s'arrête, j'essaie de m'agripper à l'ouverture pour savoir ce qui se passe. Ce que je vis, je ne peux l'oublier encore aujourd'hui:  une dizaine d'hommes juifs s'enfuient à vive allure tandis que les nazis se mettent en ligne pour les fusiller.



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