Sur les chemins de la Mémoire | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le trajet en wagon par KeschyaUn matin, des soldats allemands sont venus nous chercher ma mère et moi de force puis nous ont emmenés dans un camion où se trouvaient déjà plusieurs juifs. Ils nous ont mis dans ce camion pour nous amener à Drancy. Hommes, femmes, enfants, même les plus jeunes s'y trouvaient, les soldats n'avaient aucune pitié, ils tiraient comme ça dans des personnes sans raisons valables.
Plusieurs jours après notre arrivée à Drancy, nous avons pris la direction de la gare et sommes entrés dans un wagon. Les soldats nous poussaient à l'intérieur.
Une fois tous montés dans le wagon, nous étouffions, plusieurs personnes sont mortes de faim, de soif! Des mères essayaient de calmer leurs enfants comme elles le pouvaient, ma mère elle, ne le faisait pas car elle savait que ça ne valait pas la peine de me raconter n'importe quoi ;d'autres personnes voulaient détendre l'atmosphère! Ils chantaient, racontaient des histoires... Tout le monde en avait assez de ce voyage de trois jours. Au bout de ces trois jours enfin écoulés le train s'arrêta brusquement, les portes s'ouvrirent. Les personnes à l'avant tombaient par terre bousculées par ceux du fond. Dès notre arrivée, les soldats nous donnent l'ordre de nous diviser en deux groupes différents, d'un côté les femmes et les enfants de moins de 16 ans et de l'autre les hommes. Moi malgré mes 14 ans je me plaçai du côté des plus de 16 ans pour ne pas quitter mon frère ! Puis, c'est la douche et les chiffres gravés sur le bras. le voyage en wagon. par Valentin (et corrigé par Pierre)Ils nous rassemblent au milieu de la cour, ils nous comptent pendant facilement vingt minutes on est debout, au garde-à-vous, puis on se pose des questions: Où va t-on nous emmener ? Pour faire quoi? Ils vont faire quoi des infirmes et des vieillards? Avec mon frère et ma mère on essaye de répondre à ces questions. Il y a des personnes qui pleurent, d'autres vendent des caramels. Au bout d'une demi-heure on part tous en file indienne jusqu'à la gare du Bourget certains tombent sur la route, mon frère est épuisé car il n'a pas mangé avant de partir, il a tout donné à ma mère qui est plus fébrile que lui . Arrivé à la gare je vois deux trains qui nous attendent. Ils comportent chacun une dizaine de wagons à bestiaux. Les gendarmes français forment une barrière humaine qui paraît infranchissable, certains nous prennent nos valises. On est une centaine, entassé les uns sur les autres. Une fois tous rentrés dans les wagons ils referment les portes. Au centre, il y a un seau pour faire nos besoins mais je ne sais pas s'il y en a un dans chaque wagon. Mais ce n'est pas pratique car on ne peut pas bouger, pour se passer le seau c'est difficile, de plus il fait chaud, et on est trempé de sueur. En haut des wagons il y a des trous minuscules pour laisser passer l'air. On voit rarement la différence entre la nuit et le jour. Après deux jours de voyage le seau est quasiment plein l'odeur des excréments et de la sueur est insupportable. Nous sommes tous autant que nous sommes affamés et assoiffés mais malheureusement nous ne possédons pas de nourriture ni de boissons . D'un coup le train s'arrête. Les nazis font descendre tout un wagon après quoi on entend des tirs et des cris , ça ne dure pas plus de deux minutes puis on repart . Ca doit bien faire trois jours qu'on est dans ce wagon, j'ai totalement perdu la notion du temps de plus les gens deviennent fous , ils crient à ne plus avoir de voix. Moi j'évite de crier car je sais que c'est ce qu'ils veulent mais avec la douleur que j'ai aux jambes à force de rester debout c'est insupportable car depuis 3 jours je n'ai pas bougé .
Le voyage en wagon par Amandine
Moi André j'ai 14 ans, je suis juif donc condamné à la mort par Hitler, je suis avec ma mère et mon frère. Nous sommes dans le camp de Drancy, tous les jours, il y a de nouveaux juifs qui arrivent. Ici nous ne faisons qu'attendre et nous arrivons avec difficulté à ne pas mourir de faim.
Par un jour de juillet, des miliciens nous font signe de nous mettre en ligne et des les suivre, je tiens très fort la main de ma mère, j'ai peur !!
Dans ce wagon, je suis embarqué avec des hommes, des femmes, des nouveaux-nés, des vieillards. Nous sommes entassés corps à corps. Nous n'avons que deux petits trous d'air, c'est avec difficulté que nous arrivons à respirer. Avant d'être embarqués nous avons eu deux tranches de pain, mais depuis … plus rien. Il y a un bac vide, un genre de tonneau pour les besoins intimes. Tous les matins un milicien vient jeter un coup d'œil dans notre wagon pour voir s'il n'y a pas de morts, beaucoup de gens deviennent fous. Ici, il règne une ambiance qui est difficile à expliquer, les gens se regardent du coin de l‘oeil, on se méfie les uns des autres, peu de gens se parlent. Dans le wagon qui est à côté du notre, des hommes ont essayé de s'enfuir en perçant le plancher, un SS s'en est aperçu et a ordonné aux passagers du wagon de descendre pour déterminer le coupable. Après nous avoir menacés, les deux hommes sont dénoncés et obligés de se déshabiller et de courir, les SS leur tirent deux balles dans la nuque.
Je voudrais exprimer mes sentiments, crier, enlever cette haine et cette peur qui sont en moi, je me sens si seul, tout se bouscule dans ma tête. J' assiste à des scènes si terribles que j'en fais des cauchemars, un SS a arraché le bébés des bras de sa mère et l'a écartelé de ses mains nues, je l'ai vu battre aussi deux hommes à mort avec son fusil, parce qu'ils n'avaient pas exécuté ses ordres convenablement car ils ne comprenaient pas l'allemand.
Les wagons se sont arrêtés dans un bruit de ferraille. Les wagons s'entrechoquent au moment du freinage, les SS commencent à hurler sur le quai, les wagons commencent à être ouverts dans un grand fracas et ils font l'inspection, wagon par wagon pour voir s'il y a des morts, s'il reste encore des survivants. Beaucoup de gens sont morts, d'autres sont devenus fous. Les yeux d'un SS se fixent sur moi et me font signe de descendre. Tout d'un coup, j‘ai un sentiment de crainte, d'inquiétude. Je commence à être plongé dans un monde qui n'est pas le mien et qui n'a rien de logique à mes yeux et qui n'a rien de ressemblant avec ma vie d'avant.
Le voyage en train de Joseph Reichmann par Jessica (et corrigé par Pauline)
Nous sommes arrivés à la gare, ma mère et moi. On suit les autres jusqu'au wagon, escortés par la police française. Puis on nous fait monter dans les trains, un par un. Ma mère s'accroche à moi car l'idée de me perdre la bouleverse. Devant, on entend déjà les cris des familles séparées par la police. Alors, je sens la main de ma mère se serrer autour de mon bras. Vient notre tour de monter dans ce fameux wagon et deux policiers s'avancent alors vers nous. Puis, par un hochement de tête, l'un des policier me désigne et l'autre s'empare de moi, m'arrachant à l'emprise de ma mère. J'entends derrière moi ses hurlements qui m'appellent et qui les supplient de me laisser avec elle: «laissez mon fils, ne me l'enlevez pas, je n'ai que lui, je vous en supplie ». Je me retourne et tends la main pour essayer de revenir vers elle. Mais le policier force l'allure et lorsque je me retourne une dernière fois il l'entraîne déjà vers un autre wagon. Je hurle, pleure et me débats. Devant le wagon on m'y pousse avec force. La porte se referme sur nous. Je regarde alors autour de moi et remarque que je ne suis pas le seul enfant. Il y a aussi des personnes âgées, des femmes, des hommes, des nourrissons. Le wagon est petit et nous sommes serrés à ne pouvoir nous déplacer. J'entends les coups de sifflet des policiers et me rend compte que le train part.
Pour l'instant, je me pose plusieurs questions: Vers où allons nous? Qu'allons nous faire une fois arrivés? J'ai faim et soif, et je me demande si ceux qui nous ont emmenés dans ces wagons vont nous faire sortir et nous nourrir, mais après plusieurs heures d'attente et d'espoir, rien ne vient. La nuit est le moment que je redoute le plus, vu qu'on est serré on ne peut pas tous s'asseoir en même temps. Le deuxième jour, il commence à y avoir des morts. Il s'agit surtout des personnes les plus faibles comme les nourrissons et les personnes âgées. L'odeur des cadavres et de la transpiration est insupportable. J'entends des voix, des murmures de personnes qui parlent et d'autres qui demandent quand on arrive. Le troisième jour, l'odeur est de plus en plus insupportable : à celle de la sueur et des cadavres s'ajoute celle des excréments. Alors trois personnes, des jeunes, choisissent de s'évader. Ils ont gardé des outils que la police n'avait pu leur arracher. Ils se mettent au travail pendant que l'un fait le guet. Celui-ci observe l'extérieur grâce à son miroir. Mais, malheureusement, à un moment, le soleil se reflète dans le minuscule bout de verre et aussitôt les Nazis arrêtent le train. On nous fait sortir. On s'aligne en rang. Un homme à bout de nerfs les dénonce. Alors, ils prennent les trois jeunes, les alignent face au fossé et leur tirent une balle dans la tête. Le coup de feu me raidit et me pétrifie. Je vois les corps tombés et on nous fait remonter dans le train. Quatrième jour: vais-je revoir ma mère et mon frère? Il y a toujours des cadavres et cette odeur pestilentielle m'irrite le nez. J'ai des crampes aux jambes, aux bras .
Nous sommes arrivés au camp.
On nous fait sortir et on nous emmène dans des baraquements. Des structures en bois forment des lits dans lesquels on rentre a quarante. Ils ne sont pas confortables bien sûr! Nous sommes arrivés dans ce camp mais je garde toujours espoir.
voyage vers Auschwitz par QuentinLà où je suis, tout seul, dans un coin de ce bâtiment en forme de « U », j'ai une vue sur les wagons qui nous emmènent, je ne sais où.
Aujourd'hui, un gendarme français m'a appelé c'est mon tour je dois monter dans le wagon n°6 je ne sais à présent ce que la vie me réserve . Nous marchons dans de nombreuses rues, ensuite nous arrivons sur une grande place où nous passons devant des gens qui se trouvent derrière une barrière de barbelé, ils ont l'air fatigué. Enfin, j'aperçois la ligne de chemin de fer et mon cœur se met à palpiter énormément. Une rangée de gendarmes français nous empêche de nous enfuir par les côtés. Ils ouvrent les portes des wagons et nous poussent dans les voitures, soudain quelqu'un me prend par le bras et me tire vers le haut, ça y est je suis dans un de ces wagons de la mort. J'entends les portes à côté de nous se fermer, puis la nôtre, j'entends le bruit d'un verrou. Nous sommes à peu près une centaine dans un tout petit wagon qui devrait sûrement ne pouvoir transporter qu'une cinquantaine de personnes. Ca y est , le train commence à bouger, je commence à sentir de l'air qui passe à travers les petits trous du wagon cela fait du bien car à l'intérieur il fait une chaleur étouffante. Au bout du deuxième jour de voyage l'envie d'aller faire ses besoins devient soudainement très pressante, mais je suis trop timide pour me soulager devant tout ce monde car les latrines sont remplacées par un seau au milieu du wagon. Bien que peu de personnes y soient allées l'odeur putride de l'urine commence à se faire sentir. A un moment inattendu quelqu'un s'exclame et dit qu'il a trouvé une solution pour pouvoir faire ses besoins plus personnellement. L'idée était de fabriquer avec nos habits une sorte de drap qui nous cacherait. Lors du troisième jour je me mets à compter le nombre de personnes mortes il y en a une quinzaine environ . Je me suis mis aussi à penser à ma famille que je n'ai pas revue depuis que je me suis fait attraper, cela remonte à six mois. Je ne sais pas si elle est encore vivante, où elle se trouve. Soudain j'entends les freins du train grincer cela fait d'ailleurs mal aux oreilles et des voix allemandes qui crient je ne sais quoi. Je ne sens plus l'air passer dans les trous, nous devons être arrêtés, je ne sais pas bien car j'ai toujours l'impression d'avancer. J'entends les portes des wagons d'à côté s'ouvrir, soudain la mienne se met à faire le même grincement et la porte s'ouvre et cela me fait énormément mal aux yeux de revoir la lumière du soleil. Je reste les yeux fermés quelques instants et quand je les ouvre, une vision d'horreur m'apparaît, il y a des hommes extrêmement maigres qui travaillent, il y a aussi trois étranges maisons à l'extérieur du camp qui font fonctionner leur cheminée par cette chaleur étouffante. Nous n'avons même pas eu le temps de sortir que les gardes allemands nous montrent un endroit où aller. J'avance doucement, et tout d'un coup j'arrive devant une immense porte de barbelés et je rentre il y a une immense place où les gardes nous disent de nous rassembler et crient que les plus de 16 ans doivent aller à droite et les moins de 16 à gauche.
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