Penser après les cours...!

Sur Brecht et l'effet de "distanciation"

Par cyberblaise - publié le lundi 10 octobre 2011 à 14:08 dans 1ES2 2011-2012

http://www.bertbrecht.be/verfremdung.php


L'«effet de distanciation»

Selon Brecht, l'effet de distanciation est le résultat de divers procédés utilisés par le dramaturge, le metteur en scène et l'acteur pour créer chez le spectateur un détachement critique vis- à -vis de la représentation et une conscience de sa théâtralité. C'est grâce à ce détachement que le spectateur est amené à mettre en question la société représentée et à rejeter les inégalités et les abus. L'effet de distanciation sert donc la fonction sociale du théâtre.

Brecht oppose le théâtre épique fondé sur un rapport de distanciation au théâtre qu'il appelle aristotélien et qui, selon lui, plonge le spectateur dans une transe hypnotique produite par l'identification émotive avec le héros. Par la structure même de l'action, le théâtre aristotélien (qui serait le modèle dominant de la tradition occidentale) projetterait l'image d'un monde de contradiction, fermé à toute intervention qui puisse modifier le destin des hommes. La passivité du spectateur vis-à-vis d'un spectacle qu'il est encouragé à prendre pour la

réalité, correspond à son acceptation passive du monde réel. A l'interdit d'intervenir dans cette univers théâtral qui ressemble à s'y méprendre au réel, répond tout naturellement l'idée de l'impossibilité d'intervenir dans la société.

Or, si l'homme moderne a pu maîtriser la nature par la science, il se doit de porter sur la société le même regard objectif. Une perception objective et critique de la société à travers l'oeuvre d'art reflètera les progrès de l'esprit scientifique.

La reconnaissance du réel, par la vraisemblance du monde représenté, constitue le point de départ et non le but ultime du théâtre épique. Il faut que l'action et les personnages paraissent aussi insolites et curieux. Le choc de la surprise et de l'étonnement provoque alors une prise de conscience critique. La distanciation implique tous les aspects de la représentation : structure de la pièce, composition des personnages et du style du discours ; elle ne se limite pas à une mise à nu des conventions théâtrales.

Brecht ne prétend pas fournir une liste permanente et exhaustive des procédés propres à susciter la distanciation. Il en trouve de nombreux exemples dans le théâtre oriental, le théâtre du Moyen Age et le théâtre élizabethain.

Bien que se rapprochant dans sa forme allemande « Verfremdung » de l'expression de Marx et Engels, «Entfremdung», qu'on traduit souvent par « aliénation », l'effet de distanciation représente un correctif possible de l'aliénation. En créant la conscience critique d'une société ouverte aux changements, la distanciation combat la passivité du spectateur. Il est intéressant que Brecht lie la fonction sociale et didactique de l'oeuvre aux modes de présentation et de perception plutôt qu'à un contenu particulier.

In dossier pédagogique de Dialogues des Exilés, théâtre Gérard Philippe.

http://www.theatregerardphilipe.com/old/pdf/d-pedago-dialogues.pdf

En savoir plus sur l'existentialisme de Sartre

Par cyberblaise - publié le lundi 10 octobre 2011 à 14:03 dans 1ES2 2011-2012

Pour ceux qui voudraient creuser le concept d'existentialisme que j'ai expliqué ce matin:

http://www.cvm.qc.ca/encephi/CONTENU/articles/existentialismesartrien.htm

En savoir plus sur les Mains Sales de Sartre, mise en scène G.P. Couleau.

Par cyberblaise - publié le lundi 10 octobre 2011 à 13:55 dans 1ES2 2011-2012

Un dossier très complet sur la pièce et la représentation dans la collection Pièces Démontées:

http://crdp.ac-paris.fr/piece-demontee/pdf/les-mains-sales_avant.pdf

Le cochon de Gaza :quand la fable fait réfléchir...

Par cyberblaise - publié le lundi 10 octobre 2011 à 13:42 dans 1ES2 2011-2012

Le Cochon de Gaza », la preuve par le conte

Ce film réaliste et burlesque dénonce avec beaucoup d'humour et d'humanisme l'absurdité du conflit entre Palestiniens et Israéliens.

 

(StudioCanal)

« Le Cochon de Gaza » montre l'absurdité du conflit israélo-palestinien, sans ménager les deux parties.

 « Le Cochon de Gaza » montre l'absurdité du conflit israélo-palestinien, sans ménager les deux parties.

 

Le Cochon de Gaza  **
de Sylvain Estibal
Film franco-germano-belge, 1 h 39  

D'habitude, Jafaar, un pêcheur palestinien de Gaza, prend dans ses filets des détritus et des chaussures qu'il essaie tant bien que mal d'assortir en paires, parfois de misérables petits poissons. Mais ce jour-là, c'est un cochon bien vivant qu'il sort de l'eau.

Après avoir vainement tenté de se débarrasser de cet animal impur, Jafaar apprend que des porcs sont élevés dans une implantation juive. Pour améliorer le quotidien de son très modeste foyer, il se lance alors, avec quelques réticences, dans le commerce de la semence du bestiau.

Dans le film de Sylvain Estibal, la drôlerie naît de presque tout, entre dérision légère et franc burlesque. Avec ce même sourire, il décrit le monde clos et rude de la bande de Gaza : la grande pauvreté de ses habitants, l'absence de perspective, les petits bricolages pour subsister, l'omniprésence du mur, la promiscuité avec des soldats israéliens qui préféreraient être chez eux, la prééminence des extrémistes…

Un alliage heureux de réalisme et de fable

À cause de ses petits trafics avec Yelena, marginale au sein de la colonie juive, Jafaar se met à dos les djihadistes qui l'exhortent à commettre un attentat-suicide pour preuve de sa bonne foi. Mais le pauvre homme, trop attaché à la vie et à sa douce Fatima pour se résoudre à les quitter, ne l'entend pas ainsi.

Magnifiquement interprété, le film possède plusieurs figures aussi attachantes que Jafaar avec les personnages de Yelena, Fatima, Hussein, l'ami coiffeur auquel le pêcheur ne conte qu'à demi ses déboires. Des images et une lumière superbes confortent la dimension poétique qui irrigue ce beau film, alliage heureux de réalisme et de fable.

« Cri de rage comique » du réalisateur face « au gâchis, à la haine, à une religion trop souvent prise au pied de la lettre en négligeant son message fraternel », Le Cochon de Gaza  montre l'absurdité du conflit israélo-palestinien, sans ménager les deux parties. Il esquisse dans une drôle de chute, tout en symbole et dénuée d'angélisme, ce que pourrait être la cohabitation sur une même terre de deux peuples blessés.

CORINNE RENOU-NATIVEL dans le journal La Croix.

bande annonce: http://www.youtube.com/watch?v=vPEZUUQm6F0


Si vous cherchez des exemples de récit à dimension argumentative, vous pouvez utiliser ce film. Egalement pour montrer que le comique et la verve satirique peuvent être utilisés pour persuader.

la scène d'exposition des Justes: une ouverture à tonalité tragique

Par cyberblaise - publié le jeudi 6 octobre 2011 à 08:33 dans 1ES2 2011-2012

II - une scène à tonalité tragique :

a) une pièce qui s'ouvre sur une atmosphère tendue :

- imprécision du décor : pas le temps de s'installer.

- le silence qui introduit la pièce puis s'installe parfois dans la conversation : malaise, à l'égard de Stepan, peut-être sorte de culpabilité de ne pas avoir été arrêté et d'avoir échappé à l'expérience du bagne. Anxiété aussi - « dans le silence »; « Silence »; « Silence »

- les personnages « immobiles » au début : tension de l'attente. « immobiles »; « toujours immobile »

- un bruit qui vient conforter l'atmosphère d'attente : « entend le timbre de l'entrée, une fois » ; « Le timbre retentit deux fois, coup sur coup ». Effet de surprise aussi pour le spectateur.

b)  la mort présente dès le début cf l'exergue de Roméo et Juliette : amour dans la mort : les terroristes ses hommes qui tuent et sont tués, affrontement quotidien avec la mort.

- celle du grand-duc

- celle de Schweitzer

- le lexique de la violence - « Nous tuerons ce bourreau »; « nous tuerons le grand-duc et nous abattrons la tyrannie » l; « été exécuté à la bombe »; « exercer la terreur »; « Il a été tué » l. 48 ; « bombe » : répétition du mot « bombe ». il est question d'une mise à mort, d'un sacrifice.

c) la détermination des personnages

-  Doria qui s'occupe du matériel malgré le danger (mort de Schweitzer )

- Exaltation d'Annenkov : « Oui, Stepan, tout est prêt ! Le moment approche » l.

- Résolution froide de Stepan : préfère l'action même dangereuse à la liberté dans l'exil , ton péremptoire et maximes (voir I - b)-  « J'étais libre et je ne cessais de penser à la Russie et à ses esclaves. » l. 24-25

d) un conflit possible à l'intérieur du groupe

Stepan-Kaliayev - opposition entre le discours de Stepan et la présentation de Kaliayev .

Laisse augurer des dilemmes : poésie ou bombe ? des souffrances, risques, fin funestes.


la scène d'exposition des Justes de Camus (1ES2)

Par cyberblaise - publié le jeudi 6 octobre 2011 à 08:30 dans 1ES2 2011-2012
 

I - Une scène d'exposition

a) le lieu et le moment : un décor assez anonyme, neutre qui s'explique par le fait que le groupe terroriste a besoin souvent de changer de « cache », il voyage léger sans meubles ni bibelots, signes de reconnaissance particuliers, laisse une grande liberté au metteur en scène dans le choix du décor.

Didascalies initiales : « L'appartement des terroristes.

Allusion à la Russie : dans les propos de Stepan,  dans ceux d'Annenkov qui souhaite que toute la Russie sache que les socialistes révolutionnaires ont tué le Grand Duc, dans les allusions aux observations faites des allées et venues du Grand Duc pour préparer l'attentat, et d'abord dans les noms propres qui ont des consonances russes ex Annenkov.

Allusion à deux lieux hors scène qui élargissent l'espace : le bagne d'où s'est échappé Stepan et la Suisse, refuge des transfuges. Opposition entre les deux lieux pour Dora et Annenkov, mais phrase de Stepan qui les assimile : pour lui, « la liberté est un bagne tant qu'un seul homme est asservi sur la terre ».Radicalité de son engagement.

Le moment : très vague : « un matin » pas d'heure précise du retour de Stepan, à suggérer dans la mise en scène par des effets de lumière ? pas de renvoi à la saison, à l'année «  aspect historique » laissé implicite : renvoi à la culture du lecteur ou spectateur. Mais mention d'une époque antérieure : action ratée qui a provoqué l'arrestation de Stepan, trois ans qu'ils ne se sont plus vus, un des personnage Voinov a cependant rencontré Stepan en Suisse entre temps : installation d'une durée d'activisme assez longue, certains membres du groupe se connaissent d'autres pas.

Attentat contre le Grand Duc présenté comme imminent, ils n'attendaient que le remplacement de Schweitzer par Stepan : moment de crise comme dans la tragédie.

b) les personnages : les membres d'un groupe de terroristes qui se nomment eux-mêmes socialistes révolutionnaires :  un groupe qui semble lié par des liens forts  - « Nous sommes tous frères. » l

- sur scène : 3 personnages, Annenkov, Dora et Stepan dont le dialogue va nous permettre de commencer à les cerner :

- Annenkov : appelé « Boria » par ses camarades, il est le chef du groupe. C'est lui qui apprend à

cf « Tu es le chef, Boria »,                                                                                        Stepan où en sont les préparatifs de l'attentat.

C'est lui aussi qui décide du rôle des uns et des autres. - « Pour commencer, tu aideras Dora »; « Tu dois être prêt à nous remplacer »

Il montre ses sentiments par les gestes ou par la parole : Selon le thème de la conversation, il change de ton : affectueux quand il s'agit de conversation amicale, -  « Annenkov revient avec Stepan qu'il tient par les épaules.; « riant »

« C'est lui ! Voilà Stepan. » « Je suis heureux » l

 il devient déterminé quand il s'agit du projet de l'attentat. - « changeant de ton » + futurs « Toute la Russie saura »; « tu aideras » + modalisateur « Tu dois être prêt »

-Dora : seule femme du groupe, elle intervient peu dans cette scène mais elle montre ses sentiments par les paroles : la joie des retrouvailles  phrase exclamative ; la peur la sollicitude ou par les gestes : l'affection le désarroi- « Quel bonheur, Stepan ! »

- « mon cœur se serrait de plus en plus »

- « Assieds-toi, Stepan. Tu dois être fatigué, après ce long voyage » - « elle va vers Stepan et lui prend la main »; « elle le regarde »; « allant vers lui » - « Dora détourne les yeux »

Cette première apparition montre une femme sensible : elle détourne le regard quand il est question de la mort de Schweitzer, on devine qu'elle est l'artificière, celle qui prépare les bombes si dangereuses à manipuler, ce sera précisé dans les lignes qui suivent le passage.

- Stepan : apparaît dès à présent comme un homme déterminé.CF le radicalisme de sa phrase : « la liberté est un bagne tant qu'un seul homme sur la terre sera asservi ». Il utilise volontiers un ton péremptoire et s'exprime par maximes.  Il semble refuser toute expansion sentimentale

- « Nous tuerons ce bourreau »; « nous abattrons la tyrannie »

- « La liberté est un bagne aussi longtemps qu'un seul homme est asservi sur la terre »; « : La bombe seule est révolutionnaire »

: il refuse l'attention de Dora : « Je ne suis jamais  fatigué »

- quand il apprend la mort d'un camarade, il ne s'émeut pas et continue à s'enquérir de l'action en cours .

- ceux dont on parle : Voinov : on sait seulement qu'il est jeune mais  digne de confiance  et qu'il a rencontré Stepan en Suisse. : - « J'ai confiance en lui, malgré sa jeunesse »

Kaliayev : appelé Yanek  dont la personnalité diffère des autres.

- « Nous l'appelons aussi le Poète » l; « Il dit que la poésie est révolutionnaire »

Le parallélisme des phrases entre ce qui est dit de Yanek et la réponse de Stepan : « seule la bombe est révolutionnaire » suggère une opposition entre les deux personnages.

c) l'action

- une action en cours : la préparation de l'attentat après des échecs : arrestation de Stepan, mort de Schweitzer, observation des allées et venues du grand Duc pour trouver le moment opportun.

- des révolutionnaires organisés : préparatifs, fabrication des bombes, évasion, refuge, remplacement au sein de l'organisation. - « Le parti socialiste révolutionnaire »; « le  Comité central » l; « nos camarades »

- une idéologie révolutionnaire : libérer le peuple de l'asservissement : - « hâter la libération du peuple russe » l. 43 ; « exercer la terreur jusqu'à ce que la terre soit rendue au peuple » ; « je ne cessais de penser à la Russie et à ses esclaves »

- une vie dangereuse : la nécessité d'échapper aux autorités , de se cacher, de s'exiler :  Stepan a déjà connu le bagne et l'exil, un des camarades est mort, Schweitzer

CF « Il a fallu changer d'appartement, une fois de plus ».

Le vocabulaire du théâtre (1ES2)

Par cyberblaise - publié le dimanche 2 octobre 2011 à 13:58 dans 1ES2 2011-2012

Pour être plus à l'aise dans l'objet d'étude Théâtre: Texte et Représentation, il faut connaître le vocabulaire du théâtre ET du spectacle vivant. Voici des liens très utiles pour enrichir son vocabulaire.

http://www.lyc-levigan.ac-montpellier.fr/doc_pedagogie/espace_eaf/cours/genres/theatre_lexique.htm

 

http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/lettres/LanguesAnciennes/Textes/Margueritte/Theatre.htm

 

http://www.cinethea.com/theatre_lexique.html

 

Sur la tragédie

http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/lettres/LanguesAnciennes/Textes/dict_tragedie.htm

Prolongement de l'étude des Justes de Camus.(1ES2)

Par cyberblaise - publié le jeudi 29 septembre 2011 à 09:56 dans 1ES2 2011-2012

En savoir plus sur le terrorisme en Europe: documentaire sur les Brigades Rouges italiennes sur Arte.

http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Il-etait-une-fois-les-Brigades-rouges/4096336.html

Pour comprendre que la question du terrorisme ne concerne pas seulement les rapports entre des islamistes et l'Occident. L'occasion aussi de combler des lacunes en histoire et de s'interroger sur la notion de lutte politique.

Théâtre et pouvoir (1ES2)

Par cyberblaise - publié le lundi 26 septembre 2011 à 16:11 dans 1ES2 2011-2012

Une émission d'Arte sur trois pièces qui mettent en scène des débats d'idées:

http://videos.arte.tv/fr/videos/theatr_co-4112234.html


Avec les armes de la scène, par l'imprécation, le rire et le tragique, le théâtre questionne tous les pouvoirs. Gros plan sur l'Ubu roi d'Alfred Jarry mis en scène à Berlin par Dimiter Gotscheff ; sur Das system, la nouvelle mise en scène de Stanislas Nordey autour de la guerre d'Irak, avec un texte du dramaturge allemand Falk Richter ; et sur Par-dessus bord, monumentale satire du marketing signée Michel Vinaver et mise en scène par Christian Schiaretti

"Le Cuirassé Potemkine"film d'Eisenstein en hommage à la révolte de 1905

Par cyberblaise - publié le lundi 26 septembre 2011 à 15:47 dans 1ES2 2011-2012

http://www.monde-diplomatique.fr/2005/12/RICHARD/13013


Vous trouverez dans cet article une présentation du film d'Eisenstein et un rappel des circonstances de la révolte de 1905.

La fameuse scène du landau dont je vous ai parlé en cours:

http://www.dailymotion.com/video/x2dmw9_le-cuirasse-potemkine-scene-du-land_shortfilms

et qui sera reprise dans le film Les Incorruptibles, pour vous montrer que le cinéaste font eux aussi parfois des citations!

http://www.dailymotion.com/video/x2dmdl_les-incorruptibles-scene-de-l-escal_shortfilms


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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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