Des mots pour le dire

LA Cyrano de Bergerac

Par vadministrateur - publié le samedi 13 janvier 2018 à 12:47 dans 1ère


I. Une inversion comique:

L’Homme est présenté comme un être monstrueux, bestial, et l’animal devient un avocat très éloquent.

a) les qualités oratoires de la perdrix

- 1e pers : l.5 « pour moi, je ne fais point » ; l.17 « je pense » → elle s’implique ds son argumentat°, lui donne plus de poids.

- intègre l’auditoire : l.1 « examinons, messieurs » : le verbe à l’impératif + 1e pers plur → fait participer les jurés à son discours → capte leur attention.

- le « nous » l.21 renvoie aux animaux comme un groupe uni : la perdrix et les membres du tribunal, opposés aux hommes « il » → elle place ainsi d’office les jurés de son côté, contre les Hommes.

- l.1 « nos divins esprits » = cet adj = hyperbole → formule laudative qui flatte les jurés →façon de susciter la bienveillance de l’auditoire.

- un réquisitoire très construit : des l.5 à 14 = 1 seule phrase, organisée autour de 7 arguments : « premièrmt »... « et pour conclusion » → qualités : clarté, organisat°.

=> est très éloquente: elle convainc, par la force de son argumenta t° ; va aussi utiliser l’humour.

b) l’H, un animal :

Effet comique de regard animal, décalé : elle ne sait pas ce qu’est le corps humain

- l.3 : « savoir si cet animal est homme » : interrogat° comique : inversion par rapport aux questionnements philosophiques traditionnels : est-ce que l’Homme est un animal ?

Ici, Cyrano présente l’H comme un animal ; il contredit la pensée dominante de l’époque : celle du philosophe français Descartes qui considère que seul l’Homme est doué de raison et que l’animal n’est qu’une machine, un corps sans conscience.

En plus, cet animal est raté : l’homme est très laid :

- l.5 : « à sa vue, sentiment d’horreur » : hyperbole qui insiste sur le physique horrible des humains.

- l.8 : « il est plumé comme un galeux » : l’adj = comique : la perdrix ne connaît pas le terme peau, donc utilise le terme qui correspond aux oiseaux → l’homme est laid selon les critères des oiseaux.

- l.9 « quantité de petits grès carrés ds la bouche » : périphrase qui désigne les dents → le corps humain est rendu risible car transformé en corps animal

- de même : l.10 « bec » pour les lèvres ; l.12 « gigots » pour les cuisses → elle désigne les parties humaines avec des termes animaux → effet comique.

l’H = présenté comme un animal physiquement raté, laid .

- Il est aussi présenté comme un idiot : premiers arguments contre l’H renvoient aux comportements humains incompréhensibles pour les oiseaux :

l.5 « rit comme un fou, pleure comme un sot » : ces 2 caractéristiques sont propres aux seuls humains (« rire est le propre de l’homme » a écrit Rabelais) → ici, les 2 comparatives = dévalorisent ces comportements: « fou » et « sot » = des êtres qui manquent de raison, d’intelligence.

Bilan : texte surprenant car il donne vision décalée de l’Homme : celle du point de vue animal, ce qui provoque effet de surprise comique. Mais aussi texte profond, qui critique les comportements humains.

II. Portée morale : l’H est un monstre moral.

a) la critique religieuse :

- le dernier argument décrit longuement une attitude que l’oiseau ne comprd pas : l.10... : « il lève en haut... » → il s’agit de la posture de prière rendue ici ridicule car présentée comme une suite de gestes incompréhensibles : « colle ses mains... se casse les jambes » → l’oiseau transforme l’acte de prier en une série de gestes risibles, qui n’ont aucun sens.

blasphème [ce texte = pas publié du vivant de l’auteur]

- D’autt plus que la prière = définie comme : « des paroles magiques qu’il bourdonne » → l’oiseau associe la prière chrétienne à des pratiques condamnées par les Chrétiens : les sorciers sont brûlés, encore à l’époque.

De même l.33 « ils se forgent des dieux, ds l’eau, l’air... » → le pluriel de « dieux » et la réf aux divinités de l’eau, de la terre … montrent que l’oiseau fait référence à des cultes païens, animistes

=> l’oiseau confond toutes les religions : le christianisme, les pratiques païennes

façon pour Cyrano de relativiser ttes les religions : pour lui, elles se valent toutes.

portée anti-religieuse du texte de Cyrano : fait parler un oiseau, qui a un regard étranger sur le monde des hommes, pour se moquer des pratiques humaines ’et particulièremt celle des Chrétiens.

Par opposition, les animaux semblent plus sages :

- l.18 : la perdrix explique la croyance des animaux : pas de Dieu mais « les créatures sont produites par notre commune mère » : celle-ci est désignée comme l.19 « la nature » → ce sont des matérialistes : comme Cyrano lui-même, la perdrix affirme qu’il n’y a pas de Dieu.

b) critique morale : les hommes sont présentés comme des êtres violents.

- l.18 « nés pour rompre la société », l.21 « il se rue sur nous » : verbes violents qui renvoient à l’idée de destruction.

De même l.22 : « barbarie avec laquelle il ns massacre » : hyperbole qui renverse encore une fois les valeurs : l’animal = sage / l’Homme = sauvage.

c) critique politique

- Au contraire, les animaux vivent ds un régime d’égalité : la « république » : l.20 ; le « nous » qu’elle emploie ds tt le texte les présente comme un groupe uni → société utopique, égalitaire.

- l.32 : « ces pauvres serfs » : périphrase pour désigner les Hommes : renvoie au servage, sorte d’esclavage pratiqué au moyen-âge → l’adj dépréciatif « pauvres » souligne le sentiment de mépris éprouvé par la perdrix.

- l.29 à 31 = « jeunes sont esclaves des vieux, pauvres des riches.... » : gradat° → liste de tous les liens qui entravant les Hs : liste très longue, qui englobe tous les âges, les milieux sociaux → condamnat° universelle des Hommes.


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