Voyage au bout de la première L

Retrouvez "Je vous emmène" d'Eric Reinhardt

Par fcahen - publié le mardi 9 février 2016 à 11:15

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Synthèse des travaux de groupes sur « Je vous emmène »


Après avoir étudié le fait que cette ½uvre hybride soit la réécriture d'une scène appartenant à un  précédent roman d'Éric Reinhardt  (Cendrillon) nous avons étudié le fait qu'elle soit aussi une réécriture contemporaine du TOPOS romanesque de la scène de rencontre


II. La réécriture contemporaine d'un TOPOS romanesque : la scène de première vue


  1. La mise en place des éléments


  • Le cadre est très contemporain, celui de la gare, et les métiers des personnages les font voyager (cantatrice pour elle, homme d'affaires pour lui; même si on peut remarquer le statut atemporel du métier de la femme, contrairement à lui). Les bruits réalistes de la gare sont audibles dans la bande-son dès qu'on entend les dialogues, alors que le récit est illustré par une sorte de musique de ch½ur aux connotations sacrées .

  • Les personnages.

    -La femme : une inconnue, mystérieuse, vraiment fascinante, dont on ne connait pas du tout les états d'âme à cause du point de vue interne qui nous fait adopter les perceptions de l'homme. On a l'impression qu'elle est presque un fantasme, un idéal, car elle parle peu, on ne sait rien de son identité. Ne serait-elle pas une ALLEGORIE ? «  Elle était le miracle qu'il attendait depuis toujours » (elle est un peu le concept de la femme parfaite) Elle ne parle presque pas, et semble surtt communiquer mystérieusement par le regard.

    - l'homme, Laurent Dahl: très sensible, représentatif de l'homme moderne, mais aussi un financier ; ds Cendrillon c'est l'équivalent de Jerôme Kerviel, un trader qui manipule des milliards. On sait tout par son point de vue. Les deux pers appartiennent à un niveau socio-culturel supérieur.


  1. L'importance de l'instant

    Le travail de cette scène montre toute la profondeur de l'instant décisif du franchissement : Laurent Dahl en est conscient, il l'anticipe à l'avance en imaginant  à l'avance tout ce qu'il pourrait lui dire. « Laurent Dahl aurait donné dix ans r obtenir la grâce d'un entretien : pas slt qq phrases ms une conversation véritable de 4h qui seraient les 4 premières des milliers d'heures qu'il vivrait par la suite avec lui ?(…) son existence tt entière suspendue à l'amorce d'un entretien ferroviaire ». On constate ici l'importance des termes évoquant la durée qui s'opposent à cette idée de simple « amorce » qu'est le franchissement.

     (Accumulation de paroles imaginaires, en italiques dans le texte, toutes assez stupides, qui montrent la dramatisation de ce moment)

    La dilatation de la durée est aussi visible avec la phrase poétique qui semble suivre les cahots du train « une question en mouvement, lente et douce » avec une accumulation de termes «  de temps, d'espace, de vitesse, d'invariance, d'attraction, de trajectoire, de chaos, d'accident… etc… »

     Puis au moment de le vivre, il en est empêché par un instant d'hésitation « je vous accompagne à votre taxi en tout cas »

    Ët il essaie ensuite de rattraper désespérément cet instant raté « attendez une minute »

    Dans la mise en scène, la profondeur de cet instant du franchissement est traduite par la profondeur de la scène et la distance de l'éloignement de la danseuse Marie-Agnès Gillot.

  2. Les raisons de l'échec de la rencontre


  • Le stress de Laurent Dahl qui l'empêche de vivre pleinement l'instant présent et de la suivre : un garçon qui semble hyper-sensible, et qui réfléchit trop pour vivre simplement les événements.

  • Le mode de vie professionnel de Laurent Dahl : ce sont les valeurs capitalistes « raisonnables » (l'anniversaire d'un investisseur ) qui retiennent l'impulsion de la passion et gâchent l'histoire d'amour «  Business. Affaires » : ses phrases nominales minimalistes, pour parler à la femme de sa vie sont tt le contraire du discours amoureux qui conviendrait.

  • Dans la mise en scène le côté « cathédrale » du décor immense et dépouillé, les ch½urs quasi-mystiques donnent l'impression que ce moment se situait pourtant en dehors de la réalité commune, et c'est comme si le personnage restait trop attaché à des considérations terre à terre : il n'a pas pu être à la hauteur du moment sublime.


CONCLUSION :


Comparaison avec « L'inconnue » de Villiers de L'Isle-Adam : c'est un texte du XIXème siècle qui a bp marqué E. Reinhardt car il l'a entièrement inséré ds son dernier roman. On peut trouver des pts co entre les 2 textes : l'opéra (lieu de rencontre de la nouvelle, alors que « JVE » met en sc une cantatrice) le coup de foudre du jeune homme, la femme fatale et somptueuse, le mot «inconnue » qui revient svt,  le fait qu'après la déclaration de l'homme qui leur avoue sa fascination, les deux femmes ne le rejettent pas et même semblent l'aimer, mais qu'une sorte de fatalité tragique les éloigne finalement. Dans l'I la femme est sourde, ds JVE, elle est quasi-muette. Mais les deux ½uvres restent assez différentes, l'empêchement ds l'I est lié à la surdité de la jf, alors que ds JVE c'est l'hésitation de LD qui l'emmène à l'échec. Deux récits de coups de foudre bouleversants qui échouent à devenir une véritable histoire d'amour.



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Blog de la première littéraire du lycée Maximilien Perret, qui démarre autour d'un projet de lecture du roman de Louis-Ferdinand Céline Voyage au bout de la nuit... notamment avec la création de diverses "vraies-fausses" archives imaginaires du roman, par les élèves.
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