Voyage au bout de la première L

Madelon et sa mère après le départ de Robinson

Par fcahen - publié le lundi 23 novembre 2015 à 03:35

La maison qu'occupait Madelon et sa mère était bien silencieuse au retour de leurs courses . Madelon s'attendait à entendre des bruits de pas et entrevoir la lumière de la cuisine dans l'entrebaillement de la porte.

Elle s'attendait à y voir Robinson posé sur une chaise , en train d'écrire ou de lire le journal sur cette grande table familiale comme à son habitude. Mais là , rien . Aucune lumière n'était allumée , aucun bruit de pas , rien qui puisse indiquer la présence de quelqu'un dans cette batisse.  Elle était aussi grande que silencieuse.

Serait-il parti ? Aurait-il mis ses menaces à exécution ? Elle se mit à regarder dans toutes les pièces le cherchant dans chaque recoin de cette maison trop grande, trop vide..Rien, personne...

Elle s'effondra en pleurs sur le plancher, laissant tomber au passage les légumes qu'elle venait tout juste d'acheter . Sa mére la regarda puis lui dit :

- Et bah voila ! Il est enfin parti ton voleur ! T'as plus qu'à ramasser maintenant...

A chacun des mots cruels prononcés par sa mère, la peine de Madelon grandissait, l'envahissait.  Incapable de réagir, elle restait sur le sol en sanglotant.

-Quoi  ? Tu pensais vraiment qu'il allait rester ? Tu pensais qu'il était fou , que ses paroles passées étaient fausses  et qu'il t'aimait ? En voila une idiote ! Jubilait la mère.

-Arrête maman... Je t'interdis de parler de Léon , hocquetait Madelon.

-C'était un bon à rien ! Criait-elle .  Bon débarras ! Maintenant va falloir que tu te trouves un bon mari travailleur, courageux et sain d'esprit.

Lorsqu'elle entendit ces paroles Madelon se releva , poussée par la colère .

-Cela suffit ! Tu es bien contente d'avoir le caveau maintenant ? C'est quand même grâce à lui ! Alors un peu de décence, maman.


Madelon s'assit reprenant ses esprits ; malheureuse, elle ne pouvait nier l'amour qu'elle lui portait. Elle se leva, se dirigea vers sa chambre en s'adressant à sa mère.


- Tu as probablement raison sur un point : je suis idiote et surtout amoureuse. Il m'a volé mon coeur ; je prépare de ce pas mes bagages Maman. Je pars pour Paris retrouver Léon.


Théo


Une deuxième version du dialogue mère-fille:


Madelon : Mère, je suis si malheureuse, je ne comprends pas pourquoi il ne voudrait plus se marier avec moi, nous filions pourtant un parfait amour.


Bernadette : Oh ma chère fille, c'est un cadeau qu'il te fait…


Madelon : Comment ça, mère ? Tu l'aimais pourtant, n'est ce pas ?


Bernadette : Mais réveille toi, ma fille, ne vois-tu pas que cet homme n'est pas pour toi !


Madelon : Attendez mère, je ne comprends guère vos propos, il est l'homme de ma vie.


Bernadette : N'as tu pas entendu ses propos si violents à ton égard ? Nulle femme ne doit succomber à un homme de ce genre.


Madelon : Oui, j'en suis consciente, j'ai malheureusement entendu ses propos envers moi mais cela ne change pas le fait que je l'aime et que je pourrais mourir pour lui , mère ma vie ne tient qu'à lui.


Bernadette : Je t'en prie, chérie, oublie-le, il y en a d'autres dehors qui t'attendent.


Madelon : Avec tout le respect que je te dois, je l'aime, c'est ainsi et ça ne changera pas, on ne choisit par de qui on tombe amoureux.


Bernadette : Et alors, ses injures envers toi, qu'en penses-tu ? Bien sûr, c'est tout à fait correct, j'imagine, pour toi...


Madelon : je suis convaincu qu'il ne pensait pas ce qu'il disait, ce n'est que l'½uvre de son cher ami Bardamu qui lui a rempli la tête de je ne sais quoi à propos de moi mais j'en suis sûre qu'il m'aime toujours.


Bernadette : Ne sois pas si sotte, s'il te plait ! Il ne t'aime pas, la preuve : il est parti…


Madelon : Et justement, c'est pour ça que je dois me battre pour lui car je ne supporte plus le fait qu'il ne soit pas à coté de moi: nous devons être unis. C'est pour cette raison que j'irais le chercher à Vigny.


Bernadette : Est-ce vraiment ton choix ? De souffrir pour un homme qui ne vaut pas la peine? Ne fais pas ce terrible choix, ma fille...


Madelon : Ne veux-tu pas que je sois heureuse? et la seule façon de l'être, c'est d'être avec lui, à ses côtés, me marier avec lui, chez nous à Toulouse.


Bernadette : Oh que oui ma fille, c'est mon v½u le plus cher que tu sois heureuse, prends garde, ma fille, car l'amour finit toujours par blesser.


Madelon : Je te le promets maman, j'espère qu'un jour tu comprendras mon choix.



Steven



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Blog de la première littéraire du lycée Maximilien Perret, qui démarre autour d'un projet de lecture du roman de Louis-Ferdinand Céline Voyage au bout de la nuit... notamment avec la création de diverses "vraies-fausses" archives imaginaires du roman, par les élèves.
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