Un dialogue entre Molly et l'une de ses amies après le départ de Bardamu
— Dites -moi, n'aviez-vous pas quelque chose à m'avouer vous?
— Oh oui, c'est d'ailleurs pour ça que je vous ai appelé. Vous vous souvenez de Ferdinand…
— Ferdinand ? Cela me dit quelque chose.
— Bardamu Ferdinand, grand de taille, ténébreux et assez bel homme.
— Lui ! Je m'en souviens, celui que vous m'aviez présenté il y a quelques semaines. Il n'est pas si beau que ça, ténébreux et étrange peut être mais beau…
— Peu importe ce que vous pensez de lui Stacy, ce qui compte c'est-ce que moi je pense de lui car c'est moi qui ai eu une relation avec lui. C'est moi qui ai appris à le connaître et à l'apprécier comme il est, pas vous. Alors s'il vous plaît, ne soyez pas comme cela.
— Je suis désolée Molly, je ne pensais pas que cela vous mettrait dans ces états. Ça ne vous ressemble pas, vous qui êtes toujours calme…
— Oubliez. Si vous saviez, je regrette tellement…Si seulement je l'avais retenu.
— Pourquoi ne l'avez-vous pas fait ? J'ignore où il est parti et combien de temps il est parti. En fait je ne sais rien de lui mais vous, vous savez tout de lui. Quand on connaît une personne à un point aussi fort, on fait tout pour le garder.
- Je n'en sais pas beaucoup sur lui, détrompez-vous. Peu importe, je sais le principal, c'est qu'il m'aime à sa façon. Il me l'a dit ! Et, et…
— Et ? Parlez ! N'ayez pas peur de le faire, quelle que soit la réponse.
-Et je l'aime ! Voilà ! Ce que je comprends peu, c'est pourquoi me faire ça ? Pourquoi m'avoir quittée et pourquoi n'ai-je rien fait pour le retenir encore plus ?
— Molly, un homme, ça reste de son plein gré. S'il ne veut pas rester, personne ne pourra le « forcer », ni l'Amour, ni la Haine et encore moins si lui a moins de sentiment à votre égard que vous au sien ! C'est libre un Homme…
— Vous avez raison, nous les Femmes, on est plus sensible, plus sujette 0 ces sentiments, quels qu'ils soient…J'aimerais tant être un homme dans ces moments-là.
— Tenez bon, c'est pas tout noir l'Amour.
— Ce n'est pas tout blanc aussi. Il me fait tellement de mal, mais je l'aime encore plu , je l'ai toujours aimé même si je ne faisais pas entrevoir de tels sentiments avant… Je sais qu'il ne reviendra pas ? Stacy…
— Molly, voyons, ne soyez pas si pessimiste.
— Ainsi va la vie !
Katia
Molly confie ses sentiments à son amie Alise par rapport à ses sentiments envers Bardamu.
« Alise, as-tu déjà été amoureuse ? »
« Pas vraiment, le temps que je passe avec des garçons est limité, comme toi je me trompe ? »
« Oui tu te trompes, pour la première fois j'aimé quelqu'un pour ce qu'il avait à l'interieur »
Vraiment ? Quel genre de garçon c'est ce type ?
« C'est un homme vraiment gentil possédant une histoire si aventureuse mais si triste. »
« Mais comment tu l'as rencontré ? »
« C'était sur la place, je devais y faire mon travail cependant nous avons eu très vite une complicité, un sentiment de confiance mutuel, ce que je faisais n'avait pas l'air de le déranger mais en revanche ce qu'il faisait me dérangeait. »
« Ah oui ? Et c'est quoi qu'il faisait qui te dérangeait ? »
« Il se rendait malheureux en travaillant dans un lieu qui ne lui plaisait pas, mais moi je l'aime, donc je ne pouvais pas le laisser continuer ! »
« Et il a arrêté ? »
« Oui, je l'ai sorti de cet enfer, cependant... »
« Cependant ? »
« Il a affirmé ne pas avoir sa place ici et est donc reparti en France reprendre la médecine. »
« C'est triste, mais je l'aime donc s'il est heureux là où il va, alors je serais heureuse également ! »
« Tu es vraiment trop gentille, Molly »
Médoune
Une troisième version par Marie: les propos de Molly
-Je sais que tu vas me trouver bête mais depuis qu'il est parti, j'ai l'impression qu'on m'a amputé d'un organe vital.
Cora, je t'assure que cet homme-là était diffèrent.
Il n'a jamais essayé de profiter de moi ou de ma générosité, je te l' jure.
Et il y avait quelque chose chez lui… Une soif inépuisable de découvrir et de comprendre ou peut-être simplement de voir. Tu sais, voir des choses, sans même essayer de les comprendre... je dois dire qu'il me fascinait. Comme jamais aucun homme n'avait pu le faire.
Cora, s'il te plait, ne me regarde pas comme ça! Je t'assure qu'il était spécial. En tout cas à mes yeux, il l'était. C'est le plus important après tout.
Seulement, il avait ce besoin viscéral de voyager. Enfin… Plutôt comme s'il fuyait quelque chose.
A vrai dire, il aurait été injuste que je le retienne ou que je le suive d'ailleurs.
Non vraiment, je n'aurais été qu'un poids pour lui, rien de plus qu'une charge en trop qu'il aurait été obligé de trainer derrière lui. Je ne veux être sous la responsabilité de personne, tu le sais bien, ça, Cora. Je ne veux être un poids pour personne, moi.
Et puis, même s'il a passé beaucoup de temps avec moi, c'est un homme solitaire. D'ailleurs je l'admire pour ça. Sa faculté d'autonomie et son indépendance imposent le respect mais, je suppose que cela a un prix. Notre histoire aura peut être été la plus éphémère de toute mais je ne la regrette pas, ça non.
Comment ? Que je l'oublie ? Tu penses que je dois l'oublier ?
Je t'adore Cora mais quand même, tu as de drôles d'idées parfois.