De Chiricho / Apollinaire
Par ncellier - publié le mercredi 10 juin 2015 à 19:00 dans Le surréalisme

Giorgio de Chiricho, Portrait prémonitoire de Guillaume Apollinaire, 1914
Huile sur toile, 81,5 x 65 cm, Centre Pompidou, Musée d'Art moderne, Paris.
Pour le peintre, Apollinaire devient le moderne Orphée (le poète antique avait été le guide des Argonautes). Le poète a lui-même contribué à son identification à la figure d'Orphée. En 1911, il publie Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée, pour lequel Raoul Dufy conçoit des illustrations parmi lesquelles figure une représentation d'Orphée, associé à ses attributs iconographiques classiques : la lyre et les poissons. (La légende voulait que le chant d'Orphée provoquât la sortie des eaux des poissons charmés par ses mélodies.) Dans le tableau, la coque évoque cette lyre.
Aux attributs « orphiques » qu'il associe à la figure d'Apollinaire, le peintre ajoute la représentation d'une paire de lunettes qui évoque la « voyance » du regard poétique, sa capacité à percevoir le monde au-delà de ses apparences concrètes.
Aux attributs « orphiques » qu'il associe à la figure d'Apollinaire, le peintre ajoute la représentation d'une paire de lunettes qui évoque la « voyance » du regard poétique, sa capacité à percevoir le monde au-delà de ses apparences concrètes.
De Chirico offre son portrait à Apollinaire, lequel décide d'en utiliser l'image comme frontispice de son premier recueil de calligrammes, Et moi aussi je suis peintre.
Lorsque les surréalistes renouent avec une conception de la poésie qui l'associe à la voyance, le Portrait prémonitoire de Guillaume Apollinaire devient, pour eux, une œuvre de référence. La silhouette du poète, apparaissant en ombre chinoise dans la partie supérieure de l'œuvre, désigne précisément l'emplacement où Apollinaire est frappé par un éclat d'obus, le 17 mars 1916.
Source : https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cazbyy/rny96Xy
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