L'Orientalisme au Louvre
Par cyberblaise - publié le jeudi 30 janvier 2014 à 11:52
http://www.louvre.fr/definitions/orientalisme
'orientalisme est un mouvement qui traverse tout le XIXe siècle. Si l'Orient des chinoiseries et turqueries est présent de longue date dans l'art européen, l'orientalisme, lui, naît au début du XIXe siècle et se manifeste particulièrement en peinture. L'Expédition d'Egypte sous le Directoire, la révolte de la Grèce en 1820, la conquête de l'Algérie sous la Monarchie de Juillet de 1830 à 1835 puis les voyages en Orient sont autant d'événements qui placent les artistes au c½ur de l'actualité. La génération romantique découvre de nouveaux paysages, de nouveaux personnages et de nouvelles couleurs. Plutôt que de le rêver, l'Orient est observé.
La campagne d'Egypte sous le commandement du général Bonaparte est une aubaine pour les scientifiques et les artistes qui accompagnent les troupes (Vivant Denon, Geoffroy-Saint-Hilaire, ...). Ceux qui ne prennent pas part au voyage profitent des croquis ramenés par les autres. Ainsi, c'est grâce aux croquis d'architecture que Antoine-Jean Gros (1771-1835) réalise le décor pour Les Pestiférés de Jaffa, une ½uvre de propagande qui participera largement au développement de la légende napoléonienne.
Après l'Expédition, une véritable Egyptomanie s'empare du continent. Le musée Charles X au Louvre ainsi que l'obélisque de Louxor dressé place de la Concorde à Paris témoignent de cet engouement. L'orientalisme gagne les écrivains : Chateaubriand décrit les sites de son voyage en Orient et son retour par l'Egypte (1806-1807) dans Itinéraire de Paris à Jérusalem (1811).
Avec la révolte des Grecs contre les Turcs, en 1820, la passion de l'Orient emporte tous les Romantiques. Lord Byron qui a rallié la cause des opprimés meurt en 1824 à Missolonghi et devient un héros symbole de la résistance contre les Turcs. Cette même année Eugène Delacroix (1798-1863) présente Les Scènes des massacres de Scio et Jeune orpheline au cimetière. Ary Scheffer (1795-1858) montre aussi le désespoir des Femmes Souliotes. Les artistes s'impliquent dans la réalité des événements contemporains. Poussé par le même enthousiasme philhellénique, Victor Hugo publie Les Orientales (1829).
Après l'Orient rêvé, puis l'Orient pathétique de l'histoire contemporaine, s'ouvrent les portes d'un l'Orient géographique et ethnographique. De nombreux artistes voyagent à la découverte de l'Orient. Ils ramènent dans leurs carnets des dessins et des aquarelles qui vont nourrir les compositions qu'ils présenteront aux Salons. Alexandre-Gabriel Decamps (1803-1860) visite l'Asie mineure en 1827. La vie quotidienne (Sortie de l'école Turque) et les couleurs des paysages (Le passage à gué) nourriront toute la vie picturale de Decamps.
Eugène Delacroix qui accompagne le comte de Mornay à Alger et à la cour du sultan du Maroc de janvier à juillet 1832, remplit des carnets de croquis et, dans un souci quasi documentaire, décrit les vêtements (Babouches) et chaque détail de la vie quotidienne. A Tanger, il assiste à une noce juive. Noce juive dans le Maroc sera présentée sur toile au Salon de 1841. Dans sa peinture Femmes d'Alger dans leur intérieur (Salon de 1834) Delacroix présente une scène de harem.
Il s'agit d'une toute autre vision du harem que nous propose au même moment Ingres (1780-1867) qui n'a pas vu l'Orient et le rêve à travers le luxe des étoffes et des accessoires. Si La grande odalisque (1814) et Le bain turc (1869) évoquent l'Orient, ces toiles se placent dans la tradition de l'Odalisque de Boucher. La toilette d'Esther (1841) de Théodore Chassériau (1819-1856) se situe dans la lignée des odalisques d'Ingres, mais dès que Chassériau franchit la Méditerranée pour l'Algérie de mai à juillet 1846, on trouve dans sa peinture une sincérité qui le rapproche de Delacroix. Sa production graphique est abondante et quelquefois annotée comme cette Ecole arabe à Constantine (1846) où il précise : « quelques tons francs/ ..../des enfants dans l'ombre avec un maître presque nègre ».
En plus de cette admiration pour la culture orientale, les peintres n'ont de cesse de vouloir capturer la lumière et les couleurs des paysages. Cet orientalisme pictural qui naît sous le Directoire se prolonge largement sous le Second Empire.
Excepté l'exotisme du bestiaire d'Antoine-Louis Barye (1795-1875), l'orientalisme a très peu marqué la sculpture de la première moitié du XIXe siècle. Ce n'est que dans la seconde partie du siècle que l'orientalisme gagnera la sculpture.
'orientalisme est un mouvement qui traverse tout le XIXe siècle. Si l'Orient des chinoiseries et turqueries est présent de longue date dans l'art européen, l'orientalisme, lui, naît au début du XIXe siècle et se manifeste particulièrement en peinture. L'Expédition d'Egypte sous le Directoire, la révolte de la Grèce en 1820, la conquête de l'Algérie sous la Monarchie de Juillet de 1830 à 1835 puis les voyages en Orient sont autant d'événements qui placent les artistes au c½ur de l'actualité. La génération romantique découvre de nouveaux paysages, de nouveaux personnages et de nouvelles couleurs. Plutôt que de le rêver, l'Orient est observé.
La campagne d'Egypte sous le commandement du général Bonaparte est une aubaine pour les scientifiques et les artistes qui accompagnent les troupes (Vivant Denon, Geoffroy-Saint-Hilaire, ...). Ceux qui ne prennent pas part au voyage profitent des croquis ramenés par les autres. Ainsi, c'est grâce aux croquis d'architecture que Antoine-Jean Gros (1771-1835) réalise le décor pour Les Pestiférés de Jaffa, une ½uvre de propagande qui participera largement au développement de la légende napoléonienne.
Après l'Expédition, une véritable Egyptomanie s'empare du continent. Le musée Charles X au Louvre ainsi que l'obélisque de Louxor dressé place de la Concorde à Paris témoignent de cet engouement. L'orientalisme gagne les écrivains : Chateaubriand décrit les sites de son voyage en Orient et son retour par l'Egypte (1806-1807) dans Itinéraire de Paris à Jérusalem (1811).
Avec la révolte des Grecs contre les Turcs, en 1820, la passion de l'Orient emporte tous les Romantiques. Lord Byron qui a rallié la cause des opprimés meurt en 1824 à Missolonghi et devient un héros symbole de la résistance contre les Turcs. Cette même année Eugène Delacroix (1798-1863) présente Les Scènes des massacres de Scio et Jeune orpheline au cimetière. Ary Scheffer (1795-1858) montre aussi le désespoir des Femmes Souliotes. Les artistes s'impliquent dans la réalité des événements contemporains. Poussé par le même enthousiasme philhellénique, Victor Hugo publie Les Orientales (1829).
Après l'Orient rêvé, puis l'Orient pathétique de l'histoire contemporaine, s'ouvrent les portes d'un l'Orient géographique et ethnographique. De nombreux artistes voyagent à la découverte de l'Orient. Ils ramènent dans leurs carnets des dessins et des aquarelles qui vont nourrir les compositions qu'ils présenteront aux Salons. Alexandre-Gabriel Decamps (1803-1860) visite l'Asie mineure en 1827. La vie quotidienne (Sortie de l'école Turque) et les couleurs des paysages (Le passage à gué) nourriront toute la vie picturale de Decamps.
Eugène Delacroix qui accompagne le comte de Mornay à Alger et à la cour du sultan du Maroc de janvier à juillet 1832, remplit des carnets de croquis et, dans un souci quasi documentaire, décrit les vêtements (Babouches) et chaque détail de la vie quotidienne. A Tanger, il assiste à une noce juive. Noce juive dans le Maroc sera présentée sur toile au Salon de 1841. Dans sa peinture Femmes d'Alger dans leur intérieur (Salon de 1834) Delacroix présente une scène de harem.
Il s'agit d'une toute autre vision du harem que nous propose au même moment Ingres (1780-1867) qui n'a pas vu l'Orient et le rêve à travers le luxe des étoffes et des accessoires. Si La grande odalisque (1814) et Le bain turc (1869) évoquent l'Orient, ces toiles se placent dans la tradition de l'Odalisque de Boucher. La toilette d'Esther (1841) de Théodore Chassériau (1819-1856) se situe dans la lignée des odalisques d'Ingres, mais dès que Chassériau franchit la Méditerranée pour l'Algérie de mai à juillet 1846, on trouve dans sa peinture une sincérité qui le rapproche de Delacroix. Sa production graphique est abondante et quelquefois annotée comme cette Ecole arabe à Constantine (1846) où il précise : « quelques tons francs/ ..../des enfants dans l'ombre avec un maître presque nègre ».
En plus de cette admiration pour la culture orientale, les peintres n'ont de cesse de vouloir capturer la lumière et les couleurs des paysages. Cet orientalisme pictural qui naît sous le Directoire se prolonge largement sous le Second Empire.
Excepté l'exotisme du bestiaire d'Antoine-Louis Barye (1795-1875), l'orientalisme a très peu marqué la sculpture de la première moitié du XIXe siècle. Ce n'est que dans la seconde partie du siècle que l'orientalisme gagnera la sculpture.
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